Finance digitale

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Certains changements les plus radicaux dans le domaine des services financiers se produisent aujourd’hui en Afrique où de nouveaux produits et des méthodes de prestation inédites atteignent les populations en situation d’exclusion financière et sous-desservies. Aucune région au monde n’a vu les services financiers numériques (SFN) contribuer autant à l’inclusion financière que l’Afrique ces dernières années. Selon les résultats de la base de données Global Findex 2017, l’Afrique occupe le premier rang du nombre de détenteurs de comptes d’argent mobile, avec 20,9 % de la population adulte actuellement contre 4,2 % en Asie du Sud, 5,3 % en Amérique latine et dans les caraïbes, et 4,4 % à l’échelle mondiale. Les données indiquent également que 34,4 % de la population adulte d’Afrique subsaharienne a effectué ou reçu un paiement numérique en 2017, soit une hausse de 26,9 % par rapport à 2014. Cette prolifération ne se limite pas à la détention d’un compte et à l’utilisation des opérations financières de base, mais inclut désormais un large éventail de services financiers comme le crédit, l’épargne, l’assurance et les transferts de fonds transfrontaliers.

Les nouveaux entrants sur le marché, comme les opérateurs de réseau mobile (MNO), les FinTechs et d’autres intermédiaires exploitent la prolifération des canaux numériques et mobiles qui réduit les coûts et rend les services financiers plus pratiques et accessibles aux clients, tout en excluant les opérations en espèces non garanties. Contrairement aux services bancaires traditionnels, les services financiers numériques offrent également la possibilité de faire des opérations sur de petits montants.

Défis

En dépit de ces tendances mondiales positives, le paysage des services financiers est très varié en Afrique. Certains pays sont dotés de nombreux services financiers numériques proposés par tout un éventail de Prestataires de Services Financiers (PSF), tandis que d’autres marchés sont caractérisés par une gamme très restreinte de services financiers de base proposés par un nombre limité de PSF. Par ailleurs, l’augmentation du nombre de propriétaires de téléphone mobile ne signifie pas toujours que la population utilise quotidiennement les services financiers numériques : au Nigeria par exemple, les niveaux élevés de pénétration des mobiles n’ont pas donné lieu à l’adoption généralisée de l’argent mobile et d’autres services financiers numériques. Dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne, la hausse des abonnements mobiles ne s’est pas nécessairement traduite en opérations de transfert d’argent mobile. En fait, on observe les pourcentages les plus élevés d’opérations mobiles par PIB dans des pays comme le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda, qui ne se distinguent pas particulièrement en termes de pénétration de téléphonie mobile. Inversement, dans des pays comme le Botswana et la Namibie où moins de deux tiers des adultes détiennent un compte bancaire, les abonnements à la téléphonie mobile dépassent le nombre d’habitants et pourtant le volume des opérations de transfert d’argent mobile est extrêmement bas. L’infrastructure mobile n’est pas partout le principal goulet d’étranglement et l’inclusion financière numérique recèle un potentiel inexploité élevé dans de nombreux pays. À Maurice, la forte implantation des banques urbaines et rurales explique le sous-développement des comptes mobiles. En Tanzanie et en Côte d’Ivoire, les comptes mobiles ont fleuri en raison de la pénurie de banques rurales.

Le déploiement généralisé des systèmes de paiement sur mobile pose un certain nombre de défis en matière de contrôle. Citons entre autres les incertitudes juridiques, la protection des consommateurs, le blanchiment d’argent et les risques de financement du terrorisme ainsi que les risques opérationnels et de liquidité. Se posent également des questions fondamentales autour de la protection des données qu’il convient de prendre en compte. L’émergence des FinTech et de prestataires de services de paiement non bancaires implique la possession et le partage d’une vaste gamme de données financières et non financières par de nombreuses parties. Les données et la capacité analytique sont certes porteuses de promesses pour les clients, les prestataires et les superviseurs de services financiers, mais elles ne peuvent être correctement exploitées que si les risques liés à la vie privée et à la protection des données sont pris en compte.

