Rôle de la gestion de la dette pour la stabilité financière et la croissance en Afrique
nov 15, 2010
La littérature sur le développement a traité en long et en large du lien entre finance et croissance. La recherche comparative entre pays montre que le développement financier comme la stabilité financière revêtent une importance capitale pour la croissance. Mais, cette littérature est moins riche en ce qui concerne les piliers sur lesquels repose la stabilité financière, notamment dans les économies en développement.
Dans cet article, je montrerai comment la gestion de la dette peut contribuer, directement, à la stabilité financière et au développement financier et, partant, à la croissance en Afrique.
Les récentes crises financières mondiales ont mis à nue les mécanismes par lesquels les risques souverains peuvent, dans le contexte d’une dette publique croissante, constituer une menace pour la stabilité financière dans les économies avancées. Ces leçons sont édifiantes également pour les économies émergentes et les pays à faible revenu d’Afrique. Pour générer une croissance durable et favorable aux pauvres en Afrique, il faudra investir à la fois dans l’immatériel (stabilité financière et développement financier, État de droit) et le matériel (infrastructure, base industrielle solide). La qualité et le développement du premier sont étroitement liés à ceux du second. Comment la gestion de la dette stimule-t-elle le volet immatériel du développement, la stabilité financière
en particulier ? ###MORE### Une gestion prudente de la dette peut aider à atténuer les risques souverains à travers l’amélioration des structures de la dette (par exemple l’échéance, la composition monétaire) et la stabilité financière. Elle peut également renforcer la capacité des finances publiques (et donc de l’économie) à absorber les chocs, en réduisant au minimum l’exposition du stock de la dette publique aux risques des taux d’intérêt et de change, entre autres. Comme l’ont démontré les précédentes crises mondiales, les économies en développement sont particulièrement vulnérables aux chocs financiers et à ceux liés aux cours des produits de base, et ce, à travers de multiples canaux
: commerce, aide, transferts de fonds des migrants et flux de capitaux transfrontaliers (sous forme aussi bien d’IDE que d’investissements de portefeuille). Aussi, la gestion de l’accès aux marchés et de la volatilité de la croissance, en partie à travers la réduction de la sensibilité des finances publiques aux chocs dus aux taux d’intérêt et de change, revêt-elle une importance primordiale. L’intermédiation financière en Afrique est principalement le fait des banques, et la profondeur des marchés financiers est souvent limitée. Étant donné que les banques sont généralement les plus grandes détentrices des titres de la dette publique intérieure alors que le nombre des investisseurs institutionnels (tant nationaux qu’étrangers) est insuffisant, la prudence dans la gestion de la dette devient une condition nécessaire de la stabilité financière.
Cet enseignement sur le lien entre la stabilité financière et la gestion de la dette est édifiante non seulement pour les économies avancées, comme l’ont montré les récentes crises, mais également pour les pays émergents et en développement d’Afrique et d’ailleurs. ###MORE### Dans les pays en développement, la gestion de la dette et le développement financier sont intimement liés.
Un des principaux objectifs de la stratégie d’endettement à moyen terme est le développement des marchés. Un marché florissant de la dette intérieure peut devenir une source essentielle de financements en temps de crise mondiale, surtout que les pays à faible revenu sont généralement frappés par une série de chocs collatéraux
: rétrécissement de l’accès aux marchés internationaux, contraction des entrées de capitaux (IDE comme investissements de portefeuille) et transferts de fonds des migrants. Les décideurs en Afrique se rendent de plus en plus compte que la gestion de la dette peut jouer un rôle très utile de soutien aux autres politiques macroéconomiques et élargir les marges de manœuvre en matière de politiques. Une poignée de pays recueillent déjà les fruits de l’amélioration de leur gestion de la dette et de l’expansion de leurs marchés de la dette. Par exemple, le Kenya a continué à enregistrer des progrès en matière de gestion de la dette et, à la suite de la récente crise, il s’est efficacement financé sur son marché intérieur de la dette, face au déclin des financements externes. Au moment où nombre de pays africains s’efforcent de réaliser la stabilité et le développement financiers, les décideurs du continent se doivent d’exploiter les avantages stratégiques et institutionnels d’une gestion prudente de la dette, conjuguée à des politiques monétaires, budgétaires et de change saines. Udaibir Das est Directeur adjoint du Département des marchés monétaires et des capitaux au FMI. Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne sauraient être attribuées au FMI, ni à son Conseil d’administration ou à sa Direction.
