Aperçu du secteur financier

Paysage économique

Au cours des dernières années, la Tanzanie a réalisé de bonnes performances économiques favorisées par des politiques macroéconomiques prudentes, une stabilité sociopolitique et le dynamisme du secteur des services (41,3% du PIB en 2017). La croissance moyenne du PIB s’est affichée à 6,1% entre 2012 et 2018, bien au-delà de la moyenne subsaharienne (3,2%) tandis que le revenu par habitant a plus que doublé entre 2000 et 2018, passant de 411 USD à 1050 USD. Le pays dispose d’un important réservoir de ressources naturelles représentant plus de 57% des exportations de biens. Il abrite également environ 20% des espèces des grands mammifères d’Afrique avec environ 38% des terres constituées en réserves, aires protégées et parcs nationaux. L’économie tanzanienne bénéficie par ailleurs d’une position géographique privilégiée (accès à six pays enclavés), faisant d’elle une plateforme régionale de transports.

Bien qu’en baisse, le niveau de pauvreté reste élevé, à 28,2%, en raison d’une rapide croissance démographique qui a atteint 3,5% en moyenne entre 2012 et 2018. Environ 9,7% de la population vit dans l’extrême pauvreté. Le secteur informel occupe une part importante de l’activité économique. Quant au secteur agricole qui fournit environ 66,9% des emplois, il demeure sous-développé et représente environ 23% du PIB, 30% des exportations et 65% des intrants du secteur industriel. Le pays fait face à un déficit persistant en infrastructures énergétiques : seulement 24% des foyers ont accès à l’électricité. Dans le cadre de l’aide multilatérale au développement, le pays bénéficie au titre du 11ème Fonds Européen de Développement (FED), d’une enveloppe de 626 millions EUR couvrant la période 2014-2020 et portant sur l’énergie, l’agriculture durable et la bonne gouvernance. L’environnement des affaires continue par ailleurs de se dégrader. Selon le classement Doing Business de la Banque mondiale, le pays figure parmi les économies les moins performantes, occupant la 141ème place en 2019 (134ème en 2012) sur 190 économies. La Tanzanie s’est dotée d’une stratégie de développement à l’horizon 2025 qui devrait permettre au pays de passer de la catégorie des pays à revenu intermédiaire à celle des pays semi-industrialisés d’ici 2025.

Vue d’ensemble du secteur financier

Le paysage financier tanzanien comprend 61 institutions bancaires, 31 compagnies d’assurance, 2 fonds de pension et une bourse des valeurs. Le total des actifs du secteur financier a atteint, à fin septembre 2018, 43 894,8 milliards de shilling tanzanien (TZS), soit 19,1 milliards USD. Le système financier est dominé par le secteur bancaire qui représente 68,2% du total des actifs.

Secteur bancaire

Structure du marché bancaireLe secteur compte 61 institutions placées sous la supervision de la banque centrale (67 auparavant), dont 39 banques commerciales, 7 banques communautaires[1], 2 institutions de financement du développement, 5 banques de microfinance, une société de refinancement hypothécaire, 3 sociétés de crédit-bail et 2 bureaux de représentation de banques étrangères. Le nombre d’agences bancaires a atteint 838 en juin 2018 contre 530 en juin 2012. Les intermédiaires de banque continuent, quant à eux, de développer leur activité : leur nombre ayant presque doublé, de 7 841 à 13 679 entre 2017 et 2018. Le total des actifs du secteur s’est établi à 29 921,1 milliards TZS (13 milliards USD) en fin septembre 2018, les banques commerciales disposant de 92,5% de ces actifs. Les 5 plus grandes banques représentaient 61,3% des actifs en 2017.

Structure des crédits et dépôts du secteur bancaireLes prêts, avances et découverts représentent plus de la moitié des actifs du secteur bancaire (53,3% en septembre 2018). Le crédit au secteur privé a augmenté de 4%, entre juin 2017 et juin 2018, pour s’établir à 17 533,3 milliards TZS (7,6 milliards USD), soit environ 15,1% du PIB. Cette hausse est le résultat de la politique accommodante de la Banque centrale pour stimuler la croissance du crédit. La mobilisation renforcée des ressources publiques (recettes fiscales et dons extérieurs) et la baisse consécutive des avances au gouvernement ont occasionné entre juin 2017 et juin 2018, une réduction de 8,2% des crédits bancaires au gouvernement qui ont atteint 3 829,4 milliards TZS (environ 361 millions USD) en juin 2018.

