Aperçu du secteur financier

Paysage économique

Ancienne colonie portugaise et pays membre de la Communauté de Développement de l’Afrique Australe (SADC), le Mozambique est classé parmi les pays à faible revenu avec un Produit Intérieur Brut (PIB) par habitant équivalent à 490 USD en 2018, l’un des plus bas au monde. Le pays dispose cependant d’environ 150 000 milliards de pieds cube de réserves prouvées de gaz naturel, faisant du pays la troisième plus grande réserve de gaz naturel sur le continent africain (après le Nigeria et l'Algérie) et la douzième au monde. Il dispose également d’un potentiel hydroélectrique important et d’une situation géographique favorable permettant l’accès maritime à plusieurs pays enclavés. Malgré ses atouts, le Mozambique demeure particulièrement vulnérable aux catastrophes naturelles (cyclones, inondations et sècheresse) qui y sont régulières. Après s’être remis d’une guerre civile qui a duré 16 années et pris fin en 1992, le pays a renoué avec la croissance économique et vu son PIB croitre à un rythme moyen de  7,8% sur la période 2001-2015. Les investissements à forte intensité capitalistique dans le secteur extractif ont contribué à stimuler la demande intérieure, favorisant les conditions d’une croissance rapide. L’agriculture, dont la part dans le PIB est passée de 29,5% en 2010 à 23,5% en 2017, tient davantage à des méthodes de production extensive ou de subsistance, alors qu’elle est la principale source d’emploi du pays (environ 75% de la population). La croissance moyenne du PIB a ralenti entre 2016 et 2019 pour se situer à 3,1%. Ce fléchissement est imputable à plusieurs facteurs, notamment la baisse des cours des principaux produits de base (charbon, aluminium et tabac) ayant induit une réduction des recettes d’exportation, et les catastrophes naturelles qui ont fortement ralenti les efforts de redressement économique du pays. En outre, la perte de confiance des bailleurs internationaux engendrée par la révélation, en 2016 de « dettes souveraines cachées » a entrainé une importante crise financière et négativement affecté la demande intérieure. Selon le FMI, le stock de dette publique qui a atteint environ 110,5% du PIB en 2018 continue de fragiliser l’économie.

L’environnement des affaires demeure peu attractif. Selon le rapport Doing Business de la banque mondiale, le pays occupe la 138ème place en 2019 (sur 190 économies), perdant 3 places par rapport à 2018. La pauvreté reste élevée (48,4% de la population en 2015) bien qu’elle ait relativement baissé par rapport à 2009 (58,7%). Enfin, les autorités ont doté le pays d’une stratégie de développement à long terme sur la période 2015-2035, mise en œuvre à travers des programmes quinquennaux. L’objectif de cette stratégie est l’amélioration des conditions de vie de la population par le biais de la transformation structurelle de l’économie, de l’expansion et de la diversification de la production nationale.

 

Vue d’ensemble du secteur financier

Le secteur financier domestique comprend 19 banques commerciales, 9 micro-banques, 24 bureaux de change, 3 fournisseurs de services de mobile money, 21 compagnies d’assurance et plusieurs fonds de pension. Il existe 4 coopératives d’épargne et de crédit et 69 institutions financières spécialisées dans le microcrédit.

Le secteur financier reste encore peu développé. Il est dominé par un secteur bancaire limité dans sa capacité à financer efficacement le secteur privé, alors que le marché des capitaux est encore à un stade embryonnaire. Afin de consolider la stabilité du secteur financier, d’importantes réformes ont été entreprises. Il s’agit notamment de la mise en œuvre de la surveillance basée sur le risque par la banque centrale, conformément aux accords de Bâle II, et du renforcement de la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. En mai 2018, le Parlement a approuvé des amendements à la loi no 14/2013 pour la mise en œuvre intégrale des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies relatives au gel des avoirs des terroristes (résolutions 1267 et 1373).

Secteur bancaire

Structure du marché bancaire – En 2018, le secteur bancaire comprenait 19 banques contre 12 en 2005. Le pays compte également 659 agences bancaires (214 en 2005) majoritairement situées en zones urbaines (environ 71%). En 2017, les cinq plus grandes banques représentaient 81% des actifs, 81,2% des prêts et 85,3% des dépôts du secteur. La majorité des banques sont des filiales de groupes étrangers, principalement originaires du Portugal ou d'Afrique du Sud. Toutes les banques, à l’exception d’une seule, sont à capitaux privés. De nombreuses banques (au moins 9) sont de petite taille, avec un capital inférieur à 1,7 milliard MZN (27 millions USD).

