Développer un secteur bancaire performant en Afrique : quel rôle pour les institutions financières de développement ?
mai 07, 2013
L’ Afrique subsaharienne dispose du secteur financier le moins développé au monde. Hors Afrique du Sud, le total des actifs bancaires africains est inférieur à USD 300 Mds, ce qui est près de dix fois plus petit que la taille de bilan de la première banque chinoise et avoisine celui de la troisième banque suédoise. Même si l’on tient compte des différences de PIB, le secteur financier africain reste anormalement peu développé avec un taux de pénétration d’environ 30
%, plus de deux fois inférieur à la moyenne des autres pays en développement. Au-delà de sa taille limitée, le secteur bancaire africain est en outre particulièrement fragmenté
: le premier groupe bancaire d’ASS totalise un bilan de USD 17 Mds – soit trois fois moins que la première banque chypriote – et seuls une quinzaine de groupes bancaires ont un total de bilan supérieur à USD 5 Mds. L’ Afrique compte sur son territoire plus de 500 banques, ce qui implique un nombre important de banques de très petites tailles, peu efficientes car incapables de générer des rendements d’échelles, peu innovantes et affichant souvent des performances médiocres. Ces banques ne sont donc pas en mesure de générer une compétition saine et productive, elles demeurent sur des marchés de niche peu risqués et très rentables, tels que les marchés de dette publique, des changes ou de transfert d’argent (Western Union, …), et n’ont donc quasiment pas d’impact sur le financement du secteur privé. Conséquence de ce sous-développement du secteur bancaire, le volume des crédits au secteur privé n’excède pas 20% du PIB en Afrique, ce qui est le taux le plus bas du monde. Une partie importante des besoins de financement des économies africaines – notamment dans les secteurs des infrastructures, de l’agro-industrie, des BTP, des télécommunication, de l’énergie, des hydrocarbures ou des mines – sont ainsi assurés par les systèmes financiers extérieurs (bailleurs de fonds, banques internationales, crédits fournisseurs, …).
Encourager l’émergence de
«
champions
» panafricains
Pour profiter pleinement des opportunités du continent, le secteur bancaire africain doit être en mesure de faire émerger quelques «
champions
» panafricains capables de porter les opérations fortement capitalistiques sur leur bilan. Les institutions financières de développement (IFD) peuvent contribuer, par des actions ciblées, à soutenir certains groupes bancaires bien positionnés pour jouer ce rôle. Au-delà des groupes déjà bien constitués (Ecobank, BOA, UBA) – et qui ont été largement accompagnés par les IFD –, deux types d’acteurs
peuvent s’avérer de bons candidats: les groupes régionaux ayant déjà atteint une taille critique et les grandes banques des principaux centres financiers d’Afrique. Dans la première catégorie figurent des banques telles qu’Orabank ou BGFI Bank en Afrique centrale et de l’Ouest, I&M, Equity Bank ou Kenya Commercial Bank en Afrique de l’Est ainsi que BancABC en Afrique australe. Ces banques ont une bonne connaissance des marchés dans lesquels elles évoluent mais sont limitées par leurs moyens. Elles peuvent ainsi être utilement appuyées par des apports de capital des IFD, comme celui de FMO dans Afriland First Bank, de Proparco dans I&M et Orabank ou d’IFC dans Equity Bank. Pour ce qui est des principaux centres financiers africains, trois pôles peuvent jouer le rôle de locomotives régionales
: le Nigeria, le Maroc et l’Afrique du Sud. Si les deux derniers n’appartiennent pas à proprement parler à l’Afrique subsaharienne, celle-ci constitue leur zone d’expansion naturelle. Les banques de ces pays sont restées longtemps à l’intérieur de leurs frontières et n’ont commencé que récemment leur expansion panafricaine : les banques marocaines en Afrique de l’Ouest francophone, les banques nigérianes
et sud africaines en Afrique anglophone. Cette expansion sur des marchés mal connus et difficiles d’accès demeure néanmoins timide. Les plus grosses banques de ces pays restent ainsi encore tournées vers leurs marchés nationaux. Dans ce contexte, les IFD ont un rôle à jouer pour encourager et accompagner ces banques hors de leurs frontières. Proparco et FMO ont ainsi soutenu l’expansion régionale de BMCE en contribuant au rapprochement avec BOA Group, alors que la Société financière internationale (SFI) a par exemple investi dans BCP Maroc pour financer le rachat du groupe Banque Atlantique en Afrique de l’Ouest.
