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Remodeler l'avenir de la Finance

avr 22, 2013
Pauvreté. Dans quelle proportion pourrait-elle être évitée grâce à des simples compétences financières? S'il y a quelque chose que nous avons appris au fil des années, c’est que de mauvaises décisions financières prises par le citoyen économique moyen peuvent être à la base de crises financières et la racine de la pauvreté. Le problème est que la prise de mauvaises décisions semblent être inhérentes à tout le monde - c'est du moins ce qu’a écrit le lauréat du prix Nobel d’économie Daniel Kahneman. C'est pourquoi le monde a besoin d’améliorer l'éducation financière et l'inclusion financière des individus tant qu’ils sont jeunes et encore capables de former des habitudes financières positives. Après tout, ces jeunes sont les futurs dirigeants, investisseurs, décideurs et parents. Le Président de la Banque africaine de développement, Donald Kaberuka, a souligné cette année lors du Forum économique mondial que la prévalence de la pauvreté est particulièrement pertinente dans les pays africains ayant une forte population de jeunes. Comme les estimations projettent que les jeunes représenteront 75% de la population totale en Afrique en 2015, une grande partie de la population africaine va entrer dans le marché du travail dans les prochaines années et aura besoin de l'éducation et de l'accès approprié à l'épargne et au renforcement des actifs. Par contraste, en Afrique sub-saharienne par exemple seulement 16,8% des jeunes âgés de 15 à 25 ans détiennent des comptes dans des institutions financières formelles. Les chercheurs et les décideurs ont commencé à reconnaître que les jeunes ont besoin d'apprendre à gérer les questions financières en même temps qu’ils reçoivent les outils nécessaires pour y participer effectivement. Le manque d'infrastructures nationales pour les enfants et les jeunes à participer dans le système financier reste un obstacle. D'une part, les mécanismes d'épargne formels restent peu attrayantes pour les jeunes en raison des exigences de documents lourds, y compris les cartes d'identité, des lettres de recommandation et bulletin de salaire. D'autre part, les restrictions d'âge légal et le consentement des parents obligatoires peuvent entraver l'ouverture d'un compte. Modifier la manière dont les institutions financières traitent avec les non-bancarisés, population vulnérable financièrement des enfants nécessite une révision de certaines règles sociales et une collaboration efficace. Il semblerait que ce changement soit en marche. Plus de 80 pays ont célébré la Semaine mondiale de l'argent le mois dernier organisée par Child and Youth Finance International. 20% d'entre eux venaient d'Afrique. Son succès retentissant est le fruit des partenariats noués entre les acteurs nationaux et est un témoignage du fait que les pays africains étaient prêts, désireux et capables de mettre l'accès financier et l'éducation des jeunes sur le devant de la scène. La Zambie a donné le ton pour les initiatives nationales sur la capacité financière pour les enfants et les jeunes sous le patronage de la Banque centrale de Zambie et du Programme de développement du secteur financier. Au Ghana, la première réunion des parties prenantes locales sur l'éducation et l'accès des enfants aux services financiers a eu lieu et HFC Bank a ouvert un compte d'épargne pour plus de 200 élèves du secondaire à Accra. La Banque centrale du Nigeria (CBN) et le Financial Literacy and Inclusion Forum (FLIF) ont organisé conjointement la Semaine Mondiale de l’Argent, en créant des campagnes médiatiques, des spectacles sur la culture financière ainsi que des programmes de sensibilisation scolaire. Il a été reconnu que l'enfant nigérian moyen n'est pas sensibilisé aux questions financières assez tôt et est donc enclin à prendre de mauvaises décisions financières. La Banque Centrale du Nigeria a nommé l'inclusion financière problématique nationale. Les efforts menés lors de la Semaine Mondiale de l’Argent constituent la première étape vers la création de stratégies nationales qui permettront de remodeler les paysages financiers en Afrique et à travers le monde. Ce n'est que par la collaboration et le partage des connaissances entre les parties prenantes nationales que pourront être mis en place les cadres nécessaires qui permettront d’éduquer et de responsabiliser les générations à venir. En Afrique, de nombreux pays sont en train de créer leurs stratégies pour l'éducation et l'inclusion financière de leurs citoyens. Nous devons nous assurer que les enfants ne soient pas oubliés dans ces efforts. C’est en remodelant les normes des comportements financiers que nous serons en mesure d'habiliter la prochaine génération et de les aider à devenir les décideurs financiers avisés que nous avons besoin qu'ils soient.
Akwasi Osei est le coordonnateur régional pour l'Afrique de Child and Youth Finance International (CYFI). CYFI
est à la tête d'un mouvement mondial visant à accroître agrandir l'éducation financière et l'inclusion financière des enfants et des jeunes. Il travaille en collaboration avec plus de 100 partenaires dans plus de 83 pays à travers le monde. Le réseau CYFI a pour objectif d'atteindre 100 millions d'enfants dans 100 pays en 2015 en tant que première étape pour atteindre finalement tous les enfants et les jeunes à travers le monde. Le mouvement a reçu le soutien du Secrétaire général des Nations Unies et du G-20.

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