Structure des crédits et dépôts du secteur bancaire Les crédits octroyés représentaient 41% du total des actifs en 2017 contre 53% en 2016. La politique monétaire restrictive récemment mise en œuvre par la banque centrale a contribué au ralentissement du crédit à l’économie qui est passé de 36,8% du PIB en 2016 à 28,1% du PIB en 2017. En outre, le coût élevé du crédit a réduit la capacité de nombreux emprunteurs à rembourser leur dette, ce qui a davantage renforcer la prudence des banques vis-à-vis des demandeurs de crédit. Le crédit au secteur privé représentait environ 26% du PIB en 2017, contre environ 35% en 2016. La hausse des taux d’intérêt a par ailleurs accru la demande des banques pour les titres d’État à court terme (bons du Trésor). Les sources de financement des institutions bancaires sont majoritairement constituées par les dépôts de la clientèle qui représentaint 84,4% de leur passif en 2017. Les dépôts à vue demeurent la principale composante des dépôts de la clientèle (63% en 2017).

Un fonds de garantie des dépôts (FGD[1]), créé par le décret no 4/2010 du 11 mars 2010, a été mis en place pour la protection des dépôts de la clientèle. L'objectif de ce fonds est de rembourser les dépôts effectués dans les banques si ces dernières s’avèrent insolvables ou font l’objet d’un retrait d’agrément. Ce fonds octroie toutefois un faible niveau de garantie par déposant (20 000 MZN soit 321,1 USD). Il est également limité dans sa portée puisqu’il concerne seulement les dépôts en monnaie locale et couvre moins de 1% des dépôts, un niveau bien inférieur à l’objectif de 3%.  En 2016, la banque centrale a retiré l’agrément attribué à Nosso Banco, une banque représentant moins de 1% des actifs du secteur. Cette révocation fait suite à une dégradation des indicateurs prudentiels et de rentabilité, en particulier la faible capitalisation et les graves problèmes de gestion (non-respect des réserves obligatoires) et de liquidité (pour le respect des engagements vis-à-vis des clients) auxquels cette banque était confrontée. Le fonds de garantie a contribué à la récupération d’une partie des avoirs des déposants auprès de cette banque.

Taux d’intérêt créditeurs et débiteurs En 2016, la banque centrale avait procédé à un resserrement de la politique monétaire afin d’atténuer les pressions inflationnistes et restaurer la stabilité macroéconomique. Depuis lors, l'inflation a baissé de manière significative passant de 25,3% en 2016 à 5,65% en décembre 2017. En avril 2019, le taux d’inflation se situait à 3,25% en glissement annuel. La baisse de l'inflation a facilité la mise en œuvre d’une politique monétaire assouplie mais prudente, afin de maintenir le taux d’inflation en dessous de 10%. Les mesures ont porté sur la réduction du taux du marché interbancaire (MIMO[2]) de 21,75% en avril 2017 à 19,5%, puis à 14,25% en fin 2018. La banque centrale a en outre rabaissé le taux de réserves obligatoires pour les engagements en monnaie locale, de 15,5% à 14% en octobre 2017. Toutefois, afin de contenir les répercussions inflationnistes sur le taux de change, elle a rehaussé le coefficient de réserves obligatoires pour les engagements en devises qui est passé de 14% à 22% en mars 2018, puis à 27% en fin 2018. Malgré ces mesures, le taux d'intérêt débiteur moyen a augmenté, passant de 21,2% en 2016 à 27,9% en 2017. Le taux d’intérêt créditeur moyen a aussi enregistré une hausse (de 10,8% en 2016 à 17,1% en 2017). Le spread d’intérêt s'est par conséquent établi à 10,8% en 2017 contre une moyenne de 6,2% en 2010-2015. Cette hausse reflète la gestion préventive des banques en matière de couverture du risque de crédit, et les problèmes structurels tels que les coûts d'exploitation élevés, le manque d'informations sur le crédit, l’insuffisance des garanties et la faible concurrence dans le secteur.

