Fonds de pension

Comme tout investisseur institutionnel, les fonds de pension jouent un rôle essentiel sur les marchés financiers et celui des capitaux à long terme, mobilisant et allouant une épargne stable pour soutenir les investissements. Selon PricewaterhouseCoopers (PwC), les actifs sous gestion de 12 pays africains devraient atteindre environ 1 milliard de dollars US (USD) d'ici 2020, contre 293 milliards USD en 2008. La croissance de ces actifs accroit la nécessité de diversification, tant du point de vue de la gestion des risques que du rendement. Cependant, les actifs de retraite demeurent majoritairement investis en obligations d’État et actions cotées, malgré les récentes réformes réglementaires et les importants besoins d’investissement de l’Afrique, contribuant ainsi très peu au financement à long terme de l’économie réelle et de la croissance économique - et offrant par ailleurs des rendements potentiellement inférieurs.

Défis

La récente réforme de la réglementation a entraîné une croissance significative des actifs sous gestion sur l’ensemble du continent. A titre d’illustration, l’industrie des fonds de retraites au Nigérian était valorisée à 23 milliards USD en octobre 2018 alors qu’elle ne représentait que 7 milliards USD en décembre 2008. Au Kenya, les actifs sous gestion sont passés de 7,7 milliards USD en décembre 2014 à 11,6 milliards USD en juin 2018. En Namibie et au Botswana, ils représentent désormais respectivement 99% et 48,2% du PIB de ces pays.

Malgré la croissance affichée des économies à travers le continent, les marchés africains restent fragmentés, avec 90% des actifs sous gestion concentrés au Nigeria, en Afrique du Sud, en Namibie et au Botswana. Au sein de ces pays, quelques fonds importants tendent également à dominer. C’est le cas du Fonds de pension des employés du gouvernement (GEPF) en Afrique du Sud qui détient 124 milliards USD d’actifs sous gestion, du Fonds de pension de l’administration publique (GIPF) en Namibie avec 7,9 milliards USD d’actifs sous gestion et du fonds de pension des fonctionnaires de Botswana (BPOPF), crédité de 2,6 milliards USD.

L’accroissement des actifs sous gestion amplifie la nécessité pour les gestionnaires de fonds de pension et les régulateurs d’explorer, en plus des investissements traditionnels en obligations d'État et en actions cotées, de nouvelles classes d'actifs et de nouvelles zones géographiques. Au Nigeria et en Afrique de l'Est, l'allocation d'actifs est dominée par les obligations locales, ce qui reflète les réglementations en vigueur et l'absence d'opportunités alternatives en matière d'investissement local. L'un des principaux défis auxquels sont confrontés les fonds de pension africains est donc lié à la diversification du portefeuille nécessaire à une meilleure gestion du risque. Il s’agit pour les acteurs du secteur, d’identifier les moyens d’encourager la diversification tout en veillant à ce que celle-ci ne devienne pas une source de risque dès l’instant où ces fonds de pension s'aventurent dans des classes d'actifs et des marchés auparavant inconnus.

Un certain nombre de pays, dont l'Afrique du Sud, le Botswana, le Nigeria et la Namibie, ont ouvert la voie en permettant l'investissement dans des classes d'actifs alternatives telles que le capital investissement. Les fonds de pension sud-africains, par exemple, sont actifs dans le capital investissement à la fois à l’échelle locale et continentale, depuis 1962. Au Nigéria, la Commission nationale des pensions (PENCOM) a imposé en décembre 2010 une limite d’exposition de 5% au capital investissement. Sur la base des chiffres de 2018, cela représente des engagements potentiels de 1,15 milliard USD, bien plus que les 150 millions USD actuellement investis par les fonds de pension nigérians dans des fonds de capital-investissement. L’organisme de réglementation nigérian prescrit également des exigences supplémentaires telles que l’obligation faite aux fonds de capital-investissement d’investir au moins 75% de leurs ressources dans le pays, l’enregistrement auprès de la Commission des Operations Boursières (SEC) et une participation minimale de 3% des associés commandités dans le fonds. Un assouplissement de ces règles pourrait faciliter la libre circulation du capital là où les opportunités se présentent sur le continent.

Opportunités

Libérer le potentiel des fonds de pension africains à investir dans des actifs alternatifs signifie s'attaquer aux facteurs déterminant la décision d’investissement dans ces actifs.

Le premier d'entre eux est la faible sensibilisation vis-à-vis de ces classes d'actifs à travers le continent. Il est important de donner aux fonds de pension, aux régulateurs et aux autres acteurs du secteur les informations appropriées qui leur permettent d’évaluer si et comment les actifs alternatifs s’intègrent dans leurs stratégies et objectifs de placement globaux. Créer des bases de données nationales ou régionales en ligne sur la performance des investissements et des benchmarks, ainsi que des répertoires d'actifs en ligne, pourraient aider à combler cette lacune en matière d'information.

Le second facteur est celui de la rareté des actifs de placement et des véhicules appropriés à travers lesquels investir. Jusqu'à tout récemment, peu d'efforts ont été déployés pour comprendre l'appétence au risque, les régimes de réglementation et les rendements attendus des fonds de pension africains. Il en résulte que de nombreux projets présentés aux fonds de pension africains ne sont pas éligibles de leur point de vue pour diverses raisons. Il est donc crucial de soutenir le développement d’actifs de placement et de recycler les actifs alternatifs pour mieux répondre aux besoins des investisseurs.

