Aperçu du secteur financier

Paysage économique

Le Niger est l’une des économies les moins avancées de la région ouest-africaine et du globe. En 2017, selon le critère de l’indice de développement humain (IDH) et à l’échelle mondiale, le pays était classé au 187ème rang sur 188 pays. Le Niger connait un important déficit en termes d’infrastructures de base. La forte natalité et la population essentiellement jeune accroit les besoins sociaux et économiques. Les importantes réserves minières constituent toutefois une opportunité de développement industriel à moyen et long terme. Le pays est le quatrième producteur mondial d’uranium et a amorcé son exploitation pétrolière en 2012. Le secteur secondaire a contribué à hauteur de 17% du PIB en 2017. Même s’il est toujours fortement tributaire de la pluviométrie, le secteur agricole est le plus grand pourvoyeur d’emplois pour la population active et a contribué au PIB à hauteur de 38% en moyenne entre 2014 et 2017. Depuis quelques années, les dépenses publiques d’investissement ont alourdi la dette publique dont le ratio sur le PIB est passé de 33,7% à 51,1% entre 2014 et 2017. Enfin, tout comme les fluctuations des prix des matières premières, le climat sécuritaire, perturbé par la présence de groupes terroristes dans les pays voisins et dans les zones frontalières, constituent également des défis pour la maîtrise des dépenses publiques.

Vue d’ensemble du secteur financier

Pays-membre de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), le Niger partage une monnaie commune, une même banque centrale (BCEAO) et un ensemble de dispositifs juridiques et institutionnels avec les pays suivants: Bénin – Burkina Faso – Côte d’Ivoire – Guinée-Bissau – Mali  – Sénégal et Togo. Ces institutions financières interagissent dans un cadre harmonisé autour d’instances communautaires assurant la régulation et la supervision du secteur dans son ensemble. La BCEAO assure la réglementation des banques, des établissements financiers «à caractère bancaire» et des Institutions de Microfinance (IMF) de grande taille. Les autres IMF sont supervisées par une cellule dédiée du ministère des finances. Les secteurs de l’assurance et des marchés de capitaux sont respectivement régulés et supervisés par la Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurance (CIMA) et le CREPMF (Conseil Régional de l’Epargne Publique et des Marchés Financiers). Enfin, la Conférence Interafricaine de la Prévoyance Sociale (CIPRES) régule et supervise le système de retraite nigérien.

Le taux de bancarisation au Niger n’est que de 6,3%, le plus faible des 8 pays de l’UEMOA. Les principaux acteurs du secteur financier nigérien sont les banques commerciales au nombre de 12 en 2016, ainsi que 3 établissements financiers spécialisés à caractère bancaire. La taille des actifs bancaires équivaut à environ 32% du PIB en 2016, soit 1392 milliards de FCFA. Les banques sont suppléées par les institutions de microfinance (IMF) qui desservent essentiellement les populations à revenus faibles et modestes, y compris celles en zones (péri)urbaines et rurales. La part de marché des IMF est évaluée à 37,5 milliards de FCFA en 2016, soit 8,4% du PIB de la même année. Celles-ci couvrent 10,9% de la population adulte alors que le taux global de pénétration des services financiers est de 24,1% en 2016. La pénétration des services de mobile money et d’assurance reste plutôt faible et le marché financier régional est principalement sollicité par le trésor public nigérien, au détriment des firmes du secteur privé. Seule la succursale du groupe bancaire BOA est cotée sur le marché régional de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM).

Secteur bancaire                                                                                                                     

Structure du marché bancaire – Bien qu’étant le principal pourvoyeur de financements dans l’économie, le secteur bancaire domestique s’avère marginal par rapport au marché de l’UEMOA: il ne représente que 4,3% du total des actifs dans la sous-région. Les 3 principaux groupes bancaires sont des institutions à capitaux majoritairement africains: la Bank of Africa (BOA), la SONIBANK et ECOBANK dont les bilans atteignent respectivement 287 milliards de FCFA, 263 milliards de FCFA et 225 milliards de FCFA. 