Solidité financière du secteur bancaire – L’avis no 04/GBM/2013 émis par la banque centrale constitue le cadre de référence de la mise en œuvre des règles prudentielles conformement aux principes de Bâle II. Dans le but de garantir des niveaux de liquidité et de solvabilité adéquats, la banque centrale a augmenté le ratio de solvabilité des banques qui est passé de 8% à 12% (avis no 08/GBM/2017). La banque centrale a également rehaussé le capital minimum exigé aux banques. Ce dernier est passé de de 70 millions MZN (1,1 million USD) à 1,7 milliards MZN (27,3 millions USD), une disposition (avis no 08/GBM/2017) permettant de mieux répondre aux risques inhérents à l’activité bancaire et aux conjonctures défavorables de l’économie nationale. Les banques ont jusqu’en 2020 pour se conformer à cette nouvelle exigence de capital minimum. Dans le cadre du renforcement de la supervision du secteur bancaire, la publication des rapports sur le risque systémique des banques commerciales se fait sur une base trimestrielle depuis septembre 2017. Ces dispositions ont permis au secteur bancaire de rester globalement bien capitalisé, liquide et rentable, en dépit de la détérioration du portefeuille des prêts. Le ratio d’adéquation des fonds propres est passé de 8,8% en 2016 à 23,8% en 2018, un niveau supérieur au minimum réglementaire de 12%. La fréquence des emprunts au jour le jour auprès de la banque centrale a été limitée à 2 jours par semaine, obligeant les banques à renforcer la gestion de leur liquidité. Le ratio de liquidité (au sens large) a par conséquent légèrement augmenté, passant de 37% en 2017 à 39,3% en 2018. La qualité des actifs bancaires s'est cependant considérablement détériorée, au regard de la forte augmentation du ratio des prêts improductifs. Ce dernier est passé de 5,7% en 2016 à 12,6% en 2017 avant de baisser à 11,1% en 2018. La qualité des actifs bancaires s’est détériorée sous l’effet conjugué de plusieurs facteurs dont notamment le ralentissement de la croissance économique, des taux d'intérêt réels élevés et les importants arriérés de paiement du gouvernement et des entreprises publiques. En 2017, le gouvernement a émis directement aux banques commerciales, deux séries d'obligations pour un montant total de 7,4 milliards de MZN (119,3 millions USD), soit 0,9% du PIB, en échange des emprunts d'État dont l’échéance avait expiré. Les exigences de provisionnement qu’implique la mise en œuvre de la norme IFRS 9 (effective depuis janvier 2018) ont contribué à maintenir le taux de provisionnement des prêts non performants à un niveau confortable. Ce dernier s’est établi à 95,7% en 2018 contre 87,4% en 2017. Les bénéfices du secteur n'ont pas reflété la détérioration de la qualité des actifs. Le rendement des fonds propres (ROE) et celui des actifs (ROA) se sont établis respectivement à 29,8% et 3,1% en 2018 contre 9,9% et 0,7% respectivement en 2016. L'augmentation des rendements des banques commerciales est imputable aux taux d'intérêt élevés et à la hausse des revenus tirés de la détention des titres publics et des différents de frais et commissions générés par l’activité bancaire.

Inclusion financière

Le pays dispose d’une stratégie nationale d'inclusion financière (SNIF, 2016-2022), dont l’objectif est de porter l'accès aux services financiers de la population adulte à 60% à l’horizon 2022, à travers le renforcement des infrastructures financières, la protection des consommateurs et l'éducation financière. Selon l’édition de 2017 du Global Findex de la banque mondiale, 41,7% des adultes disposent d’un compte, un niveau légèrement inférieur à la moyenne subsaharienne (42,6%). L’insuffisance des infrastructures économiques de base et financières (registres centraux de crédit ou de sûretés mobilières) constitue un obstacle à l'inclusion financière. Le coût de l’emprunt reste élevé pour les ménages, tandis que pour les banques, le tissu économique peu dense dans certaines zones rend impossible l’implantation d’agences en raison de coûts importants. En outre, les prêts au secteur agricole qui occupe une grande proportion de la population, restent particulièrement limités. Ils ne représentaient que 4% des prêts à l'économie en 2017 contre une moyenne de 12% en 2000-2010. Enfin, certaines exigences légales entravent l’inclusion financière. Il s’agit notamment de l’obligation de présenter une carte nationale d’identité à l’ouverture des comptes bancaires alors qu’environ 42% des adultes ne possèdent pas cette pièce requise. Les personnes âgées de moins de 21 ans ne sont pas également autorisées à ouvrir des comptes bancaires, une exigence excluant environ 55% de la population.