Il est également essentiel de développer des réseaux de gestionnaires d'actifs crédibles et actifs ayant des relations bien établies avec les investisseurs institutionnels et travaillant en étroite collaboration avec ces derniers au développement d’un pipeline d'actifs éligibles spécifiques au secteur des infrastructures. De nombreux investisseurs institutionnels n’investiront dans les infrastructures que par le biais de leur réseau de gestionnaires de fonds historiques existant. En outre, certains investisseurs institutionnels exigent que leur gestionnaire d’actifs investisse dans ce secteur afin de garantir l’alignement des intérêts financiers. Les gouvernements devront donc attirer ces gestionnaires d'actifs établis.

Des mesures structurantes doivent viser à la fois l’offre et la demande des fonds de pension. Les solutions potentielles comprennent des interventions ciblées dans le développement d'infrastructures et projets immobiliers éligibles et de véhicules spéciaux, de mécanismes de partage des risques et d'opportunités de co-investissement plus traditionnelles via des plateformes d'investissement. Pour sécuriser les investissements dans les projets nationaux et régionaux africains et mobiliser des financements publics par nature limités, le secteur public doit soutenir vigoureusement l’accroissement des mécanismes d’investissement en dettes et fonds propres pouvant servir de canal crédible au financement des projets d’infrastructure. Ceci est particulièrement important pour les investissements d’amorçage dans des projets de développement écologique. Les partenariats avec le secteur privé sont essentiels pour la conception et l'exploitation de tels véhicules d’intermédiation financière.

Une stratégie à part entière doit être élaborée et mise en œuvre pour améliorer les capacités locales à développer des actifs susceptibles d'être investis, d'évaluer leur solvabilité et d'investir. Certaines mesures catalytiques sont les suivantes :

  • Mettre en place des programmes de formation pour mettre à niveau les gestionnaires de fonds de pension, les gestionnaires d'actifs locaux, les consultants en investissement, les officiels gouvernementaux et d'autres parties prenantes. Les faibles capacités techniques sont considérées comme un obstacle majeur aux investissements institutionnels dans les infrastructures. Ces programmes de formation doivent être conçus et mis en œuvre pour permettre l'élaboration et la mise en œuvre de stratégies d'investissement prudentes et diversifiées.
  • Encourager de manière proactive l’extension de la notation aux projets d’infrastructure et produits financiers rattachés. Les investisseurs institutionnels ont besoin d’une solide documentation sur les risques des investissements en infrastructure ainsi que des évaluations de crédit fournies par les agences de notation.
  • Globalement, favoriser l'échange de connaissances et le partage d'expériences entre les acteurs du secteur (fonds de pension, régulateurs, gestionnaires d'actifs, etc.) par le biais de groupes de travail et de réseaux de gestionnaires d'actifs est essentiel pour libérer le capital institutionnel détenu par des investisseurs nationaux et internationaux et destiné au financement d'actifs alternatifs en Afrique.

Faits saillants de nos activités

MFW4A joue un rôle de catalyseur du capital institutionnel national en faveur de l’investissement à long terme sur le continent. Nous soutenons le développement de produits adaptés aux besoins des investisseurs institutionnels africains dans tous les secteurs (infrastructure, logement, financement des entreprises) et classes d'actifs (obligations, capital-investissement, etc.).

MFW4A a créé le Réseau des fonds de pension africains (APFN) en 2014 dans le cadre de son rôle structurant en matière de capital institutionnel national. L'APFN fournit une plate-forme d'échange de connaissances et d'expertise entre les participants de l'industrie à travers le continent.

En 2019 - 2020, les activités de l’APFN se concentreront sur les marchés clés (Nigéria, Kenya, Afrique australe), où les actifs sous gestion se développent rapidement et où la réglementation autorise les investissements dans des actifs alternatifs. Les priorités comprendront notamment :

  • Établir et mener des initiatives de renforcement des capacités pour aider les fonds de pension à comprendre les opportunités et les défis liés à l'investissement dans des actifs alternatifs, y compris l'infrastructure, le logement, etc.
  • Soutenir la création de plateformes de co-investissement aux niveaux national et panafricain;
  • Travailler avec les partenaires de développement et les investisseurs institutionnels locaux pour identifier et structurer les opportunités de co-investissement, et
  • Plaider en faveur de régimes de réglementation soutenant les investissements dans des actifs alternatifs.

Gestion du savoir et recherche

Webinaires, notes de synthèse et études de cas

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Série de Webinaires - Fonds de pension africains et financement de l'habitat - en partenariat avec CAHF

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Réseautage et plaidoyer

Conférences de haut niveau et tables rondes

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Tables-rondes de MFW4A sur les fonds de pension à Abidjan (Côte d'Ivoire) et à Accra ( Ghana)

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MFW4A aux côtés des fonds de pension d'Afrique francophone à la 26ème conférence de la CIPRES

Appui aux projets et renforcement des capacités

Formations et opportunités d'affaires

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Séminaire- Introduction des fonds de pension du Kenya aux investissements dans les infrastructures et aux PPP (EN)

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MFW4A a co-dirigé  le programme de travail sur les investisseurs institutionnels lors de la première édition de l'Africa Investment Forum (AIF), incluant la conception et la modération de 3 sessions:

  • Dialogue avec les investisseurs institutionnels (EN)
  • Echanges avec les investisseurs institutionnels (EN)
  • Atténuation des risques en vue d'attirer les investisseurs institutionnels (EN)

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