Structure des crédits et dépôts – L’encours des crédits à l’économie a progressé de 617 milliards de FCFA à 801 milliards de FCFA entre 2014 et 2016, soit une progression annuelle moyenne d’environ 14% sur cette période. Environ le quart (26,6%) des crédits sont consacrés au financement des besoins de trésorerie des entreprises. Un peu plus de la moitié (51,5%) des financements sont alloués aux dépenses de consommation. Compte-tenu de l’ampleur des besoins d’investissement en infrastructures et dans les secteurs-clés de la croissance au Niger, les banques ont été invitées à financer davantage l’investissement privé. Les dépôts bancaires ont baissé entre 2014 et 2016, en raison de la baisse de la contribution des ménages.

Taux d’intérêt – Sur la même période, les banques ont augmenté les taux créditeurs appliqués aux dépôts des particuliers qui représentent la majeure partie de la clientèle locale, afin d’inverser la tendance à la baisse de d’épargne collectée. Quant aux taux débiteurs, le Niger affiche un taux relativement plus élevé que la moyenne de l’UEMOA. Bien que ce taux ait connu une baisse entre 2015 et 2016, il s’élevait à 9,9% en 2016 au Niger alors qu’en Côte d’Ivoire et au Sénégal, principales économies de l’UEMOA, ce taux oscillait entre 5% et 6%.

Solidité financière du secteur bancaire Les créances en souffrance ont augmenté de 80% entre 2015 et 2016 pour se situer à 53 milliards de FCFA, sans affecter significativement la profitabilité : les bénéfices et le produit net bancaire du secteur ont respectivement atteint 23,4 milliards et 92 milliards de FCFA en 2016. Les fonds propres nets des banques ont faiblement augmenté (+6,6%) sur la période.

Inclusion financière

Le taux d’inclusion financière au Niger s’élève à 15,5% en 2017 alors qu’il n’était qu’à 6,7% en 2014. Même si le pays a plus que doublé le niveau de l’accès aux services financiers en 3 ans, ses performances sont largement en dessous des moyennes de l’Afrique subsaharienne et des pays à faible revenu qui atteignent respectivement 42,6% et 34,9% en 2017. L’inclusion financière au Niger est historiquement stimulée par les IMF de type mutualiste ou coopératif. Les services financiers numériques présentent un potentiel largement sous-exploité pour l’expansion et l’accessibilité des services financiers en milieu rural.

Secteur de la microfinance

A l’instar des pays de l’UEMOA, les mutuelles ou coopératives d’épargne et de crédit jouent le rôle de pionnières de la microfinance. Le développement récent de structures spécialisées sous la forme juridique de société anonyme (SA) contribue aussi à l’amélioration de l’offre de services des institutions de microfinance, même si la couverture géographique demeure plutôt inégale sur l’ensemble du territoire national. En effet, deux SA – Asusu et Taanadi – dominaient le secteur en 2015 avec un portefeuille de microcrédits couvrant plus de la moitié du marché national. Le Niger comptait 40 institutions de microfinance en 2016 alors qu’on en dénombrait 112 entités en 2007. Cette baisse du nombre d’IMF est la conséquence du resserrement de certaines dispositions réglementaires de la loi de 2007 sur la microfinance dans l’UEMOA qui ont, à leur tour, négativement impacté le développement des réseaux d’agences voire la pérennité des activités de certaines IMF. Le secteur concentre néanmoins une part importante de l’activité financière, les IMF collectant 24,4 milliards de FCFA en dépôts et allouant 28,7 milliards de FCFA de crédits. Le secteur de la microfinance contribue à hauteur de 59% au taux d'utilisation des services financiers au Niger.

Finance numérique

Au Niger, comme dans l’UEMOA, l’accès aux services financiers digitaux est principalement stimulé par le mobile money, dont l’essor est lui-même fortement corrélé au taux de pénétration de la téléphonie mobile, estimé en 2018 à 45,5% par l’autorité de régulation (Autorité de Régulation des Télécommunications et de La Poste du Niger -ARTP). Néanmoins, avec seulement 2,2 millions de souscripteurs de comptes de mobile money représentant 10% du marché potentiel, le Niger est le pays le moins performant de l’UEMOA en matière de mobile money, si on tient compte des critères de l’accessibilité (6% du marché régional) et de la taille de la population. Le cadre réglementaire de la monnaie électronique y a été adopté en 2006 et a été mis à jour en 2015 par la BCEAO.

