Aperçu du secteur financier
Paysage économique
La République du Congo dispose d’abondantes terres arables inutilisées qui représentent environ le tiers de sa superficie totale. Elle est également dotée d’importantes ressources minières et réserves d’hydrocarbures, avec environ 1,6 milliard de barils de pétrole et 90 milliards de mètres cubes de gaz naturel. Dans l’ensemble, la forte dépendance à l’égard des ressources en hydrocarbures a entravé le développement de secteurs comme l’agriculture et la foresterie. Le pétrole brut représente 61 % des exportations du pays et 60 % de son PIB, le bois étant le deuxième produit d’exportation. Comme les autres pays de la CEMAC, le Congo est confronté à d’importants défis structurels. Le pays n’a pas bien résisté à la chute des prix du pétrole en 2014, alors que le secteur informel occupe une grande place dans l’économie locale. Trois travailleurs sur cinq (63 %) sont des travailleurs indépendants qui gèrent une entreprise sans salariés ou qui pratiquent une agriculture de subsistance. Le Congo présente des statistiques remarquables du point de vue de l’urbanisation, avec plus de 60 % de sa population vivant dans les principales villes que sont Brazzaville et Pointe-Noire. Concernant l’attractivité du climat des affaires, le Congo est classé 184e sur 190 économies selon le classement Doing Business 2018. Au cours de la même année, le pays s’est également classé au 13e rang en Afrique et au 137e rang mondial selon l’Indice de développement humain (IDH). Récemment, des réformes ont été introduites pour faciliter la conduite des affaires grâce à la réduction de l’impôt sur le revenu des entreprises, la réduction du capital minimum requis, la facilitation de l’application des clauses des contrats et l’adoption d’une loi qui réglemente tous les aspects de la médiation comme mécanisme alternatif de règlement des litiges.
Vue d’ensemble du secteur financier
Le Congo fait partie de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et son système bancaire est réglementé par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). Le secteur bancaire congolais est supervisé par la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) qui est l’organe de régulation de la BEAC. Ces pays partagent une monnaie unique et une législation financière et bancaire unifiée. Le système financier formel du Congo s’avère sous-développé. En 2017, les banques commerciales disposaient 36 succursales pour 10 000 adultes et 75 guichets automatiques pour 100 000 adultes. Le Congo se situe au bas de l’échelle en matière de facilité d’accès au crédit, se classant ainsi au 133e rang mondial sur 189 pays selon les indicateurs du classement Doing Business. Le secteur financier est également largement dominé par les banques commerciales qui sont, pour la plupart des filiales de groupes privés étrangers.
La République du Congo n’a pas de bourse des valeurs. Les entreprises congolaises avaient en principe la possibilité d’être cotées à la Bourse de Douala (DSX) ou à la Bourse des valeurs régionale de la zone CEMAC (BVMAC). Cependant, depuis juillet 2019, les 2 bourses ont fusionné : l’infrastructure du marché boursier a été domiciliée à Douala, au Cameroun, alors que le régulateur unique a été installé à Libreville, au Gabon. Les politiques monétaires et de crédit sont définies par la banque centrale régionale, la BEAC, dans le cadre de l’union monétaire. Actuellement, il n’existe pas de fonds souverain au Congo, bien qu’il soit question d’en créer un à court ou moyen terme. Une loi permettant la création d’un tel fonds souverain a été adoptée par le parlement. En octobre 2018, la note de crédit de Standard & Poor’s pour le Congo était de B- avec perspective stable, alors que celle de Moody’s pour le Congo était de Caa2 avec perspective stable également.