Taux d’intérêt créditeurs et débiteurs La Banque centrale a adopté une politique monétaire accommodante visant à accroître la liquidité des banques et stimuler la croissance du crédit au secteur privé. Les mesures prises comprennent, entre autres, l’abaissement du taux de réserves obligatoires de 10% à 8% en avril 2017 et la réduction du taux d'escompte de 16% à 12% en mars 2017, puis à 9% en août 2017. Les banques ont en revanche assoupli les conditions de crédit en baissant légèrement le taux débiteur moyen de 17,62% en 2017 à 17,42% en 2018. Le taux créditeur moyen est passé de 11,2% à 8,2%.

Solidité financière du secteur bancaireEn juin 2018, les ratios de fonds propres de base et de solvabilité globale se sont établis à 18,2% et 20,2% respectivement, largement au-dessus des minima réglementaires de 10% et 12%. Le ratio des actifs liquides a atteint 37,6%, respectant la limite réglementaire minimale de 20%. La qualité des actifs s’est sensiblement améliorée. Les progrès réalisés dans la transmission des informations fournies à la banque de données relatives au système de référence pour le crédit ont permis de réduire les asymétries d’information et de faire baisser la proportion des prêts improductifs qui sont passés de 10,6% en juin 2017 à 10,3% en juin 2018. En juin 2018, 54 banques (sur un total de 57) avaient transmis des informations à la banque de données. Le ratio des prêts improductifs reste toutefois supérieur au plafond de 5%. La rentabilité du secteur s’est légèrement contractée suite à la mise en œuvre de la norme internationale d'information financière (IFRS 9), qui nécessite un provisionnement plus accru. En septembre 2018, le rendement des actifs s’est établi à 1,6% et celui des fonds propres à 6,6%, contre 2% et 8,7% respectivement en septembre 2017.

Inclusion financière

Le pays s’est doté d’un second[2] cadre national d’inclusion financière lancé en décembre 2017, pour la période 2018-2022. L’objectif de ce cadre est d’offrir des produits et services financiers répondant aux besoins des personnes et entreprises, de manière à améliorer le niveau de vie et favoriser la création d'emplois. Selon le Global Findex de la banque mondiale, l’inclusion financière a connu d’importants progrès au cours des récentes années. 46,8% des adultes disposaient d’un compte en 2017, un niveau supérieur à la moyenne subsaharienne (42,6%) et reflétant une hausse de 17,6% par rapport à 2014. Ces progrès résultent d’une part de l'adoption et de l'utilisation rapides de plates-formes électroniques proposant des services financiers, principalement les services de mobile money, et d’autres parts des importants investissements réalisés par le secteur privé dans ce domaine, notamment en termes de distribution et de promotion commerciale.

Mais le niveau d’exclusion financière estimé à 28% de la population de plus de 16 ans reste encore élevé. Les personnes exclues sont majoritairement celles vivant dans des zones rurales, les petits exploitants agricoles, les jeunes et les femmes. Les produits et services financiers ciblant les personnes à faible revenu sont peu adaptés. L’écosystème des paiements reste fragmenté, occasionnant par ailleurs des coûts de transaction élevés inaccessibles aux ménages à faible revenu. L’’absence de cadre juridique complet en matière de protection des consommateurs de produits financiers suscite en outre la méfiance de ces derniers. Le faible niveau d’alphabétisation constitue un obstacle à l’éducation financière de la population en général et des chefs d'entreprise en particulier, et près de 8 adultes sur 10 ont un niveau d’éducation ne dépassant pas le stade de l’école primaire (Finscope 2017). L’ouverture de comptes bancaires se heurte aux difficultés de vérification de l’identité des pétitionnaires. Selon le Finscope, seulement 9% des adultes possèdent une carte d’identité nationale. Enfin, l’utilisation des mécanismes de finance informelle (prêteurs d’argent et groupes communautaires) reste importante, bien qu’ayant baissé de 44% en 2013 à 30% en 2017. La proportion des adultes ayant recours aux groupes d’épargne informelle a par contre augmenté, passant de 12% en 2013 à 16% en 2017.

