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L’essor des services financiers digitaux dans l’UEMOA

avr 05, 2016
L'essor des services financiers digitaux dans l'UEMOA Le Continent Africain est sans nul doute secoué par la volcanique révolution du numérique. La vague de monnaie électronique a traversé la bande sahélienne depuis son lieu de naissance au Kenya pour toucher les pays d'Afrique de l'Ouest. L'UEMOA : un cadre politique et réglementaire propice Un regard particulier sur la zone UEMOA, composée du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d'Ivoire, de la Guinée Bissau, du Mali, du Niger, du Sénégal et du Togo, permet d'inscrire cette région au rang des cas de réussite en matière de réglementation propice au développement des services financiers digitaux. En 2006, la vision du régulateur de stimuler la croissance économique à travers notamment la promotion de l'accès aux services financiers a été à l'origine de l'adoption d'une réglementation novatrice permettant aux acteurs non bancaires de pénétrer le secteur des services financiers. Se basant sur ce nouveau cadre réglementaire, sur les atouts d'une zone économique et monétaire intégrée et sur des systèmes de paiement régionaux, le régulateur (BCEAO) a ouvert des consultations en 2007 avec le secteur bancaire et les Etats membres en vue de l'adoption d'un plan d'actions pour la promotion de la bancarisation, dans lequel toutes les parties prenantes avaient pour rôle la mise en place d'un agenda spécifique visant à améliorer l'accès et l'utilisation des comptes bancaires et des transactions électroniques.
Les défis primordiaux de l'émergence de la monnaie électronique L'octroi des premiers agréments pour l'émission de monnaie électronique entre 2007 et 2009 s'est initialement soldé par une hausse timide des abonnés dans la région. Les obstacles à l'accès étaient encore importants et la plupart des banques hésitaient à embrasser une clientèle à faible pouvoir d'achat. En outre, très peu de partenariats novateurs entre les opérateurs de réseaux mobiles, les institutions financières et d'autres acteurs du secteur privé, susceptibles de répondre aux besoins financiers de la population de l'UEMOA, avaient été noués. En outre, les quelques émetteurs de monnaie électronique rencontraient d'importantes difficultés de trésorerie en partie dues à l'insuffisance des revenus permettant couvrir le coût de mise en place et d'entretien de vastes réseaux d'agents. L'essor des services financiers digitaux En 2010, la fin de l'agitation politique en Côte d'Ivoire a coïncidé avec le début de l'essor du nombre de comptes mobile money avec, à la fin de l'année 2015, près de 22 millions d'utilisateurs, contre moins de 3 millions en 2010. A la fin septembre 2015, la performance des utilisateurs a révélé que 347 millions de transactions d'une valeur de 8,5 milliards de dollars ont été comptabilisées dans la région, dont la Côte d'Ivoire, le Burkina Faso et le Mali sont les marchés les plus dynamiques. En moyenne, plus de 1,2 million de transactions ont été traitées quotidiennement dans l'UEMOA, sur la même période. Il est frappant, aujourd'hui, de voir que les envois de fonds numériques transfrontaliers dominent de plus en plus les services traditionnels de transferts rapides d'argent, en particulier sur les corridors entre la Côte d'Ivoire et le Burkina, le Mali et le Sénégal, le Togo et le Bénin. En outre, des services de microfinance et les services gouvernementaux s'effectuent progressivement via la téléphonie mobile. Mis à part la réglementation propice, cette vitesse de croissance peut être attribuée à un marché dynamique et concurrentiel de plus de 33 déploiements représentants plus d'un quart du nombre de déploiements d'argent mobile sur le continent. Dans l'ensemble, les utilisateurs utilisent de plus en plus les paiements digitaux par opposition aux espèces, ce qui est la preuve d'une acceptation progressive de la monnaie électronique comme moyen de paiement. Une décennie après l'adoption initiale de la monnaie électronique par la BCEAO en 2006, l'accès aux services financiers de la région a grimpé à 49,5%. En soustrayant les comptes mobile money, ce taux atteint seulement 30%. Des efforts restent à fournir Néanmoins, l'évolution et la pérennisation des services financiers digitaux dans l'UEMOA reposent sur l'émergence d'une gamme diversifiée de services financiers capables d'attirer et de retenir les utilisateurs dans la sphère digitale. Une grande partie des fonds déposés dans les porte-monnaie mobiles fait l'objet de retrait en espèces et à peine 40% des utilisateurs sont actifs. Le secteur privé devrait s'atteler à la conception d'offres de services durables et adaptés, répondant à la demande réelle des catégories spécifiques telles que : les femmes, les jeunes et les consommateurs ruraux, en vue de débloquer le potentiel de l'UEMOA pour accélérer l'inclusion financière universel compte tenu de ses atouts (populations jeunes, fortes migrations, taux élevé de pénétration mobile, contexte réglementaire approprié). La Banque africaine de développement a pour ambition de permettre l'accès quasi universel aux services financiers en Afrique par les populations africaines à l'horizon 2025. En particulier, la stratégie de développement du secteur financier priorise les solutions basées sur la technologie mobile comme l'approche la plus prometteuse. Pour la BAD, l'accès universel aux services financiers en Afrique reposent sur (a) l'émergence de services financiers innovants, des services et des modèles d'affaires adaptés aux populations à faibles revenus, (b) les infrastructures de base interopérables et transfrontalières (c) la réglementation et la supervision intégrant l'innovation, la concurrence et la protection des consommateurs. A propos de l'auteur Maimouna Gueye est une experte en finance digitale avec plus de 15 années d'expérience dans le secteur bancaire et financier. Elle possède une solide expérience dans la réglementation, la surveillance et la promotion de systèmes de paiement. Elle a longtemps travaillé sur l'inclusion financière dans les pays en développement. Dotée d'un MBA en finance et économie de l'Université Saint Peters aux États-Unis, elle a travaillé pour JP Morgan Chase et la Banque Centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO), Maimouna Gueye a récemment rejoint la Banque africaine de développement en tant que Chargée Principale de l'inclusion financière en charge du financement d'un portefeuille de projets visant l'accès universel aux services financiers pour les populations en Afrique

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