Justification de l’inclusion financière
nov 22, 2010
Au cours des trois dernières décennies, le monde a focalisé son attention sur les voies et moyens de faire face à la crise financière et économique mondiale, dont l’épicentre était les Etats-Unis d’Amérique. Mais plus important encore, pour les pays de la périphérie, les effets se sont soldés par un déclin de l’activité économique qui s’était développée pendant une décennie. Le dialogue mondial s’est focalisé sur la réforme de l’architecture réglementaire du système financier international. Des organes clés comme le
G-20 ont été au centre de ce débat. Toutefois, le fait qu’on risque de ne pas tenir compte de l’inclusion financière dans ce débat constitue-t-il un danger? Nous soutenons que l’inclusion financière doit être renforcée dans les pays en développement afin d’appuyer la croissance et l’éradication de la pauvreté. Nous démontrons que l’inclusion financière renforcera la capacité de croissance future des pays en développement.
Inclusion financière et pays en développement
La plupart des pays en développement n’ont pas subi l’impact direct de la crise émanant du centre, notamment en ce qui concerne leur secteur financier. Ces pays ont subi des effets indirects, émanant essentiellement de la baisse des prix des produits de base, de la diminution des exportations, des transferts de fonds, des investissements étrangers, ainsi que de la réduction de l’espace fiscale dont la mise en place a nécessité des années. Par ailleurs, les pays en développement abritent la vaste majorité de la population mondiale exclue financièrement. Aussi est-il impératif que l’accent soit mis sur l’inclusion financière, étant donné que l’attention est focalisée sur la stabilité.
L’inclusion financière, pourquoi ?
La corrélation positive entre inclusion financière et développement agit à travers plusieurs canaux: premièrement, l’accès au financement ouvre l’accès aux marchés qui permettent d’accéder au crédit. Deuxièmement, l’accès aux services financiers encourage le cycle épargne/investissement, en tenant compte de l’accumulation du capital et de la constitution de l’actif et en permettant aux pauvres d’échapper à la pauvreté. La mobilisation de l’épargne est cruciale pour le financement des investissements nécessaires à la lutte contre la pauvreté ainsi qu’à la création de richesses et d’emplois dans les pays en développement. Les valeurs refuges pour l’épargne des populations pauvres réduit la vulnérabilité de celles-ci aux chocs économiques et sociaux périodiques. Des institutions fortes supervisées par les Banques centrales protégeront les épargnants et les citoyens contre l’instabilité causée par des canaux d’investissement peu scrupuleux tels que les opérations pyramidales. ###MORE###
Politiques d’inclusion financière
Les pays en développement ont été les précurseurs de diverses politiques avant-gardistes d’inclusion financière, telles que les agents bancaires au Brésil et les services financiers d’argent mobile au Kenya et aux Philippines. Ces politiques permettent de recourir aux plateformes technologiques pour atteindre à peu de frais les épargnants en aval. Toutefois, ces connaissances n’ont pas fait l’objet d’une diffusion suffisamment large pour permettre le développement de ces innovations dans d’autres pays. Aussi convient-il de mettre en place des mécanismes susceptibles de diffuser ces connaissances.
A cet effet, l’Alliance pour l’inclusion financière (AIF) et le Groupe d’experts sur l’inclusion financière du G-20 sont dignes d’intérêt. L’AIF regroupe les décideurs des pays en développement pour discuter des politiques d’inclusion financières d’avant-garde. Cela a permis aux décideurs du Brésil et de la Colombie de se retrouver pour partager leurs expériences en matière d’agents bancaires avec les décideurs kenyans. De même, sous l’égide de l’AIF, les décideurs philippins ont partagé leurs expériences en matière de services financiers mobiles avec leurs homologues afghans. L’AIF est dirigée par des décideurs qui sont membres de son Comité directeur, actuellement présidé par le Gouverneur de la Banque centrale du Kenya.
Pour sa part, le Groupe d’experts sur l’inclusion financière du G-20 cherche à promouvoir l’accès durable aux services financiers en appuyant la diffusion en toute sécurité de nouveaux modes de prestation de services financiers susceptibles d’atteindre les pauvres.
Il s’agit d’initiatives importantes que les pays en développement devraient appuyer sans réserve tout en veillant à ce que l’inclusion financière soit intégrée dans le développement de la politique du secteur financier
Etapes suivantes
Il existe des arguments de poids en faveur de l’inclusion financière, et il est même très souhaitable de renforcer l’inclusion financière. Aussi recommanderions-nous les principes suivants:
•
Diagnostic – Il conviendrait de comprendre la situation actuelle de l’inclusion financière et les restrictions de l’offre et de la demande dans un pays. Dans la plupart des pays en développement, il existe une combinaison de marchés segmentés et de marchés tant formels qu’informels.
•
Solutions proposées – Des interventions en matière de politique devraient être préparées pour examiner les contraintes identifiées dans la phase de diagnostic. Elles devraient être adaptées aux expériences particulières des pays. Par exemple, en ce qui concerne les marches segmentés, il pourrait s’avérer nécessaire de comprendre ce que chaque segment exige plutôt que d’apporter des solutions à tous les segments avec un succès limité.
•
Coordination – Dans le cadre de la mise en œuvre des politiques d’inclusion financière, les acteurs des secteurs public et privé devraient être organisés en vue de garantir une utilisation efficiente et efficace des ressources. A l’échelle nationale, l’objectif est de mettre en place des institutions fortes pour réglementer le secteur financier avec un arbitrage réglementaire minimum.