Des besoins importants / insatisfaits en ressources long terme
Si les IFD contribuent donc à l’émergence d’un secteur bancaire local, à vocation panafricaine, l’essentiel de leur soutien a jusqu’ici consisté en des financements relativement classiques, en dette long terme ou en fonds propres, pour apporter à ces groupes les ressources longues qui leur manquent. D’autres formes de soutien, plus innovantes, peuvent aujourd’hui être envisagées. Tout d’abord, pour réduire leurs dépendances aux refinancements long terme des IFD, il pourrait être pertinent de les aider à accéder aux marchés internationaux. Des groupes tels qu’Ecobank présentent des fondamentaux qui pourraient certainement leur permettre de se financer à de bonnes conditions sur ces marchés, mais ils sont trop peu connus par les investisseurs hors d’Afrique. Les IFD pourraient contribuer à intégrer les banques africaines aux systèmes financiers internationaux, en garantissant, par exemple, leurs premières émissions obligataires. De même, les IFD pourraient aider les banques locales à mieux exploiter les ressources disponibles sur les marchés nationaux. Les compagnies d’assurance et autres fonds de sécurité sociale ont par exemple des réserves importantes de ressources longues, mais – par méconnaissance du secteur bancaire – peuvent être hésitantes à les placer à long terme auprès des banques. Une partie importante de ces ressources, lorsqu’elles ne sont pas placées sur les marchés bancaires des pays développés, sont investies localement en titre de dette publique. En garantissant par exemple les prêts de ces organismes aux banques de la place, les IFD contribueraient à canaliser ces ressources longues vers le secteur bancaire pour permettre de financer davantage le secteur productif. De la même manière, la plupart des secteurs bancaires africains disposent d’excédents de ressources court terme, qui, bien qu’elles soient très stables, ne peuvent pas être utilisées pour financer l’investissement long terme du secteur privé du fait des contraintes réglementaires de liquidité qui s’appliquent aux banques. Pour permettre une utilisation plus productive de ces ressources, les IFD pourraient explorer la possibilité d’offrir des garanties de liquidité
: en assurant aux banques un refinancement en cas de crise de liquidité, elles permettraient à celles-ci de transformer davantage leurs ressources court terme en ressources long terme. Enfin, toujours dans l’optique d’aider les banques à accroitre la maturité de leurs ressources, les IFD pourraient également envisager de dynamiser le marché interbancaire en encourageant les banques à se refinancer entre elles à LT, ou bien pousser les banques à émettre davantage sur les marchés obligataires locaux.
