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L’accès aux services financiers: nécessaire mais pas suffisant pour une véritable inclusion financière

fév 23, 2015
Jusqu'à récemment, la route vers l'inclusion financière a souvent été définie par l’accès. Cependant, tandis que l'explosion des services financiers numériques et les procédures d'ouverture de compte simplifiées ont commencé à rendre les services financiers accessibles aux pauvres, il est devenu évident que l'accès n’est qu'une partie de l'équation. Malgré ces innovations, la détention et l'utilisation d’un compte est restée obstinément faible dans de nombreux pays d'Afrique sub-saharienne. Alors que l'accès se développe, de nouvelles recherches suggèrent que la même attention devrait être accordée à l'amélioration de la qualité et à l'accessibilité des services financiers, ainsi qu’au développement de la confiance dans les institutions financières, si nous voulons atteindre un plus large succès dans la bancarisation des pauvres.

En 2010, un groupe de chercheurs a travaillé avec Innovations for Poverty Action (IPA) sur l’étude du faible niveau d’inclusion financière à proximité d'un ensemble de centres de marchés dans le Kenya rural. En ces premiers jours de la révolution financière numérique au Kenya, les taux d'épargne formels étaient faibles. Malgré le fait qu’ils aient au moins une option bancaire formelle à distance de marche, seulement 20 pour cent des ménages possédaient un compte d'épargne. Au lieu de cela, la plupart des ménages comptaient sur les groupes d'épargne informels et le bétail pour stocker leur richesse. Les options de prêts formels étaient également largement sous-utilisées.

Pour quelles raisons les ménages ne profitaient pas des options bancaires formelles à leur disposition? Une explication possible était un manque de connaissances sur les services eux-mêmes. Alors que 60 pour cent des répondants connaissaient l’existence de succursales bancaires dans la région, presque personne ne connaissait les informations de base sur les comptes disponibles, telles que le barème des frais. Dans ce cadre, les chercheurs ont voulu savoir ce qui se passe lorsque les gens comprennent leurs options et que les coûts d'installation sont éliminés. Pour répondre à cette question, les chercheurs ont mené une évaluation aléatoire de l'épargne à faible coût et des offres de produits de crédit pour les ménages non bancarisés.

Initialement, le personnel formé par IPA a visité un peu plus de la moitié des ménages non bancarisés de la région. Ils les ont informés sur les options bancaires disponibles localement et leur ont donné un bon qui couvrait les frais d’ouverture de compte et le solde minimum requis pour l’ouverture d’un compte d'épargne.

Les résultats étaient bons: 63 pour cent des personnes ont ouvert un compte. Mais peu
: seulement 18 pour cent, ont utilisé le compte au moins deux fois au cours des 12 mois suivants. Il semble que la conception des produits et la qualité des services ne répondaient pas aux besoins des clients potentiels. Lorsque les chercheurs ont demandé aux bénéficiaires pourquoi ils ont choisi de ne pas utiliser leur compte, les réponses tendaient vers trois réponses: la peur des détournements de fonds, le service médiocre, et les frais de retrait qui rendent les petites transactions trop couteuses.

Les chercheurs ont trouvé des résultats similaires quand ils informés les répondants sur les options de crédit et abaissé les critères d'admissibilité pour un petit prêt garanti. Après six mois, seulement trois pour cent des personnes avaient effectué une demande de prêt. Ces chiffres semblent être particulièrement faible, puisque les taux d'intérêt sur les prêts étaient considérablement plus bas que les bénéfices estimés que les ménages auraient pu faire avec les fonds supplémentaires. Encore une fois la conception du prêt ne répondait pas aux besoins des participants à l'étude, qui ont cité la peur de perdre leur garantie comme une raison majeure pour ne pas prendre un prêt.

De toute évidence, l'accès aux services financiers est juste un morceau de puzzle de l'inclusion financière. Tandis que s’étend la portée des services financiers formels, la qualité des services et la confiance dans les institutions bancaires doivent aussi s’améliorer afin d’atteindre un plus large succès. Dans le même temps, une recherche plus rigoureuse est nécessaire afin d’identifier des moyens efficaces pour améliorer la conception de produits afin de répondre aux besoins à la fois des fournisseurs de services financiers et des pauvres.

Ce blog est basé sur l’étude universitaire
Challenges in Banking the Rural Poor: Evidence from Kenya's Western Province” disponible ici: (www.nber.org/papers/w17851.pdf)

À propos des auteurs de l'étude: -Pascaline Dupas est professeur agrégé d'économie à l'Université de Stanford.
-Sarah Green est Chargée principale de programme et chercheur au Groupe de travail de haut niveau pour la CIPD et a précédemment travaillé comme directeur de recherche à Innovations for Poverty Action.
-Anthony Keats est professeur adjoint d'économie à l'Université Wesleyan.
-Jonathan Robinson est professeur agrégé d'économie à l'Université de Californie, Santa Cruz.
Cet article a été écrit par Greg Dobbels, Initiative Associate auprès de
l’
IPA's Global Financial Inclusion Initiative
et a été approuvé par les auteurs de l'étude. Pour en savoir plus l’initiative globale pour l’inclusion financière d’Innovations for Poverty Action, cliquez ici.

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