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Banque et finance en Afrique: les acteurs de l'émergence

nov 16, 2015

Présentée hier comme un continent perdu, l'Afrique connaît depuis plus d'une décennie une croissance supérieure à celle du reste du monde. La plupart des pays du continent appliquent des réformes dans tous les secteurs favorisant les mécanismes du marché, le désengagement de l'Etat et la vérité des prix. L'Afrique est donc un continent indiscutablement émergent. Le cœur du réacteur des économies africaines - le système bancaire - se porte de mieux en mieux. En effet les banquiers africains sont enthousiastes. Leurs systèmes bancaires se portent bien ! Les banques africaines, ont réalisé un meilleur rendement en 2014 (24%), soit six fois le rendement moyen des banques européennes.

En croisant les regards de spécialistes de l'économie et de la finance du continent nous avons abouti à la réalisation d'une œuvre collective intitulée " Banque et finance en Afrique : les acteurs de l'émergence " à paraître aux éditions Revue Banque en janvier 2016. L'ouvrage est une des premières tentatives qui vise à percer le mystère du processus d'émergence par lequel passe le continent africain en ce début de XXIème siècle. L'ouvrage est une initiative du Club des dirigeants des banques et des établissements de crédit d'Afrique. Il est préfacé par Christian de BOISSIEU et Arnaud de BRESSON.

À quoi ressemble le paysage africain actuel ? Quelles sont les stratégies suivies par les grandes banques africaines ? Où en est le panafricanisme bancaire et quel est son avenir ? Quels sont les grands défis pour le régulateur bancaire africains ? Quels sont les grands défis qui attendent les banques africaines en général pour les trente prochaines années ? Repli ou expansion des banques étrangères en Afrique ? Telles sont quelques-unes des interrogations qu'analyse cet ouvrage qui aborde aussi d'autres aspects notamment réglementaires et leur degré d'adaptation à la situation africaine notamment en termes de lutte anti-blanchiment.

Depuis le " big bang " bancaire de années 1980 qui a amené une restructuration en profondeur des systèmes bancaires africains francophones en même temps qu'un renforcement heureux des règlementations et des conditions de supervision des banques notamment de la zone franc, celles-ci ont évolué par " vagues " successives faisant aujourd'hui de la banque l'un des secteurs professionnels les plus performants et les plus appréciés des acteurs économiques. Sans doute sommes-nous à la veille d'une consolidation dans les situations acquises ne serait-ce que du fait de l'augmentation des capitaux propres exigée par les banques centrales. Afin de renforcer leur action et leur présence dans des économies encore fragiles bien qu'en relative émergence beaucoup de questions demeurent posées auxquelles il faudra répondre aussi rapidement que possible :

  • Faut-il rechercher prioritairement le quantitatif, c'est-à-dire l'augmentation des taux de bancarisation alors que plus de la moitié des populations vivent encore au-dessous où à la limite du seuil de pauvreté ?
  • Quelle place doivent tenir les Etats face aux priorités à donner à l'industrialisation, au renforcement des infrastructures, à la moindre dépendance des autres continents ? Les Etats ne peuvent rester à l'écart des acteurs financiers qui sont parmi les moteurs privilégiés du développement. Comment y participer efficacement ? : création en participation au capital d'institutions spécialisées dans les financements longs facteurs de risques, fiscalité incitative par des bonifications de taux, mesures en faveur de la formation, etc.
  • Quelles politiques doivent tenir les banques centrales ? Doivent-elles calquer systématiquement leur action, la règlementation, les conditions de contrôle sur les banques centrales des autres continents avec l'influence du FMI et de la BIRD ? Quelle position adopter face aux Etats : indépendance où participation aux politiques et décisions économiques ?
  • Comment les bailleurs de fonds de l'aide multilatérale et bilatérale peuvent-ils contribuer à sortir l'Afrique du sous-développement en encourageant le fonctionnement des systèmes financiers avec l'objectif principal du renforcement social et économique plutôt que la recherche de leur rentabilité ?
  • Comment les banques commerciales doivent elles se situer face à l'émergence de la " monnaie électronique " et au risque de voir apparaitre de nouveaux concurrents dans ce domaine.
  • Comment faire évoluer les relations entre les banques et les autres partenaires financiers : marché financier, institutions de micro-finance, fonds d'investissement, etc. ?
  • Comment les banques peuvent-elles concilier la recherche légitime de la rentabilité avec le souci du développement des entreprises dans un contexte de risque élevé notamment lors de la création de PME et de TPE ?

Il ne faut pas oublier que la banque est historiquement et légalement le métier de l'intermédiation entre épargnants et emprunteurs. Ce métier doit tenir compte des réalités sociales, économiques, culturelles de chaque pays. On ne peut pas faire la banque au Mali comme on la pratique en Allemagne. C'est dire que la banque africaine doit s'adapter non seulement à son milieu mais aussi aux impératifs du développement sans lequel les espoirs d'aujourd'hui pourraient être déçus demain. Nous pensons enfin que le développement économique de l'Afrique sera considérablement favorisé par la libre circulation des idées et des recherches à travers l'ensemble du continent. Cet ouvrage tente d'en être un vecteur. 


Profitez de leur offre d'abonnement spéciale valable jusqu'au 30 Novembre 2015. Ouvrage collectif, sous la direction de: Dhafer Saïdane, Université de Lille Nord de France - SKEMA Business School, et conseiller du Club des Dirigeants des Banques et Établissements de crédit d'Afrique. Et d'Alain Le Noir, Fondateur et conseiller spécial du Président du Club des Dirigeants des Banques et Établissements de crédit d'Afrique.

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