Le secteur bancaire
Le taux de pénétration bancaire était de 26,1 % en 2017 (contre 10 % en 2011 et 17,1 % en 2014), soit la moitié de la moyenne de l’Afrique subsaharienne. Au 31 décembre 2017, le système bancaire du pays comptait 11 banques commerciales. Le crédit mis à la disposition du secteur privé est principalement offert aux grands clients œuvrant dans les secteurs du pétrole, de la foresterie, des télécommunications, de l’import-export et des services. Les prêts bancaires à l’économie sont passés de 997,88 milliards de francs CFA (1,83 milliard USD) en 2015 à 1 805,7 milliards de francs CFA (3,31 milliards USD) en 2017 ; soit une augmentation de 81 % témoignant d’une reprise effective du financement bancaire après la chute brutale des prix du pétrole en 2014. Selon le critère de la taille, le Congo était le deuxième marché intérieur du crédit de la CEMAC en 2017, avec un volume de crédits représentant 17,1 % du total régional. Le Cameroun était le premier marché avec 30,2 % du volume des crédits de la CEMAC. Cependant, le Congo avait le ratio crédit/PIB le plus élevé de la région (38,8 %) au cours de la même année. En valeur nominale, le financement bancaire offert au gouvernement congolais était le plus important de la CEMAC en 2017 et représentait 33 % du financement total de l’économie. Entre 2015 et 2017, le Congo était également le seul pays de la région CEMAC où les crédits à moyen terme avaient un volume plus important que ceux à court et long terme.
L’économie informelle est essentiellement basée sur les transactions en espèces et les banques commerciales ne desservent qu’un petit segment du marché : 5,5 % seulement de la population adulte ayant un compte d’épargne. L’une des raisons réside dans le fait qu’il y a beaucoup de conditions administratives à satisfaire pour l’ouverture d’un compte bancaire, entraînant ainsi une augmentation de l’épargne informelle. Les Congolais ont également tendance à utiliser les comptes bancaires à des fins commerciales plus que la moyenne régionale, mais si on se réfère à l’échelle mondiale, l’accès au financement au Congo est faible dans tous les groupes démographiques. Les comptes bancaires servent également à recevoir les paiements et les salaires versés par le gouvernement, ainsi qu’à envoyer ou à recevoir des fonds venant de l’extérieur.
La part des prêts non performants dans le volume total des prêts du Congo a rapidement augmenté et est passée de 1,1 % en 2011 à 13,3 % en 2017. Les frais généraux élevés des banques du Congo sont parmi les plus élevés au monde. Cela est dû au climat défavorable pour les affaires et à l’absence de registres de crédits publics adéquats au Congo. La couverture du registre des crédits était de 11,9 % en 2017 et les exigences élevées en matière de garanties limitent également le nombre des clients des banques. La croissance et l’innovation dans le secteur financier semblent concerner davantage la microfinance et les services bancaires électroniques.
L’inclusion financière
L’inclusion financière au Congo reste limitée. Selon le Global Findex 2017, 26,1 % des adultes ont déclaré avoir un compte au Congo en 2017 et 23,3 % ont déclaré avoir un compte dans un établissement financier. En comparaison, près de 42,6 % de la population adulte en Afrique subsaharienne a déclaré avoir un compte en 2017, 32,8 % ayant un compte dans un établissement financier. Les femmes ont moins accès aux services financiers de base. Seulement 21 % des femmes adultes ont un compte dans une institution financière, alors que la moyenne de l’Afrique subsaharienne est de 36,9 %.
La microfinance
La microfinance est apparue au Congo en 1981 avec la création d’une coopérative d’épargne et de crédit (COOPEC). Le ministère du développement rural a travaillé en partenariat avec le Centre international du crédit mutuel (CICM) pour mettre en place des coopératives agricoles (COOPEC). Ce réseau COOPEC est devenu MUCODEC en 1989 (Mutuelle congolaise d’épargne et de crédit) qui est l’institution pionnière de la microfinance au Congo. Les établissements de microfinance jouent un rôle important pour les ménages pauvres et ruraux.
Au 30 juin 2017, il y avait 68 institutions de microfinance (IMF) agréées au Congo. Le pays est le deuxième plus grand marché de la microfinance de la zone CEMAC, avec un total bilan de 333 milliards de francs CFA (568 millions USD) : 39 % du des actifs régionaux de la microfinance après le Cameroun (53 %). Sur la même période, les dépôts des IMF au Congo s’élevaient à 262,1 milliards de francs CFA (447 millions USD) — 39 % du volume régional — et les encours de crédits représentaient 22 % du total régional : 87,9 milliards de francs CFA (150 millions USD). Le pays bénéficie également de la meilleure couverture de crédit (302 %) octroyé par les IMF en 2017, suivi du Tchad (177 %). Le nombre des clients a également augmenté de 11 % entre 2016 et 2017, passant de 305 061 à 338 536, tandis que le nombre d’agences d’IMF a sensiblement diminué, passant de 167 à 111. En ce qui concerne les coûts de financement dans le secteur congolais de la microfinance, les taux d’intérêt créditeurs et débiteurs étaient respectivement et en moyenne de 0,1 % et 14,1 % en 2017, tandis que les taux débiteurs et créditeurs moyens régionaux étaient respectivement de 1,9 % et 10,7 % (COBAC, 2017).
