Aperçu du secteur financier

Paysage économique

La République centrafricaine (RCA) est un pays enclavé situé au cœur du continent africain. Avec le soutien des bailleurs de fonds internationaux, elle s’est engagée dans un programme de relance économique. En dehors de ses importantes dotations en terres arables, la RCA dispose de ressources naturelles comme le bois, l’or et le diamant. Au cours des dernières années, le secteur de l’agriculture a contribué à plus de la moitié du PIB pendant que le bois et le diamant génèrent l’essentiel des recettes d’exportation, suivis par le coton. La dégradation du climat sécuritaire et politique explique la stagnation de la croissance entre 2016 et 2017. La croissance réelle du PIB en 2017 était estimée à 4,5%, ce qui témoigne d’une certaine reprise sur le plan économique même si la prévision de croissance à 5,3 % n’a pas pu être atteinte. La dette publique qui représentait 56,2% du PIB en 2016 a baissé à 51,8% en 2017, en raison de l’apurement de la dette intérieure. Cependant, la RCA court toujours un sérieux risque de surendettement. Le classement Doing Business 2018 de la Banque mondiale témoigne d’une légère amélioration de l’environnement global des affaires en RCA (183e sur 190 pays). Malgré tout, la RCA a enregistré une mauvaise performance en comparaison avec la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC) et l’Afrique subsaharienne. L’amélioration de l’environnement des affaires représente effectivement une priorité gouvernementale. Le gouvernement a introduit des réformes en vue de faciliter la création d’entreprises, l’exécution des contrats, ainsi que l’accès au crédit. À cette fin, le Gouvernement a renforcé le code des investissements en 2018 et il est en train de finaliser le cadre réglementaire régissant les partenariats public-privé. De même, il est prévu que le code minier soit révisé pour le rendre conforme aux normes internationales.

Vue d’ensemble du secteur financier

Le secteur financier de la RCA est le plus petit de la zone CEMAC et ne représente que 17,6% du PIB ; il est également largement sous-développé et ne joue qu’un rôle limité en soutien à la croissance économique. Le secteur est également considéré comme fragile en raison de l’importance des prêts non performants, de et d’une forte exposition des banques au secteur public. Ces 2 (deux) situations menacent la solidité du secteur bancaire domestique. Depuis quelques années, les établissements financiers ont recentré leurs activités dans la capitale, Bangui, pour des raisons de sécurité. Bien que le secteur ait connu une expansion modérée ces dernières années, les niveaux d’intermédiation financière sont parmi les plus bas du monde, et le crédit à l’économie, qui était de 15% du PIB en 2014, ne représentait que 12,9% du PIB en 2017. La profondeur financière en RCA est relativement faible, en particulier pour ce qui est de la mobilisation des dépôts. Selon le Global Financial Development Data (GFDD, 2018) de la Banque mondiale, la part des dépôts du système financier dans le PIB du pays était de 12,1% en 2015 (la dernière année pour laquelle des données sont disponibles), la deuxième plus faible en Afrique après le Tchad. En décembre 2017, le taux d’intérêt débiteur en RCA était de 15,5% et le taux d’intérêt créditeur était de 2,5%. Le taux créditeur s’est établi en moyenne à 5,6% de 1980 à 2015, atteignant un sommet historique de 8,08% en 1994 et son niveau le plus bas, à 2,45%, en 2015.

Avec moins de 15% de la population totale détenant un compte bancaire, l’accès aux services financiers est extrêmement limité en RCA. Les institutions de microfinance ne représentent que 1% du total des crédits à l’économie, et desservent 0,5 % de la population. Le faible taux de pénétration de la téléphonie mobile — qui s’établit à 30 %, soit un pourcentage nettement inférieur à celui du reste du continent — freine l’expansion potentielle de l’accès aux services financiers grâce à la technologie mobile.

Il n’y a pas de bourse des valeurs dans le pays, mais les entreprises centrafricaines ont en principe accès à la bourse des valeurs mobilières d’Afrique Centrale (BVMAC) basée au Gabon et à la bourse de Douala (DSX). Cependant, depuis juillet 2019, les 2 bourses ont fusionné : l’infrastructure du marché boursier a été domiciliée à Douala, au Cameroun, alors que le régulateur unique a été installé à Libreville, au Gabon.

