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Que savons-nous des transferts d’argent des personnes réfugiées ou déplacées ?

avr 11, 2017
Ce texte a été publié à l'origine sur le site web de World Bank - People Move. Fin 2015, Plus de 65 millions de personnes ont été déplacées de force dans le monde entier en raison de conflits et de persécutions. Bon nombre d'entre elles l'ont été sur une longue période. Les transferts d'argent aux personnes réfugiées ou déplacées à l'intérieur de leur propre pays (PDI) peuvent contribuer à leurs moyens de subsistance en situation de crise prolongée, et à améliorer leur autosuffisance. Les données disponibles suggèrent que ces transferts peuvent constituer une source de revenus importante, envoyée par la diaspora vivant dans des pays tiers ou par la famille et les amis restés sur place. Ils peuvent également jouer un rôle important en contribuant à mettre en place des activités économiques lorsque ces situations se prolongent. Dans le même temps, les réfugiés et les PDI effectuent également des transferts d'argent à destination d'autres réfugiés ou PDI dans d'autres endroits, ou à leur famille et amis restés au bercail, pendant les périodes de conflit ou de paix. Étant donné que la principale raison de leur départ n'était pas économique, leur comportement en matière de transfert et les défis auxquels ils font face pourraient différer de ceux que vivent les migrants économiques, et pourraient changer au fil du temps. Les cadres politiques et les réglementations peuvent limiter ou promouvoir l'accès des réfugiés et des PDI aux transferts financiers. Cependant, il y'a un manque d'informations sur les transferts de fonds impliquant des réfugiés et des PDI. Les études ont principalement exploré les transferts de fonds dans le contexte de la migration économique. Une revue de la littérature menée pour le Partenariat Mondial du Savoir sur les Migrations et le Développement (KNOMAD) a montré qu'il n'y a presque pas de recherche sur les transferts de fonds envoyés ou reçus par les personnes déplacées à l'intérieur de leur pays, et que les informations sur les réfugiés ne découlent que de quelques études dans certains pays. Il y'a aussi une pénurie d'études quantitatives. Une meilleure compréhension des transferts d'argent réalisés dans les situations de déplacement forcé peut aider les décideurs publics à concevoir des politiques et des réglementations dont le but est de maximiser les impacts positifs de ces transferts, et d'en minimiser les risques. Un atelier KNOMAD a réuni les meilleurs chercheurs et praticiens dans ce domaine afin de définir les principales lacunes de la recherche en matière de politiques, d' identifier les solutions à mettre en œuvre pour résoudre ces défis méthodologiques et de développer des idées pour améliorer la base de données. Parmi les principaux problèmes identifiés figuraient la compréhension de l'environnement réglementaire et de ses répercussions sur le nombre de prestataires formels de services de transfert qui sont disponibles aux réfugiés, ainsi que les coûts liés à leur utilisation. Ces réglementations sont, d'une part liées au statut légal des réfugiés (et pourraient dans certains cas les empêcher de venir et/ou de s'intégrer dans le pays d'accueil). Ces réglementations pourraient ou non leur permettre d'opérer officiellement des transferts de fonds, d'ouvrir des comptes bancaires, de fournir les documents d'identification requis et de voyager pour utiliser les services de différents fournisseurs de services de transfert d'argent. D'autre part, il existe des règlementations financières qui sont liées à des problèmes de sécurité, notamment les réglementations AML/CFT et KYC, et à la manière dont le secteur privé les met en œuvre. La deuxième priorité identifiée a été de comprendre le rôle joué par les transferts de fonds dans les conditions de vie des personnes déplacées et comment cela est influencé par les politiques du pays hôte (comme le droit au travail ou à la création d'entreprises). En ce qui concerne les sources de données, les participants sont tombés d'accord sur le fait que les futures recherches devraient adopter une approche quantitative mais trianguler les résultats, et inclure des recherches dans le temps (données longitudinales). En plus de la réalisation de nouvelles enquêtes, les sources de données existantes devraient être exploitées. La revue de littérature préparée pour l'atelier a permis de lister un certain nombre de séries de données générant des informations sur les transferts d'argent, et permettant d'identifier les réfugiés ou les personnes déplacées, mais ces données n'ont pas encore été exploitées par les chercheurs (voir l'annexe 2 de la revue de littérature). Les participants ont également suggéré d'ajouter des questions supplémentaires sur les personnes réfugiées ou déplacées et sur leurs transferts dans les enquêtes en cours, afin de voir s'il est possible de suréchantillonner les personnes réfugiées ou déplacées et d'exploiter les données du HCR. De plus, les données collectées par les banques centrales et les fournisseurs de services de transfert financier devraient être consultées et utilisées. Les sites web de comparaison des prix des transferts financiers génèrent également des données qui n'ont pas encore été analysées et pourraient potentiellement générer encore plus de d'informations. L'atelier a également soulevé des idées supplémentaires sur l'exploitation des synergies avec les organisations humanitaires travaillant à la mise en place de transfert transfrontalier d'argent liquide. ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- À propos de l'auteur Kirsten Schuettler est Administratrice Senior de programme à la Banque Mondiale, au département " Global Indicators Group ". Dans l'équipe Migrations & transferts, elle surveille entre autres les flux des transferts vers la région MENA et elle contribue à la mise en place du Partenariat Mondial du Savoir sur les Migrations et le Développement (KNOMAD).

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