Des efforts ont été consentis pour l’amélioration de l’inclusion financière. Il s’agit notamment des programmes d'éducation financière mis en œuvre par la banque centrale depuis 2014 et portant, entre autres, sur la sensibilisation des consommateurs vis-à-vis des services financiers, la concurrence entre les prestataires de services financiers et la protection des consommateurs. Des activités de sensibilisation ont contribué à l’amélioration de l’inclusion financière en zone rurale, notamment le programme gouvernemental « un district, une agence bancaire ». Mais, les points d’accès restent toujours peu nombreux dans de nombreux districts. Seulement, 55% des 154 districts du Mozambique ont au moins une agence bancaire. L’autorisation donnée aux banques ou micro-banques de recourir aux agents bancaires, selon l’avis no 3/GBM/2015[3] du 4 mai vise également à accroitre le taux de couverture nationale des services financiers.

Finance numérique

La banque centrale est l’institution responsable de la réglementation et de la supervision du système de paiement (loi no 02/2008, du 27 février). Des progrès importants ont été accomplis dans ce secteur. Le volume des transactions traitées par le RTGS[4] a augmenté, atteignant 31,6% du PIB en 2017. En vue de libéraliser davantage le secteur, la banque centrale a annulé la limite des paiements internationaux par carte bancaire fixée à 700 000 MZN (11 292 USD) par an. En 2017, le pays comptait 1 744 guichets automatiques bancaires et 31 169 terminaux de points de vente. La finance numérique est également en pleine croissance avec l’expansion rapide des transactions par le canal du mobile money que trois fournisseurs[5] gèrent dans le pays. Selon le FMI (Financial Access Survey, 2019) le nombre de comptes mobile money a plus que doublé entre 2014 et 2018, passant de 226 comptes pour 1 000 adultes à 489 comptes pour 1 000 adultes. La valeur des transactions par mobile a atteint 18,4% du PIB en 2017 contre une moyenne de 0,9% sur la période 2014-2016. Malgré son expansion, le secteur du mobile money reste dominé par un opérateur, mPesa, qui à la mi-2018 détenait 3,5 millions de comptes actifs de mobile money. En mai 2018, le pays comptait plus de 32000 agents de mobile money.

 L'interopérabilité du système de paiement reste pour le moment quasi inexistante au niveau des paiements de détail, notamment entre les opérateurs du mobile money et les banques. Le Mozambique est le seul pays de la région de la SADC à ne pas disposer d'un système complet de règlement des fonds de grande valeur, tandis que le système RTGS attend d’être porté aux normes internationales en matière d’infrastructure des marchés financiers. Dans les zones rurales, le nombre d'agents de mobile money disposant de liquidités suffisantes demeure relativement faible, une situation réduisant le volume des transactions. Les difficultés à identifier les titulaires de compte en raison de la documentation souvent inexistante entravent également la mise en œuvre des procédures d’identification des clients (KYC - Know your customer). La préférence de la population pour les règlements en espèces des transactions, en particulier dans les zones rurales, reste importante en raison d’une insuffisance de sensibilisation sur les avantages de la monnaie électronique. Enfin, bien que le volume des transferts électroniques ait augmenté, une part importante des paiements du gouvernement à l’endroit des bénéficiaires des programmes sociaux sont encore presque exclusivement effectués en espèces.

Financement des PME

Les PME constituent plus de 95% des entreprises légales au Mozambique. Elles représentent 28% du PIB et concentrent 42% de l'emploi formel mais seulement 2% des micros, petites et moyennes entreprises (MPME) ont accès au crédit bancaire. L’asymétrie d’information, la méconnaissance de l’activité des PME et l'incertitude de la rentabilité de leurs activités (République de Mozambique, 2016[6]) poussent les banques vers d’autres opportunités commerciales plus lucratives au détriment des PME. Ces dernières, lorsqu’elles opèrent dans les zones rurales, et particulièrement dans le secteur agricole, présentent des caractéristiques qui constituent des obstacles supplémentaires en matière d'accès au crédit. Il s’agit notamment de l’insuffisance des infrastructures de stockage et de commercialisation, l’éloignement géographique entre les unités de production, et la taille relativement réduite de ces PME. Un autre risque encouru par les banques est lié à la lenteur du système administratif et judiciaire (enregistrement des garanties et recouvrement des défauts de remboursement) induisant des coûts et des risques supplémentaires. Ces facteurs renforcent la perception d'un risque de crédit plus grand vis-à-vis des PME, poussant les banques à rehausser les taux d’intérêt débiteurs.

