Blogretour

UN MESSAGE DU COORDINATEUR DU PARTENARIAT « MAKING FINANCE WORK FOR AFRICA »

oct 02, 2020
Abdelkader Benbrahim , Partnership Coordinator, Making Finance Work for Africa

Chers lecteurs & lectrices,

J'espère que ce message vous trouvera en bonne santé. C'est un honneur pour moi d'assumer le rôle de Coordinateur du Partenariat "Making Finance Work for Africa" (MFW4A), ayant participé à cette initiative depuis 2013. J'ai toujours eu une forte conviction quant à l’importance de MFW4A pour ses partenaires donateurs et l’ensemble du secteur financier africain.

Depuis ses débuts en 2007, le Partenariat MFW4A a toujours fonctionné avec la certitude que le développement du secteur financier en Afrique nécessite une coopération efficace au sein des / et entre gouvernements africains, partenaires au développement et autres acteurs du secteur financier africain afin de tirer largement avantage de leurs contributions individuelles. Je suis fier d’affirmer que MFW4A est resté fidèle à sa mission à travers ces années et continue à offrir une plate-forme précieuse pour l'échange de connaissances, le dialogue et le plaidoyer afin d’accélérer les progrès vers un système financier africain innovant, durable, compétitif et diversifié.

La crise sanitaire mondiale actuelle, causée par la pandémie de la COVID-19, a eu des répercussions sur tous les aspects de la société et de l'économie mondiale. En Afrique, la trajectoire de la COVID-19 est complexe et menace de remettre en cause les progrès réalisés ces dernières années en matière de développement. De nombreux pays confrontés à des chocs au niveau de la demande, de l'offre et sur le plan financier ont eu recours à des politiques de relance monétaire et budgétaire ainsi qu'à des interventions du secteur financier pour faire face au ralentissement économique. Alors que les gouvernements africains s'efforcent de répondre aux besoins de la pandémie, le contexte actuel appelle à une réflexion profonde sur le rôle du développement du secteur financier en appui au processus de redressement de l'Afrique post COVID-19. À MFW4A, notre priorité immédiate sera de comprendre ces défis et opportunités afin de dégager des leçons pour des interventions plus efficaces et plus efficientes.

La réalité de distanciation sociale et des restrictions de voyage a nécessité des ajustements dans notre programme de travail pour assurer la continuité de nos activités et la réalisation de nos objectifs. Heureusement, du fait de la flexibilité intrinsèque aux fondements de MFW4A, nous avons réussi à réaliser la plupart de nos activités. Au cours des six derniers mois, nous avons organisé plus de webinaires que jamais auparavant. Toute une série de webinaires a été consacrée à la compréhension des implications de la COVID-19 sur le secteur financier africain. Des sujets tels que le financement des PME, la gouvernance d'entreprise, la gestion de crise et les réponses des IFD ont été adaptés pour répondre aux besoins de notre public varié, et de toute évidence, nos participants ont été très impliqués.

Afin d'informer davantage notre public sur les réponses à la COVID-19 en Afrique, nous avons lancé la base de données des réponses du secteur financier africain à cette crise en vue d’offrir un "guichet unique" d'information sur les 54 pays. La liste, qui comprend les réponses nationales, régionales, bilatérales et multilatérales pertinentes à la COVID-19, sera régulièrement mise à jour. La base de données couvre présentement 36 pays et 2 régions, et elle continuera de s’étendre au fur et à mesure de la disponibilité des informations sur les autres pays.

Il ressort davantage de nos travaux thématiques que la pandémie de la COVID-19 a disproportionnellement impacté les micros, petites et moyennes entreprises (MPME), considérées comme le moteur de la croissance économique mais aussi particulièrement vulnérables aux chocs. Nous allons redoubler d'efforts pour promouvoir des mécanismes de financement alternatifs tels que l’affacturage, le refinancement des créances et le crowdfunding, qui demeurent largement peu développés en Afrique. Le financement du commerce est un autre domaine qui devrait être affecté négativement en raison des implications de la pandémie et des perturbations des chaînes d'approvisionnement mondiales sur le continent. Nous comptons y mettre davantage l’accent. Avec nos partenaires (la BAD, Afreximbank et la GIZ), nous continuerons à améliorer la compréhension de la dynamique du marché et à mettre en œuvre des activités visant à réduire le déficit de financement du commerce en Afrique.

La crise actuelle a encore souligné la nécessité d’approfondir les marchés financiers domestiques, alors que la charge du service de la dette s'alourdit dans de nombreux Etats africains. Libérer le potentiel de l’épargne domestique à long terme pour l'investissement a toujours constitué une priorité pour le Partenariat. Cette année, nous nous associons à la SFI pour comprendre comment les investisseurs institutionnels africains allouent les actifs sous gestion et quels sont les obstacles réels et perçus à une diversification accrue de leurs portefeuilles. Une partie importante de ce travail consiste à tester l'appétit du marché pour les classes d'actifs alternatifs telles que les obligations vertes et les sukuk, afin d'améliorer leur conception et d’offrir des moyens innovants pour mobiliser des financements.

En matière de finance à long terme, l'Initiative pour le financement à long terme en Afrique, une initiative conjointe de la BAD, la GIZ, FSD Africa et MFW4A avance avec la publication imminente du diagnostic-pays du Ghana, en plus de celui sur la Côte d'Ivoire publié en cours d’année. Un troisième rapport portant sur l'Éthiopie sera finalisé d'ici la fin de l'année. Hormis des diagnostics, un portail en ligne hébergera un vaste ensemble de connaissances et d'informations sur le développement du financement à long terme en Afrique. Nous espérons que ces diagnostics et le site web qui les accompagne joueront un rôle important dans le renforcement des connaissances et l'amélioration de l'intermédiation des financements à long terme afin de combler le déficit de financement des entreprises, des logements et des projets d'infrastructure.

 La COVID-19 a mis davantage en exergue le rôle des technologies numériques dans le secteur financier. L'infrastructure numérique développée par des entités telles que les Mobile Money et Fintech offre une réelle opportunité dans l’accélération de la mise en place d'une économie numérique solide en Afrique. Nous continuerons à soutenir les efforts visant à promouvoir un environnement favorable aux services financiers numériques en tirant parti de la Communauté des superviseurs bancaires africains (CABS). Nous travaillerons également avec nos partenaires pour développer les paiements numériques, considérés comme "passerelle" vers d'autres services financiers, en explorant des sujets tels que l'interopérabilité des systèmes de paiement.

Nous avons des projets passionnants pour l'année à venir, alors que nous nous préparons à entrer dans une nouvelle phase stratégique. MFW4A continuera à soutenir ses membres et partenaires dans leurs efforts urgents visant à libérer l'innovation et les ressources du secteur financier pour faire évoluer l'économie africaine vers un continent plus inclusif, plus durable et plus résistant au climat. Nous introduirons également de nouveaux thèmes dans notre programme de travail, en intégrant notamment une perspective genre et climat dans toutes nos activités. Nous demeurons déterminés à offrir des ressources précieuses à nos membres et aux parties prenantes du secteur financier par le biais d'événements, de formations et de recherches de haute qualité portant sur des questions d'actualité et pertinentes.

Enfin, nous nous réjouissons de votre soutien continu et de votre collaboration.

Je vous souhaite de rester en bonne santé et en sécurité.

Cordialement,
 

Abdelkader Benbrahim

Coordinateur du Partenariat, MFW4A

Your comment

Cette question sert à vérifier si vous êtes un visiteur humain ou non afin d'éviter les soumissions de pourriel (spam) automatisées.