Le secteur bancaire

À fin décembre 2017, le système financier centrafricain comprenait quatre banques commerciales (détenant environ 93 % des actifs du système financier total) avec 0,70 agence bancaire pour 100 000 adultes (contre 0,94 en 2014). Les principaux secteurs bénéficiaires des prêts bancaires en 2017 ont été le commerce (20 %) et les transports et les communications (16 %). L’encours des prêts à l’économie s’est élevé à 491 millions USD, un niveau relativement stable par rapport à 2015 et 2016. Les banques restent suffisamment capitalisées et le volume des prêts non performants (PNP) représentait environ 22 %, contre 31 % fin 2015. Les secteurs minier, manufacturier et immobilier ont les ratios de PNP les plus élevés, atteignant plus de 50 % du montant brut des prêts. Les quatre banques de la RCA ont mis en œuvre les principales recommandations de la COBAC, l’autorité régionale de supervision du secteur bancaire, concernant la gouvernance et le respect des normes prudentielles. Cependant, la mise en œuvre des recommandations relatives au contrôle interne et à la lutte contre le blanchiment d’argent, y compris l’identification des utilisateurs des services bancaires mobiles et la mise à jour du système informatique par les banques, accuse un certain retard.

L’inclusion financière

Les données du Global Findex 2017 montrent que le pourcentage des adultes qui utilisent des services bancaires, financiers et de mobile money est passé à 14 % entre 2011 et 2017.

La microfinance

Ces dernières années, l’accès au crédit en RCA a été renforcé grâce à un programme de microfinance établi par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) au profit des entrepreneurs. Le PNUD a ouvert une institution financière appelée Gogoro qui offre aux usagers la possibilité d’économiser de l’argent en toute sécurité et d’avoir accès au crédit. Le programme de microcrédit aurait sauvé de nombreuses personnes de la faim et des privations.

Au 31 décembre 2017, il n’y avait que 24 institutions de microfinance (IMF) agréées sur un total de 857 IMF dans la Communauté des États de l’Afrique centrale (CEMAC). En matière de microfinance, la RCA est un marché de petite taille au sein de la zone CEMAC avec des dépôts, des prêts à la clientèle et un bilan total ne représentant respectivement que 2 % (23,5 millions d’USD), 1 % (6,9 millions d’USD) et 2 % (29,8 millions d’USD) des volumes totaux dans la région. Les données de 2016 montrent qu’il n’y avait que 14 142 clients des IMF (0,8 % de la clientèle des IMF dans toute la CEMAC).

La finance numérique

Il y a 3 opérateurs de téléphonie mobile — NationLink Telecom RCA, le plus grand opérateur, Telecel Centrafrique et Orange. Seul Orange fournit des services financiers mobiles. L’activité domestique est modeste avec 3 046 personnes ayant un compte actif en 2017. Par ailleurs, l’expansion des services financiers mobiles reste entravée par plusieurs contraintes. Depuis 2016, les services de télécommunications et de technologies de l’information et de la communication se sont légèrement améliorés, mais le coût des communications reste relativement élevé par rapport au pouvoir d’achat de la population. Cela peut s’expliquer en partie par l’absence de concurrence sur le marché, mais aussi par l’environnement réglementaire souvent contraignant qui rend difficile l’obtention de la licence. En outre, alors qu’une faible proportion de ménages et d’entreprises peuvent se permettre un service Internet dans les grandes villes, les zones rurales et les petites villes restent soumises à une couverture géographique limitée et à une qualité de service variable.

Toutefois, la possession des téléphones compatibles avec Internet s’est rapidement accrue ces dernières années et le gouvernement s’est déjà engagé auprès du FMI à étendre les services financiers dans tout le pays et à accélérer l’inclusion financière en s’appuyant sur les technologies financières, notamment les services  financiers mobiles.