Le secteur de la microfinance

Une politique nationale de microfinance a été adoptée en 2000. Sa mise en œuvre a permis un accroissement du nombre de fournisseurs de services de microfinance et une amélioration des produits et services Le secteur de la microfinance compte plusieurs institutions formelles : 5 banques de dépôt spécialisées dans la microfinance, des banques communautaires, certaines banques commerciales offrant des produits de microfinance, et plus de 5 800 coopératives d'épargne et de crédit (SACCOs). La Commission du développement coopératif a en charge la supervision des SACCOs, conformément à loi de 2013 sur les sociétés coopératives, tandis que la banque centrale est l’organe régulateur des banques et autres institutions formelles spécialisées dans la microfinance et les autres du secteur. À ces institutions s’ajoutent certains programmes gouvernementaux (tels que les fonds dédiés aux petits entrepreneurs (SELF[3]) et ceux relatifs au développement de projets des jeunes et des femmes. Les fournisseurs de services financiers informels sont majoritairement constitués d’organisations communautaires, d’associations rotatives d'épargne et de crédit (ROSCAs), de prêteurs d’argent et autres prestataires de services financiers. Le secteur comptait en 2015, environ 23 000 fournisseurs de prestataires informels (VICOBA[4], VSLA[5], ROSCA[6], ASCA[7], et les prêteurs d’argent), qui servaient 700 000 membres et disposaient d'un capital estimé à 86 milliards TZS (37,3 millions USD).

L’inadéquation du cadre juridique et réglementaire du secteur de la microfinance constitue une entrave à son développement. En dehors des institutions supervisées par la Commission du développement coopératif et la banque centrale, les autres institutions du secteur et les groupes financiers communautaires ne sont ni agréés, ni réglementés ou supervisés. En résultent des conditions insuffisantes de prêt, des taux d'intérêt élevés et des procédures inadaptées de recouvrement. Plusieurs institutions du secteur souffrent également d’une gestion administrative inadéquate, les coûts administratifs pouvant aller jusqu’à deux tiers des intérêts payés par les clients. En outre, la plupart des IMF non réglementées ne disposent pas de capacités suffisantes en termes de collecte et de gestion de l’information et plusieurs parmi elles présentent des niveaux inadéquats de fonds de roulement. En cause, le manque d’une culture de l’épargne et l’absence de financements longs et abordables. Enfin, les capacités institutionnelles, particulièrement celles des structures de gouvernance restent faibles et les mécanismes de protection des consommateurs face aux pratiques abusives sont quasiment absents. Un second cadre de politique nationale de microfinance été lancé en 2017 afin d’apporter des solutions à ces insuffisances.

Finance numérique

Le pays dispose d’un cadre modernisé, tant au plan infrastructurel que réglementaire. Les systèmes de paiement, de compensation et de règlement fonctionnent de manière fluide et efficace, avec une utilisation croissante des canaux numériques dans la fourniture de services financiers. Le traitement de la quasi-totalité des paiements du gouvernement (salaires y compris) à travers les systèmes de compensation automatisée (TACH[8]) et de règlement interbancaire (TISS[9]) a occasionné une augmentation de 55,1% de la valeur des transferts électroniques de fonds, entre septembre 2017 et septembre 2018. L'utilisation accrue des transferts électroniques de fonds a amélioré l'efficacité des services du gouvernement tout en minimisant les coûts liés à l'utilisation des chèques. La loi de 2015 sur le système de paiement national établit un cadre réglementaire unifié pour les opérateurs de mobile money et les institutions financières qui y sont impliquées, tout en précisant les rôles respectifs des principaux régulateurs, notamment la banque centrale et l’Autorité de régulation des Communications (TCRA[10]). La réglementation exige des émetteurs de mobile money un montant minimal de 500 millions de TZS (environ 218 000 USD) en fonds propres à conserver sous forme de dépôt fiduciaire auprès d’une banque commerciale. Cependant, un opérateur de mobile money ne peut conserver plus de 500 millions TZS auprès d’une seule banque. La réglementation des transferts et retraits de mobile money contient également des dispositions sur la lutte contre le blanchiment d’argent. Celles-ci notamment limitent le montant maximum des transferts à 1 million TZS (435 USD) par jour avec un solde quotidien maximum de 2 millions TZS (870 USD) pour les clients qui s'enregistrent uniquement par voie électronique. Ces montants s'élèvent respectivement à 3 millions TZS (1 306 USD) et 5 millions TZS (2 176 USD) pour les clients présents à leur inscription.