Le secteur de la microfinance au Congo est dominé par le réseau des coopératives de crédit et reste relativement concentré à Brazzaville et Pointe-Noire. Les structures de la MUCODEC représentent plus de la moitié du nombre total d’IMF. Cet acteur économique majeur au Congo a montré la voie de l’innovation avec la mise en place de la banque électronique en 2013, avec l’émission de cartes permettant aux clients de bénéficier de plus de services, notamment d’une capacité de paiement et de retrait plus importante.
La finance numérique
Grâce à la pénétration rapide de la téléphonie mobile, les services bancaires mobiles (mobile money) sont en train de devenir un produit financier novateur au Congo. Selon les chiffres de la Banque mondiale, il y avait 96 abonnés mobiles pour 100 habitants en 2017. En 2005, il n’y avait que 15 abonnés mobiles pour 100 habitants. Cependant, le marché du mobile money a été lent à se développer. Seulement 17,8 % de la population âgée de 15 ans et plus disposaient d’un compte de mobile money en 2017 : une hausse significative par rapport aux 9,2 % de 2014. Ce ratio reste inférieur aux 29,2 % et 34,4 % respectivement observés en moyenne dans les pays à faible revenu et en Afrique subsaharienne, malgré des commissions moins élevées par rapport à celles des banques traditionnelles. Les transactions d’un compte bancaire à un compte de mobile money sont gratuites. À l’inverse, les frais de transaction varient en fonction du montant transféré et oscillaient autour de 0,2 % selon les dernières données disponibles. L’opération la plus coûteuse est le retrait d’espèces, qui peut entraîner des frais pouvant atteindre 4 %. Par ailleurs, les risques liés au mobile money sont principalement opérationnels. L’opérateur de télécommunications offrant des services de mobile money doit garantir l’intégralité de l’épargne mobilisée sur un compte séquestre auprès d’une banque-partenaire.
Seulement 4 % de la population adulte utilisait une carte de débit ou de crédit pour effectuer un achat alors qu’il n’existait que 7,5 guichets automatiques bancaires (GAB) pour 100 000 adultes en 2015.
Le secteur de l’assurance
Agissant à l’échelle supranationale et couvrant l’ensemble des pays de la zone franc, la CIMA — Conférence interafricaine des marchés d’assurance — assure le suivi des activités des compagnies d’assurance au Congo. Le marché de l’assurance au Congo s’est considérablement développé ces dernières années. Trois facteurs principaux expliquent cette expansion : l’ouverture du marché à la concurrence, le développement structurel du secteur (amélioration du taux de pénétration, qui était d’à peine 0,6 % en 2012) et l’élargissement de la des exigences administratives liées à la souscription d’une assurance en 2013. En plus des polices d’assurance dédiées à la responsabilité civile automobile et aux risques de construction, des exigences d’assurance ont été imposées pour les marchandises importées, créant ainsi les conditions pour le développement de l’assurance-transport. Six compagnies opèrent désormais sur le marché, dont l’assureur étatique. Le chiffre d’affaires de l’assurance au Congo a augmenté entre 2014 et 2016, passant de 71 milliards de francs CFA (121,3 millions USD) à 94 milliards de francs CFA (160,6 millions USD). Toutefois, la mauvaise conjoncture économique causée par la chute des prix du pétrole en 2014 a eu un impact négatif sur le dynamisme du secteur en 2017 et 2018. Selon les estimations de la CIMA, le chiffre d’affaires a baissé en 2018 à 53,9 milliards de francs CFA (92,1 millions USD). Le Congo est le troisième marché d’assurance de la CEMAC selon le critère du volume d’activités, avec 15,4 % de parts de marché en 2018, derrière le Cameroun (54,1 %) et le Gabon (23,2 %).
