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Étendre l'accès à la finance aux petits exploitants, un bail à la fois

mar 28, 2017
Ce texte a été publié à l'origine sur le site web de la Rural & Agricultural Finance Learning Lab website. En Afrique rurale subsaharienne, le travail agricole tend à être extrêmement intensif en main d'œuvre, avec un risque élevé et un faible rendement. De ce fait, les nouvelles générations d'agriculteurs et d'autres entrepreneurs sont souvent dissuadés de poursuivre une carrière dans l'agriculture. Ceci laisse l'industrie agricole aux agriculteurs vieillissants tout en causant la baisse de la production agricole. Une solution envisageable cependant est la mécanisation de l'agriculture, qui peut aider à la réduction des travaux difficiles et manuels tout en augmentant la production, les revenus des ménages et la viabilité de l'activité. Le recours aux tracteurs et aux autres équipements motorisés fait partie d'une stratégie plus large visant à améliorer les conditions de vie des ruraux et rendre l'agriculture attrayante pour la nouvelle génération d'agriculteurs. Bien que cette transition puisse sembler facile, le défi est que les tracteurs et les équipements motorisés sont coûteux - et l'accès au financement est fréquemment cité comme un obstacle majeur à l'augmentation des investissements et de la productivité pour les petits exploitants agricoles en Afrique subsaharienne. Les agriculteurs se débattent pour mobiliser les ressources nécessaires dont ils ont besoin pour investir efficacement sur leurs terres sans soutien financier supplémentaire mais dans le même temps, il leur manque les garanties suffisantes pour accéder au crédit des institutions financières. Financial Sector Deepening Africa (FSDA) et Nathan Associates viennent de publier le rapport Agricultural leasing market scoping study for sub-Saharan Africa, qui traite de l'obstacle des garanties. En fait, un des principaux avantages du crédit-bail est qu'il ne nécessite pas de garanties, puisque le bailleur reste propriétaire de l'actif pendant toute la durée du contrat de bail. Cela dit, le bailleur doit malgré tout atténuer ses risques en demandant un acompte au locataire. Plus précisément, " dans le crédit-bail agricole, les inquiétudes sur la volonté de payer, les mauvaises récoltes et la dépréciation des actifs majorent le montant du versement initial demandé par les institutions financières ". Les acomptes exigés pour les équipements agricoles varient selon la région et le produit. Par exemple, dans les pays développés, le montant de ce versement initial est généralement compris entre 10 et 20 %. Dans les pays en développement, l'étude du FSDA a révélé que dans les huit pays étudiés - l'Éthiopie, le Ghana, le Kenya, le Mozambique, le Nigeria, la Tanzanie, l'Ouganda et la Zambie - les versements initiaux varient généralement entre 20 et 40 % de la valeur de l'actif. Il s'agit d'un seuil qui est supérieur à ce que la plupart des petits exploitants sont en mesure de payer - entravant ainsi leur accès aux produits de crédit-bail, ce qui finit par freiner la demande. Une recommandation pour résoudre ce défi est de créer un fonds qui permettrait d'accroître l'accès au marché en réduisant les risques de crédit pour les entreprises de crédit-bail. Par exemple, un fonds pourrait combler la différence entre ce que les locataires peuvent payer et ce que l'évaluation du risque par le bailleur établit comme étant un versement initial acceptable. Si le locataire (l'agriculteur) peut faire un versement de 10 % mais que le bailleur demande un versement de 30 %, ce fonds pourrait combler la différence en payant le différentiel de 20 %. Ces 20 % seraient payés directement au bailleur, afin qu'il reçoive intégralement ses 30%. Le locataire payant uniquement les dix pour cent qu'il peut produire à ce moment. Les 20 % avancés par le fonds feraient l'objet d'un crédit distinct et lors de chaque paiement du locataire au bailleur, un pourcentage de la somme remboursée serait alors versé au fonds en remboursement de ce prêt pour les 20 %. Comme le recommande le rapport de FSDA, un potentiel fonds pour rendre le crédit-bail plus accessible pourrait répondre aux besoins des populations relativement à un produit innovant qui résout le problème des garanties requises pour l'accès au crédit. En outre, il pourrait relever les défis auxquels sont confrontées les institutions émettrices de ce type de financement en limitant leurs risques et en rendant plus attrayante l'entrée dans ce secteur. On pourrait qualifier ce fonds de "subvention intelligente", susceptible de changer les choses s'il est bien conçu et mis en œuvre par des partenaires solides (pour plus d'informations sur " les subventions intelligentes ", voir Inflection Point). Pour combler ce déficit de financement et améliorer les conditions de vie en milieu rural, les institutions financières du développement devraient se demander le rôle qu'elles peuvent jouer pour rendre cette nouvelle forme de financement accessible au secteur agricole - stimulant la croissance et la mécanisation pour améliorer les conditions de vie à travers ce fonds. Alors que le crédit-bail n'est qu'une des pièces de ce puzzle, l'étude à l'échelle-pays jette la lumière sur la façon de développer cet outil, étant donné l'état des lieux actuel ainsi que les risques et opportunités associés. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- À propos de l'auteur Ashley Olson Onyango est titulaire d'un MBA de IESE Business School à Barcelone, en Espagne et d'un diplôme de premier cycle en Études entrepreneuriales et Finance de la Carlson School of Business à l'Université du Minnesota - Twin Cities. Après ses études, Ashley Olson Onyango a travaillé dans le secteur du développement de la finance agricole, à travers l'Afrique sub-saharienne. Ashley a précédemment dirigé le développement d'un nouveau portefeuille de prêts avec Root Capital, axé sur les chaînes de valeur nationales et les cultures de sécurité alimentaire. Après le lancement, elle a géré le démarrage du portefeuille et l'intégration du nouveau portefeuille dans les opérations de prêt de Root Capital. Plus récemment, Ashley a été consultante dans le secteur du développement de la finance agricole pour de nombreux clients et elle a rejoint FSDA en tant que consultante permanente pour gérer son programme de finance agricole.

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