Par ailleurs, les données sur l’inclusion financière indiquent qu’en 2016, seulement 3% d’adultes disposent de comptes de mobile money et 13,2% de ces comptes sont activement utilisés. Quant à la disponibilité des guichets automatiques bancaires (GAB), elle s’avère très faible : Environ 54 GAB sont disponibles pour 100 000 habitants.

Transferts de fonds des migrants

Au Niger, le transfert d’argent est une activité dévolue aux établissements de crédit, aux systèmes financiers décentralisés et aux services financiers de la Poste. Ces établissements financiers contribuent significativement au développement économique du pays en plus des emplois créés et facilitent la bancarisation des agents de l’Etat dans les zones où les prestations de services bancaires sont inexistantes. L’activité de transfert d’argent est conditionnée par une autorisation préalable délivrée par le ministère des finances ou un mandat donné par une banque de la place.

Secteur des assurances

Le Niger est membre de la CIMA qui assure la régulation et la supervision du secteur des assurances dans 14 pays-membres. Deux compagnies d’assurance-vie et 6 sociétés d’assurance non-vie se partagent le marché. Le secteur de l’assurance est encore faiblement développé au Niger. Les actifs cumulés des compagnies d’assurances équivalaient à environ 1% du PIB en 2013 et les primes d’assurance-vie et non-vie collectées en représentaient respectivement 0,11% et 0,6% en 2015. En Afrique subsaharienne (hors Afrique du Sud), en 2014, les actifs d’assurance représentaient environ 4,1% du PIB tandis que les primes d’assurance-vie et non-vie en constituent 0,8%.

Marché des capitaux

Le marché des capitaux est essentiellement animé par les émissions obligataires souveraines et seule la filiale nigérienne d’un groupe bancaire sous-régional (BOA) est cotée à la BRVM.

Financement de l’habitat

Le développement de cette niche sectorielle est limité par le faible niveau du revenu moyen au Niger. L’offre immobilière restreinte et les insuffisances du secteur bancaire à mobiliser des financements de long terme ne favorisent pas la stimulation du marché hypothécaire domestique. Selon le Centre pour le financement du logement abordable en Afrique (CAHF), l’offre hypothécaire est très souvent garantie par les employeurs et limitée aux employés d’entreprises du secteur formel et d’organisations internationales. Les taux d’intérêt appliqués varient entre 6,5% et 9% avec une maturité pouvant atteindre 20 ans. La proportion des ménages pouvant s’offrir un logement social s’élève à 6%.

Système de prévoyance sociale

Le système de retraites est géré par deux institutions : le Fonds national de retraite (FNR) dont l’affiliation est réservée aux fonctionnaires, et la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) qui assure le paiement des allocations-vieillesse aux travailleurs du secteur privé formel, aux agents des structures parapubliques et aux travailleurs contractuels du secteur public qui n’ont pas le statut de fonctionnaire. Le système contributif des retraites au Niger ne couvre que 3% de la population active pendant que le taux de dépendance se détériore en raison de la création limitée de nouveaux postes dans l’administration publique et de l’élargissement du secteur informel. Pour pallier ces déséquilibres, un projet de réforme du secteur a été initié par les pouvoirs publics, en partenariat avec la Banque mondiale, et a abouti à la fusion des régimes public et privé de retraite en une seule institution : la Caisse autonome des retraites du Niger (CARENI).