Le secteur de l’assurance

L’industrie de l’assurance en RCA est sous-développée. Le secteur est régulé par la Conférence interafricaine des marchés d’assurance (CIMA), qui est chargée de la régulation du secteur de l’assurance sur l’ensemble de la zone franc CFA. Selon la Fédération des sociétés d’assurances de droit national africaines (FANAF), il n’y avait que deux compagnies d’assurance opérant dans le pays en 2017 (contre trois auparavant). Sunu Assurance détient 51,7 % du marché et Allianz Centrafrique Assurances 48,3 %. Cette concurrence limitée entre les assureurs s’est traduite par un manque d’innovation en matière de produits proposés à la population.

La distribution des produits d’assurance est également défaillante. Le réseau de distribution dans le pays se compose principalement des compagnies d’assurance, des courtiers et des plateformes de commerce électronique.

Le système de sécurité sociale

Il existe une Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) dédiée à la gestion du système de retraite. La CNSS est supervisée par le ministère de l’Administration publique et de la Sécurité sociale. L’âge légal de la retraite est fixé à 60 ans. Le système couvre les salariés et exclut les entrepreneurs qui travaillent pour leur propre compte. Les taux des cotisations pour la retraite se présentent comme suit : 4% à la charge de l’employeur, et 3% à la charge de du salarié, cependant la CNSS prélève au total 19% comme part patronale (à la charge de l’employeur) et 3% à la charge du salarié pour couvrir l’ensemble des prestations sociales, dont les risques professionnels, les prestations familiales et de maternité.


Liste des banques commerciales en Centrafrique

BANQUES

ADRESSE

TELEPHONE

EMAIL

SITE WEB

BANQUE POPULAIRE MAROCO CENTRAFRICAINE

 BPMC - Rue Guerillot - BP 844 Bangui - République Centrafricaine

 (+236) 21 61 31 90

 [email protected]

 

 BANQUE SAHELO-SAHARIENNE POUR LE COMMERCE ET L'INVESTISSEMENT

 Centre ville Avenue du Tchad
Angle Avenue du Président Mobutu PK 0
BP 864 Bangui République Centrafricaine

  (+236)21 61 27 48

 [email protected]

 www.bsicbank.com/centralafrica/

 COMMERCIAL BANK CENTRAFRIQUE

 B.P 59 Bangui, République Centrafricaine

 (+236) 21612990

 [email protected]

  www.cbc-bank.com

 ECOBANK

 B.P 910 BANGUI

 (+236) 21 61 00 42

 [email protected]

 www.ecobank.com.

 CREDIT MUTUEL DE CENTRE AFRIQUE

 BP 2022
Bangui

 (+236) 21 61 77 70

 

 

 CAISSE NATIONALE D'EPARGNE

 Rue Degrain
Bangui 

 (+236) 21 61 22 96

 

 

 BANQUE DE CREDIT AGRICOLE ET DE DEVELOPPEMENT

 1, Place de la République BP 801 Bangui

 (+236) 21 61 32 00

 [email protected]

 

 BANQUE INTERNATIONALE POUR LA CENTRAFRIQUE

 BP 910
Bangui

 (+236) 21 61 00 42

 [email protected]

 

TOTAL

8

     
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Source

En bref

En bref Source
Population (2019): 4 745 185
PIB par habitant (USD courant) - 2019 - (Moyenne mondiale:10 721,61): 467,90
Population détenant un compte dans une institution financière (%) (age: 15+) - (2014 vs 2017): 14% (2017)
Crédit dédié à l'agriculture (Agriculture, foresterie et pêche) / Part de l'agriculture dans le PIB (2015): n/a
Stratégies d'inclusion financière: n/a
Crédit domestique fourni par le secteur financier (% du PIB) - 2017: 28,18
Paiements numériques effectués ou reçus au cours de l'année précédente (% age 15+) (2014 vs 2017): 9% (2017)
Transferts d'argent reçus en % du PIB - 2017: n/a
Taux d'intérêt hypothécaire / Durée du prêt hypothécaire (années): 15% | 10

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avr 09, 2024 | Agence Ecofin
Dans son premier rapport de notation souveraine de la République centrafricaine pour l’année 2023, l’agence de notation Bloomfield Investme