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Enda inter-arabe : Plaidoyer en faveur de la micro-finance

fév 28, 2011
La situation actuelle dans plusieurs pays arabes a entrainé la perte de nombreux emplois. La création d’emplois
au travers de la création de micro-entreprises soutenus par le microcrédit peut apporter une solution à cette crise. Mais le micro-crédit lui-même est aujourd'hui menacé. L'ONG internationale, Enda inter-arabe, opère en Tunisie depuis 1990. Ses activités dans le secteur du microcrédit ont commencé en 1995 et elle s‘est spécialisée dans le financement de petits entrepreneurs depuis 2001. Enda inter-arabe dispose actuellement de 60 branches dans tout le pays et
emploie 770 personnes, dont quelque 640 jeunes diplômés d'universités, une frange de la population qui a désespérément besoin d’emplois. Dotée d’un portefeuille d'environ 80 millions de dinars tunisiens (41,11 millions d'euros), Enda est actuellement au service de 160 000 personnes, 73 % étant des femmes. Avec un taux de croissance de 30 % par an, ce nombre devrait atteindre
près de 300 000 personnes vers la fin de 2012.


Ayant démarrée avec des dons de la part de l’Union européenne et l’agence de coopération espagnole, Enda inter-arabe est aujourd’hui auto-suffisante. Ses revenus couvrent tous ses coûts et elle est refinancée par les prêts des banques commerciales tunisiennes et les instituions financières internationales.






Vingt-cinq pourcent du portefeuille d’Enda comporte des projets dans des zones rurales dont de petites boutiques, des artisans et d’autres catégories, ainsi que le secteur agricole. La stratégie d’Enda consiste à accorder des prêts pour l’élevage et la production agricole. Elle fournit également des prêts pour la rénovation des habitats et accorde des soutiens aux familles pour les rentrées scolaires.
Ces prêts peuvent aussi être utilisés pour des programmes de formation destinés aux adultes.
Depuis que « le père » de la microfinance, Mohamed Yunus, a reçu le prix Nobel
en 2006, l’industrie de la microfinance a attiré beaucoup d’attention et il existe des doutes sur sa capacité à enrayer la pauvreté. Beaucoup de gens ont émis des réserves par rapport aux intérêts exorbitants de la microfinance et ceux-ci se
justifient dans certains cas.


Est-ce que la microfinance apporte des solutions aux pauvres ? Les études montrent que l’accès au crédit permet aux plus démunis de réduire leur pauvreté, et que les
usuriers qui constituent la seule alternative sont bien plus onéreux. Or, il existe plusieurs faiblesses dans l’industrie de la microfinance. L’accord de petits prêts à plusieurs clients coûte cher, le risque est élevé, le coût de refinancement est exorbitant et l’inflation diminue le capital... Le manque de rigueur dans la gestion, et en particulier l’incapacité de garantir un taux de recouvrement des prêts
de 95 % pourraient mener à
une culture de défaillance qui diminue le capital. Il existe également le risque d’accorder des prêts d’un montant trop élevé
avec le risque de surendettement et de non remboursement.

Toutefois, il existe plusieurs exemples d’initiatives de microfinance qui ont réussi et il y a maintenant le risque de faire un amalgame entre les
fournisseurs de services financiers
efficaces et ceux qui ne le sont pas.
Etant donné qu’il existe des questions
sur
l’impact réel de la microfinance sur les populations pauvres, il est nécessaire que ce secteur apporte des réponses. L’attention doit être portée sur les cas de réussite pour contrecarrer les nombreux échecs et faiblesses
sur lesquels les médias se focalisent.

Comme le démontre Enda et d’autres institutions qui sont bien gérées, les institutions de microfinance qui mettent l’accent sur leur mission sociale qui est de fournir aux démunis l’accès aux services financiers, permettent aux pauvres de résoudre le
problème de la misère.

Un des aspects importants de la micro-entreprise est la responsabilisation des femmes. Une fois qu’elles génèrent un revenu, même modeste, les femmes apportent une contribution aux affaires de la famille et elles gagnent aussi en dignité. Avec l’explosion du chômage, les femmes entrepreneurs deviennent parfois la seule source de revenu pour leur famille.

En conclusion, il est injuste et peu réaliste de voir ce secteur comme le seul moyen de sortir de la pauvreté. La microfinance est efficace en tant que complément aux politiques gouvernementales contre la pauvreté. Au contraire, les programmes d’ajustement structurels qui ont préconisé la réduction des services aux pauvres comme la santé et l’éducation, ont favorisé la pauvreté.

Le débat relatif à la microfinance doit être placé dans son contexte réel.

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