Le financement de l’habitat
Selon le « Centre for Affordable Housing Finance in Africa (CAHF) », le marché du financement hypothécaire en est encore à ses débuts, mais il possède un énorme potentiel de croissance. Très peu de banques offrent des crédits à moyen et long terme. Près de 70 % des prêts, dont les crédits hypothécaires, au Congo requièrent des garanties qui dépassent parfois la valeur du prêt.
Le système de sécurité sociale
Le Congo dispose d’une Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) supervisée par le ministère du Travail et de la Sécurité Sociale. Elle est régie par la loi sur la sécurité sociale de 2011 et la loi sur les retraites et les risques professionnels de 2012. La couverture s’applique aux employés des secteurs public, semi-public et privé, y compris les apprentis, les membres des coopératives et les employés temporaires. Les travailleurs indépendants peuvent opter pour une couverture facultative. Les employés contribuent à hauteur de 4 % de leur rémunération et les employeurs 8 %. Il existe également un second établissement en charge des retraites : la Caisse de retraite des fonctionnaires (CRF). Les deux structures traversent une situation financière fragile. Les faiblesses et dysfonctionnements de ces fonds ont été mis en évidence dans le cadre d’audits récents commandités par le gouvernement. Les cotisations ne peuvent plus couvrir les prestations qui sont financées en partie par des subventions publiques. Pour assurer une meilleure couverture, le gouvernement a entrepris de nombreuses réformes au sein des deux fonds de pension afin d’adapter le cadre réglementaire, de mieux organiser l’audit des arriérés de l’État vis-à-vis de ces deux fonds et renforcer les mécanismes de contrôle. Le gouvernement entend finaliser cette réforme au cours des prochaines années.
Liste des banques commerciales du Congo
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BANQUES |
ADRESSE |
TELEPHONE |
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SITE WEB |
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CREDIT DU CONGO |
Avenue Amilcar CABRAL |
(+242) 22.281.07.14 |
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CREDIT LYONAIS |
B.P 1312 Pointe-Noire |
(+242) 94 20 00 |
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LA CONGOLAISE DE BANQUE |
AVENUE AMILCAR CABRAL BRAZZAVILLE CONGO, BP: 2889 Brazzaville |
(+242) 81 09 56 |
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BGFI BANK CONGO |
BOULEVARD DENIS SASSOU NGUESSO BP: 14579 Brazzaville, CONGO |
(+242) 06 632 65 |
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BANQUE COMMERCIALE INTERNATIONALE |
AVENUE AMILCAR CABRAL, BP: 147 BRAZZAVILLE |
(+242) 81 58 33 |
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BANQUE POSTALE DU CONGO |
BOULEVARD DENIS SASSOU NGUESSO BRAZZAVILLE, BP: 37 |
(+242) 05 38 85 |
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ECOBANK |
BP 2485 BRAZZAVILLE CONGO |
(+242) 66 21 09 |
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BANQUE SINO CONGOLAISE POUR L'AFRIQUE |
BP 199 Brazzaville, CONGO |
(+242) 223 30 38 |
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MUTUELLES CONGOLAISES D'EPARGNE ET DE CREDIT |
B.P : 13237 Brazzaville |
(+242) 81 07 57 |
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BANQUE CONGOLAISE DE L'HABITAT |
AVENUE AMILCAR CABRAL, BP: 987 BRAZZAVILLE |
(+242) 28 12 58 |
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UNITED BANK FOR AFRICA |
BP 13 534 BRAZZAVILLE |
(+242) 06 923 60 |
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BANQUE ESPIRITO SANTO |
AVENUE AMILCAR CABRAL, BP: 2057 BRAZZAVILLE |
(+242) 53 10 87 |
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SOCIETE CONGOLAISE DE FINANCEMENT ET DE PARTICIPATION |
B.P : 899 Pointe-Noire |
(+242) 667 10 44 |
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SOCIETE GENERALE CONGO |
BP 598 BRAZZAVILLE |
(+242) 65 04 22 |
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TOTAL |
14 |
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