Blogretour

Comprendre l'investissement et les flux financiers en Afrique

juin 20, 2017
Ce texte a été publié à l'origine sur le site web du quotidien zimbabwéen NewsDay. Selon l'Africa Economic Report de 2016, l'Afrique a attiré en 2015 environ 208,3 milliards de dollars de financements externes - investissements étrangers, commerce, aide au développement, transferts des migrants et autres sources, soit 1,8 % de moins que l'année précédente. La chute des cours des matières premières, en particulier ceux du pétrole et des métaux, a été l'une des causes principales de cette baisse en 2015. La somme totale devrait augmenter de nouveau à 226,5 milliards de dollars en 2016. Les flux d'investissement de portefeuille et de crédit des banques commerciales ont tari, reflétant le resserrement des liquidités au niveau mondial et une frilosité du marché par rapport aux risques. L'augmentation des transferts des migrants et l'aide publique au développement en hausse ont largement contribué à maintenir la tendance croissante. Les gouvernements africains doivent stabiliser les entrées financières à court terme et les utiliser pour une diversification économique durable sur le long terme. Les flux financiers vers l'Afrique - Investissement Direct Etranger, investissement de portefeuille et obligations, les banques commerciales, les crédits bancaires bilatéraux et multilatéraux, l'aide publique au développement et les recettes publiques - sont restés stables dans l'ensemble, malgré les conditions défavorables dans d'autres parties du monde. Les Investissements Directs Étrangers (IDE) en Afrique ont cru régulièrement entre 2007 et 2013. Cependant, en 2014, selon les estimations du rapport du Fonds Monétaire International (FMI) publié en 2015, , les IDE ont chuté à 49,4 milliards de dollars en 2014, avant de remonter à 57,5 milliards en 2015. L'Afrique a attiré des investissements de pays industrialisés comme la France, le Royaume Uni et les États-Unis, ainsi que d'économies émergentes comme la Chine, l'Inde, l'Afrique du Sud et les Émirats Arabes Unis. Les investissements sont encore principalement destinés aux pays riches en ressources naturelles mais les pays ne disposant pas de telles ressources deviennent de plus en plus attrayants. Les secteurs de l'industrie extractive, de l'infrastructure et ceux orientés vers la consommation sont les principaux pôles d'investissement. Qu'est-ce qui attire l'investissement direct étranger (IDE) en Afrique ? Alors que les pays de l'Union Européenne et les États-Unis restent les plus gros investisseurs en Afrique, les économies émergentes constituent également une source importante d'investissements. Selon les chiffres du FMI, l'investissement étranger en Afrique a augmenté de 16 %, soit 57,5 milliards de dollars en 2015. Les flux vers l'Afrique du nord ont connu une tendance inverse à la baisse, les investissements ayant augmenté de 20 %, passant de 17,2 milliards de dollars en 2014 à 20,7 milliards de dollars en 2015. L'Afrique de l'est a connu ses chiffres d'IDE les plus élevés depuis 2010. En 2015, ce chiffre a augmenté de 16 % pour atteindre 8,9 milliards de dollars, contre 7,7 milliards l'année précédente. L'investissement en Afrique de l'ouest est quant à lui passé de 9,3 milliards à 9,7 milliards de dollars. En Afrique centrale, l'investissement a baissé, passant de 6,6 milliards de dollars en 2014 à 5,4 milliards. L'Afrique australe quant à elle a reçu 12,9 milliards de dollars d'IDE en 2015, contre 8,7 milliards en 2014 et 11,4 milliards en 2013. Les principaux bénéficiaires de l'investissement en Afrique en 2015 ont été l'Égypte (10,2 milliards de dollars), le Mozambique (4,7 milliards de dollars), le Maroc (4,2 milliards de dollars), l'Afrique du Sud (3,6 milliards de dollars), le Ghana (2,5 milliards de dollars ), la République Démocratique du Congo (2,5 milliards de dollars), la Zambie (2,4 milliards de dollars), la Tanzanie (2,3 milliards de dollars), l'Éthiopie (2,1 milliards de dollars), la Guinée (1,9 milliards de dollars) et le Kenya (1,9 milliards de dollars). N'eût été l'Égypte, l'investissement en Afrique du Nord aurait chuté. Les IDE en Égypte ont augmenté en 2015 pour atteindre 10,2 milliards de dollars, contre 5,5 en 2014. Les investisseurs des Émirats Arabes Unis ont joué un rôle important dans la reprise économique de l'Égypte. Les financements au Maroc ont quant à eux chuté à 4,2 milliards de dollars, contre 4,7 milliards en 2014. Mais en 2015, le Maroc est devenu le troisième bénéficiaire des 'investissements étrangers en Afrique. Domaines de croissance potentielle des Investissements Directs Etrangers (IDE) en Afrique Les secteurs orientés vers la consommation en Afrique attirent de plus en plus les investissements étrangers Les pays riches en ressources naturelles continuent de bénéficier de la plupart des investissements étrangers mais les pays sans atouts naturels obtiennent une part croissance de l'IDE. Ces derniers ont reçu environ 37 % des IDE sur le continent africain en 2015, contre 30 % en 2010. Plusieurs pays pauvres en ressources naturelles attirent les investisseurs étrangers. Parmi ceux-ci, le Kenya, la Tanzanie et l'Ouganda, ce qui confirme le changement vers les marchés de consommation. En Afrique de l'est, le Kenya devient le centre des affaires pour le secteur manufacturier, le transport, les services et les technologies de l'information et de la communication (TIC). Les investissements commencent à se diversifier vers les industries de consommation, parmi lesquelles les TIC, le commerce au détail, l'alimentation et les services financiers. Les villes africaines constituent de futures plateformes d'investissement En raison de l'urbanisation, les villes africaines développent des marchés de consommation qui sont de plus en plus ciblés par les investisseurs étrangers. Selon une étude d'Oxford Economics 2015 sur les tendances et les opportunités de marché dans les 750 plus grandes villes du monde, les revenus disponibles et le pouvoir d'achat vont augmenter dans les grandes villes africaines. Les projections indiquent que le produit intérieur brut des grandes villes est en augmentation. Les villes les plus importantes seront Le Caire, Le Cap, Johannesburg, Lagos et Luanda. Ce classement reflète la qualité du climat des affaires, des infrastructures et de la logistique, ainsi que la disponibilité d'une main d'œuvre qualifiée. Une récente augmentation des investissements en infrastructure indique que les gouvernements investissent dans les voies d'accès pour relier les agglomérations urbaines et pour les organiser en pôles urbains. Parmi les exemples, on peut citer le grand corridor urbain Ibadan-Lagos-Accra, le corridor de développement de Maputo et le corridor du nord entre l'Afrique de l'est et l'Afrique centrale. Ces investissements augmenteront avec l'intégration croissante des marchés grâce à la baisse des coûts du transport et du commerce. Ils vont également stimuler la concurrence et la productivité, qui rendront à leur tour les plateformes africaines plus attirantes pour les investisseurs étrangers. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ A propos de l'auteur Kudzai Goremusandu est consultant financier et en gestion d'entreprise à la recherche de solutions stratégiques et innovantes. Il a fondé l'institut Africa Leadership Insights. Il est titulaire d'un prix de l'Université du Zimbabwe pour ses travaux de communication avec la presse. Kudzai habite Harare, au Zimbabwe et il est possible de le contacter à l'adresse suivante: kgoremusandu@gmail.com.

Your comment

Cette question sert à vérifier si vous êtes un visiteur humain ou non afin d'éviter les soumissions de pourriel (spam) automatisées.