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Un renforcement du rôle du secteur privé, l’accent sur l’émancipation économique des femmes et un appel à une plus grande implication des agriculteurs lors de la plate-forme de partenariat du CAADP 2015

juil 14, 2015
La 11éme édition de la plate-forme de partenariat du CAADP a eu lieu à Johannesburg, en Afrique du Sud du 25 au 26 Mars. Le thème de cette année était " De la parole aux actes : Remplir les engagements de Malabo sur l'agriculture pour l'autonomisation des femmes et le développement", aligné sur le thème 2015 de l'Union africaine (UA) relatif à l'autonomisation et le développement des femmes. Après cette rencontre de partenariat a immédiatement suivi la Déclaration de Malabo, le rassemblement a été l'occasion pour les participants de réexaminer les engagements pris par les chefs d'Etat Africains à Malabo en ce qui concerne le programme de croissance et de transformation agricole. À la lumière du thème de l'UA pour 2015 sur l'autonomisation des femmes et le développement, la rencontre visait à trouver des moyens pour traduire les engagements de Malabo en actions concrètes qui aboutiraient à un accès égal aux ressources et opportunités pour les femmes. C'est dans ce contexte que l'Agence du NEPAD a lancé le programme " les femmes dans l'agro-industrie " pour soutenir l'autonomisation et la croissance économique des femmes africaines. Les leçons apprises au cours de la première décennie de mise en œuvre du CAADP ont nourri les réflexions qui ont conduit au cadre de résultats du CAADP. Ce document de résultats, tout comme la déclaration de Malabo, sera traduit en action à travers la Stratégie de mise en œuvre, et les documents de feuille de route et de programme de travail, qui ont été élaborés avant la réunion de la Plate-forme. Bien que la Déclaration de Malabo souligne de nouveau le besoin d'investissements publics (au moins 10% du budget national à l'agriculture), il y a eu des appels urgents à travers des opérations visant à trouver des moyens d'accroître le financement du secteur privé. Le financement du secteur privé ne servira pas juste à mobiliser des investissements publics existants, mais il comblera également l'important déficit de financement nécessaire pour répondre aux besoins des investissements attendus pour stimuler le secteur de l'agriculture. En outre, la mise en œuvre de la Déclaration de Malabo doit aller au-delà de la planification et des investissements pour insister sur des réformes dans les politiques économiques et les capacités institutionnelles à travers la création d'un environnement économique qui favorise l'innovation. Pour soutenir un secteur privé de plus en plus fort en Afrique, toutes les actions de politique économique devraient mettre davantage l'accent sur les agriculteurs et les entrepreneurs qui sont au centre de toutes ces réformes. La plateforme de partenariat du CAADP a souligné certains défis qui pourraient affecter la mise en œuvre de la Déclaration de Malabo. Ces défis tournent autour de la nécessité de plus de coordination et d'harmonisation entre les acteurs impliqués dans le processus du CAADP. Les parties prenantes devraient précisément profiter des politiques économiques favorables et le dynamisme accru des secteurs privés pour remobiliser différents acteurs et partenaires vers le financement de l'agriculture. En relevant les défis de la mise en œuvre des Déclarations de Malabo, des politiques économiques spécifiques devraient être conçues pour accélérer la contribution et l'inclusion des femmes qui sont de loin les plus grands fournisseurs dans le segment de la production agricole en Afrique. Des recommandations clés pour la mise en œuvre du CAADP ont été données dans les cinq domaines suivants :
  1. Mettre un terme à la malnutrition et la faim en Afrique d'ici 2025 : les participants à la Plateforme de partenariat ont fait appel à des investissements dans des aliments plus nutritifs et la nécessité d'accroître les ressources financières consacrées à la promotion des activités de nutrition. Afin d'aborder les questions de nutrition, les participants ont considéré qu'il est important de diversifier l'apport alimentaire au-delà des aliments de base et céréales connues, et de promouvoir l'utilisation d'engrais équilibrés en micronutriments. Les participants préconisaient aussi ​​la nécessité de rédiger un document référence de sensibilisation sur la nutrition pour compléter le cadre de résultats et le programme de travail du CAADP.
  2. Transformation et croissance agricole inclusive : Les politiques et réglementations devraient favoriser l'accès à la terre et au crédit, comme un moyen d'encourager les jeunes et les femmes dans l'agriculture. Les politiques devraient aussi être propices au développement de mécanismes de financement innovants, tels que les systèmes de reçu d'entrepôt et permettre "des subventions intelligentes" pour augmenter l'accès aux intrants. Les participants ont recommandé la nécessité d'une approche de chaîne de valeur inclusive avec des organisations de producteurs fortes. Une telle chaîne de valeur complète conduirait à des dispositions contractuelles durables.
  3. Stimuler le commerce intra-africain : l'intégration commerciale régionale, le suivi rapide de l'accord de libre-échange continental, l'harmonisation et l'application de mesures non tarifaires sont quelques-unes des actions les plus importantes qui doivent être prises pour stimuler le commerce intra-africain. Les acteurs de la chaîne de valeur devraient être formés sur les affaires et le commerce afin d'être en mesure de s'engager confortablement dans les questions commerciales mondiales.
  4. Construire de la résilience en réduisant la vulnérabilité aux risques : L'adaptation au changement climatique et les stratégies d'atténuation des risques devraient être intégrées dans les plans d'investissement. Il y a également un appel pour développer un cadre continental sur la gestion intégrée des risques dans l'agriculture. Des politiques économiques saines devraient créer des incitations pour les investissements qui se traduisent par un environnement de marché favorable et plus prévisible.
  5. Responsabilité mutuelle : le canevas des résultats du CAADP est le mécanisme que les pays utiliseront pour mesurer les résultats. Toutefois, des données de qualité devraient alimenter le processus de mesure. Pour faciliter le processus d'examen biennal que les pays ont à subir, il est important d'établir des priorités et de se concentrer sur un ensemble de base d'indicateurs de croissance agricole et de développement, facilement mesurables.
La plateforme de partenariat du CAADP a une fois de plus démontré la nécessité d'une approche multi- sectorielle basée sur un engagement politique fort soutenu par l'allocation de ressources adéquates pour la mise en œuvre.

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