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Valoriser le potentiel « investisseurs » pour développer les marchés des capitaux en Afrique de l'Est

fév 15, 2017
Le développement des marchés locaux des capitaux passe par celui du côté investisseur afin de stimuler une plus grande participation des investisseurs institutionnels locaux comme les fonds de pension ou les sociétés d'assurance. Si cette action est bien menée, ces gisements d'épargne peuvent devenir des sources de financement à long terme, y compris pour les projets d'infrastructure, susceptibles d'accélérer la croissance socio-économique. Bien que croissante, la proportion des résidents des pays de la Communauté Est Africaine (CEA) : Kenya, Rwanda, Tanzanie et Ouganda ayant accès aux produits des fonds de pension et des sociétés d'assurance reste faible. Les fonds gérés par les investisseurs institutionnels locaux dans ces pays ont presque doublé en à peine quatre ans, pour atteindre près de 19 milliards de dollars début 2016. Nous avons récemment mené une enquête auprès des investisseurs potentiels dans ces quatre pays visant à comprendre la répartition de leurs avoirs entre les diverses classes d'actifs et dans les pays de la CEA. Nous partageons ici les résultats de cette enquête. Nous avons découvert que la plupart de ces investisseurs souhaiteraient diversifier davantage leur portefeuille mais sont limités en cela par le manque de valeurs mobilières attractives et d'instruments de gestion des risques leur permettant d'investir conformément à leurs objectifs. Cette étude met en évidence le besoin de véhicules d'investissement à long terme sur ces marchés, en particulier - ainsi que celui de nouveaux participants. Par exemple, une grande majorité des investisseurs interrogés a indiqué un fort intérêt pour de nouveaux véhicules de ce type comme un " fonds de fonds " régional qui pourrait mutualiser leurs ressources et gérer les risques en investissant dans plusieurs projets d'infrastructure, secteurs et pays. Il existe déjà des signes évidents que les fonds de pension, en particulier, ont engagé une diversification de leurs portefeuilles depuis les dernières dix années - s'écartant davantage des classes d'actifs les plus liquides. Les fonds de pension interrogés ne détenaient en moyenne que d'à peine 1% en cash et de dépôts à vue dans les pays de la CEA. En outre, les placements effectués par les fonds de pension et les assureurs en titres de la dette de l'Etat à court terme étaient généralement largement inférieurs aux plafonds nationaux ou internes à ces organismes. Elles résultats de l'enquête montrent également que les fonds de pension détiennent généralement bien plus de titres d'État à long terme qu'à court terme. En revanche, très peu de placements sont effectués en obligations d'entreprise, même pour les fonds de pension, ce qui est en partie attribuable à la faible taille de ce marché et au manque de produits disponibles. Nous avons également trouvé que la faible part réservée au capital-risque et capital investissement et au (PE/VC) correspondaient davantage au manque d'expérience avec ces nouvelles classes d'actifs qu'à la faiblesse de la demande ou à des restrictions d'investissement. En fait, les réglementations nationales sont encore en train d'évoluer. Une plus grande clarté dans la manière dont les régulateurs traiteront ces nouvelles classes d'actifs serait de nature à encourager l'investissement. Loin d'être sans risque, les investissements en PE/VC intégrés dans des portefeuilles bien gérés pourraient générer de bons retours. Parallèlement, il est important de renforcer les capacités des régulateurs, investisseurs et intermédiaires financiers en matière d'évaluation des risques.
Comment les réglementations nationales affectent-elles la manière dont les investisseurs gèrent leurs portefeuilles ? Nous avons trouvé que dans la plupart des cas, les seuils règlementaires nationaux en matière d'investissement ne freinent pas les investisseurs institutionnels locaux de la CEA de poursuivre la diversification de leurs portefeuilles. La part des actions et obligations de sociétés est généralement inférieure aux seuils nationaux fixés et les seuils fixés en interne, généralement inférieurs aux seuils nationaux, ne sont souvent même pas atteints. Environ la moitié des investisseurs a déclaré investir une partie de leur portefeuille d'actifs en dehors de leur pays d'origine - généralement dans d'autres pays de la CEA. Comment ces marchés de la CEA pourraient-ils s'appuyer sur les liens régionaux pour attirer davantage d'investisseurs institutionnels ? Environ la moitié des personnes interrogées ont répondu qu'un accès à de meilleurs stratégies et instruments pour gérer les risques de change les inciterait à investir dans les actifs d'autres pays de la CEA. Par ailleurs, nous avons constaté que certains investisseurs ne sont pas nécessairement bien informés des limites par type d'actif au sein d'une même région auxquels ils sont assujettis. Les régulateurs devraient améliorer la communication avec les investisseurs pour s'assurer qu'ils comprennent bien les limites et les possibilités en matière d'investissement au sein de la CEA dans les diverses classes d'actifs. Le bon fonctionnement du côté " investisseurs " est de nature à réduire la dépendance de l'économie à l'égard des investissements étrangers en portefeuille, et par conséquent améliore sa résilience par rapport à des entrées et sorties brutales de capitaux. Des avancées supplémentaires en matière d'intégration régionale dans la CEA pourraient contribuer à atténuer les risques liés aux investissements transfrontaliers. L'étroitesse de base des titres pour effectuer des placements sur les marchés locaux des capitaux des renforce la nécessité de poursuivre la simplification et l'harmonisation des dispositions (restrictions ou limites/seuils) au niveau régional. En retour, ceci pourrait contribuer à améliorer la liquidité du marché, à approfondir les marchés des capitaux de la CEA et à faciliter aux investisseurs institutionnels locaux la diversification de leurs portefeuilles. Veuillez trouver ici les résultats complets de cette enquête. ------------------------------------------------------------------------------------------- À propos de l'auteur Jim Woodsome est chercheur analyste senior au Centre de recherche sur les marchés financiers du Milken Institute. Il mène des études, organise des événements et aide à gérer des initiatives liées au programme de développement des marchés des capitaux (CM4D) de cet organisme.

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