La voix de l'Afrique dans la renaissance des politiques internationales de financement de l’agriculture
avr 11, 2011
« L'Union africaine à le plaisir de soutenir cette initiative panafricaine sur le financement de l’agriculture et de faire entendre la voix africaine au sein du G20 - gardons cet espoir et cet élan »
Boaz B. Keizire, Conseiller en matière de CAADP, Commission de l’Union africaine, Addis Ababa, Ethiopie
Pourquoi devrions-nous mettre à nouveau l’accent sur le financement de l’agriculture ?
Les efforts menés par l’Union Africaine, le NEPAD et le G20 pour lutter contre l’insécurité alimentaire ont fait du financement de l’agriculture la priorité des programmes de développement africain. La production agricole doit augmenter de 70 pour cent d’ici 2050 pour pouvoir couvrir les besoins du monde entier, au moment où le changement climatique et l'urbanisation réduisent de manière significative les terres cultivables. Une solution à ce problème se trouve dans la production agricole du continent africain. Un accroissement important de la production et de la productivité de l’agriculture en Afrique est nécessaire afin de couvrir non seulement les besoins des populations africaines, mais également afin de répondre à la demande des marchés du Moyen-Orient et d’Asie. L'agriculture est, et sera encore plus, un des facteurs clés du succès économique de l’Afrique et de l'atteinte des OMD.
Faciliter l'accès aux financements afin de financer la croissance de l'agriculture africaine est l'un des plus grands défis pour les parties prenantes. Dans la plupart des régions du monde, l’agriculture a toujours constitué un défi pour les bailleurs et les investisseurs. Elle est souvent exposée à des risques systémiques élevés, tant au niveau de l’environnement (les sécheresses, les inondations, les maladies, etc.) qu’au niveau des marchés (la
volatilité des prix, les barrières de politique commerciale, le dumping, les défis de transport et de logistique etc.).
Pour relever ces défis, les gouvernements africains, les membres du G20, les institutions privées et les partenaires au développement s'associent pour augmenter les financements alloués au développement alimentaire et agricole. Au niveau international, deux importants groupes mettent en avant ces problématiques: le Sous-groupe du G20 sur le financement agricole et le Groupe de travail africain sur le financement agricole, mis en place par l'Initiative « La Finance au service de l’Afrique (MFW4A)». Actuellement, les intervenants africains jouent un rôle prépondérant dans ce processus. Les
tâches principales comportent l’établissement de directives claires pour l'Afrique, l’introduction de ces résultats dans le document d'orientation du G20 sur le financement de l’agriculture et leur mise en application.
Le financement de l’agriculture africaine
Initié par le Partenariat « La Finance au service de l’Afrique » (MFW4A), les gouvernements africains, les pays du G20, les institutions privées et les partenaires au développement se sont réunis pour mettre en place un Groupe de travail africain sur le financement de l’agriculture. Le groupe de travail est étroitement lié à la Commission de l’Union africaine, l’Agence de la planification et de la coordination du NEPAD (NPCA), la BAD et à l’« African Rural and Agricultural Credit Association (AFRACA) » pour piloter le programme de CAADP. Les partenaires privés et d’autres partenaires au développement tels que la Banque mondiale, l'AFD, l'UNCDF, la FAO, le FIDA, l'USAID, la Coopération allemande de développement, le FinMark Trust, l’AGRA et la Stanbic Bank soutiennent le Groupe de travail. La banque Centrale d’Ouganda a accueilli la première réunion technique du Groupe de travail à Kampala à la fin du mois de mars. Lors de cette réunion, des institutions privées locales telles que l’ABi Trust et la Centenary Bank, aussi bien que des représentants du secteur public, se sont associés aux partenaires internationaux. Les discussions techniques se sont focalisées sur la possibilité de poser les fondations d’un document africain d'orientation sur le financement de l’agriculture.
Basé sur ces résultats, une conférence internationale sera organisée à Kampala, en juin 2011, et rassemblera plus de 250 représentants de haut niveau des secteurs financiers et agricoles africains. La conférence vise à élaborer des directives claires sur les politiques et les pratiques capables de soutenir des augmentations substantielles d'investissement dans les secteurs agricoles africains. Ces directives seront approuvées à travers la Déclaration de Kampala pour les Politiques de Financement de l’Agriculture en Afrique et seront synthétisées dans un document d’orientation sur le financement de l’agriculture africaine.
Au-delà de Kampala, il est attendu que ces directives soient incorporées par la Commission de l’Union africaine et le NPCA en tant qu'élément des plans d'investissement du CAADP, utilisés par le G20 et souscrits par les gouvernements africains et les partenaires au développement sur le continent.
La Commission de l’Union africaine et le NEPAD
Jusque-là, la moitié des Etats membres de l’Union africaine ont signé l’accord de CAADP, dix-neuf plans nationaux d’agriculture et de sécurité alimentaire de CAADP ont été élaborés et les premiers sont en cours d'exécution.