La Tanzanie se présente comme l’un des leaders africains en matière de mobile money. Les transactions de mobile money se sont développées rapidement en Tanzanie, offrant un meilleur accès aux services financiers de base. Elles ont représenté près de 52% du PIB en 2015, contre seulement 0,2% en 2010. Selon l’enquête Finscope 2017, ce sont 60% des adultes (16,6 millions de souscripteurs) qui ont souscrit aux services de mobile money. La valeur des paiements mobiles a atteint 40 242,2 milliards TZS (17,5 milliards USD) en septembre 2018, soit une hausse de 19% en glissement annuel. En volume, les paiements mobiles ont crû de 35,6%. En mars 2018, le secteur comptait 6 fournisseurs de service de mobile money. L’économie reste cependant dominée par l’utilisation du cash dans les transactions. Environ 90% des adultes reçoivent et effectuent des paiements en espèces.

Financement des PME

Les PME jouent un rôle majeur dans la création d'emplois et la génération de revenus en Tanzanie. Le pays compte plus de 3 millions d’entreprises qui emploient plus de 5,2 millions de personnes et représentent 27% du PIB. La plupart des PME évoluent dans le secteur agricole. L’accès limité au financement et l'utilisation inefficace des produits et services financiers constituent l’un des obstacles majeurs à la croissance des PME. Selon la banque mondiale, près de 44% des entreprises tanzaniennes déclarent avoir des difficultés à accéder au financement. Il s’agit de la plus mauvaise performance de la communauté est-africaine. En outre, seulement 16,6% des entreprises ont accès à un prêt (ou ligne de crédit) bancaire contre 23,6% pour l’Afrique subsaharienne. Ce niveau est encore plus bas pour les petites entreprises (13,3%). Opérant majoritairement dans l’informel[11], les PME sont par ailleurs confrontées à la rigidité des exigences des prestataires de services financiers, notamment en matière de connaissance du client (KYC), d’enregistrement formel et de garanties. Enfin, les taux d’intérêt demeurent élevés et les services financiers offerts ne sont pas adaptés aux petites entreprises généralement très peu productives[12] et qui, pour la plupart, sont détenues par des propriétaires uniques.

Les assurances

Le secteur est réglementé par la loi de 2009 sur les assurances et supervisé par l’Autorité tanzanienne de régulation des assurances. En 2017, le secteur comptait 31 compagnies dont 4 pour l’assurance vie, 25 pour l’assurance non vie, 1 compagnie d’assurance mixte et 1 compagnie de réassurance. Le secteur comptait également 115 courtiers et 596 agents en assurance. La branche d’assurance maladie domine le secteur, suivie de l’assurance automobile qui est obligatoire. Le total des actifs a atteint 908,9 milliards TZS (395,6 millions USD) à fin septembre 2018, une hausse de 3,7% en glissement annuel, principalement en raison de la hausse des placements sous forme de dépôts bancaires et en titres publics. Ces derniers ont occasionné une augmentation de 15,3% des investissements qui ont atteint 633,7 milliards TZS (275,8 millions USD. Les primes brutes se sont quant à elles établies à 525,7 milliards TZS (228,8 millions USD), une augmentation de 7,4% par rapport à septembre 2017.

