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Comment diminuer les coûts financiers et améliorer l'inclusion financière en Afrique

mai 19, 2015
En moyenne, les taux d'intérêt des prêts sont plus élevés dans les pays africains que dans d'autres pays en voie de développement. Plusieurs gouvernements ont réagi en fixant des taux maximums mais ces mesures administratives peuvent être contre-productives parce que ces plafonds ne permettent pas les prêts à long terme et qu'ils peuvent affecter l'inclusion financière. En fait, les organismes de crédit y réagissent parfois en augmentant le prix d'autres services pour compenser leur perte de revenus. Qui plus est, les prêteurs peuvent arrêter leurs services sur les segments de marché les plus risqués (comme celui des MPME) si le plafond fixé ne permet pas de compenser leurs coûts de fonctionnement et leurs autres frais. Dans un article récent, Le coût du
financement en Afrique : quelles
politiques pour réduire
son coût et renforcer
l'inclusion financière
, nous analysons les raisons de ces coûts et nous envisageons plusieurs types de réformes susceptible de faire baisser les coûts financiers et de parvenir à une inclusion financière, en évitant les effets négatifs d'un contrôle des taux d'intérêt. En quelques mots, nous avons trouvé que les frais de fonctionnement et principalement les coûts de la main d'œuvre constituent la majeure partie des frais dans les pays africains (comme dans les autres pays en voie de développement). Ceci est probablement le résultat de la conjonction de facteurs propres aux systèmes financiers africains comme la concentration des systèmes bancaires, les primes d'assurance élevées pour les prêts et le niveau élevé des investissements nécessaires pour atteindre la clientèle. Nous avons également trouvé que les modèles d'investissement ont un gros impact sur les taux d'intérêt. Les banques africains ont tendance à investir davantage dans les titres d'État, probablement du fait de leur plus grande profitabilité par rapport à des opérations entraînant davantage de frais et plus risquées, en particulier dans certains pays africains. C'est pourquoi les taux d'intérêt subissent une pression haussière pour compenser les frais d'investissement dans les valeurs mobilières. Nous soutenons que les décideurs ont à leur portée une large gamme de possibilités de réformes réglementaires pouvant faire baisser les coûts financiers (et augmenter l'inclusion financière) en évitant les effets négatifs de l'encadrement des taux. Dans notre article, nous groupons ces actions en sept catégories : (I) frais de production/fonctionnement, (II) frais réglementaires, (III) risque du crédit, (IV) fonctionnement bancaire alternatif, (V) profitabilité et retour sur le capital, (VI) stabilité macroéconomique et risque du pays et (VII) amélioration de l'inclusion financière. La liste des réformes présentée dans ce document (et la liste des exemples par pays) n'est pas exhaustive mais elle permet d'illustrer la variété des solutions aboutissant à faire baisser les coûts financiers. Les décideurs qui souhaitent diminuer les coûts financiers devraient utiliser en priorité les réformes qui ont l'impact le plus fort sur les conditions propres à leur pays. Les politiques visant les coûts de fonctionnement et les bénéfices sont potentiellement très efficaces étant donné leur part importante dans les taux d'intérêt. Par conséquent, les mesures suivantes semblent incontournables : l'amélioration de l'environnement d'affaires pour faire baisser les coûts des transactions, comme l'amélioration du cadre juridique de l'insolvabilité et des droits des prêteurs ainsi que des cadres éventuellement liés ; la promotion de la banque d'agence et de la banque mobile pour faire baisser les coûts d'accès en zone rurale ou faiblement peuplée ; la diminution des frais d'information des emprunteurs (par exemple, grâce à des systèmes d'information efficaces). La diminution des frais d'infrastructure et de l'insécurité sont également des mesures clé pouvant faire baisser les frais de fonctionnement en Afrique. Et, ceci prend d'ailleurs une importance toujours croissante, l'encouragement au développement des institutions non-bancaires améliore la concurrence et la remise en question dans le secteur bancaire, tout en augmentant directement l'inclusion bancaire dans les segments non-desservis (pour une liste plus complète, référez-vous à notre article). Cet article est basé sur le document "Le coût
du
financement en Afrique : quelles
politiques pour
réduire
son
coût
et renforcer
l'inclusion financière
"
et a été
préparé par Paola Granata, Katie Kibuuka et Yira Mascaró de la Banque mondiale.

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