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Ce que la Conférence Régionale sur le Développement du Secteur Financier nous a appris sur les États africains en situation de fragilité - Partie 3

sep 27, 2016
En juin 2016, des dirigeants des secteurs public et privé et des partenaires au développement se sont réunis à Abidjan pour discuter des liens entre la fragilité, la résilience et le développement du secteur financier en Afrique. Cet événement, une initiative collective de la Banque Africaine de Développement, du Partenariat pour la Finance au Service de l'Afrique (MFW4A), de FSD Africa, de FIRST initiative et de l'initiative pour l'atténuation des risques en Afrique (IRMA), a également permis d'examiner les possibilités de partenariats, les politiques innovantes et les solutions pilotées par le secteur privé, pour accélérer le développement du secteur financier dans les pays en situation de fragilité en Afrique. Dans cette deuxième partie d'une série de six, M. Amadou Sy, associé principal et Directeur de l'initiative pour la croissance africaine de Brookings Institute, examinera certaines des principales conclusions de cette conférence. Si vous n'avez pu y assister, vous pouvez lire le contenu
de la deuxième partie ici.
Que font les gouvernements pour répondre aux défis du développpement du secteur financier (DSF)? Les participants ont relevé que la stabilité macroéconomique est un prérequis pour le DSF. Dans ce contexte, les pays fragiles ont mis en place des stratégies de DSF parallèlement à ou incluant des stratégies de microfinance et d'inclusion financière. Généralement, les stratégies de DSF commencent par un "
nettoyage
" du système bancaire pour résoudre le problème des banques publiques inefficaces. Cette résolution bancaire prend généralement la forme de sociétés de gestion des avoirs publics ("
bonnes
" et "
mauvaises
" banques) et de privatisations. Les stratégies de DSF ont également pour objectif de répondre au manque de diversification des produits
en encourageant les nouvelles activités comme le leasing et le soutien du développement des marchés des capitaux.
Les stratégies de DSF s'intéressent également à l'élargissement de l'accès au crédit, y compris par le biais de la finance mobile. L'existence d'une stratégie de DSF n'est pourtant pas une garantie de succès et les participants ont discuté de l'importance de la mise en œuvre de ces stratégies. Ace sujet, M.
Koné (Gouvernement de Côte d’Ivoire) a souligné la nécessité d'identifier les besoins et d'affiner les stratégies, d'impliquer les intervenants clé et de mettre en œuvre ces stratégies de SFN en donnant une impulsion directrice claire. Il a cité en exemple une nouvelle loi sur le crédit-bail votée par le parlement en Côte d’Ivoire 5 à 6 mois seulement après l'élaboration du projet.
Quel rôle pour les institutions financières et les investisseurs
?
Les participants du secteur privé ont souligné la nécessité de les consulter et le fait qu'ils sont trop souvent ignorés malgré leur importance. M.
Koroma (Union Trust Bank) a souligné le rôle des banques dans la gestion des emplois et la contribution à la croissance économique. Par exemple, l'ouverture d'un bureau nécessite des décisions coûteuses en termes de personnel, d'infrastructures de télécommunication et d'alimentation électrique. La fragilité peut également être l'occasion d'une montée en compétence des personnels locaux afin de les faire former par des entreprises nationales ou multinationales.
De nombreux participants ont mis en lumière le fait que les difficultés liées au fonctionnement dans un environnement fragile sont gérables. M.
Lodugnon (Emerging Capital Markets) a indiqué que pour les sociétés de capital-investissement et pour les banques régionales, une approche de portefeuille permet de contribuer à réaffecter des capitaux en soutien à des pays fragiles en cas de choc (par exemple, après une attaque de Boko Haram au Tchad ou après la pandémie d'Ebola au Liberia). De manière similaire, M.
Diarrasouba (Atlantic Business International) a présenté les très difficiles conditions de travail en Côte d’Ivoire pendant le conflit. Il existait de fait deux gouvernements et les banques, y compris l'agence régionale de la banque centrale, étaient en cours de nationalisation. Les GAB étaient pillés et les billets de banque des agences bancaires devaient être stockés hors des locaux. Les banquiers ne pouvaient pas quitter le pays. Il a souligné que dans une telle situation de "
force majeure
", les régulateurs devaient soutenir les banques. Ceci a été le cas récemment au Mali, où le transfert des billets de banque du nord au sud du pays a été facilité par le régulateur. En revanche, M.
Diarrasouba a noté que la régulation bancaire n'a pas changé pendant le conflit ivoirien, alors que des clients accumulaient des arriérés du gouvernement et que la qualité des avoirs se détériorait.
Il a également été souligné que le secteur privé pouvait jouer un rôle important pour faciliter les transferts des migrants dans les pays fragiles.

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