Transferts de fonds

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Les transferts d’argent des migrants sont des transferts unilatéraux de fonds d’une personne ou d’un ménage qui se trouve dans une localité à une autre personne ou à un autre ménage résidant dans une autre localité (Hougaard, 2008). Ils peuvent revêtir diverses formes, mais sont généralement associés aux travailleurs migrants qui envoient régulièrement des sommes d’argent pour soutenir leur famille et leurs proches dans leur pays d’origine. L’intérêt de ces transferts réside dans le fait qu’ils augmentent généralement le revenu des ménages et peuvent également entraîner une augmentation de l’épargne et des investissements des ménages, avec des effets positifs sur l’éducation, les soins médicaux et le développement du capital humain (Gupta & Pattillo CA, 2009 ; Hassan, et al., 2017) (Cenfri, 2018).

Depuis les années 90, les transferts d’argent des migrants sont devenus plus importants que l’aide publique au développement, et ils tendent à rester stables et moins volatiles que les autres flux financiers vers les pays en développement. En effet, les flux de transferts d’argent des migrants à destination et à l’intérieur de l’Afrique ont dépassé 60 milliards d’USD en 2016, et devraient atteindre 80 milliards en 2020 (FIDA, 2018).

En moyenne, le marché des transferts d’argent en Afrique est celui qui subit les coûts les plus élevés à l’échelle mondiale. L’envoi et la réception de fonds dans la région sont coûteux non seulement en termes de prix pour le consommateur, mais aussi en termes d’accès aux services de transferts de fonds. Alors que le coût mondial moyen pour l’envoi de 200 USD est demeuré à environ 7,2 % au premier trimestre de 2019, le coût de l’envoi d’argent en Afrique subsaharienne était de 9,4 % (Banque mondiale, 2017) ; bien au-dessus de la cible des 3 % fixée dans le cadre des Objectifs du développement durable. Les banques ont été le canal le plus coûteux pour transférer de l’argent, avec un coût moyen estimé à 10,9 % (Banque mondiale, 2019). On estime qu’une réduction à au moins 3 % d’ici à 2030 devrait entraîner une augmentation des revenus des familles des migrants d’au moins 5 milliards d’USD par an.

Défis à relever

Bien qu’une part croissante des transferts d’argent soit reçue en monnaie scripturale - par exemple sur un compte de mobile money ou une carte magnétique liée à un compte dans une institution financière - en 2016, plus de 94 pour cent des transferts en Afrique étaient encore reçus en espèces et la plupart des expéditeurs utilisent encore des espèces pour leurs transferts auprès d’un agent. Cette préférence s’explique principalement par la rapidité, la fiabilité et la proximité des points de réception. Les virements à partir des comptes bancaires sont encore souvent considérés comme trop complexes, car ils prennent plus de temps et engendrent des coûts supplémentaires.

L’émergence des services financiers numériques (SFN) pose également des défis en matière de conformité réglementaire pour les nouveaux acteurs qui interviennent dans les chaînes de valeur des transactions financières numériques. S’agissant des institutions de réglementation et de contrôle du secteur financier et des télécommunications, ils doivent désormais adapter les lois et règlements à l’évolution constante des technologies. Ces innovations soulèvent également des préoccupations relatives à l’application des normes internationales de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme, et aux conditions réglementaires applicables aux petites transactions financières et aux utilisateurs de transferts d’argent, notamment les populations généralement exclues des systèmes financiers officiels. Les décideurs publics du continent sont donc confrontés à ce défi d’adaptation réglementaire, aussi bien dans les pays où le taux de pénétration des services financiers numériques est élevé que dans les pays de la région accusant un certain retard en matière de paiements électroniques.

L’absence de points d’accès adaptés pour recevoir ou transférer des fonds augmente les coûts d’opportunité pour le consommateur. Par ailleurs, les prestataires de services de transferts d’argent demandent généralement des documents officiels, tels que les pièces d’identité nationale ou la preuve d’une adresse au moment de l’envoi ou de la réception des fonds. Il en résulte des coûts supplémentaires, et les documents demandés sont souvent difficiles à obtenir, notamment pour les usagers qui vivent dans des zones rurales ou les immigrants qui ne disposent pas de l’ensemble des pièces exigées (Bester, et al., 2008). En Afrique du Sud par exemple, plusieurs clients ne peuvent pas envoyer officiellement de l’argent même lorsqu’ils disposent d’une pièce d’identité, car les prestataires de services exigent une preuve de résidence ou un document officiel attestant du statut d’immigration.  (Market barriers to remittances in sub-Saharan Africa (SSA), Cenfri, 2018).

Opportunités

Au cours de la dernière décennie, l’émergence des services financiers numériques, et particulièrement des services bancaires mobiles, a révolutionné le secteur du transfert d’argent en Afrique. En effet, les modèles de services basés sur l’utilisation du téléphone portable, la distribution de monnaie électronique et/ou la densité du réseau d’agents non bancaires de distribution, présentent de nombreux avantages, notamment une plus grande rapidité, une sécurité renforcée et des coûts de transaction relativement bas ainsi que la réduction des transferts de fonds informels. Ces avantages peuvent donc contribuer à accroître considérablement le flux d’envois de fonds officiels entrants et sortants dans les pays d’accueil et d’origine des migrants africains.

La même tendance s’observe généralement dans les pays de la zone CFA, composée des 14 pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale qui constituent respectivement les zones monétaires UEMOA et CEMAC où le franc CFA (XOF-XAF) est la monnaie commune. Cette région devrait connaître une augmentation significative des transferts mobiles transfrontaliers en raison de l’adoption rapide des services financiers mobiles par les populations locales et de la forte croissance enregistrée ces dernières années.

La Banque africaine de développement s’est engagée avec ses partenaires à examiner les moyens les mieux adaptés à la mobilisation des ressources dédiées aux transferts d’argent des migrants. Un Fonds pour la migration et le développement (FMD) a été créé en 2009 à l’initiative de la BAD, du gouvernement français (ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et de la Direction générale du Trésor) et du Fonds international pour le développement agricole, avec pour objectif principal de promouvoir et de soutenir les initiatives de la diaspora africaine visant à réduire les coûts de transfert et à optimiser l’utilisation des ressources financières transférées.

Section 2: Faits saillants de nos activités

MFW4A promeut le développement de nouveaux outils et technologies visant à stimuler les investissements productifs de la diaspora africaine en soutien à la croissance économique de long terme sur le continent.

Gestion du savoir et recherche

Webinaires, notes de recherche et études de cas

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Etude de cas:Élaboration d’une approche systématique visant à soutenir les investissements de la diaspora en Afrique, Ghana, Nigeria et Sénégal, 2018

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Etude de cas : Opportunités et risques de la numérisation sur les marchés de transfert de fonds dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et dans la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC)

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