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Africa: A look at SMEs

déc 09, 2019
Moses Macharia , Associate Professional Risk Manager , SBM Bank Kenya

L'Afrique a une énorme opportunité de devenir l'une des destinations d'investissement les plus attractives au monde. Le niveau actuel des investissements - 23,5% du produit intérieur brut de l'Afrique - est insuffisant pour répondre aux besoins de financement des facteurs de croissance tels que les infrastructures, l'éducation et la technologie. Les investissements étrangers et nationaux seront essentiels pour combler l'écart de développement, augmenter les revenus et créer des emplois. 

Le développement d'un écosystème commercial inclusif, qui favorise les petites et moyennes entreprises (PME), permettra de transformer la vie de près de la moitié des pauvres dans le monde – qui, par coïncidence vivent en Afrique. Les PME sont la pierre angulaire de la plupart des économies. Ils représentent environ la moitié du produit intérieur brut (PIB) mondial et 60 à 70% de l'emploi. Dans les pays en développement, les PME ont tendance à employer les segments les plus pauvres et les plus vulnérables de la société, tels que les jeunes et les femmes. Ils représentent la part du lion des entreprises en Afrique et embauchent une grande partie de la main-d’œuvre. Investir dans les PME est une stratégie à long terme et intelligente, avec des rendements importants qui impactent significativement les entreprises, les régions et les pays.

La prise en compte des PME dans le contexte de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) constitue un atout considérable en vue de l’atteinte des objectifs de développement durable. Le commerce et l'investissement représentent une opportunité commerciale non satisfaite pour les PME africaines et les acteurs qui choisissent d'investir en elles. L’Afrique n’investit aujourd’hui que 23,5% de son PIB, et ce chiffre doit croître à 37% pour atteindre les objectifs de développement du continent ; équivalant ainsi à un déficit de financement de 11,4 milliards USD d’ici 2040. Le secteur privé africain aura du mal à financer seul ces besoins, ce qui signifie que les investisseurs étrangers ont un rôle à jouer et une opportunité à saisir.

La réforme des politiques, le développement de l'écosystème en faveur du commerce et le renforcement des capacités des entreprises peuvent aider les PME africaines à devenir plus compétitives à l'échelle mondiale et à obtenir des notations de qualité. Cependant, il est important de recueillir des informations sur les forces des PME et les contraintes auxquelles elles sont confrontées afin qu’elles puissent efficacement apporter un changement et donner des signaux fiables aux investisseurs.

La finance est l'épine dorsale de toute entreprise. Elle est cruciale dans la phase de démarrage et importante pour la croissance et le développement de toute entreprise. Cependant, les PME en Afrique sont confrontées à un important déficit de financement, estimé à plus de 136 milliards USD par an. De nombreuses PME signalent que le financement est leur principal obstacle à la croissance, en raison des taux d'intérêt élevés, des exigences de garanties importantes et d'un processus onéreux de demande de financement. Il est particulièrement difficile pour les femmes d'obtenir du financement, car moins de femmes africaines ont des comptes bancaires, par rapport aux hommes, et les droits légaux du capital familial et des garanties peuvent être restrictifs, compte tenu des lois et coutumes locales sur la propriété foncière:

(i) Approche des institutions financières (IF) à l'égard des PME au Kenya:

Les entreprises en croissance continuent à éprouver de sérieuses difficultés à accéder à des services financiers adaptés à leurs besoins. Cette situation se reflète au Kenya malgré les interventions du gouvernement, des donateurs, des associations patronales et des institutions financières (IF).

Bien que le secteur financier comprenne plus de 40 banques, seulement 6 institutions contrôlent 80% du marché. Cet oligopole se manifeste par l'absence d'incitations à différencier l’offre de financement pour le marché des petites entreprises en croissance. La priorisation des bénéfices dans un contexte de minimisation des risques a maintenu les PME à la périphérie des solutions de financement les  mieux adaptées.

Il est nécessaire de changer d’approche en matière de financement des PME. Une approche de financement centrée sur les PME implique que les IF comprennent parfaitement leurs clients qui sont des PME et leurs besoins, et adaptent leur offre financière pour répondre à ces besoins. Ce changement en faveur des PME nécessite un effort soutenu visant à développer et mettre en œuvre une stratégie avec des objectifs spécifiques, mesurables, atteignables, réalistes et assortis de délais (SMART), optimiser la structure institutionnelle et les opérations permettant d’atteindre la clientèle-cible, développer ou recruter des ressources humaines axées sur les PME afin de correspondre à des compétences spécifiques, et tout en réorientant les systèmes de crédit et de mesure des risques afin de garantir des services de qualité et délivrés en temps opportun.

(ii) Législation sur le plafonnement des taux d'intérêt au Kenya

Les autorités monétaires ont plafonné les taux d'intérêt sur les prêts en septembre 2016 à 400 points de base au-dessus du taux directeur de la banque centrale (actuellement 9%), en réponse à l'opposition sociale et politique aux taux d'intérêt élevés imposés aux emprunteurs. Le plafonnement a négativement impacté les bénéfices des banques, le différentiel de taux d’intérêt ayant plus que diminué de moitié, bien que les frais de clientèle et les autres revenus hors-intérêt aient continué de soutenir la rentabilité.

Le plafond des taux débiteurs atteint la marge nette d'intérêts des banques

Kenya lending rate cap

Les mesures restrictives appliquées aux taux d’intérêt sur les prêts ont aidé certains emprunteurs, mais elles ont également eu des effets secondaires imprévus, notamment un ralentissement de la croissance des prêts, malgré l’objectif initial de rendre le crédit plus accessible et moins onéreux. Cette mesure s’est avérée contre-productive pour les PME, dont l’accès au financement est un obstacle majeur.
 
Le plafonnement des taux a incité les banques à ne pas prêter aux secteurs perçus comme risqués, car il a limité leur capacité à évaluer correctement le risque. Cette situation a contribué à un ralentissement des prêts au secteur privé, en particulier aux PME, qui constituent l'essentiel de l'économie du Kenya.
 
Les banques ont également modifié la composition de leur portefeuille d'actifs au profit des titres publics, qui offrent des rendements attractifs et présentent un niveau de risque faible et un avantage en capital. Les prêts en valeur brute n'ont augmenté que de 5% en moyenne pour les huit plus grandes banques du Kenya en 2018, contre 6% en 2017, 7% en 2016 et 17% en 2015.

 


A propos de l'auteur 

Moses Macharia est un spécialiste de la gestion des risques au sein de SBM Bank au Kenya. Il possède une expérience de 9 ans dans le secteur bancaire commercial et a couvert un certain nombre de pays africains. Il a exercé dans plusieurs départements, y compris son poste actuel au sein du département en charge de la trésorerie où il dirige les activités de change des PME et des entreprises. Moses est également titulaire d'un Master en Économie financière de l'Université de Leicester (Royaume-Uni) et d’une Licence en économie de Kenyatta University. 

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