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La couverture des systèmes de retraite en Afrique reste faible

sep 26, 2017
Ce texte a été publié à l'origine en anglais sur le site web de Financial Nigeria. Alors que 72 % des employés d'Afrique subsaharienne exercent dans le secteur informel, le système traditionnel de retraite est remis en question. Le système traditionnel de retraites repose sur le principe que ses membres sont employés de manière formelle, qu'ils travaillent pendant 40 ans et cotisent régulièrement pendant cette période, ce qui leur permet de constituer une épargne de retraite conséquente. À mesure que davantage de personnes travaillent et sont employées sur le marché formel de l'emploi, elles peuvent en principe contribuer à la constitution de leur épargne de retraite. Si nous juxtaposons le modèle traditionnel à la situation actuelle en Afrique, où la plupart des employés appartiennent au secteur informel, un emploi sur une année entière constitue une exception, à plus forte raison une durée de 40 ans. Bien que l'emploi permanent ou continu ne soit pas une réalité pour bon nombre de personnes en Afrique, celles-ci restent (autant que possible) économiquement actives dans le secteur informel lors de leurs périodes de chômage. Droit à la retraite Le nombre important de personnes travaillant dans l'économie informelle a limité depuis longtemps la taille des caisses de retraite traditionnelles et provoqué en partie le faible taux de couverture des systèmes de retraite. Selon l'Organisation Internationale du Travail, en Afrique subsaharienne, seulement 8 % de la population active dispose d'une assurance retraite et a droit à des indemnités de retraite, contre 47 % en Afrique du Nord. Comme dans la plupart des pays à faibles revenus, ces faibles niveaux de couverture des systèmes de retraite s'expliquent par la faible proportion d'employés et de salariés du secteur formel ainsi que par la prédominance du secteur informel, la non-déclaration des activités économiques et le défaut d'application des lois. Malgré les niveaux élevés d'activités informelles sur le marché du travail, les systèmes de retraite et le paiement de pensions qui en découle doivent rester une priorité si l'Afrique veut faire des progrès en matière de développement. Les solutions les plus naturelles et évidentes consistent à faire appel aux services financiers et aux circuits de distribution basés en Afrique, comme M-Pesa, EcoCash, Leap Frog Investments et Equity Bank, qui sont innovants et catalytiques. Plus important encore, l'information relative à la réflexion et à la communication sur l'extension des systèmes de retraite devrait être guidée par la simplicité. Le Nigeria ouvre la voie Le Nigeria, pays africain le plus peuplé, est à la pointe de l'innovation pour la mise en place d'un modèle système de retraite alternatif s'adressant à l'économie informelle. Sa commission nationale des retraites (PenCom) a adapté le régime actuel de retraite pour les travailleurs du secteur formel - le régime de retraite par répartition (Contributory Pension Scheme) - en en faisant l'épine dorsale du déploiement du plan de micro-retraites au Nigéria (Micro Pension Plan). Ce plan de micro-retraites s'adresse aux PME, aux travailleurs indépendants et au secteur informel dans son ensemble. La part du secteur informel dans la population économiquement active au Nigeria est évaluée à 70 %. Sans plan de micro-retraite, cette partie de la population active n'aurait droit à aucune retraite. Sur un total de 59 millions d'adultes au Nigeria, 30 millions de personnes relevant de l'économie informelle pourraient bénéficier d'un plan de micro-retraite. A titre de rappel, fin 2016, le nombre de bénéficiaires d'un plan de retraite pour le seul secteur formel de l'économie du Nigeria s'élevait à près de huit millions. L'investissement avec date d'échéance (TDI) Chez RisCura, nous encourageons fortement aux gestionnaires des fonds de pension à consacrer davantage de temps à l'étude de leurs objectifs et de leurs plans de développement. Nous restons cependant conscients de la nécessité de prendre en considération les différences en termes de potentiel de mobilisation de l'épargne en Afrique, et celles entre les plans de micro-retraite et les plans de retraite traditionnels. Les professionnels des systèmes de retraite et de l'épargne devraient se pencher sur les investissements avec date d'échéance (TDI) pour proposer des produits de micro-retraite. Avec les investissements de type TDI, les adhérents disposent d'une vision claire de la stratégie d'investissement réalisée avec leurs contributions, sur la base de la date de retraite qu'ils ont choisie. L'investissement avec date d'échéance procure à l'épargnant les avantages d'un programme d'épargne simplifié dont l'objectif est la mise en place de paiements à partir d'une certaine date, sur la base de l'investissement réalisé. L'association de la micro-retraite et de l'investissement avec date d'échéance pourrait constituer un compromis intéressant en cas de contribution irrégulière de certains membres. Ce montage ne constitue peut-être pas une solution très habituelle mais il peut constituer une base de départ susceptible de bénéficier d' améliorations supplémentaires. Enfin, nous nous faisons l'écho de l'ex Président du Nigeria Olusegun Obasanjo : " Il est urgent de mettre en place un système de retraite pour le secteur informel, qui constitue au moins 61 % des emplois urbains sur le continent africain et dont la part va continuer à augmenter avec la croissance de la population. Nous sommes en faveur de systèmes de micro-retraites, particulièrement depuis que la part des personnes en Afrique subsaharienne en situation d'emploi précaire a atteint le niveau alarmant de 85 % pour les femmes et de 70 % pour les hommes ". ---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- A propos de l'auteur Gerald Gondo occupe un poste de direction au sein de RisCura Africa et est responsable du développement commercial. Avant de rejoindre RisCura, Gerald était cofondateur d'une entreprise basée à l'Ile Maurice et spécialisée en conseil en investissement et gestion de placements (Atria Africa). La passion de Gerald relativement à la thématique de l'investissement en Afrique l'a auparavant amené à rejoindre un gestionnaire d'actifs panafricain de premier plan (Imara Asset Management), où il avait la double responsabilité d'analyste principal sur les actions cotées en Egypte, au Maroc, en Zambie et à l'ile Maurice, tout en gérant les titres à revenu fixe sous gestion de la firme au Zimbabwe. Il a commencé sa carrière dans le capital-investissement en Afrique subsaharienne (Business Partners) et a également travaillé comme analyste de crédit dans une institution spécialisée dans les actifs financiers à revenu fixe (Futuregrowth Asset Management), où il était responsable de l'analyse du crédit aux entreprises et de la titrisation en Afrique du Sud.

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