Aperçu du secteur financier
Paysage économique
Le secteur primaire, historiquement ancré dans l’économie malienne, a contribué à 42% en moyenne, à la formation du Produit Intérieur Brut (PIB) entre 2013 et 2017. Le pays est connu pour sa forte production de coton qui constitue le deuxième produit d’exportation. L’agriculture présente toutefois un potentiel sous-exploité en raison de la faiblesse de la productivité et de la transformation agro-industrielle. Le secteur minier est quant à lui stimulé par l’exploitation aurifère qui place le pays parmi les 3 premiers producteurs africains d’or. La production industrielle représente environ 20 % du PIB nominal entre 2013 et 2017. Le déficit en infrastructures, la diversification de l’économie et l’environnement sécuritaire sont des défis importants pour le développement. La croissance nominale du PIB a été relativement forte comparée à la moyenne africaine et mondiale, en progression annuelle moyenne de 7,9 % entre 2013 et 2017 dans un contexte de faible inflation. L’évolution de la dette publique jusqu’en 2018 et la persistance des déficits publics restent une préoccupation majeure, bien que les importants transferts des migrants et l’aide publique au développement permettent d’en atténuer l’ampleur. Des efforts importants restent à faire en termes de renforcement des cadres juridique, fiscal, financier et incitatif en vue d’améliorer le climat des affaires.
Vue d’ensemble du secteur financier
En tant que membre de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), le Mali partage une monnaie commune, une même banque centrale (BCEAO) et un ensemble de dispositifs juridiques et institutionnels avec les pays suivants : Bénin – Burkina Faso – Côte d’Ivoire – Guinée-Bissau – Mali – Niger – Sénégal et Togo. Le pays a également accès à la BRVM (Bourse Régionale des Valeurs Mobilières), la place boursière de l’UEMOA, mais une seule filiale malienne de banque y est cotée en 2018 : Bank of Africa (BOA) – Mali et une seule société de gestion et d’intermédiation (SGI) reconnue par l’APSGI (Association professionnelle des SGI dans l’UEMOA) y exerce. Ces institutions financières interagissent dans un cadre harmonisé autour d’instances communautaires assurant la régulation et la supervision du secteur dans son ensemble. La BCEAO assure la réglementation des banques, des établissements financiers «à caractère bancaire» et des Institutions de Microfinance (IMF) de grande taille. Les autres institutions de microfinance sont, quant à elles, supervisées par une cellule dédiée du ministère des finances. Les secteurs de l’assurance et des marchés de capitaux sont respectivement régulés et supervisés par la Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurance (CIMA) et le CREPMF (Conseil Régional de l’Epargne Publique et des Marchés Financiers). Enfin, la Conférence Interafricaine de la Prévoyance Sociale (CIPRES) régule et supervise le système de retraite malien.
Les principaux acteurs du secteur financier malien sont les banques commerciales au nombre de 13 en 2016 ; et 3 établissements financiers non-bancaires qui sont spécialisés dans la garantie, le financement hypothécaire et le crédit-bail. Les IMF occupent le segment des populations à revenus faibles et modestes évalué à 133 milliards de FCFA, soit 1,6% du PIB et environ 10% du portefeuille régional des IMF dans l’UEMOA en 2016. Le niveau des crédits octroyés annuellement par les banques est plutôt proche de celui des transferts nets courants, ces derniers étant largement influencés par les transferts de fonds des migrants. Ce constat souligne l’importance des transferts de fonds pour les populations locales, par rapport à la taille de l’économie malienne et de son secteur financier.
Secteur bancaire
L’encours des crédits à l’économie a progressé de 1166 milliards de FCFA à 2014 milliards de FCFA entre 2013 et 2016, soit une augmentation de plus de 70% en seulement 4 années. Les crédits octroyés en 2013 s’élevaient à 883 milliards de FCFA tandis que ceux accordés en 2015 et 2016 atteignaient respectivement 1204 et 1296 milliards de FCFA. Cette hausse des crédits à l’économie se répercute positivement sur le produit net bancaire et le résultat net du secteur. Cependant, le ratio crédit/PIB reste en deçà des 50% (22,6% entre 2013 et 2017) et illustre les marges de financement encore inexploitées par les banques. Au niveau des dépôts, la collecte a baissé de 311 à 273 milliards de FCFA entre 2012 et 2014, et elle a tendanciellement augmenté jusqu’en 2016 à 428 milliards de F CFA. Près de deux-tiers (2/3) des crédits sont octroyés aux entreprises privées, essentiellement pour des besoins de trésorerie qui représentent plus de la moitié du volume annuel de crédit. L’essentiel des dépôts provient du secteur privé productif et des particuliers.
