Aperçu du secteur financier

Paysage économique

Sao Tomé-et-Principe est un archipel aux larges des côtes de l’Afrique Centrale qui a des frontières maritimes avec la Guinée Equatoriale, le Gabon, le Cameroun et le Nigeria. Pays africain le moins peuplé, Sao Tomé et Principe est très vulnérable aux chocs exogènes et confronté à une limitation de ses ressources et capacités productives. L'économie repose principalement sur l'agriculture et la pêche de subsistance. Elle dépend fortement des dons étrangers, qui représentaient 13,6% du PIB en 2017. Sao Tomé-et-Principe se heurte à des difficultés structurelles qui sont typiques des petites économies, affectant ainsi sa capacité à faire face aux chocs et à parvenir à un équilibre budgétaire des comptes publics. La croissance du PIB a été relativement stable depuis 2009, mais elle reste largement tributaire des dépenses publiques et n’a pas beaucoup contribué à la réduction de la pauvreté. Le PIB a progressé à un taux moyen de 6,7% entre 2014 et 2018. La croissance du PIB réel a été soutenue en 2018 par l’augmentation des investissements directs étrangers (IDE) dans le secteur de la construction. Cependant, la dépendance excessive à l’égard des importations pour la consommation privée continue de créer des déséquilibres. Le coût élevé de l’énergie, qui est produite en grande partie à partir de combustibles fossiles, constitue un obstacle majeur au développement du secteur privé, mais les investissements et les dépenses publics prévus dans le secteur des énergies renouvelables pourraient apporter un certain soulagement. Concernant l’environnement des affaires, Le pays occupe le 170e rang (sur 190) du classement Doing Business de la Banque mondiale. Le classement s’est détérioré,  alors que le pays se trouvait au 160ème rang en 2015. Le gouvernement intensifie malgré tout ses efforts pour renforcer le milieu des affaires par le biais de la loi de 2016 sur l’incitation à l’investissement, d’une nouvelle stratégie de développement touristique et d’une loi sur les partenariats public-privé (PPP) approuvée en 2018.

Vue d’ensemble du secteur financier

Sao Tomé-et-Principe dispose d’un système financier modeste, dont la monnaie locale est le dobra. La Banque centrale (BCSTP) assure la surveillance du système financier national et définit les politiques monétaires et de change du pays. Les banques commerciales représentent 98% des actifs du secteur financier et 6 des 7 banques que compte le pays sont étrangères. Le secteur est fortement concentré: les 3 plus grandes banques détenant près de 75% du total des actifs et la plus grande banque détenant environ 50 % du total des actifs. La forte concentration du système bancaire a conduit à une concurrence limitée dans le secteur. Sao Tomé-et-Principe compte également 2 compagnies d’assurance, 4 petits établissements de crédit à la consommation et aucun marché boursier. « Bien que le gouvernement travaille à la mise en place d’un nouveau cadre juridique permettant de moderniser le système financier de Sao Tomé-et-Principe, il n’y a pour l’instant pas d’autre prestataire potentiel  de services de paiement: les bureaux de poste ne sont pas autorisés à effectuer des paiements, les compagnies téléphoniques ne disposent d’aucun moyen de retrait, il n’existe pas d’institutions consolidées de microfinance. En outre, la réglementation relative à l’activité des agents bancaires n’est pas encore en place » (ISPA - Banque mondiale, 2018). Le pays occupe le 161e rang en matière d’accès au crédit dans le Rapport Doing Business 2019 de la Banque mondiale, en raison des taux d’intérêt élevés et de l’absence générale de politiques réglementaires pour assurer une meilleure offre de crédit à l’économie. Selon un rapport de la Banque mondiale datant de 2016, 48% des personnes ont un compte d’épargne alors que seulement 7 % des petites et moyennes entreprises (PME) ont accès aux prêts bancaires. La BCSTP a récemment intensifié ses efforts en vue d’introduire des titres de créance domestiques par l’émission de deux bons du Trésor libellés en monnaie locale en 2015 et 2016. Ces mesures devraient contribuer à améliorer le marché interbancaire, qui n’est pas encore mis à profit par les banques en raison d’une forte aversion pour le risque. L’émission de bons du Trésor et d’obligations devrait également servir de garantie pour adosser les prêts sur le marché interbancaire. De plus, le développement du marché des bons du Trésor aiderait la BCSTP à établir une courbe de rendement, ce qui réduirait à la fois l’incertitude sur le marché et la prime de risque des placements.