Etant donné que le monde sort de la crise financière planétaire, il est temps de consolider les initiatives d’inclusion financière. Cela est impérieux, car il ne peut y avoir de développement durable tant que la majorité de la population demeure exclue financièrement.
Professeur Njuguna Ndung’u est le Gouverneur de la Banque centrale du Kenya.
G-20 ont été au centre de ce débat. Toutefois, le fait qu’on risque de ne pas tenir compte de l’inclusion financière dans ce débat constitue-t-il un danger? Nous soutenons que l’inclusion financière doit être renforcée dans les pays en développement afin d’appuyer la croissance et l’éradication de la pauvreté. Nous démontrons que l’inclusion financière renforcera la capacité de croissance future des pays en développement.
Inclusion financière et pays en développement
La plupart des pays en développement n’ont pas subi l’impact direct de la crise émanant du centre, notamment en ce qui concerne leur secteur financier. Ces pays ont subi des effets indirects, émanant essentiellement de la baisse des prix des produits de base, de la diminution des exportations, des transferts de fonds, des investissements étrangers, ainsi que de la réduction de l’espace fiscale dont la mise en place a nécessité des années. Par ailleurs, les pays en développement abritent la vaste majorité de la population mondiale exclue financièrement. Aussi est-il impératif que l’accent soit mis sur l’inclusion financière, étant donné que l’attention est focalisée sur la stabilité.
L’inclusion financière, pourquoi ?
La corrélation positive entre inclusion financière et développement agit à travers plusieurs canaux: premièrement, l’accès au financement ouvre l’accès aux marchés qui permettent d’accéder au crédit. Deuxièmement, l’accès aux services financiers encourage le cycle épargne/investissement, en tenant compte de l’accumulation du capital et de la constitution de l’actif et en permettant aux pauvres d’échapper à la pauvreté. La mobilisation de l’épargne est cruciale pour le financement des investissements nécessaires à la lutte contre la pauvreté ainsi qu’à la création de richesses et d’emplois dans les pays en développement. Les valeurs refuges pour l’épargne des populations pauvres réduit la vulnérabilité de celles-ci aux chocs économiques et sociaux périodiques. Des institutions fortes supervisées par les Banques centrales protégeront les épargnants et les citoyens contre l’instabilité causée par des canaux d’investissement peu scrupuleux tels que les opérations pyramidales. ###MORE###
Politiques d’inclusion financière
Les pays en développement ont été les précurseurs de diverses politiques avant-gardistes d’inclusion financière, telles que les agents bancaires au Brésil et les services financiers d’argent mobile au Kenya et aux Philippines. Ces politiques permettent de recourir aux plateformes technologiques pour atteindre à peu de frais les épargnants en aval. Toutefois, ces connaissances n’ont pas fait l’objet d’une diffusion suffisamment large pour permettre le développement de ces innovations dans d’autres pays. Aussi convient-il de mettre en place des mécanismes susceptibles de diffuser ces connaissances.
A cet effet, l’Alliance pour l’inclusion financière (AIF) et le Groupe d’experts sur l’inclusion financière du G-20 sont dignes d’intérêt. L’AIF regroupe les décideurs des pays en développement pour discuter des politiques d’inclusion financières d’avant-garde. Cela a permis aux décideurs du Brésil et de la Colombie de se retrouver pour partager leurs expériences en matière d’agents bancaires avec les décideurs kenyans. De même, sous l’égide de l’AIF, les décideurs philippins ont partagé leurs expériences en matière de services financiers mobiles avec leurs homologues afghans. L’AIF est dirigée par des décideurs qui sont membres de son Comité directeur, actuellement présidé par le Gouverneur de la Banque centrale du Kenya.
Pour sa part, le Groupe d’experts sur l’inclusion financière du G-20 cherche à promouvoir l’accès durable aux services financiers en appuyant la diffusion en toute sécurité de nouveaux modes de prestation de services financiers susceptibles d’atteindre les pauvres.
Il s’agit d’initiatives importantes que les pays en développement devraient appuyer sans réserve tout en veillant à ce que l’inclusion financière soit intégrée dans le développement de la politique du secteur financier
Etapes suivantes
Il existe des arguments de poids en faveur de l’inclusion financière, et il est même très souhaitable de renforcer l’inclusion financière. Aussi recommanderions-nous les principes suivants:
•
Diagnostic – Il conviendrait de comprendre la situation actuelle de l’inclusion financière et les restrictions de l’offre et de la demande dans un pays. Dans la plupart des pays en développement, il existe une combinaison de marchés segmentés et de marchés tant formels qu’informels.
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Solutions proposées – Des interventions en matière de politique devraient être préparées pour examiner les contraintes identifiées dans la phase de diagnostic. Elles devraient être adaptées aux expériences particulières des pays. Par exemple, en ce qui concerne les marches segmentés, il pourrait s’avérer nécessaire de comprendre ce que chaque segment exige plutôt que d’apporter des solutions à tous les segments avec un succès limité.
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Coordination – Dans le cadre de la mise en œuvre des politiques d’inclusion financière, les acteurs des secteurs public et privé devraient être organisés en vue de garantir une utilisation efficiente et efficace des ressources. A l’échelle nationale, l’objectif est de mettre en place des institutions fortes pour réglementer le secteur financier avec un arbitrage réglementaire minimum.
Etant donné que le monde sort de la crise financière planétaire, il est temps de consolider les initiatives d’inclusion financière. Cela est impérieux, car il ne peut y avoir de développement durable tant que la majorité de la population demeure exclue financièrement.
Professeur Njuguna Ndung’u est le Gouverneur de la Banque centrale du Kenya.
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