Des synergies à développer entre les différents marchés
Consolider les ressources des banques ne constitue cependant pas l’unique moyen pour augmenter leurs capacités d’intervention. Une meilleure utilisation de leurs ressources permettrait également de dépasser les contraintes imposées par leurs tailles limitées. En particulier, développer le marché de la syndication pourrait s’avérer fructueux. En effet, si la pratique de la syndication au sein d’un même pays commence à se développer, les syndications «
transnationales
» sont en revanche encore très rares
: seuls les groupes bancaires ayant des implantations dans plusieurs pays (Ecobank, BOA Group, Standard Chartered, Standard Bank, …)
sont capables d’en initier et ces syndications restent généralement intra-groupe. Les IFD ont certainement un rôle à jouer pour organiser ce marché et encourager les banques à travailler davantage ensemble. Elles pourraient par exemple développer leurs capacités de coordination en proposant des services d’arrangement aux banques locales. Cette voie a été jusqu’ici peu explorée par les IFD, dont les tentatives de syndications se limitent généralement aux projets dans lesquelles elles participent, donc finançables en devises fortes. Elle permettrait pourtant de dynamiser le marché des financements en devises locale, sur lequel les IFD n’ont que peu de levier. De manière plus générale, et toujours dans l’optique de développer les capacités des banques locales, il paraît possible d’améliorer la coopération transfrontalière en encourageant les banques opérant sur des marchés différents à développer des synergies entre elles. Les exemples de partenariats, tels que celui développé entre Nedbank (présente en Afrique australe) et Ecobank (présente dans le reste de l’Afrique subsaharienne) restent l’exception. La plupart des banques ghanéennes par exemple, n’ont aucune banque correspondante en zone UEMOA malgré le positionnement du Ghana au cœur de cette zone, ce qui limite le champ des opérations qu’elles peuvent effectuer avec leurs clients actifs sur cette région. Les IFD pourraient par exemple faciliter le commerce régional en garantissant les banques africaines vis-à-vis de leurs contreparties bancaires dans les pays voisins (tout comme elles le font dans le cadre d’opérations de commerce international entre l’Europe et l’Afrique par exemple). De manière générale, le positionnement transversal des IFD leur permet de rapprocher les banques capables de développer des synergies, et ce faisant, de favoriser l’intégration bancaire régionale et la diffusion de savoir-faire entre différents marchés. Ce type de soutien permettrait aux banques d’apprendre à connaître les marchés voisins en sortant progressivement de leurs frontières, et contribuerait ainsi à renforcer les capacités des systèmes bancaires africains. Julien Lefilleur a rejoint Proparco en 2004. Après avoir occupé différents postes – notamment au sein du département Banques et marchés financiers –, il a ouvert en 2010 à Abidjan le bureau régional de Proparco pour l’Afrique de l’Ouest. Julien Lefilleur est par ailleurs fondateur et rédacteur en chef de la revue Secteur privé & Développement, publiée par Proparco. Il est diplômé de l’École Centrale de Paris et docteur en économie de l’université de Paris 1 (Panthéon-Sorbonne).
%, plus de deux fois inférieur à la moyenne des autres pays en développement. Au-delà de sa taille limitée, le secteur bancaire africain est en outre particulièrement fragmenté
: le premier groupe bancaire d’ASS totalise un bilan de USD 17 Mds – soit trois fois moins que la première banque chypriote – et seuls une quinzaine de groupes bancaires ont un total de bilan supérieur à USD 5 Mds. L’ Afrique compte sur son territoire plus de 500 banques, ce qui implique un nombre important de banques de très petites tailles, peu efficientes car incapables de générer des rendements d’échelles, peu innovantes et affichant souvent des performances médiocres. Ces banques ne sont donc pas en mesure de générer une compétition saine et productive, elles demeurent sur des marchés de niche peu risqués et très rentables, tels que les marchés de dette publique, des changes ou de transfert d’argent (Western Union, …), et n’ont donc quasiment pas d’impact sur le financement du secteur privé. Conséquence de ce sous-développement du secteur bancaire, le volume des crédits au secteur privé n’excède pas 20% du PIB en Afrique, ce qui est le taux le plus bas du monde. Une partie importante des besoins de financement des économies africaines – notamment dans les secteurs des infrastructures, de l’agro-industrie, des BTP, des télécommunication, de l’énergie, des hydrocarbures ou des mines – sont ainsi assurés par les systèmes financiers extérieurs (bailleurs de fonds, banques internationales, crédits fournisseurs, …).