Compte tenu de la faible performance du secteur financier dans son ensemble, le Plan de mise en œuvre du développement du secteur financier (PPSDF) de 2017-2019 a été lancé en mettant l’accent sur des réformes et des mesures stratégiques dans trois domaines clés : i) renforcer la supervision du secteur financier ; ii) accroître l’inclusion financière ; et iii) améliorer l’infrastructure financière.

Secteur bancaire

Au 31 décembre 2017, le pays comptait 7 banques commerciales, 26 succursales bancaires, 33 guichets automatiques de billets (GAB) et 125 points de vente. Malgré de faibles revenus, la moitié de la population dispose d’un compte d’épargne en banque. On dénombrait 953 comptes bancaires pour 1 000 adultes en 2017, et 25 succursales bancaires pour 100 000 adultes dans le pays. Ce niveau élevé de propriété des comptes — en comparaison avec d’autres pays d’Afrique subsaharienne — est la conséquence d’obstacles financiers, documentaires et physiques relativement faibles pour accéder au système financier. La Banco Internacional de Sao Tomé-Et-Principe (BISTP) est le principal leader du marché bancaire et la seule banque locale, dont 48% de la structure actionnariale sont détenus par le secteur public. La banque couvre les deux tiers des dépôts totaux de l’industrie, la moitié du total du bilan et 70% des dépôts en devises étrangères. Il convient également de noter que les dépôts en devises constituent 40% du total des dépôts dans le système bancaire domestique, représentant ainsi un avantage stratégique et concurrentiel pour la BISTP vis-à-vis de la clientèle exerçant dans le commerce international, et plus particulièrement les importateurs.

Le nombre de transactions et de clients étant faible, la prestation des services bancaires semble plus coûteuse dans les petits pays en raison des coûts fixes relativement élevés. Par rapport à d’autres systèmes financiers de très petite taille, le différentiel de taux d’intérêt a été plus élevé à Sao Tomé-et-Principe, oscillant autour de 15% (en 2016 et 2017) contre 9,25% en moyenne pour les autres petits systèmes financiers. Bien qu’en baisse depuis 2010, le taux débiteur pratiqué par les banques a atteint en moyenne 19 % et le taux créditeur, environ 4% en 2018. Le taux débiteur élevé reflète à la fois la hausse des coûts d’exploitation et l’augmentation de l’aversion au risque des banques en raison de la proportion croissante des prêts non productifs (PNP). Les PNP représentaient 25% du total des prêts en 2018 et ont continué à affaiblir la solidité du secteur bancaire tout en freinant l’expansion du crédit. Les ratios de rendement négatifs des banques (rentabilité des actifs et des fonds propres) sont progressivement devenus positifs en 2018, après plusieurs mesures réglementaires prises par la BCSTP. Le ratio d’adéquation des fonds propres de l’ensemble du secteur bancaire s’est amélioré pour atteindre 33,6% des actifs pondérés en fonction des risques, en raison des investissements des banques dans les titres publics. 

Au cours des dernières années, les banques commerciales ont maintenu un niveau excédentaire de liquidités: le ratio de prêts sur dépôts est passé de 101,7% en 2012 à 59,7% en 2017. En 2015 et 2016, le ratio du crédit privé par rapport au PIB a également continué à baisser de 25,3% (80,4 millions USD) à 24,6% (86,3 millions USD). La plus grande part du crédit est constituée des prêts à la construction (24%), au commerce (24%) et à la consommation (21%). Les secteurs de l’agriculture et du tourisme sont en grande partie financés par des dons et les investissements directs étrangers (IDE). Pour soutenir les activités de prêt, un registre des garanties mobilisables est également en cours de création avec l’appui de la Banque mondiale.

Inclusion financière

Sao Tomé-et-Principe bénéficie d’un niveau satisfaisant d’accès aux comptes bancaires, avec 953 comptes de dépôt (dans les banques commerciales) pour 1 000 adultes en 2017 ; mais le pays doit encore consentir des efforts pour renforcer son infrastructure financière, notamment le nombre d’agences bancaires et de Guichets Automatiques Bancaires (GAB) ; ainsi que la répartition régionale des points de services financiers et des agents offrant des services de mobile money. Le secteur financier non bancaire, y compris les institutions de microfinance et les prestataires de services financiers numériques, devrait également se développer de manière significative avec la nouvelle loi sur le système national de paiement. Celle-ci a été approuvée par la banque centrale et d’autres réglementations sont en cours d’élaboration concernant les transferts électroniques des fonds, le contrôle des systèmes de paiement et le recours aux agents offrant des services financiers. L’importance du secteur informel constitue également une contrainte pour le financement des PME et l’inclusion financière à Sao Tomé-et-Principe.