Le secteur demeure globalement capitalisé, liquide et rentable. Le ratio de solvabilité des sociétés d’assurance non vie a atteint 56,3%, un niveau largement supérieur au minimum prudentiel de 25%. La qualité des actifs s'est légèrement améliorée et le rendement des investissements s’est amélioré, passant de 5,5% en septembre 2017 à 6,3% en septembre 2018. Les placements en dépôts et titres publics (actifs de catégorie I) ont représenté 82,8% des investissements, un niveau conforme aux exigences réglementaires qui établit la part minimum de cette catégorie d’actifs à 40%. Le ratio de liquidité est passé de 120,8% en septembre 2017 à 121,7% en septembre 2018, soit un niveau supérieur à la limite prudentielle minimale de 95%. La hausse du ratio de liquidité est imputable à l’amélioration du recouvrement des créances, suite aux amendements apportés à la loi de 2009 sur les assurances, notamment l’obligation pour les souscripteurs d’effectuer le paiement des primes directement aux assureurs et l’interdiction d’utiliser les services d'assurance fournies par les compagnies d’assurance non résidentes. Le rendement des fonds propres de la branche s’est établi à 8,1% en septembre 2018. Au niveau des sociétés d’assurance vie, le ratio de solvabilité s’est établi à 26,5%, un niveau supérieur minimum prudentiel de 8%. Le ratio de liquidité s’est établi à 65,3% en fin de septembre 2018, au-dessus du seuil prudentiel minimal de 50%. Le développement du secteur est entravé par plusieurs barrières, notamment des coûts élevés, une méconnaissance du fonctionnement et des conditions d’accès aux services d'assurance, ainsi que l’incapacité, pour les ménages à faible revenu, d’accéder aux produits d'assurance. Le taux de pénétration de l’assurance reste faible et représente 0,55% du PIB en 2017.

Le marché des capitaux

L’activité sur le marché des obligations d’État porte principalement sur les adjudications du marché primaire, tandis que le marché secondaire enregistre peu d’échanges. La participation des banques et autres investisseurs se concentre majoritairement sur les bons du Trésor à échéance plus courte (initialement comprise entre 35 et 364 jours) alors que les obligations du Trésor, dont les échéances initiales sont comprises entre 2 et 15 ans, forment un ensemble plus restreint de titres publics générant peu de transactions.  Le classement annuel relatif à l’indice de développement du marché obligataire africain et publié par l’Initiative des Marchés Financiers Africains (AFMI) attribue la 14ème place à la Tanzanie (16ème en 2016).

Le marché des capitaux est régi par la loi de 2002 sur les marchés de capitaux et des valeurs mobilières et réglementé par l'Autorité des marchés de capitaux et de valeurs mobilières (CMSA[13]). Il comprend 28 sociétés cotées en bourse. Le secteur comprend en plus une bourse de matières premières[14] créée en août 2014 sur la base d’un partenariat public-privé, et dont les activités n’ont débuté qu’en 2018. Le marché boursier reste dominé par la participation des investisseurs étrangers qui représentent 84,4% des achats et 79,6% des ventes. Les investisseurs étrangers ont, en effet, la possibilité de participer à ce marché, bien que leur participation soit soumise à certaines restrictions. Une réglementation de 2003 sur les marchés des capitaux et les valeurs mobilières fixe la proportion de titres pouvant être détenus par les investisseurs étrangers à une limite de 60%, 40% étant réservés aux Tanzaniens. Ces derniers peuvent toutefois participer aux 60% alloués aux étrangers. Le volume des transactions sur le marché boursier a baissé entre avril et septembre 2018 en raison d'un resserrement des liquidités sur le marché. Cette tendance s’explique en partie par une diminution de la participation des investisseurs étrangers au marché des actions et par une moindre participation des fonds de pension et des banques au marché obligataire. Entre 2014 et 2017, la bourse a enregistré seulement 7 offres publiques initiales (IPO) pour un montant cumulé de 240 millions USD. La capitalisation boursière totale a atteint 17,5% du PIB en septembre 2018.

Le niveau de liquidité de la bourse reste encore faible, en raison de l’étroitesse de la base d’investisseurs domestiques. En outre, la lenteur constatée dans l’ajustement des prix consécutive aux nouvelles informations disponibles, affecte l’efficience du marché. Le nombre de participants est encore faible ; en effet, seulement 25 sociétés sont cotées en bourse. La dominance des investisseurs étrangers est la résultante de l’absence d’instruments de placements collectifs pouvant jouer le rôle de teneur de marché. La méconnaissance du marché boursier occasionne en outre une faible participation des particuliers. Moins de 1% des adultes utilisent les produits du marché des capitaux selon l’enquête Finscope 2017. Enfin, il n’existe pas de mécanisme de règlement des différends ; la mise en place du Tribunal des marchés de capitaux accusant un retard important.