Le profil régional du secteur financier de l'UEMOA est disponible ici


Liste des banques commerciales au Niger

BANQUES

ADRESSE

TELEPHONE

EMAIL

SITE WEB

SONIBANK

 Avenue de la Mairie Niamey - BP 891 Niamey Niger 

 (+227) 20 73 64 73

 sonibank@sonibank.net

 https://www.sonibank.com/

BANK OF AFRICA

 Rue du Gaweye
BP 10 973, Niamey-Niger

 (+227) 20 73 36 20/ 21

 information@boaniger.com

 https://www.boaniger.com/

ECOBANK

 Angle Boulevard de la Liberté BP 13 804 Niamey Niger

 (+227) 20 73 11 66                                     

 

 
www.ecobank.com

BANQUE ATLANTIQUE NIGER

 Rond Point de la Liberté - BP Niamey niger 

 (+227)  20 73 98 58

 ban@banqueatlantique.net

 https://www.banqueatlantique.net/ner/
 

BANQUE AGRICOLE DU NIGER

 Avenue de l'OUA Place TOUMO NIAMEY
BP 12 494

 (+227) 20 73 13 50
(+227) 20 34 04 46

 bagri@bagriniger.ne

 

BANQUE DE CREDIT NATIONAL

 BP : 11.363, rue du Combattant n° NB-42

 (+227) 20 73 39 14 

 info@bcn.ne

 

BANQUE COMMERCIALE DU NIGER

 Rue du combattant,, Niamey

  (+227) 20 73 39 14

 courrier@bcn.ne

 http://www.bcn.ne/

CREDIT MUTUEL DU NIGER

 Rue de la Liberté BP 11499

 (+227) 20 34 00 46

 contact@creditmutuelniger.com

 http://unioncmn.com/presentation.php

 BANQUE INTERNATIONALE POUR L'AFRIQUE NIGER

 Avenue de la MAIRIE
BP :10.350, Niamey-Niger

 (+227) 20 73 31 01
 (+227) 20 73 31 02

 bia@bia-niger.com

 www.bianiger.com

 ORABANK

 Avenue de l'Amitié-Niger
BP : 10.584

 (+227) 20 73 95 47

 

 https://www.orabank.net/fr/filiale/niger

 BANQUE REGIONALE DE SOLIDARITE

 BP 10584
Niamey

 (+227) 20 72 58 63

 

 www.groupebrs.com

BANQUE SAHELO SAHARIENNE POUR L'INVESTISSEMENT ET LE COMMERCE

 193, rue de la Copro-Maourey, Commune III
BP. 12.482, Niamey

 (+227) 20 73 99 01

  bsic@intnet.ne

 bsicbank.com/niger/

COMPAGNIE BANCAIRE DE L'AFRIQUE DE L'OUEST

 Quartier Terminus, rue Henrich LUBKE parcelle n° 7
BP. : 11 208

 (+227) 20 73 98 10

 cbao@cbaoniger.ne

 https://www.cbao.sn/fr/succursales-filiales
 

BANQUE ISLAMISQUE DU NIGER

 Siège social : Niamey-Bas, Immeuble BIN, rue de Gawèye - NB 31
Niamey

 (+227) 20 73 27 40

 bin@bin-bank.ne

 
www.ta-holding.com

BANQUE ISLAMIQUE DU NIGER POUR LE COMMERCE ET L'INVESTISSEMENT - BINCI

 BP 12754
Niamey

 (+227) 20 73 27 30

 binci@intnet.ne

 

TOTAL

15

     
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Source

En bref

En bref Source
Population (2019): 23 310 710
PIB par habitant (USD courant) - 2019 - (Moyenne mondiale:10 721,61): 554,60
Population détenant un compte dans une institution financière (%) (age: 15+) - (2014 vs 2017): 7% | 16%
Crédit dédié à l'agriculture (Agriculture, foresterie et pêche) / Part de l'agriculture dans le PIB (2015): 0,01
Stratégies d'inclusion financière: Stratégie Nationale de la Finance Inclusive (SNFI) 2018-2020 (published Feb 2018)• La Stratégie régionale d’inclusion financière dans l’UEMOA (published 2016)
Crédit domestique fourni par le secteur financier (% du PIB) - 2017: 21,43
Paiements numériques effectués ou reçus au cours de l'année précédente (% age 15+) (2014 vs 2017): 5% | 13%
Transferts d'argent reçus en % du PIB - 2019: 0.031
Taux d'intérêt hypothécaire / Durée du prêt hypothécaire (années): 10.50% | 9 ans

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juil 22, 2020
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