Les assurances

Le secteur de l’assurance est étroit avec un taux de pénétration faible (1,5% du PIB en 2016 contre 1,3% en 2012). Cependant, le secteur devient de plus en plus attractif en raison de son dynamisme au cours de ces récentes années. De 12 compagnies en 2012, le secteur totalisait 21 compagnies d’assurance en 2018, avec plus de la moitié d’entre elles se spécialisant exclusivement dans la branche non-vie. Le secteur des assurances est supervisé par l’Institut de supervision des assurances du Mozambique (ISSM[7]). Les performances du secteur ont permis d’enregistrer environ 13 159 millions MZN (207,5 millions USD) de primes brutes émises en 2018, soit une augmentation de 1% par rapport à 2017. Le secteur reste concentré : les 5 premières compagnies représentant 91,7% des primes émises en 2018. Par ailleurs, la loi no 2/2003 du 21 janvier 2003 rend obligatoire l'assurance responsabilité civile automobile qui demeure le segment dominant de la branche non-vie avec 29% des parts de marché.

Les actifs du secteur des assurances ont atteint 31 247,4 millions MZN (501,5 millions USD) en 2018 tandis que les fonds propres se sont établis à 11 983,6 millions MZN (environ 192 millions USD). Les investissements du secteur, quant à eux, se sont établis à 21 651,2 millions MZN en 2018 (347,5 millions USD), dont la majorité (38,5%) dans l’immobilier. Cependant, plusieurs compagnies d'assurance demeurent sous-capitalisées. Une mesure corrective de cette situation a consisté en l’adoption, en mai 2018, d’un décret en vue d’augmenter le capital minimum requis pour les compagnies d’assurance. Ce dernier est passé de 33 millions MZN (528 865 USD) à 97 millions MZN (1,6 millions USD), les compagnies ayant 3 ans pour s’y conformer. Cette mesure vise à renforcer la solidité financière du secteur et à garantir l’indemnisation des souscripteurs. En outre, l’autonomie de l’organe de supervision, l’ISSM, demeure restreinte ; la quasi-totalité des décisions réglementaires, y compris l'application de sanctions, nécessitant l’approbation de l’autorité de tutelle qui est le ministère des finances.

Le marché des capitaux

Le marché des capitaux est embryonnaire et sa contribution en tant que source alternative de financement pour l’économie domestique est limitée. Seules 6 sociétés avaient des actions cotées en 2018 à la bourse des valeurs du Mozambique (BVM[8]), en plus de 20 obligations d'État et 13 obligations d'entreprises. En décembre 2017, la capitalisation boursière s'élevait à 1,23 milliard de dollars US (9% du PIB), dont 668 millions de dollars US (4,9% du PIB) en titres publics. La banque centrale agit en tant que régulateur et superviseur de la bourse des valeurs mobilières et est responsable de la gestion des adjudications des bons du Trésor. Pour des raisons de politique monétaire, les bons du Trésor ne sont pas cotés en bourse.

L'absence d'une communauté active spécialisée pouvant jouer le rôle de teneur de marché (courtiers) implique un maintien de l’activité boursière à un niveau extrêmement faible. Le courtage est essentiellement assuré par 12 banques commerciales. Le Mozambique se classe 25ème sur 54 pays (26ème en 2016) dans le classement annuel relatif à l’indice de développement du marché obligataire africain et publié par l’Initiative des Marchés Financiers Africains (AFMI).

La sécurité sociale

En 2016, le pays a  adopté une stratégie nationale de sécurité sociale de base (ENSSB[9]) pour la période 2016-2024. Deux régimes de protection sociale sont mis en œuvre : un régime non contributif composé des programmes d’allocations sociales de base pour les populations vulnérables, mis en œuvre par l’Institut national d’action sociale (INAS[10]) et une sécurité sociale obligatoire incluant les prestations provenant des divers mécanismes contributifs. Les organismes responsables de ce régime sont l’Institut national de sécurité sociale (INSS[11]), couvrant les salariés du secteur privé avec un taux de cotisation fixé à 7% (4% payés par l'employeur et 3% payés par le salarié), et l’Institut national de la protection sociale (INPS[12]) créé par le décret 8/2014 du 19 février et couvrant les fonctionnaires et agents de l'État. Le nombre de ménages couverts par le système de sécurité sociale de base était de 507 840 en 2017. Environ 1 400 000 travailleurs étaient couverts par le régime obligatoire en 2017, dont 47 000 étaient à la retraite. Les dépenses pour les programmes d'action sociale ont augmenté, passant de 0,24% du PIB en 2012 à 0,59% en 2017 ; l’objectif défini dans la stratégie national (ENSSB) étant d'allouer 2,23% du PIB à l'action sociale d'ici 2024.