La sécurité sociale

Les programmes de protection sociale ont représenté 2,35% du PIB en 2016. La Tanzanie compte deux régimes de sécurité sociale obligatoires réglementés par l'Autorité de réglementation de la sécurité sociale (SSRA[15]): le fonds de sécurité sociale de la fonction publique (PSSSF[16]) et la Caisse nationale de sécurité sociale (NSSF[17]) destinées respectivement aux secteurs public et privé. Le PSSSF a été créé en août 2018, suite à la fusion[18] de 4 autres fonds publics. Il représente 56% du total des actifs et 72% des membres, principalement des fonctionnaires. Les actifs se sont établis à 12 042 milliards TZS (5,2 milliards USD) en septembre 2018, soit une baisse de 1,2% en glissement annuel. Cette diminution est imputable à l'augmentation de l’encours des paiements de prestations relatives aux anciens fonds avant la fusion. Le rendement des investissements s'est amélioré, passant de 6,7% en septembre 2017 à 6,8% en septembre 2018, et les intérêts sur les titres publics, les dépôts à terme et les prêts ont principalement contribué à cette hausse. Les titres d'État représentent la part la plus importante des placements (33,8% du total des actifs), suivis des placements immobiliers (19,8%). Le ratio des revenus de cotisation sur les paiements de prestations est passé de 1,8% en septembre 2017 à 1,3% en septembre 2018, reflétant une augmentation des paiements de prestations par rapport aux contributions. Le ratio de dépendance, mesuré en nombre de membres actifs du système de retraite prenant en charge un retraité, a diminué de 12,3% à 8,8%. Cette baisse est essentiellement imputable au nombre relativement important de retraites anticipées sur la période d’observation. Par ailleurs, le secteur continue de maintenir ses dépenses administratives dans la limite réglementaire de 10% fixée par les directives relatives aux régimes de sécurité sociale.

La sécurité sociale cependant couvre moins de 1% de la population totale et environ 6,5% de la population active, dans un contexte de chômage élevé. Presque tout le secteur informel n'est couvert par aucune forme de système de sécurité sociale, impliquant ainsi le recours aux systèmes informels de sécurité sociale basés sur le soutien familial ou communautaire. Enfin, le faible niveau de sensibilisation du public laisse à une partie importante de la population en marge des questions de sécurité sociale. Près de 25% des adultes âgés de 55 ans au plus n’ont aucun plan de retraite (Finscope 2017).


[1] Les banques communautaires sont des petites institutions généralement créées pour desservir des régions spécifiques. Elles représentaient 2% du total des actifs en septembre 2018.

[2] Un cadre national d'inclusion financière avait été initialement élaboré. Il a couvert la période 2014-2016.

[3] SELF : Small Entrepreneurs Loan Facility

[4] VICOBA: Village Community Banks

[5] VSLA: Village Saving and Loans Association

[6] ROSCA : Rotating, Savings and Credit Associations

[7] ASCA : Accumulated Savings and Credit Associations

[8] TACH: Tanzania Automated Clearing House

[9] TISS: Tanzania Interbank Settlement System

[10] TCRA : Tanzania Communications Regulatory Authority

[11] Environ 4% seulement des petites entreprises sont enregistrées auprès de l’Agence d’enregistrement et de licence des entreprises et peu parmi elles disposent d’un numéro d’identification fiscale.

[12] Selon la Banque mondiale, la productivité moyenne des petites entreprises est inférieure à la moitié de celle des moyennes et des grandes entreprises.

[13] Capital Markets and Securities Authority

[14] Tanzania Mercantile Exchange (TMX)

[15] SSRA: Social Security Regulatory Authority

[16] PSSSF : Public Service Social Security Fund

[17] NSSF: National Social Security Fund

[18] Les quatre autres fonds publics de sécurité sociale ayant fusionnés sont : Le fonds de retraite parapublic (Parastatal Pension Fund, FPP), le fonds de retraite de la fonction publique (Public Service Pension Fund, PSPF), le fonds de retraite des autorités locales (Local Authorities Pension Fund,LAPF) et de la Caisse de prévoyance des fonctionnaires (Government Employees Provident Fund, GEPF).