Entre 2010 et 2015, le niveau annuel des crédits en souffrance a représenté en moyenne moins de 10% du volume total des crédits à l’économie. Les crédits à court terme constituent près des 2/3 du volume total de crédit octroyé durant la période. Les banques financement prioritairement le secteur tertiaire au détriment du secteur manufacturier et de l’agriculture.
Inclusion financière
Le taux d’inclusion financière s’élève à 35,4% pour les personnes ayant plus de 15 ans. Ce taux était respectivement de 8,2% et 20,1% en 2011 et 2014. Le processus d’inclusion financière a connu une forte évolution entre 2011 et 2017 en raison de l’approfondissement de l’offre. L’émergence des IMF dans les années 90 et l’effet des transferts réguliers et massifs de fonds des migrants ont significativement contribué à l’amélioration de l’inclusion financière des populations locales. Le rapport de 2017 du Global Findex indique également que les services financiers digitaux/mobiles ont fortement impacté l’accès aux services financiers au Mali durant ces dernières années.
Secteur de la microfinance
Le secteur de la microfinance est principalement dominé par les institutions coopératives ou mutualistes. Le pays a connu une baisse tendancielle des services de microfinance de 2007 à 2015, après une forte hausse du nombre d’agences et de clients, ainsi que du volume des dépôts et des crédits entre 1993 et 2007. Le resserrement de certaines dispositions réglementaires de la loi de 2007 et la crise qu’a connue le secteur, sont deux facteurs qui ont respectivement contribué à freiner le développement des réseaux d’agences et à altérer la confiance des populations. La crise sectorielle a en effet engendré une perte d’épargne à la suite de difficultés financières de certaines IMF de grande taille. Les déficiences en termes de supervision et de réglementation du secteur sont les principaux défis qui se posent aux pouvoirs publics afin de permettre à la microfinance de jouer pleinement son rôle inclusif.
Finance numérique
Au Mali, comme dans l’UEMOA, l’accès aux services financiers digitaux est principalement stimulé par le mobile money, dont l’essor est lui-même corrélé au fort taux de pénétration de la téléphonie mobile. Avec 6,8 millions de souscripteurs de comptes de mobile money, le Mali est le second pays dans l’UEMOA disposant du plus grand nombre de souscripteurs après la Côte d’Ivoire qui en compte 12,8 millions. Le cadre réglementaire de la monnaie électronique y a été adopté en 2006 et mis à jour en 2015 par la BCEAO. Les principaux opérateurs de mobile money au Mali sont des opérateurs de téléphonie mobile dont Orange (Orange Money) et Malitel (MobiCash); ainsi que Wari, qui est un opérateur privé et sous-régional de transfert d’argent. Les banques sont également autorisées par la législation à émettre de la monnaie électronique. Bon nombre d’entre elles ont pour le moment tissé des partenariats avec certains opérateurs en tant que fournisseurs de liquidité et interfaces financières, en vue de bénéficier de commissions sur les transactions journalières. Certaines banques commencent toutefois à émettre de la monnaie électronique mobile, comme la Banque de Développement du Mali (BDM-SA). La valeur des transactions annuelles au Mali par le canal du mobile money s’est élevé en 2016 à 2 193 milliards de FCFA, soit environ 26% du PIB de la même année.
Transferts de fonds des migrants
Le Mali fait partie du Top 10 africain des pays qui reçoivent le plus de transferts formels de fonds des migrants, avec un volume de 0,9 milliard USD, derrière le Nigéria (20,8 milliards USD), le Ghana (2 milliards USD), le Sénégal (1,6 milliards USD) et le Kenya (1,6 milliards USD). Ces transferts formels représentent 7,4% du PIB du pays en 2014. Les transferts privés de fonds ont l’avantage de limiter l’ampleur du déficit courant, qui est principalement financé par l’aide extérieure et les prêts officiels et, dans une moindre mesure, par l’investissement direct étranger.
Secteur de l’assurance
Le Mali est membre de la Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurance (CIMA), couvrant 14 pays. Les actifs cumulés des compagnies d’assurances au Mali équivalaient à environ 0,7 % du PIB en 2013 et les primes d’assurance-vie et non-vie collectées en représentaient respectivement 0,12% et 0,4% en 2014. En Afrique subsaharienne (hors Afrique du Sud), les actifs d’assurance représentaient environ 4,1% du PIB en 2014 tandis que les primes d’assurance-vie et non-vie en constituent 0,2% et 0,6%. Il ressort de ces statistiques que l’assurance au Mali est encore embryonnaire par rapport à la taille de l’économie. Le secteur compte pour seulement 3% des actifs cumulés des institutions financières locales. Les compagnies d’assurance partagent le marché de transfert de risques avec d’autres acteurs financiers dont les banques, les IMF et les mutuelles de santé. Elles investissent généralement dans les actifs immobiliers et la liquidité à court terme, et sont exposées à un risque limité d’insolvabilité en raison d’une situation financière relativement saine.