Secteur de la microfinance

Le cadre juridique de la microfinance est entré en vigueur en 2018. Il porte sur la prestation de services financiers à la population à faible revenu dont les activités économiques reposent sur des petites et moyennes entreprises, ou à celles qui opèrent en dehors du secteur financier traditionnel. Ces services de microfinance comprennent le microcrédit, la microassurance et la micro-épargne, et ils sont assujettis à une autorisation préalable de la BCSTP. Le cadre réglementaire de la microfinance permet également aux organisations non gouvernementales, aux associations ou fondations d’intérêt public et social d’effectuer également du microfinancement, dans la mesure où elles répondent aux exigences définies par la BCSTP. Toutefois, elles ne peuvent pas accepter de dépôts ni proposer des services d’épargne et d’assurance. Les institutions bancaires et financières peuvent également s’engager dans des activités liées au microcrédit et aux PME.

Sao Tomé-et-Principe compte quatre (4) organismes privés de crédit à la consommation qui se spécialisent principalement dans les prêts sur salaire. La plus grande de ces institutions comptait 3 300 clients, 3 bureaux et 12 millions USD d’actifs en 2015. Bien que ces organismes soient considérés comme des Institutions de microfinance (IMF), dans le contexte local, ils semblent surtout accorder des prêts sur salaire (à savoir 60% de leurs portefeuilles de prêts) à des salariés qui ont essuyé un refus de la part des banques. Ces prêts ont généralement une durée de 1 jour à 7 mois et sont assortis de taux d’intérêt de 55% et plus.

Financement des PME

Malgré la prédominance des très petites entreprises (TPE) dans le secteur privé selon le critère du nombre, leur accès au financement est limité. En août 2015, un nouvel instrument pour les PME — financé par la Société financière internationale (SFI) — a été mis en place dans une grande banque. Ce mécanisme de partage des risques d’un montant de 3 millions USD vise à fournir des fonds de roulement et des prêts aux petites entreprises, à soutenir leur expansion et leur modernisation, et à stimuler la croissance de l’emploi à travers la promotion des TPE et PME en les faisant supporter partiellement le risque inhérent aux prêts. L’accès des PME au financement est entravé par le risque de crédit généralisé, le manque de garanties éligibles et un niveau élevé d’informalité, bien que certaines banques aident leurs clients à devenir solvables (par exemple, en créant des coopératives et en encourageant les jeunes entrepreneurs).

Finance numérique

Le nombre de GAB pour 100 000 adultes (27,4) est le plus élevé parmi les pays à faible revenu d’Afrique subsaharienne, mais les banques rechignent à installer de nouveaux GAB, car elles ne peuvent exiger de frais aux usagers de ces appareils, conformément à la réglementation. Les retraits interbancaires ne sont pas possibles dans le pays, car les GAB ne fonctionnent qu’avec des cartes bancaires exclusives à chaque banque émettrice. En référence à son objectif d’inclusion financière dans le cadre du PPSDF, le gouvernement est en train d’adopter un cadre législatif et réglementaire visant à couvrir les transactions électroniques, y compris les paiements par téléphonie mobile. Les instruments financiers numériques pourraient desservir une grande partie de la population non bancarisée ou sous-bancarisée. Selon la Companhia Santomense de Telecomunicações (CST), la principale entreprise de télécommunications qui détient 90% du marché, le pays compterait 146 000 lignes mobiles et 86% de l’ensemble de la population totale posséderait un téléphone mobile. Même dans les zones rurales, 77,8% de la population possédait un téléphone portable en 2015. En raison du taux élevé de pénétration de la téléphonie mobile, il est possible de renforcer l’inclusion financière en recourant aux services financiers numériques. Après son adoption par le Parlement, la nouvelle loi sur les systèmes de paiement devrait permettre de renforcer les services bancaires mobiles et la finance numérique dans le pays.