Liste des banques commerciales en Tanzanie - 2018

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Dar es Salaam

 MAENDELEO BANK

 Masasi St, Dar es Salaam

 (+255) 22 211 0518

 www.maendeleobank.co.tz/

 

 MKOMBOZI COMMERCIAL BANK

 P. O. Box 38448,

 (+255)  2137806

 www.mkombozibank.com

Dar es Salaam

 MWALIMA COMMERCAL BANK

 P. O. Box 61002,

 (+255) 222775131

 www.mcb.co.tz

Dar es Salaam

 NATIONAL BANK OF COMMERCE

 Sokoine Drive & Azikiwe Street

 (+255) 222 111 970

 www.nbctz.com

P.O. BOX 1863

Dar es Salaam

 NATIONAL MICROFINANCE BANK

 P. O. Box 9213,

 (+255) 222322000

 www.nmbz.com

Dar es Salaam

 NBC LIMITED

 P. O. Box 1863,

 (+255) 222113914

 www.nbcltd@nbctz.com

Dar es Salaam,

 NIC BANK

 P. O. Box 20268,

 (+255) 222295000

 www.nic-bank.com

Dar es Salaam,

 PEOPLE'S BANK OF ZANZIBAR

 P. O. Box 1173,

 (+255) 24 2231118

 www.pbzltd.com

Zanzibar

 STANBIC BANK

 P. O. Box 72647,

 (+255) 222666430

 www.stanbicbank.co.tz

Dar es Salaam

 STANDARD CHARTERED

 P. O. Box 9011,

 (+255) 222113785

 www.standardchartered.com

Dar es Salaam,

 TPB BANK 

 P. O. Box 9300

 (+255) 222127995

 www.postalbank.co.tz

Dar es Salaam

 TANZANIA POSTAL BANK

  Extelecoms Annex, Samora Avenue

 (+255) 22 2162940

 https://www.tpbbank.co.tz/

 

 TANZANIA WOMEN'S BANK

 P. O. Box 72604

 (+255) 222115462

 www.womensbank.co.tz

Dar es Salaam

 TIB CORPORATE BANK

 P. O. Box 9102,

 (+255) 222111708

 www.tib.co.tz

Dar es Salaam

 TWIGA BANCORP 

 P. O. Box 10119

 (+255) 222115575

 www.twigabancorp.com

Dar es Salaam

 UNITED BANK FOR AFRICA

 P. O. Box 80514,

 (+255) 22 2763452

 www.ubagroup.com

Dar es Salaam

 UBL BANK

 P. O. Box 5887,

 (+255) 225510200

 www.ubldirect.com/Corporate/Tanzania.aspx

Dar es Salaam

 UCHUMI COMMERCIAL BANK

 P.O. Box 7811, Moshi

 (+255) 27 275 5152

 http://uchumibank.co.tz/

TOTAL

48

   
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Source

En bref

En bref Source
Population (2019): 58 005 463
PIB par habitant (USD courant) - 2019 - (Moyenne mondiale:10 721,61): 1 122,12
Population détenant un compte dans une institution financière (%) (age: 15+) - (2014 vs 2017): 40% | 47%
Crédit dédié à l'agriculture (Agriculture, foresterie et pêche) / Part de l'agriculture dans le PIB (2015): 0.28 | 0.25
Stratégies d'inclusion financière: • National Financial Inclusion Framework 2018-2022 EN• SADC Financial Inclusion Strategy 2016-2021 EN
Crédit domestique fourni par le secteur financier (% du PIB) - 2017: n/a
Paiements numériques effectués ou reçus au cours de l'année précédente (% age 15+) (2014 vs 2017): 35% | 43%
Transferts d'argent reçus en % du PIB - 2017: 0.007
Taux d'intérêt hypothécaire / Durée du prêt hypothécaire (années): 19% | 20 ans

Base de données de projets des bailleurs

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