En 2018, les cotisations d'environ 10 628 membres de fonds de pension s'élevaient à 812,6 millions de MZN (13,1 millions USD), soit une augmentation d'environ 29,7% par rapport à l'année précédente, elle-même due à l'augmentation de 32,5% du nombre de cotisants. La valeur totale des actifs des fonds de pension complémentaire est passée de 3 173,1 millions MZN (50,9 millions USD) en 2017 à 9 537 millions MZN (153 millions USD) en 2018, soit une augmentation de 49,9% imputable à l’introduction de nouveaux fonds de pension agréés. Le portefeuille d'actifs demeure encore majoritairement composé d'obligations d'État.

La couverture des régimes de retraite reste, malgré tout, limitée aux travailleurs du secteur formel et s'étend à environ 7% de la population, l’un des plus bas au niveau régional. Les efforts accomplis pour étendre la couverture aux travailleurs du secteur informel n’ont pas encore donné de résultats probants. L’ENSSB II projette de toucher environ 10% de la population d’ici 2024. Les autres défis du secteur portent sur l’absence de coordination institutionnelle des programmes de sécurité sociale et le faible recouvrement des contributions.


[1] FGD : Fundo de Garantia de Depósitos. Ce fonds est constitué d’un apport initial du gouvernement (60 millions MZN, soit environ 1 million USD), de la banque centrale (30 millions MZN, soit environ 0,5 million USD) et des primes versées par les institutions financières (15 millions MZN, soit environ 0,25 million USD). Les premières primes annuelles des banques n’ont été payées qu'en mai 2017.

[2] Mercado Monetário Interbancário de Moçambique

[3] Selon cet avis, les banques ou micro-banques peuvent, dans l’exercice de leur profession et afin d’étendre leurs activités, recourir à des agents bancaires. Ces derniers peuvent être des particuliers, des entreprises du secteur public ou privé, notamment les sociétés de téléphonie fixe ou mobile, les opérateurs de services postaux, les coopératives de crédit, ou autres entités agréées par la banque centrale.

[4] La banque centrale exploite un système de règlement brut en temps réel (RTGS), avec 16 banques connectées sur 19 au total.

[5] Les fournisseurs de service mobile money sont : mPesa de Vodacom, mKesh de mCel et eMola de Movitel. Le mobile money a été lancé en 2011 et ce secteur d’activité est supervisé par la banque centrale.

[6] República de Moçambique (2016) : “Pequenas e Médias Empresas Em Moçambique : Situação e Desafios”, Ministério da Indústria e Comércio, Março de 2016.

[7] The Instituto de Supervisão de Seguros de Moçambique

[8] Bolsa de Valores de Moçambique

[9] Estratégia Nacional de segurança social Básica

[10] Instituto Nacional da Acção Social

[11] Instituto Nacional de Segurança Social

[12] Instituto Nacional de Previdência Social


 

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En bref

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Population (2019): 30 366 036
PIB par habitant (USD courant) - 2019 - (Moyenne mondiale:10 721,61): 491,80
Population détenant un compte dans une institution financière (%) (age: 15+) - (2014 vs 2017): 42% (2017)
Crédit dédié à l'agriculture (Agriculture, foresterie et pêche) / Part de l'agriculture dans le PIB (2015): 0,15 | 0,18
Stratégies d'inclusion financière: • National Financial Inclusion Strategy 2016-2020 EN• SADC Financial Inclusion Strategy 2016-2021 EN
Crédit domestique fourni par le secteur financier (% du PIB) - 2017(% of GDP) 2017: 32,07
Paiements numériques effectués ou reçus au cours de l'année précédente (% age 15+) (2014 vs 2017)(% age 15+) (2014 vs 2017): 34% (2017)
Transferts d'argent reçus en % du PIB - 2018: 0,020
Taux d'intérêt hypothécaire / Durée du prêt hypothécaire (années): 27,5% | 25 ans

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