Le printemps arabe et la règlementation de la microfinance en Afrique du Nord: menace ou opportunité?
jan 30, 2012
En observant l'année qui vient de s'écouler on constate que de nombreuses choses ont changé dans le monde arabe en général et en Afrique du Nord en particulier. Les mouvements qualifiés de printemps arabe qui ont commencé au début de 2011 ont affecté presque toutes les dimensions de la vie, notamment les dimensions politiques, économiques et sociales. Le secteur de la microfinance n'a pas fait exception. Plus particulièrement, les répercussions sur les institutions de microfinance (IMF) et leurs clients ont fait l’objet de nombreux débats ces derniers mois. Les contacts physiques entre les IMF et leurs clients ont été dans certains cas impossibles du fait de la situation sécuritaire précaire, certains clients se sont retrouvés dans l’impossibilité de rembourser leurs crédits parce que leurs entreprises ont été fortement affectées par le tumulte, et d'autres n’ont sciemment pas remboursé leur emprunt profitant de ce qu’aucune procédure juridique ne pouvait être encourue due aux circonstances.
Toutefois, outre cet impact direct au niveau opérationnel, il y a aussi eu une répercussion au niveau politique soulevant des préoccupations, notamment de savoir: Comment les changements politiques affectent-ils le cadre de la micro finance? Les changements stimulent-ils ou entravent-ils les initiatives de réforme des conditions légales? Bien que les premiers résultats soient déjà perceptibles en Tunisie où une nouvelle loi de microfinance a été adoptée l'an dernier grâce au nouvel environnement politique, le cas égyptien où le processus de changement politique prend plus de temps doit être examiné plus scrupuleusement.
En Égypte, certaines initiatives d’amélioration du cadre juridiques du secteur de la microfinance existaient déjà avant le début de la révolution. Toutefois, celles-ci ont été plutôt retardées par les récents développements politiques. Initiée par le Ministère de l'Investissement en 2008 et avec l'appui des partenaires au développement, une série de règlements a été élaborée. Un des principaux objectifs de ces règlements est de professionnaliser le secteur et de permettre aux nouvelles parties prenantes de s’intégrer. Pour le moment, seules les banques et les ONG sont autorisées à offrir du crédit, mais un nouveau type d'institution de prêt est créée: les sociétés de microfinance. Bien que ces entreprises ne soient pas autorisées à collecter de l'épargne, elles peuvent mener des activités à but lucratif avec moins de difficultés de lancement (pas d'exigences de capital minimum). En outre l'Autorité de Surveillance Financière Égyptienne (EFSA) a été mise en place avec, entre autres missions, la supervision de ces nouvelles entreprises de microfinance à mettre en place. Le projet de loi attribuant formellement ce rôle à l'EFSA a déjà été approuvé par le Cabinet et transmis au Parlement, ceci juste avant le début des
soulèvements politiques.
Actuellement, l'ensemble du processus est en pause en attendant que le nouveau parlement devienne opérationnel. L'ensemble du processus prend du retard mais il existe de nombreuses raisons
d'être optimiste sur l'avenir de la microfinance en Egypte. Pendant les derniers mois de changements politiques, de nombreuses questions ont été posées sur la manière par laquelle ces changements pourraient impacter les efforts jusque-là déployés pour promouvoir le secteur de la microfinance. Bien qu'il ne soit pas possible actuellement d’émettre un avis définitif, de premières indications existent:
en Allemagne ainsi qu'en Amérique du Sud.
soulèvements politiques.
Actuellement, l'ensemble du processus est en pause en attendant que le nouveau parlement devienne opérationnel. L'ensemble du processus prend du retard mais il existe de nombreuses raisons
d'être optimiste sur l'avenir de la microfinance en Egypte. Pendant les derniers mois de changements politiques, de nombreuses questions ont été posées sur la manière par laquelle ces changements pourraient impacter les efforts jusque-là déployés pour promouvoir le secteur de la microfinance. Bien qu'il ne soit pas possible actuellement d’émettre un avis définitif, de premières indications existent:
- Plus que jamais dans la période de transition en cours, un secteur des petites et moyennes entreprises (PME) bien développé est considéré comme vital pour la création d'emplois et la réduction de la pauvreté: Comme dans le cas de la Tunisie, les décideurs politiques actuels ont vu en ce secteur un moteur de développement économique. Cette importance se reconnait à travers diverses initiatives, telles la création d’une banque des PME qui était par le passé promue (actuellement non suivie), ou la création d’un poste de conseiller
du Premier ministre en charge de la promotion du secteur des Petites et moyennes entreprises. - Il est fort probable que même dans l'avenir cette tendance se perpétue, et ce d’autant plus que même si aucun programme détaillé sur la politique économique des futurs décideurs n’existe à ce jour, certaines hypothèses générales peuvent être faites sur la base des déclarations publiques et des débats en cours pour les orientations futures: i) les entreprises privées seront encouragées ii) les marchés financiers seront protégés iii) les prêts aux PME seront améliorés.
- Les aspects religieux seront plus déterminant dans la vie quotidienne: il est devenu évident que la religion va jouer un rôle plus important dans l'avenir que par le passé. Ces éléments peuvent également conduire à la préférence par certaines institutions financières de certains instruments financiers tels que les produits financiers islamiques, qui n’ont jusqu'ici joué qu’un rôle relativement mineur dans le secteur de la microfinance égyptienne.
- Il est très probable que la microfinance ne soit pas la principale préoccupation du nouveau gouvernent, quel qu'il soit: Compte tenu des
énormes défis politiques auxquels fait face le pays, il est compréhensible que le renforcement du secteur de la microfinance ne sera pas la première priorité de tout nouveau gouvernement. Ainsi, des résultats ne peuvent être attendus dans le court terme.
- Unir les forces: Un large éventail d'acteurs en Égypte est touché ou impliqué dans les questions de réglementation du secteur de la microfinance (IMF, organismes publics, bailleurs de fonds, etc.) Les forces doivent être unies et coordonnées pour définir le chemin pour l'avenir. La création d'un groupe de travail pourrait être un bon début.
- Renforcer le dialogue entre les secteurs public et privé: Les nouveaux décideurs peuvent avoir
besoin d'être sensibilisés sur l'importance de la microfinance. Ces tâches pourraient tomber dans le champ d'actions d'un groupe de travail. - Revue des projets de règlementation: Il existe encore des divergences de vues entre les principales parties prenantes sur des questions choisies concernant la réglementation (par exemple, l’impossibilité de la transformation des ONG en sociétés de microfinance). Le nouveau contexte politique peut être saisi comme une chance d'examiner et discuter en commun de la réglementation actuelle.
en Allemagne ainsi qu'en Amérique du Sud.
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