Les récentes crises financières mondiales ont mis à nue les mécanismes par lesquels les risques souverains peuvent, dans le contexte d’une dette publique croissante, constituer une menace pour la stabilité financière dans les économies avancées. Ces leçons sont édifiantes également pour les économies émergentes et les pays à faible revenu d’Afrique. Pour générer une croissance durable et favorable aux pauvres en Afrique, il faudra investir à la fois dans l’immatériel (stabilité financière et développement financier, État de droit) et le matériel (infrastructure, base industrielle solide). La qualité et le développement du premier sont étroitement liés à ceux du second. Comment la gestion de la dette stimule-t-elle le volet immatériel du développement, la stabilité financière
en particulier ? ###MORE### Une gestion prudente de la dette peut aider à atténuer les risques souverains à travers l’amélioration des structures de la dette (par exemple l’échéance, la composition monétaire) et la stabilité financière. Elle peut également renforcer la capacité des finances publiques (et donc de l’économie) à absorber les chocs, en réduisant au minimum l’exposition du stock de la dette publique aux risques des taux d’intérêt et de change, entre autres. Comme l’ont démontré les précédentes crises mondiales, les économies en développement sont particulièrement vulnérables aux chocs financiers et à ceux liés aux cours des produits de base, et ce, à travers de multiples canaux
: commerce, aide, transferts de fonds des migrants et flux de capitaux transfrontaliers (sous forme aussi bien d’IDE que d’investissements de portefeuille). Aussi, la gestion de l’accès aux marchés et de la volatilité de la croissance, en partie à travers la réduction de la sensibilité des finances publiques aux chocs dus aux taux d’intérêt et de change, revêt-elle une importance primordiale. L’intermédiation financière en Afrique est principalement le fait des banques, et la profondeur des marchés financiers est souvent limitée. Étant donné que les banques sont généralement les plus grandes détentrices des titres de la dette publique intérieure alors que le nombre des investisseurs institutionnels (tant nationaux qu’étrangers) est insuffisant, la prudence dans la gestion de la dette devient une condition nécessaire de la stabilité financière.
Cet enseignement sur le lien entre la stabilité financière et la gestion de la dette est édifiante non seulement pour les économies avancées, comme l’ont montré les récentes crises, mais également pour les pays émergents et en développement d’Afrique et d’ailleurs. ###MORE### Dans les pays en développement, la gestion de la dette et le développement financier sont intimement liés.
Un des principaux objectifs de la stratégie d’endettement à moyen terme est le développement des marchés. Un marché florissant de la dette intérieure peut devenir une source essentielle de financements en temps de crise mondiale, surtout que les pays à faible revenu sont généralement frappés par une série de chocs collatéraux
: rétrécissement de l’accès aux marchés internationaux, contraction des entrées de capitaux (IDE comme investissements de portefeuille) et transferts de fonds des migrants. Les décideurs en Afrique se rendent de plus en plus compte que la gestion de la dette peut jouer un rôle très utile de soutien aux autres politiques macroéconomiques et élargir les marges de manœuvre en matière de politiques. Une poignée de pays recueillent déjà les fruits de l’amélioration de leur gestion de la dette et de l’expansion de leurs marchés de la dette. Par exemple, le Kenya a continué à enregistrer des progrès en matière de gestion de la dette et, à la suite de la récente crise, il s’est efficacement financé sur son marché intérieur de la dette, face au déclin des financements externes. Au moment où nombre de pays africains s’efforcent de réaliser la stabilité et le développement financiers, les décideurs du continent se doivent d’exploiter les avantages stratégiques et institutionnels d’une gestion prudente de la dette, conjuguée à des politiques monétaires, budgétaires et de change saines. Udaibir Das est Directeur adjoint du Département des marchés monétaires et des capitaux au FMI. Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne sauraient être attribuées au FMI, ni à son Conseil d’administration ou à sa Direction.
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