Blogretour

Expériences sur la microfinance islamique

oct 06, 2015

L'accès à la finance en Afrique est fortement restreint. Le pourcentage d'adultes disposants d'un compte bancaire en Afrique subsaharienne était de seulement 34 % en 2014 (contre 51,4 ​​% en Amérique latine, 93,6 % aux États-Unis et 69 % en Asie de l'Est et Pacifique). Cet accès limité a des implications importantes pour le développement économique ; faible épargne, entrave à l'acheminement efficace des fonds ainsi que la génération et le maintien des pièges de la pauvreté. Beaucoup de projets ont porté sur le traitement des différentes causes de ces limitations, entre autre la présence des infrastructures financières sous développées, l'analphabétisme financier et la mauvaise performance économique.

Cependant, d'autres facteurs ont été négligés, notamment le fait que la culture / religion empêche de nombreux musulmans d'avoir recours aux services bancaires traditionnels. Les musulmans constituent plus de la moitié des Africains (environ 53 %). Beaucoup de musulmans sont traditionnellement opposés à des comptes portant intérêt (en raison de l'interdiction islamique du RIBA), ce qui les éloigne encore plus des services financiers formels. Plusieurs produits financiers sont autorisés pour les musulmans, bien qu'ils diffèrent dans leur degré d'acceptation. Certains des produits financiers les plus acceptables sont basés sur le partage des pertes et profits (PLS), même s'ils sont moins utilisés dans le système bancaire islamique parce que perçus comme extrêmement risqués.

Dans un récent article, nous examinions cette perception et démontrions expérimentalement que les produits de type PLS de la finance islamique ne sont pas plus à risque que d'autres produits financiers, comme les prêts fondés sur les intérêts. Nous avons comparé deux contrats PLS de microfinance qui sont conformes au système islamique (partage de profits et joint-venture) avec des prêts à intérêt. Chaque emprunteur a pris la décision d'investir dans des projets risqués en utilisant les trois types de contrats. Le résultat du projet est connu de l'emprunteur, mais pas du prêteur. Nous avons donc comparé les taux de conformité des participants dans chacun des trois contrats.

Si en effet, les contrats de type PLS sont les plus risqués, nous nous serions attendus à trouver des taux de défaut plus élevés dans ces contrats comparativement aux contrats portant sur intérêt. En revanche, nous avons constaté que les prêts conformes aux lois islamiques induisent au moins autant de conformité que les prêts à intérêt, et parfois beaucoup plus. Le retour sur investissement des prêteurs était plus élevé dans les accords de partage des pertes et profits que dans les prêts à partage de bénéfices ou même les prêts sur intérêts (qui étaient à peu près équivalent). Nous avons également constaté que les femmes se conforment plus que les hommes, en cohérence avec le bon sens et la pratique courante dans la microfinance. En outre, la religiosité augmente les taux de conformité.

Il est utile de noter ces schémas, retenus indépendamment de toute croyance religieuse particulière. En référence à cette recherche, nous suggérons que les produits de microfinance (PLS) soient plus sérieusement envisagés. Ces produits seraient bénéfiques et attractifs pour les musulmans africains, et fourniraient aux pauvres un instrument financier qu'ils peuvent utiliser sans augmenter les risques pour le prêteur. Les contrats de joint-venture et partage de profits seraient des outils utiles à la fois pour les musulmans et les non-musulmans en Afrique.

Pour les musulmans, ils vont augmenter l'accès aux comptes bancaire et pour tous, nos résultats suggèrent qu'ils produiront de meilleurs taux de conformité en matière de microfinance que les contrats actuellement en vigueur. En résumé, nous espérons que cette recherche encouragera les chercheurs et praticiens de la microfinance à envisager de nouvelles conceptions contractuelles innovantes, ce qui contribuera à accroître l'accès au crédit pour le consommateur à revenu limité. Ce blog est basé sur l'étude académique "Expériences sur la microfinance islamique"


A propos des auteurs de l'étude

 Mohamed El - Komi est professeur adjoint d'économie à l'Université américaine du Caire ; et

Rachel Croson est professeur et doyen de la Faculté de commerce de l'Université du Texas à Arlington.
 

Ce blog a été rédigé par Mohamed El-Komi, professeur adjoint d'économie à l'Université américaine du Caire, et approuvé par les auteurs de l'étude.

Your comment

Cette question sert à vérifier si vous êtes un visiteur humain ou non afin d'éviter les soumissions de pourriel (spam) automatisées.