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Okoma

L’impact des banques panafricaines sur le développement financier en Afrique subsaharienne : l’approche NSIA

oct 11, 2021
Anicet Patrick Okoma , Deputy Managing Director, NSIA Banque Benin S.A.

Les politiques et stratégies nationales d’inclusion financière des pays d’Afrique subsaharienne ont pour objectif d’accroître de façon substantielle le taux de bancarisation de la population active. Cet objectif est partagé par l’ensemble des acteurs du système financier et bancaire africain qui, sous la houlette des différents régulateurs nationaux, ont entrepris de faciliter l’accès aux services financiers non seulement aux populations, mais également aux entreprises.

Le rapport “Impact of pan-African banks on financial development in sub-Saharan Africa” du Growth Research Programmme d’ODI met parfaitement en exergue cette priorité, en la conjuguant avec l’approfondissement et la stabilité financière.

En effet, l’essor et le développement rapide des banques panafricaines viennent apporter une réponse à cette problématique.

De manière historique, l’accès à la banque et aux financements est longtemps apparu comme un privilège réservé aux Grandes Entreprises et à une certaine élite au niveau de la population; Cet état de fait était en grande partie dû aux critères exigés par certaines banques avant de bénéficier des services bancaires de base. Les banques panafricaines ont fortement contribué à atténuer cette perception en modifiant le paradigme ancien : désormais, le banquier prospecte et recherche sa clientèle dans toutes les couches sociales.

L’analyse menée par le Growth Research Programmme d’ODI a établi des constats probants, à savoir :

  • Un accès financier plus perceptible au niveau des entreprises qu’au niveau des particuliers ;
  • Une prise de risques plus élevée des banques panafricaines dans le financement des acteurs locaux (PME) comparé aux banques étrangères pouvant ainsi fragiliser leur équilibre bilantiel ;
  • Un effet systémique plus marqué au niveau des banques panafricaines en cas de choc survenant sur un de leurs marchés d’opérations.

En plus de ces constats, il convient de mentionner ce qui suit :

  • La règlementation bancaire, de plus en plus contraignante au fil des années (BALE II/III), qui certes participe au renforcement des fondamentaux financiers des banques ainsi qu’à leur résilience, mais les oblige à ne s’exposer que sur une part marginale de la clientèle afin de limiter le niveau de consommation de leurs fonds propres.
  • Au niveau international, le durcissement/ renforcement du dispositif LAB-FT (Lutte anti-blanchiment/Financement du terrorisme) contraint les banques panafricaines à introduire des procédures perçues comme inquisitrices par une clientèle, dont la majorité des transactions s’effectue sur la base des espèces/cash, reflétant ainsi la grande informalité de l’économie réelle des pays de la sous-région.
  • Les mesures d’évaluation et d’appréciation des risques sont appliquées de façon indifférenciée aux grandes entreprises et aux PME/PMI, alors qu’il est de notoriété publique que les PME/PMI ont un profil de risque jugé élevé du fait des facteurs suivants :
  • Le manque de fiabilité de leurs états financiers induit par une faible culture financière ;
  • Le non-respect des délais de remboursement des prêts obtenus causés la plupart du temps par des retards dans le règlement de leurs factures, imposés par les grandes entreprises ou les organismes publics et parapublics ;
  • Les difficultés de traçabilité géographique et la quasi-absence des moyens de recours en cas de défaut, et en l’occurrence, l’absence de garantie éligible au regard du nouveau dispositif prudentiel.

En somme, les banques panafricaines accentueront le rôle qu’elles jouent en adaptant leurs stratégies à l’évolution des marchés sur lesquels elles sont implantées, tout en s’appuyant sur le soutien permanent des autorités et organes de tutelle du secteur.

A l’instar du Groupe NSIA, elles continueront de maintenir et de poursuivre les actions sur différents leviers, à savoir :

  1. L’élargissement de leur champ d’actions d’un point de vue aussi bien géographique (implantation progressive dans divers pays de la sous-région), qu’en termes de gamme de produits et services proposés. En effet, depuis 25 ans, le groupe NSIA développe des solutions bancaires et d’assurance pour répondre aux besoins d’une population Africaine en pleine mutation avec notamment l’émergence d’une classe moyenne ;
  2. La coopétition : en lieu et place d’une compétition tous azimuts, NSIA a entrepris d’agir spécifiquement pour l’inclusion financière en adressant les besoins d’une clientèle peu bancarisée. À ce titre, NSIA s’est allié à ORANGE pour lancer ORANGE BANK Africa en Côte d’Ivoire, avec des ambitions régionales à moyen terme.
  3. Le renforcement de leurs capacités de gouvernance : le Groupe NSIA effectue régulièrement des séminaires/ateliers de formation pour les dirigeants et administrateurs de ses différentes entités. Ceci afin d’être au fait des évolutions susceptibles d’impacter les aptitudes de son personnel dirigeant.
  4. La digitalisation : en plus de ses implantations physiques via un réseau d’agences de proximité, NSIA BANQUE accorde une attention particulière à la digitalisation de ses services pour améliorer l’expérience-clients. Divers services digitaux sont proposés et d’autres sont en cours de développement de sorte à avoir une couverture plus large et de ce fait, agir effectivement pour l’amélioration de l’inclusion financière.

En définitive, même si les systèmes bancaires africains sont encore en développement, ils ont réalisé d’importants progrès au cours des dernières années. Plusieurs améliorations de la règlementation ont permis de renforcer la solidité et la résilience des banques dans notre zone. L’innovation et la digitalisation ont facilité l’élargissement de la cible pour la distribution des produits et services financiers. Différents axes sur lesquels les banques africaines continueront de concentrer leurs efforts dans l’optique d’une amélioration de leurs performances opérationnelles et sociétales, dans un environnement de plus en plus compétitif et incertain.


A propos de l'auteur

Anicet Patrick OKOMA est un banquier expérimenté. Il cumule plus d’une quinzaine d’année d’expérience passées dans des institutions bancaires de renom. Il débute sa carrière en 2004 à la BIAO (Aujourd’hui NSIA Banque) comme chargé de la clientèle Entreprise. Il la poursuit ensuite à la BICICI de 2006 à 2007 au même poste, avant d’intégrer en 2007 la filiale Ivoirienne du groupe Ecobank d’abord Chef de division local, puis nommé Responsable Régional Zone UEMOA pour le Corporate Banking. En novembre 2012, il rejoint UBA CI en tant que Directeur clientèle Entreprise et devient DGA de Coris Bank CI en Juillet 2015. Il a récemment rejoint le Groupe NSIA en qualité de DGA de NSIA Banque Bénin S.A.

 

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