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Les entrées d'IDE en Afrique et dans le monde ont baissé en 2017

juil 10, 2018

Ce blog a été publié à l'origine en anglais sur le site web de 'The Brookings Institution'.

Selon l’édition de 2018 du World Investment Report de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), les flux mondiaux d'investissements directs étrangers (IDE) ont diminué de 23% entre 2016 et 2017, passant de 1870 milliards à 1430 milliards de dollars malgré une augmentation de la croissance du PIB et des flux commerciaux pendant la même période.

Le rapport indique qu'une diminution du nombre des opérations transfrontalières de fusions et acquisitions (F & A) entre 2016 et 2017 a contribué de manière significative à la baisse des IDE à l’échelle globale. Cependant, la baisse relative des opérations de fusions et acquisitions en 2017 n'était pas inattendue, étant donné que l’année 2016 a été marquée par plusieurs méga-deals exceptionnels de plus de 30 milliards de dollars - notamment les acquisitions réalisées à l’étranger de sociétés britanniques dont SABMiller, BG Group et ARM, ainsi que d’autres entreprises basées aux Etats-Unis comme Allergan PLC et Baxalta Inc., entre autres.

Les entrées d'IDE en Afrique représentaient 2,9% des entrées mondiales d'IDE en 2017, contre 49,8% pour les économies développées, 33,3% pour l'Asie en développement et 10,6% pour l'Amérique latine et les Caraïbes. Parallèlement à la baisse des flux mondiaux d'IDE, les flux d'IDE vers l'Afrique ont également chuté de 21,5%, passant de 53 milliards de dollars en 2016 à 42 milliards de dollars en 2017. Le rapport montre que les flux d'IDE en Afrique ont continué à se contracter depuis 2015, en raison principalement des effets macroéconomiques persistants de la chute des prix du pétrole entre 2014 et 2016, avec des flux d’IDE vers les pays exportateurs de matières premières diminuant beaucoup plus que ceux à destination des pays ayant des économies diversifiées (figure 1). Figure 1.

Entrées et sorties d'IDE, 2011-2017, par région

Global_FOTW_FDI-inflows-and-outflows

Source: CNUCED, World Investment Report, 2018

L'Égypte (7,4 milliards de dollars), l'Éthiopie (3,6 milliards de dollars), le Nigéria (3,5 milliards de dollars), le Ghana (3,3 milliards de dollars) et le Maroc (2,7 milliards de dollars) ont été les principales destinations des IDE en 2017. Il convient de noter que, parmi ces économies ayant le plus attiré des IDE en Afrique, seul le Maroc a connu une augmentation de 22,9% entre 2016 et 2017, tandis que les autres pays du top 5 ont connu des baisses. L'afflux d'IDE au Maroc provient d'une série de transactions liées à l'industrie automobile et aux nouvelles technologies qui lui sont liées, ainsi qu'aux investissements chinois dans le secteur bancaire. Dans le même temps, les principaux pays d'où proviennent les IDE sont l'Afrique du Sud (7,4 milliards de dollars), l'Angola (1,6 milliard de dollars), le Nigéria (1,3 milliard de dollars), le Maroc (1,0 milliard de dollars) et le Togo (0,3 milliard de dollars). L'Afrique du Sud a dominé la région en matière d'IDE, des firmes sud-africaines et Standard Bank s'étant développés en Namibie, tandis que le fonds sud-africain de capital-investissement d'Investec - Africa Private Equity Fund - a réalisé plusieurs acquisitions intra-africaines. Selon la figure 2, les principaux investisseurs de la région en 2016 étaient les États-Unis (57 milliards de dollars), le Royaume-Uni (55 milliards de dollars), la France (49 milliards de dollars), la Chine (40 milliards de dollars) et l’Afrique du Sud (24 milliards de dollars).

Figure 2. Flux d'IDE, top 5 des pays d’accueil africains, 2017 Global_FOTW_FDI-inflows-and-outflows Les nouveaux investissements annoncés en Afrique s'élevaient à 85 milliards de dollars en 2017, contre 94 milliards en 2016. Les nouveaux projets financés par des IDE dans le secteur des services ont reçu représentant la majeure partie de ces investissements, avec près de 54 milliards de dollars (en particulier dans l'électricité, le gaz et l'eau); suivis par le secteur manufacturier avec 21 milliards de dollars et le secteur primaire avec près de 11 milliards de dollars.

Par ailleurs, le rapport suggère que les entrées africaines d'IDE pourraient augmenter de 20% en 2018 - à 50 milliards de dollars - alors que les pays exportateurs de matières premières continuent de se remettre de la chute des prix. Cependant, sans des initiatives des gouvernements africains allant dans le sens de la promotion de la diversification économique dans ces pays, la dépendance vis-à-vis des matières premières contribuera à rendre les flux d’IDE cycliques tout en les maintenant dans le piège de la spécialisation dans l’exportation de produits primaires. Selon le rapport, ce type de spécialisation économique engendre moins de retombées positives en termes de transfert de technologie et dans la promotion des partenariats ou alliances stratégiques entre les firmes internationales et domestiques. De plus, le rapport indique également que les IDE dans la région devrait également augmenter en fonction des progrès réalisés dans la mise en œuvre de l'accord de libre-échange continental africain (AfCFTA), à moins qu’il y’ait des récessions économiques imprévus à l’échelle mondiale.

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A propos de l’auteur

Amy Copley est chargée de recherche et coordinatrice du projet African Growth Initiative de Brookings Institution. Amy est basée à Washington DC, et est titulaire d’un Master en développement international et urgences humanitaires de la London School of Economics and Political Science et d’une Licence en politique internationale de Penn State University. Ses intérêts de recherche portent sur le développement agricole, la sécurité alimentaire et la transformation structurelle en Afrique, ainsi que les situations d'urgence complexes et le lien entre les conflits et le développement.

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