La pénétration et la réussite des produits financiers complémentaires, comme les paiements de factures/commerçants et les décaissements de masse, ont été mitigées. Les paiements des commerçants ont eu du mal à progresser. Ils ne représentaient que 5 % du volume des transactions et 5 % de la valeur des transactions en 2016. La proposition de valeur pour convaincre les commerçants d’accepter les paiements numériques est toujours en cours de création et doit s’adapter aux critères des marchés locaux : infrastructures bancaires (basées sur les cartes ou les portefeuilles), préférences des clients, comportement entourant les portefeuilles électroniques (petits ou gros montants), normes concernant les paiements des fournisseurs (espèces ou autres moyens de paiement).

Opportunités

Il est essentiel de gagner la confiance des consommateurs pour parvenir à l’adoption durable et à l’utilisation active des services financiers numériques en Afrique. L’élaboration de cadres efficaces de supervision et de contrôle peut contribuer à conserver la confiance du public et à préserver la stabilité du système de paiement, en particulier en Afrique où les paiements numériques sont un outil important d’inclusion financière. Adopter une approche proportionnée et fondée sur le risque en matière de réglementation et de supervision peut permettre de trouver le bon équilibre entre « donner les moyens » aux innovations d’élargir l’inclusion financière, tout en maintenant la souplesse pour préserver la stabilité financière et l’intégrité du système.

Les régulateurs d’Afrique de l’Est, en particulier, ont montré la voie en introduisant une réglementation uniquement après en avoir constaté le besoin. Cette souplesse réglementaire, associée à un environnement marqué par les innovations numériques permanentes, a favorisé la diversification des opérateurs et des canaux de distribution, ainsi que l’accès aux services des personnes habituellement exclues du système financier normal.

La prolifération des tendances impulsées par la technologie en matière de distribution des services financiers numériques, comme la biométrie pour renforcer la sécurité et l’utilisation des empreintes numériques, est une source de référencement de crédit pour les institutions de microfinance. L’utilisation des données alternatives a fait l’objet d’une grande attention, en particulier pour évaluer le risque d’un crédit, en raison de sa réussite sur certains marchés du continent. L’analytique des données massives (Big Data) offre une occasion sans précédent de mieux comprendre et de servir les clients, en particulier ceux qui sont exclus du système financier. Les tendances comme la technologie du registre distribué et des chaines de blocs (blockchain) ont le potentiel de défier et d’impacter les méthodes traditionnelles de prestation des services financiers. Néanmoins, très peu de « cas d’utilisation » ont été introduits pour démontrer comment ces technologies peuvent contribuer à accélérer l’inclusion financière.

Nos activités

MFW4A soutient le développement d’un environnement propice pour permettre au financement numérique de prospérer et de supprimer les obstacles à l’inclusion financière. Nous étudions également le potentiel des solutions de paiement numérique afin de soutenir l’expansion de l’accès aux services essentiels (eau, énergie, éducation, santé, etc.).

 

Gestion du savoir et recherche

Webinaires, notes de synthèse et études de cas

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MFW4A et USAID ont organisé un webinaire sur les "Services financiers numériques dans l’agriculture."

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MFW4A et FMO ont organisé un webinaire sur "l’Interopérabilité et la collaboration entre les FinTechs, les institutions financières et les prestataires d’argent mobile."

Réseautage et réseaux

Conférences de haut niveau et tables rondes

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Nous avons coorganisé le neuvième Forum annuel sur "le financement responsable" avec IFC, BMZ, GIZ, CGAP, L’alliance Better Than Cash de l’UNCDF et la Banque mondiale le 2 octobre 2018 à Dar es Salaam, en Tanzanie.

Appui aux projets et renforcement des capacités

Formations et marchés

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Partenaires stratégiques

Nous sommes une initiative fondée par plusieurs bailleurs de fonds, œuvrant dans un esprit de partenariat et de collaboration. Nous travaillons avec une grande variété d’institutions locales, régionales et internationales, publiques et privées, afin de réaliser notre mission de développer les systèmes financiers africains. Voici un résumé des institutions avec lesquelles nous travaillons pour soutenir le développement du financement numérique en Afrique.