Encourager l’émergence de
«
champions
» panafricains
Pour profiter pleinement des opportunités du continent, le secteur bancaire africain doit être en mesure de faire émerger quelques «
champions
» panafricains capables de porter les opérations fortement capitalistiques sur leur bilan. Les institutions financières de développement (IFD) peuvent contribuer, par des actions ciblées, à soutenir certains groupes bancaires bien positionnés pour jouer ce rôle. Au-delà des groupes déjà bien constitués (Ecobank, BOA, UBA) – et qui ont été largement accompagnés par les IFD –, deux types d’acteurs
peuvent s’avérer de bons candidats: les groupes régionaux ayant déjà atteint une taille critique et les grandes banques des principaux centres financiers d’Afrique. Dans la première catégorie figurent des banques telles qu’Orabank ou BGFI Bank en Afrique centrale et de l’Ouest, I&M, Equity Bank ou Kenya Commercial Bank en Afrique de l’Est ainsi que BancABC en Afrique australe. Ces banques ont une bonne connaissance des marchés dans lesquels elles évoluent mais sont limitées par leurs moyens. Elles peuvent ainsi être utilement appuyées par des apports de capital des IFD, comme celui de FMO dans Afriland First Bank, de Proparco dans I&M et Orabank ou d’IFC dans Equity Bank. Pour ce qui est des principaux centres financiers africains, trois pôles peuvent jouer le rôle de locomotives régionales
: le Nigeria, le Maroc et l’Afrique du Sud. Si les deux derniers n’appartiennent pas à proprement parler à l’Afrique subsaharienne, celle-ci constitue leur zone d’expansion naturelle. Les banques de ces pays sont restées longtemps à l’intérieur de leurs frontières et n’ont commencé que récemment leur expansion panafricaine : les banques marocaines en Afrique de l’Ouest francophone, les banques nigérianes
et sud africaines en Afrique anglophone. Cette expansion sur des marchés mal connus et difficiles d’accès demeure néanmoins timide. Les plus grosses banques de ces pays restent ainsi encore tournées vers leurs marchés nationaux. Dans ce contexte, les IFD ont un rôle à jouer pour encourager et accompagner ces banques hors de leurs frontières. Proparco et FMO ont ainsi soutenu l’expansion régionale de BMCE en contribuant au rapprochement avec BOA Group, alors que la Société financière internationale (SFI) a par exemple investi dans BCP Maroc pour financer le rachat du groupe Banque Atlantique en Afrique de l’Ouest.
Des besoins importants / insatisfaits en ressources long terme
Si les IFD contribuent donc à l’émergence d’un secteur bancaire local, à vocation panafricaine, l’essentiel de leur soutien a jusqu’ici consisté en des financements relativement classiques, en dette long terme ou en fonds propres, pour apporter à ces groupes les ressources longues qui leur manquent. D’autres formes de soutien, plus innovantes, peuvent aujourd’hui être envisagées. Tout d’abord, pour réduire leurs dépendances aux refinancements long terme des IFD, il pourrait être pertinent de les aider à accéder aux marchés internationaux. Des groupes tels qu’Ecobank présentent des fondamentaux qui pourraient certainement leur permettre de se financer à de bonnes conditions sur ces marchés, mais ils sont trop peu connus par les investisseurs hors d’Afrique. Les IFD pourraient contribuer à intégrer les banques africaines aux systèmes financiers internationaux, en garantissant, par exemple, leurs premières émissions obligataires. De même, les IFD pourraient aider les banques locales à mieux exploiter les ressources disponibles sur les marchés nationaux. Les compagnies d’assurance et autres fonds de sécurité sociale ont par exemple des réserves importantes de ressources longues, mais – par méconnaissance du secteur bancaire – peuvent être hésitantes à les placer à long terme auprès des banques. Une partie importante de ces ressources, lorsqu’elles ne sont pas placées sur les marchés bancaires des pays développés, sont investies localement en titre de dette publique. En garantissant par exemple les prêts de ces organismes aux banques de la place, les IFD contribueraient à canaliser ces ressources longues vers le secteur bancaire pour permettre de financer davantage le secteur productif. De la même manière, la plupart des secteurs bancaires africains disposent d’excédents de ressources court terme, qui, bien qu’elles soient très stables, ne peuvent pas être utilisées pour financer l’investissement long terme du secteur privé du fait des contraintes réglementaires de liquidité qui s’appliquent aux banques. Pour permettre une utilisation plus productive de ces ressources, les IFD pourraient explorer la possibilité d’offrir des garanties de liquidité
: en assurant aux banques un refinancement en cas de crise de liquidité, elles permettraient à celles-ci de transformer davantage leurs ressources court terme en ressources long terme. Enfin, toujours dans l’optique d’aider les banques à accroitre la maturité de leurs ressources, les IFD pourraient également envisager de dynamiser le marché interbancaire en encourageant les banques à se refinancer entre elles à LT, ou bien pousser les banques à émettre davantage sur les marchés obligataires locaux.