Afin de maintenir l'élan de cet élément nouveau dans l'histoire de l'agriculture africaine et de renforcer la mise en œuvre au niveau des pays, la mobilisation de financement du secteur privé et les partenariats public-privé est nécessaire, en complément
des ressources provenant des secteurs publics, des agences multilatérales et bilatérales ainsi que des fondations internationales.
Financement de l’agriculture au sein du G20
En parallèle à cette initiative africaine, le financement de l’agriculture occupe une place de choix dans le programme de développement du G20 et il existe de
nombreuses possibilités de collaboration. L'inclusion financière est à
l'avant-garde du plan d'action de développement du G20,
et la France, en tant qu’actuel président du G20, se focalise sur la sécurité alimentaire. L'Allemagne préside le sous-groupe du G20 sur le financement de l’agriculture avec pour objectif de définir des directives de politique clés en vue du sommet du G20 qui se tiendra à Cannes en novembre 2011. L'Allemagne a manifesté un intérêt particulier pour collaborer avec le Groupe de travail africain sur le financement de l’agriculture.
La voix africaine au sein du G20
Le Groupe de travail africain sur le financement de l’agriculture a établi un lien direct avec le
sous-groupe du G20 sur le financement des PME impliqués dans le secteur agricole. Les représentants du G20 seront présents à la conférence de MFW4A en juin et la Déclaration de Kampala sera un apport important
au document d’orientation du G20 sur le financement de l’agriculture. Susanne Dorasil, représentant le président allemand du
G20 sur le financement de l’agriculture a déclaré que: « Nous nous félicitons de l'initiative africaine sur le financement de l’agriculture et nous collaborerons avec nos partenaires africains
afin de nous assurer que les résultats de Kampala soient bien reflétés dans le document d'orientation du G20 ». Grâce à cette collaboration, le Groupe de travail a développé la capacité d’aller au-delà de l'Afrique et de faire entendre sa voix dans les discussions internationales sur le financement de l’agriculture.
Robin Hofmeister participe auxprogrammes GIZ suivants: “Promoting Financial Sector Dialogue in Africa” "Making Finance Work for Africa" et “Sustainable Economic Development in Nigeria”. Auparavant, il s’occupait des activités relatives à la recherche et au dialogue en matière de politique dans le domaine du financement de l’agriculture. Robin a fait ses études aux Universités de Münster et de Stellenbosch, où il a obtenu une maitrise en gestion d’entreprise. L’article a été co-écrit avec Achim Deuchert, qui travail au siège de la GIZ en Allemagne. Il est un conseiller auprès du ministère allemand du développement (BMZ) et a travaillé au sein de l'équipe de GIZ en charge de soutenir l’initiative MFW4A. Il participe à l’effort de rapprochement de MFW4A et du sous-groupe du G20 en charge du financement des PME sur les problématiques de financement de l’agriculture.
Boaz B. Keizire, Conseiller en matière de CAADP, Commission de l’Union africaine, Addis Ababa, Ethiopie
Pourquoi devrions-nous mettre à nouveau l’accent sur le financement de l’agriculture ?
Les efforts menés par l’Union Africaine, le NEPAD et le G20 pour lutter contre l’insécurité alimentaire ont fait du financement de l’agriculture la priorité des programmes de développement africain. La production agricole doit augmenter de 70 pour cent d’ici 2050 pour pouvoir couvrir les besoins du monde entier, au moment où le changement climatique et l'urbanisation réduisent de manière significative les terres cultivables. Une solution à ce problème se trouve dans la production agricole du continent africain. Un accroissement important de la production et de la productivité de l’agriculture en Afrique est nécessaire afin de couvrir non seulement les besoins des populations africaines, mais également afin de répondre à la demande des marchés du Moyen-Orient et d’Asie. L'agriculture est, et sera encore plus, un des facteurs clés du succès économique de l’Afrique et de l'atteinte des OMD.
Faciliter l'accès aux financements afin de financer la croissance de l'agriculture africaine est l'un des plus grands défis pour les parties prenantes. Dans la plupart des régions du monde, l’agriculture a toujours constitué un défi pour les bailleurs et les investisseurs. Elle est souvent exposée à des risques systémiques élevés, tant au niveau de l’environnement (les sécheresses, les inondations, les maladies, etc.) qu’au niveau des marchés (la
volatilité des prix, les barrières de politique commerciale, le dumping, les défis de transport et de logistique etc.).
Pour relever ces défis, les gouvernements africains, les membres du G20, les institutions privées et les partenaires au développement s'associent pour augmenter les financements alloués au développement alimentaire et agricole. Au niveau international, deux importants groupes mettent en avant ces problématiques: le Sous-groupe du G20 sur le financement agricole et le Groupe de travail africain sur le financement agricole, mis en place par l'Initiative « La Finance au service de l’Afrique (MFW4A)». Actuellement, les intervenants africains jouent un rôle prépondérant dans ce processus. Les
tâches principales comportent l’établissement de directives claires pour l'Afrique, l’introduction de ces résultats dans le document d'orientation du G20 sur le financement de l’agriculture et leur mise en application.
