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Réduire l’écart de financement : Inclusion financière et genre

mar 27, 2018

Ce blog a été initialement publié en anglais sur le site web du CENFRI.

L’importance des données pour réduire les disparités entre hommes et femmes en matière d’inclusion financière

Le Rapport Global Findex de 2014 a révélé que dans les économies en développement, 59% des hommes ont accès à des comptes bancaires tandis que seulement 50% des femmes y ont accès; ce qui implique donc que les femmes ont 9% de moins de chances que les hommes d’accéder aux services bancaires. La communauté de l'inclusion financière s’emploie activement à combler cet écart de financement, mais il existe peu de données disponibles sur la dynamique du genre en matière d'inclusion financière, pouvant offrir un aperçu des voies et moyens visant à résorber ces disparités entre hommes et femmes. Cependant, certaines sources de données mettent en lumière cette problématique et apportent des éclaircissements sur les interventions, produits et services qui peuvent être particulièrement efficaces dans l’amélioration de la situation financière des femmes dans le monde en développement, où des disparités importantes entre hommes et femmes, en matière d'inclusion financière, empêchent ces dernières de participer pleinement à la vie économique. Commençant par l'Afrique sub-saharienne, ce blog est la première parution d'une série qui explore l'inclusion financière et la dynamique de genre qui résulte de notre recherche, ainsi que et les défaillances que la recherche future doit prendre en compte.

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En Afrique subsaharienne (ASS), 70% des femmes sont financièrement exclues. Plus de femmes y accèdent aux services financiers informels que les hommes, avec 26% des femmes qui épargnent de manière informelle contre 22% des hommes. Les hommes accèdent davantage à des services financiers formels: 18% des hommes y ont accès, contre 13% des femmes. Les données FinScope au Kenya, au Rwanda, en Tanzanie et en Ouganda dans la Figure 1 ci-dessous montrent que les femmes ont toujours un accès plus limité aux services financiers formels que les hommes. Cet écart est particulièrement marqué au Kenya, où l'accès des femmes aux services financiers informels est supérieur à plus de 18% à celui des hommes. L’épargne informelle n'est pas nécessairement une mauvaise chose. Cependant, il apparait que les mécanismes informels d'épargne auxquels les femmes ont accès ne répondent pas nécessairement à leurs besoins. Une étude réalisée au Kenya par Dupas & Robinson (2013) a permis de fournir un accès aléatoire à des comptes bancaires non rémunérés à deux types de travailleurs indépendants dans les régions rurales du Kenya: des vendeurs ambulants (principalement des femmes) et des hommes travaillant comme vélos-taxis, communément appelés boda bodas. Malgré des frais de retrait importants, les chercheurs ont constaté qu'une proportion importante de femmes utilisaient leurs comptes, épargnaient davantage et augmentaient leurs investissements productifs et leurs dépenses privées. Il n'y a eu aucun impact pour les hommes conduisant des vélos-taxis. Ces résultats suggèrent que l'extension des services bancaires basiques aux femmes peut avoir un impact sur l'inclusion financière des femmes à un faible coût pour les prestataires de services financiers (PSF), en particulier par rapport à l'offre de crédit. Cependant, l’échantillon de cette étude était de petite taille, et davantage de recherche est nécessaire pour explorer au-delà des deux types spécifiques de profils de travailleurs qui ont été analysés. Alors que l'épargne et le crédit ont été explorés dans une certaine mesure, peu d’études sur l'assurance et la différence dans les besoins en matière de risque entre les femmes et les hommes ont été menées. Une étude de Delavallade et al. (2015) aborde ces aspects. Dans l'étude, les agriculteurs et agricultrices du Sénégal et du Burkina Faso ont eu le choix entre une assurance indexée sur le climat et trois dispositifs d'épargne différents:

• Une incitation à épargner chez soi pour les intrants agricoles grâce à l'étiquetage
• Un compte d'épargne destiné aux urgences qui est géré par le trésorier d’une tontine locale ou d'un groupe d'agriculteurs
• Un compte d'épargne pour les investissements dans les intrants agricoles qui est géré par le même trésorier L'étude a révélé une demande plus forte à hauteur de 30% chez les hommes pour l'assurance contre les intempéries comparativement à la demande des femmes, et chez les femmes une plus forte demande pour l’épargne d'urgence. La demande d'épargne d'urgence pourrait refléter les besoins plus élevés des femmes pour couvrir les dépenses liées à la santé et à la garde d'enfants. Cette tendance chez les femmes limite par conséquent leur demande pour une assurance agricole. Pour les décideurs politiques et/ou les PSF qui essaient d'encourager l'adoption de produits d'assurance indicielle basée sur les conditions climatiques, une meilleure approche de la commercialisation pourrait consister à la combiner avec des produits d’assurances-santé ou d'autres assurances couvrant les dépenses d’urgence. L'une des difficultés souvent citées pour comprendre pourquoi les femmes sont moins servies que les hommes se rapporte à la disponibilité des données sur le genre. Bien que davantage de données ventilées par sexe soient nécessaires, elles doivent également être pertinentes pour les questions posées par les PSF et les décideurs publics. Par exemple, il existe de nombreuses études sur les femmes, mais pour qu'elles soient pertinentes, les comportements des hommes et des femmes doivent être comparés dans le but de fournir des hypothèses de travail dont les résultats seront interprétés. La priorisation de la collecte et de l'analyse de ces données nécessite un changement de comportement de la part des chercheurs et des PSF. Certaines banques centrales, comme la Banque du Chili, se sont déjà concentrées sur la collecte et l'analyse de données ventilées selon le genre afin de mieux desservir les clients et débloquer de nouveaux marchés. i2i étudie actuellement les interventions comportementales les plus efficaces pour accroître l'adoption et l'utilisation des services financiers par les femmes. Les résultats de cette étude seront disponibles bientôt.
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- A propos de l'auteur Brittney Dudar est étudiante au programme de Master de la Munk School of Global Affairs
de l'Université de Toronto. Auparavant, Brittney a travaillé au Royaume-Uni dans un incubateur de technologies où elle a dirigé un programme éducatif destiné aux femmes entrepreneurs dans le domaine technologique. L'été dernier, Brittney a effectué un stage au Cap, en Afrique du sud, au Center for Financial Regulation and Inclusion (CENFRI), où elle a étudié les disparités entre hommes et femmes dans l'accès aux services financiers. Ses intérêts se situent à l'intersection de l'innovation, du développement et de l'égalité entre les sexes.

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