Des synergies à développer entre les différents marchés
Consolider les ressources des banques ne constitue cependant pas l’unique moyen pour augmenter leurs capacités d’intervention. Une meilleure utilisation de leurs ressources permettrait également de dépasser les contraintes imposées par leurs tailles limitées. En particulier, développer le marché de la syndication pourrait s’avérer fructueux. En effet, si la pratique de la syndication au sein d’un même pays commence à se développer, les syndications «
transnationales
» sont en revanche encore très rares
: seuls les groupes bancaires ayant des implantations dans plusieurs pays (Ecobank, BOA Group, Standard Chartered, Standard Bank, …)
sont capables d’en initier et ces syndications restent généralement intra-groupe. Les IFD ont certainement un rôle à jouer pour organiser ce marché et encourager les banques à travailler davantage ensemble. Elles pourraient par exemple développer leurs capacités de coordination en proposant des services d’arrangement aux banques locales. Cette voie a été jusqu’ici peu explorée par les IFD, dont les tentatives de syndications se limitent généralement aux projets dans lesquelles elles participent, donc finançables en devises fortes. Elle permettrait pourtant de dynamiser le marché des financements en devises locale, sur lequel les IFD n’ont que peu de levier. De manière plus générale, et toujours dans l’optique de développer les capacités des banques locales, il paraît possible d’améliorer la coopération transfrontalière en encourageant les banques opérant sur des marchés différents à développer des synergies entre elles. Les exemples de partenariats, tels que celui développé entre Nedbank (présente en Afrique australe) et Ecobank (présente dans le reste de l’Afrique subsaharienne) restent l’exception. La plupart des banques ghanéennes par exemple, n’ont aucune banque correspondante en zone UEMOA malgré le positionnement du Ghana au cœur de cette zone, ce qui limite le champ des opérations qu’elles peuvent effectuer avec leurs clients actifs sur cette région. Les IFD pourraient par exemple faciliter le commerce régional en garantissant les banques africaines vis-à-vis de leurs contreparties bancaires dans les pays voisins (tout comme elles le font dans le cadre d’opérations de commerce international entre l’Europe et l’Afrique par exemple). De manière générale, le positionnement transversal des IFD leur permet de rapprocher les banques capables de développer des synergies, et ce faisant, de favoriser l’intégration bancaire régionale et la diffusion de savoir-faire entre différents marchés. Ce type de soutien permettrait aux banques d’apprendre à connaître les marchés voisins en sortant progressivement de leurs frontières, et contribuerait ainsi à renforcer les capacités des systèmes bancaires africains. Julien Lefilleur a rejoint Proparco en 2004. Après avoir occupé différents postes – notamment au sein du département Banques et marchés financiers –, il a ouvert en 2010 à Abidjan le bureau régional de Proparco pour l’Afrique de l’Ouest. Julien Lefilleur est par ailleurs fondateur et rédacteur en chef de la revue Secteur privé & Développement, publiée par Proparco. Il est diplômé de l’École Centrale de Paris et docteur en économie de l’université de Paris 1 (Panthéon-Sorbonne).
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