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Systèmes appropriés d'entreposage et de gestion des garanties en Afrique sub-saharienne

jan 11, 2016
Le crédit de stockage, ou warrantage, (WRF) est une ancienne technique de financement qui fut découverte sur des tablettes d'argile mésopotamiennes. Le WRF a joué un rôle important dans le financement de l'agriculture et de la transformation agricole aux Etats-Unis et en Europe. Il est largement utilisé à travers les pays en développement - mais surtout pour le financement des opérations d'importation et d'exportation. Au cours des dernières années, les gouvernements des pays en développement ont fourni des efforts considérables (soutenus par leurs partenaires au développement) en vue d'étendre son utilisation à des chaînes de valeur agricoles sur le plan national. Comment peut-on définir le système de warrantage (WRS) ? Il s'agit d'un système de financement, ré-émergent, dans lequel les entrepôts de produits de base agricoles disposants d'exploitants d'entrepôt qualifiés et de gestionnaires de garanties, fournissent des services de stockage et de gestion des garanties destinées à faciliter l'accès au crédit de stockage et à d'autres formes de financement des produits de base en faveur des petits agriculteurs. Si les fournisseurs de services financiers ont un crédit de stockage qui est accessible aux agriculteurs, alors un tel produit donne de la souplesse aux agriculteurs qualifiés dans la planification de leurs ventes. Au lieu de vendre leur marchandise pour répondre aux besoins de trésorerie immédiats au pic de la saison de production lorsque les prix des produits de base sont généralement à leurs niveaux les plus bas, les agriculteurs peuvent stocker leur marchandise dans un entrepôt qualifié et reporter la vente à une date ultérieure lorsque les prix sont censés être plus élevé. L'agriculteur utilise ensuite la marchandise stockée comme titre de garantie pour contracter un prêt en vue de couvrir les besoins de trésorerie immédiats. Du point de vue du financier, le warrantage, lorsqu'il est utilisé comme garantie, peut faciliter les prêts aux agriculteurs. Le crédit de stockage permet également aux processeurs de financer le stock dont ils ont besoin pour leurs opérations tout au long de l'année et aux exportateurs d'optimiser le calendrier de leurs ventes attendues. En outre, il donne aux banques internationales un moyen d'offrir aux clients des prêts à des taux d'intérêt qui ont tendance à être inférieurs à ceux offerts par les banques locales. Cependant, il existe quelques avantages et inconvénients relatifs au WRS dans le contexte du petit exploitant agricole. Le WRS pourrait être plus efficace à conditions de disposer de formes particulières de garanties de prix futurs plus élevés comparativement aux prix habituellement bas rencontrés à la pointe de la saison de la récolte. Les instruments de couverture destinés à réduire le risque de mouvements défavorables des prix comprennent des dispositions contractuelles tel que des contrats à terme, des contrats échangés en bourse et en aval ou encore des accords privés. Cependant, ces types de mécanismes de gestion des risques de volatilité des prix sont un peu plus sophistiqué au niveau de la chaîne de valeur des petits exploitants, en laissant l'agriculteur preneur de prix vulnérables à la spéculation-marked to market. Quel que soit le cas, la différence de prix à la saison des récoltes et l'heure de la vente doit être en mesure de couvrir la totalité du coût de l'entreposage ainsi que les intérêts payés sur l'emprunt contracté pour répondre aux besoins de trésorerie immédiats à la récolte. Pourtant, le warrantage s'est avéré être difficile, en partie parce que les financiers locaux - les candidats les plus logiques pour le financement du commerce agricole nationale et régionale des flux - sont généralement peu familiers avec l'approche du WRS et ils se méfient aussi de l'adéquation du mécanisme de tarification des produits de base, ainsi que des conditions politique, juridique et réglementaire qui entourent son utilisation. Qu'en est-il de l'existence d'un modèle commun de WRS pour le petit exploitant agricole en Afrique subsaharienne (ASS)? Une enquête sur le terrain dans neuf pays sujets d'Afrique subsaharienne (ASS) (Burkina Faso, Cameroun, Côte d'Ivoire, Ghana, Madagascar, Mozambique, Niger, Sénégal et Ouganda) a permis d'identifier les points d'entrave à une plus grande utilisation des diverses formes de WRS, et de formuler des propositions pour action. L'enquête a aboutie sur des recommandations d'ordre technique et juridique, dont certaines sont assez spécifiques au pays, contexte ou denrée, tandis que d'autres pourraient être généralisés, mais avec prudence. L'enquête a permis de ressortir quatre principaux types de WRS, le premier type étant le plus approprié pour les petits exploitants d'ASS, tandis que les trois autres types s'avèrent pour l'instant un peu trop avancés pour le petit exploitant d'ASS qui n'est pas encore disposé à produire des volumes commerciaux suffisamment pertinents pour rentrer dans des types de WRS aussi avancés. Toutefois, l'un ou deux voir l'ensemble des trois autres types ou une combinaison de ceux-ci, est la direction vers laquelle les petits exploitants d'ASS ayant une orientation commerciale, devraient se diriger. Il s'agit des quatre types suivants:
  1. Le Type A pour le crédit d'inventaire communautaire destiné aux petits agriculteurs : Cette catégorie est souvent prise en charge par les institutions de microfinance (IMF), qui re-financent leurs opérations avec les banques commerciales. Les stocks sont normalement tenus dans un emplacement à double cadenas dans les magasins communautaires ou les bâtiments domestiques, la clé de l'un des cadenas étant conservée par l'organisation du producteur (OP) ou un groupe d'agriculteurs, et celle de l'autre par l'IMF.
  2. Le Type B pour les récépissés d'entreposage privé : Ce système fournit un financement contre des marchandises stockées dans un entrepôt privé sous le contrôle et la responsabilité d'un gestionnaire de garanties (CM). Cela peut inclure un entrepôt sur ​​le terrain, où les produits sont conservés dans le magasin de l'emprunteur, qui est temporairement loué au gestionnaire de garanties (CM).
  3. Le Type C pour l'entreposage public. Ce système fournit un financement contre des denrées entreposées dans un entrepôt public. Il s'agit là d'un entrepôt qui est ouvert aux déposants du grand public ; cela ne signifie pas que l'entrepôt appartient à l'Etat ; en effet la plupart des entrepôts publics appartiennent à des particuliers.
  4. Le Type D pour les prêts contre la sécurité de la production actuelle ou future : Dans ce cas, les organismes de financement prêtent contre une sécurité documentée représentant la production actuelle ou future. Il s'agit là du système typique représenté sous la proposition de valeur pour l'entreposage discuté ci-dessus.
Cette publication est issue de la publication conjointe AFD / CTA / FIDA PARM sur le crédit de stockage en Afrique. Pour un accès détaillé aux résultats de l'étude, veuillez cliquer ici : http://publications.cta.int/en/publications/publication/1855/
http://publications.cta.int/en/publications/publication/1856/
http://publications.cta.int/en/publications/publication/1857/
Jonathan N. Agwe (PhD) est un Expert technique principal dans le domaine des services financiers ruraux inclusifs, à l'IFAD, à Rome.

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