Marché des transferts d’argent

Les envois de fonds des migrants s’élevaient en moyenne à 14,1 millions USD entre 2009 et 2017 et représentaient 5,3% du PIB. Ces entrées se sont élevées à 18,6 millions USD en 2017 et ont représenté 5% du PIB. Les envois de fonds les plus importants ont été enregistrés en 2014 à raison de  26,8 millions USD, soit 8,3% du PIB. Les principaux pays d’émission de ces transferts sont le Portugal et l’Angola, suivis de la France, de la Belgique et des États-Unis.

Secteur des assurances

En plus du système de retraite, le secteur de l’assurance est supervisé par la Direction de la protection sociale et des assurances du ministère de l’Emploi et des Affaires sociales (MEAS). Seulement 4,3 % des adultes dans le pays bénéficient de services d’assurance privée. Il n’y a que deux compagnies d’assurance enregistrées localement, mais elles sont détenues par des capitaux étrangers. Les primes d’assurance automobile représentent 50 % de toutes les primes d’assurance collectées. Les assureurs sont généralement d’avis que l’exigence d’assurance automobile obligatoire n’est pas respectée et qu’un contrôle plus poussé doit être entrepris pour renforcer le taux de pénétration du secteur. L’industrie nationale de l’assurance estime en effet que seulement 5 % des conducteurs ont souscrit à une assurance en 2015. À l’instar des besoins de crédit pour la clientèle haut de gamme, les besoins en assurance des entreprises de grande taille semblent être satisfaits principalement par des fournisseurs  étrangers de services d’assurance ; en raison des capacités limitées des deux compagnies d’assurance locales.

La sécurité sociale

Le système de retraite de Sao Tomé-et-Principe est géré par l’Institut national de sécurité sociale (INSS) et couvre les travailleurs salariés, y compris les fonctionnaires et le personnel militaire, les travailleurs indépendants et les travailleurs domestiques. Par rapport au secteur bancaire, les actifs du système de retraite sont marginaux et le faible développement du marché financier a un impact négatif sur la gestion des liquidités et les investissements à long terme de l’INSS. Le pays a mis en place un cadre juridique pour la protection sociale en 2004 en vue de remplacer et de renforcer les deux lois précédentes de 1979 et 1990 (sécurité sociale), par la création du Conseil pour la protection sociale (SP) qui a la charge de la réglementation de ce secteur. Une politique et stratégie nationale de protection sociale (PENPS) a également été approuvée en 2014.

En 2014, le système contributif et obligatoire de prévoyance sociale couvrait 45 % de la population âgée et 12 000 cotisants actifs, dont les trois quarts étaient des fonctionnaires. Cependant, la protection sociale est structurée selon trois niveaux, à savoir : a) une assistance sociale non contributive ; b) un régime d’assurance sociale obligatoire (pension) ; et c) un régime facultatif/complémentaire non encore opérationnel. L’âge de la retraite est fixé à 62 ans, et le versement des indemnités de retraite est conditionné par au moins 180 mois de cotisations et une affiliation d’au moins 240 mois au système. L’allocation de retraite moyenne par mois est peu élevée (moins de 40 USD) par rapport au PIB par habitant (2 039 USD en 2018). Les fonds alloués à la protection sociale dans le pays semblent donc insuffisants pour offrir des prestations compatibles avec les besoins des retraités et des personnes âgées non couvertes par le système.


Liste des banques commerciales à Sao Tomé-et-Principe

BANQUES

ADRESSE

TELEPHONE

EMAIL

SITE WEB

 AFRILAND FIRST BANK

 CP 202 SAO TOME E PRINCIPE AVENIDA KWAME N’KRUMAH

 (+239) 222 67 49

 

 https://afrilandfirstbankst.com/

 BANCO EQUADOR

 Rua de Moçambique

 (+239) 2241950

 [email protected]

 saotomeprincipe.st/en/banks_24-banco-equador.html

 BANCO INTERNACIONAL DE SAO TOME & PRINCIPE

 Praça da Independência

 

 (+239) 2243100

  [email protected]

 www.bistp.st/

 COMMERCIAL BANK OF SAO TOME & PRINCIPE

 AV Marginal 12 DE Julho
1109 SAO TOME

 (+239) 227677

 

 

 ECOBANK

 Edifício HB, Travessa do Pelourinho
CP : 316

 (+239) 222 21 41
 

 [email protected]

 

 ISLAND BANK

 Rua Guiné – Bissau

 (+239) 2227491

  [email protected]

 

 ENERGY BANK

 Av. Conceição, São Tomé, Sao Tomé-et-Principe

 (+239) 222 74 84 

 

 www.energybanksaotome.comv

 TOTAL

7

     
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