Le financement de l’agriculture africaine
Initié par le Partenariat « La Finance au service de l’Afrique » (MFW4A), les gouvernements africains, les pays du G20, les institutions privées et les partenaires au développement se sont réunis pour mettre en place un Groupe de travail africain sur le financement de l’agriculture. Le groupe de travail est étroitement lié à la Commission de l’Union africaine, l’Agence de la planification et de la coordination du NEPAD (NPCA), la BAD et à l’« African Rural and Agricultural Credit Association (AFRACA) » pour piloter le programme de CAADP. Les partenaires privés et d’autres partenaires au développement tels que la Banque mondiale, l'AFD, l'UNCDF, la FAO, le FIDA, l'USAID, la Coopération allemande de développement, le FinMark Trust, l’AGRA et la Stanbic Bank soutiennent le Groupe de travail. La banque Centrale d’Ouganda a accueilli la première réunion technique du Groupe de travail à Kampala à la fin du mois de mars. Lors de cette réunion, des institutions privées locales telles que l’ABi Trust et la Centenary Bank, aussi bien que des représentants du secteur public, se sont associés aux partenaires internationaux. Les discussions techniques se sont focalisées sur la possibilité de poser les fondations d’un document africain d'orientation sur le financement de l’agriculture.
Basé sur ces résultats, une conférence internationale sera organisée à Kampala, en juin 2011, et rassemblera plus de 250 représentants de haut niveau des secteurs financiers et agricoles africains. La conférence vise à élaborer des directives claires sur les politiques et les pratiques capables de soutenir des augmentations substantielles d'investissement dans les secteurs agricoles africains. Ces directives seront approuvées à travers la Déclaration de Kampala pour les Politiques de Financement de l’Agriculture en Afrique et seront synthétisées dans un document d’orientation sur le financement de l’agriculture africaine.
Au-delà de Kampala, il est attendu que ces directives soient incorporées par la Commission de l’Union africaine et le NPCA en tant qu'élément des plans d'investissement du CAADP, utilisés par le G20 et souscrits par les gouvernements africains et les partenaires au développement sur le continent.
La Commission de l’Union africaine et le NEPAD
Jusque-là, la moitié des Etats membres de l’Union africaine ont signé l’accord de CAADP, dix-neuf plans nationaux d’agriculture et de sécurité alimentaire de CAADP ont été élaborés et les premiers sont en cours d'exécution.
Afin de maintenir l'élan de cet élément nouveau dans l'histoire de l'agriculture africaine et de renforcer la mise en œuvre au niveau des pays, la mobilisation de financement du secteur privé et les partenariats public-privé est nécessaire, en complément
des ressources provenant des secteurs publics, des agences multilatérales et bilatérales ainsi que des fondations internationales.
Financement de l’agriculture au sein du G20
En parallèle à cette initiative africaine, le financement de l’agriculture occupe une place de choix dans le programme de développement du G20 et il existe de
nombreuses possibilités de collaboration. L'inclusion financière est à
l'avant-garde du plan d'action de développement du G20,
et la France, en tant qu’actuel président du G20, se focalise sur la sécurité alimentaire. L'Allemagne préside le sous-groupe du G20 sur le financement de l’agriculture avec pour objectif de définir des directives de politique clés en vue du sommet du G20 qui se tiendra à Cannes en novembre 2011. L'Allemagne a manifesté un intérêt particulier pour collaborer avec le Groupe de travail africain sur le financement de l’agriculture.
La voix africaine au sein du G20
Le Groupe de travail africain sur le financement de l’agriculture a établi un lien direct avec le
sous-groupe du G20 sur le financement des PME impliqués dans le secteur agricole. Les représentants du G20 seront présents à la conférence de MFW4A en juin et la Déclaration de Kampala sera un apport important
au document d’orientation du G20 sur le financement de l’agriculture. Susanne Dorasil, représentant le président allemand du
G20 sur le financement de l’agriculture a déclaré que: « Nous nous félicitons de l'initiative africaine sur le financement de l’agriculture et nous collaborerons avec nos partenaires africains
afin de nous assurer que les résultats de Kampala soient bien reflétés dans le document d'orientation du G20 ». Grâce à cette collaboration, le Groupe de travail a développé la capacité d’aller au-delà de l'Afrique et de faire entendre sa voix dans les discussions internationales sur le financement de l’agriculture.
Robin Hofmeister participe auxprogrammes GIZ suivants: “Promoting Financial Sector Dialogue in Africa” "Making Finance Work for Africa" et “Sustainable Economic Development in Nigeria”. Auparavant, il s’occupait des activités relatives à la recherche et au dialogue en matière de politique dans le domaine du financement de l’agriculture. Robin a fait ses études aux Universités de Münster et de Stellenbosch, où il a obtenu une maitrise en gestion d’entreprise. L’article a été co-écrit avec Achim Deuchert, qui travail au siège de la GIZ en Allemagne. Il est un conseiller auprès du ministère allemand du développement (BMZ) et a travaillé au sein de l'équipe de GIZ en charge de soutenir l’initiative MFW4A. Il participe à l’effort de rapprochement de MFW4A et du sous-groupe du G20 en charge du financement des PME sur les problématiques de financement de l’agriculture.
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