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Les nouvelles tendances des financements agricoles par voie numérique

oct 11, 2017
Ce texte constitue la première parution d'une série de trois blogs sur le rôle de la technologie dans les projets de financement ruraux soutenus par la Fondation pour la Prospérité Rurale (FRP) de MasterCard. Ce premier blog présente les grandes tendances des services basés sur le numérique dont la FRP dispose dans son portefeuille de financement. Le deuxième blog détaillera la manière dont ces technologies sont utilisées pour résoudre certains problèmes des populations pauvres en milieu rural et le dernier blog de cette série sera consacré aux implications de ces technologies et leur utilisation pour le programme FRP et pour les programmes de développement rural en général.















En 2014, quand nous avons conçu le fonds pour la prospérité rurale (FRP), nous avons longtemps discuté de la terminologie à choisi.L'un des mots qui est le plus ressorti était l'innovation. Qu'entendons nous par innovation ? Comment la définir et comment la mesurer ? Un autre mot important était solution. Lorsque nous parlons d'une solution financière pour un petit agriculteur, à quel problème répond-elle ? Les termes innovation et solution sont suremployés dans les domaines de l'inclusion financière et du développement international en général, et nous voulions être sûrs que leur utilisation ait réellement un sens. Depuis deux ans que le FRP a été lancé, avec la mise en place et le fonctionnement de 11 projets de financement rural, il est devenu de plus en plus évident que nous ne pouvions pas parler d'innovation et de solutions pour les populations rurales pauvres sans envisager le rôle de la technologie. Avec 277 millions de comptes de mobile money enregistrés en Afrique sub-saharienne, il est souvent considéré que la finance numérique a atteint un large taux de pénétration, y compris en milieu rural et les parties prenantes de ce marché imaginent de construire davantage de structures sophistiquées sur ces fondations numériques. Toutefois, cette pespective fait émerger un certain nombre de défis. Dans son livre " Geek Heresy " (l'hérésie des geeks), Kentaro Toyama présente toute une série d'exemples montrant les limites de ces technologies en pleine phase de développement. Selon lui, la technologie ne peut qu'améliorer les idées, les processus et les institutions qui sont déjà bien conçus. L'application de la technologie sur de mauvais systèmes ne fera probablement qu'aggraver les choses. Pour que les technologies puissent avoir un impact social positif, elles doivent être utilisées pour amplifier les compétences et les ambitions des gens. Les arguments de M. Toyama sont illustrés par les meilleurs exemples des effets de la technologie sur le développement durant de ces dernières années. L'étonnant succès de M-Kopa (un projet FRP) repose non pas sur sa technologie exceptionnelle mais sur le fait que cette technologie résout des problèmes réels pour les consommateurs et qu'elle est disponible via un modèle de paiement mobile efficace et bien conçu. Ce n'est pas la technologie qui constitue la solution en soi, mais elle est mise en œuvre en tant qu'élément clé d'un modèle économique particulièrement bien conçu. Des tendances similaires sont observées à l'intérieur du portefeuille des projets FRP. Ces projets utilisent non seulement la technologie pour fournir des services financiers mais également pour résoudre des difficultés supplémentaires propres à la vie en milieu rural. Par exemple, en Éthiopie, en plus de son rôle de prestataire de services de paiement, Kifiya Financial Technology collabore avec de gros acheteurs (coopératives polyvalentes) pour approfondir les liens commerciaux et agir en tant qu'agent rural auprès des institutions financières. Au Ghana, Prepeez Technology Limited, une entreprise spécialisée dans les solutions technologiques dans le domaine agricole, utilise des images satellite pour regrouper les agriculteurs afin de gérer les risques et d'obtenir des informations pertinentes sur les marchés et la météo. En plus de ces informations, les agriculteurs ont accès à des assurances agricoles et à d'autres produits financiers. Olam, trader mondial dans l'agro-industrie, propose en Ouganda le financement des intrants et une plate-forme numérique pour interconnecter les cultivateurs de café, et fournir des informations sur les bonnes pratiques agricoles. En Côte d'Ivoire, Biopartenaire, spécialisé dans l'approvisionnement en fèves de cacao auprès de petits agriculteurs, cherche à améliorer la littératie financière des cultivateurs de cacao au travers d'une application mobile qui leur facilite également l'accès au crédit. Dans tous ces cas, l'innovation n'est pas synonyme de bouleversements particuliers. Elle permet grâce à une nouvelle technologie de surmonter un obstacle important dans un système en apportant un résultat de qualité supérieure aux agriculteurs. La technologie ne consiste pas uniquement à soutenir l'inclusion financière ; elle fournit des services - des informations, des réseaux, des relations commerciales, des réductions de coûts, des conseils - qui associent l'inclusion financière à une meilleure qualité de vie. C'est en cela que la technologie apporte une solution. Dans n'importe quelle compétition priorisant l'innovation, de nombreux modèles économiques utilisent de nouvelles technologies étonnantes, avec un haut niveau de sophistication, pour résoudre des problèmes auxquels personne n'est confronté au quotidien. Il s'agit dans ces cas d'innover pour innover. Au sein de la fondation (FRP), nous essayons de raisonner en termes de solution et faire en sorte que l'innovation technologique réponde à un vrai besoin des populations agricoles africaines. Il est encourageant de voir que certaines grandes idées sortent du Fonds et comment la frontière de l'innovation est repoussée de manière significative en fonction de chaque groupe d'applications. Dans les prochains blogs, nous examinerons de plus près l'impact de ces projets sur les populations rurales en Afrique et ce que nous pouvons en apprendre pour notre travail futur. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ A propos des auteurs Howard Miller est consultant sénior chez Nathan Associates en Inde. Il est spécialisé dans l'inclusion financière, les fonds d'appui et d'encouragement, ainsi que dans l'approche du développement des systèmes de marché. Economiste de formation, Howard a une longue expérience en conseil, en politique publique et en banque d'investissement. Depuis qu'il a rejoint Nathan Associates en 2011, il a travaillé sur les programmes de développement du secteur financier du DFID en Ouganda, au Mozambique, au Bangladesh et au Rwanda . Avant de rejoindre Nathan, Howard était membre de l'Overseas Development Institute et travaillait sur la politique du secteur macroéconomique et financier pour le gouvernement de l'Ouganda. Grace Njoroge a fait son incursion dans le monde de l'entreprise il y'a huit années, dans le cadre d'un programme d'études supérieures avec l'une des meilleures banques régionales d'Afrique de l'Est. Elle s'attendait à être une banquière classique, mais cela ne s'est pas produit comme elle s'y attendait. Sa journée-type de travail consistait à monter une moto pour aider les micro-commerçants et aider les petits exploitants agricoles à ouvrir un compte d'épargne. Elle a fini par être convaincue de la puissance d'impact des produits financiers simples qui changent radicalement la vie et le potentiel des entreprises créées par les populations à faible revenu. Chez KPMG IDAS (International Development Assistance Services), elle travaille avec des bailleurs de fonds et d'autres parties prenantes pour soutenir les institutions financières et non financières, afin de mieux servir les segments non bancarisés et sous-bancarisés.

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