Marché de capitaux
Le Mali abrite une antenne de la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) dont le siège est en Côte d’Ivoire. Créée en 1996, la BRVM comprend les huit pays membres de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA): Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo. Des antennes nationales de la BRVM sont opérationnelles dans les autres pays-membres afin d’assurer l’effectivité des ordres de transaction des résidents en temps réel sur le marché boursier régional. La BRVM est considérée comme la 6ème place boursière africaine, selon le critère de la capitalisation. En 2018, seule la filiale d’un groupe bancaire sous-régional (BOA) est cotée à la BRVM en tant qu’entreprise malienne. Le marché domestique des capitaux est essentiellement dominé par les émissions obligataires souveraines. En 2018, le gouvernement malien a lancé une première émission d’obligations islamiques (Sukuk) d’une valeur de 150 milliards de FCFA, afin de diversifier ses sources de financement.
Le marché du capital-investissement au Mali reste encore embryonnaire. Il n’a bénéficié que de 8 transactions et 1% du volume des transactions en Afrique de l’Ouest entre 2013 et 2018, soit 108 millions USD.
Système de prévoyance sociale
La Caisse Malienne de Sécurité Sociale (CMSS) gère le régime de retraite par répartition des travailleurs affiliés à la fonction publique à savoir, les fonctionnaires, les militaires, les députés et toute autre catégorie de salariés confiée par l’état. Un régime complémentaire de retraite par capitalisation est également en projet. L’Institut National de la Prévoyance Sociale (INPS) assure la gestion de la retraite des travailleurs du secteur privé.
Le profil régional du secteur financier de l'UEMOA est disponible ici
Liste des banques commerciales au Mali
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BANQUES |
ADRESSE |
TELEPHONE |
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SITE WEB |
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BANQUE DE DEVELOPPEMENT DU MALI |
AVENUE MODIBO KEITA - BP 94 BAMAKO - MALI |
(+223) 20 22 20 50 / (+223) 20 22 92 00 |
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BANQUE NATIONALE DE DEVELOPPEMENT AGRICOLE |
BNDA, Avenue du Mali, ACI 2000 – Hamdallaye - B.P. 2424 Bamako |
(+223) 20 29 64 64 |
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ECOBANK |
Quartier du Fleuve - Place de la Nation -B.P. : E 1272 Bamako - Mali |
(+223) 20 70 06 18 / (+223) 20 70 06 00 / (+223) 20 70 06 20 |
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BANK OF AFRICA |
418, Avenue de la Marne Bozola |
(+223) 20 70 05 00 / (+223) 20 70 05 00 |
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BANQUE INTERNATIONALE POUR LE MALI |
Boulevard de l'Indépendance BP 15 Bamako Mali |
(+223) 20225089 / (+223) 20 23 79 00 |
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BANQUE MALIENNE DE SOLIDARITE |
Immeuble AOUA Diogo Hamdallaye ACI 2000 - BP E1280 Bamako Mali |
(+223) 20 29 54 12 / (+223) 20 29 54 08 / (+223) 20 29 54 09 |
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BANQUE ATLANTIQUE |
Avenue Cheikh Zayed (Route Lafiabougou) BP E4560 Bamako Mali |
(+223) 20 70 28 34 |
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BANQUE POUR LE COMMERCE ET L'INDUSTRIE |
Immeuble Baldé Hamdallaye – Avenue Cheick ZAYED |
(+223) 20 29 69 57 |
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BANQUE SAHELO-SAHARIENNE POUR LE COMMERCE ET L'INDUSTRIE DU SENEGAL |
Quartier du fleuve, route métal soudan |
(+223) 20 70 60 00 |
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BANQUE DE L'HABITAT DU MALI |
ACI 2000 HAMDALLAYE, BP 2614 |
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BANQUE COMMERCIALE DU SAHEL |
Bozola, rue 127 X 122 Immeuble B.C.S. - S.A. - Bamako |
(+223) 20 21 01 95 |
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ORABANK |
ACI 2000 Hamdallaye – Avenue du Mali – Immeuble Soutra Mali |
(+223) 20 22 22 11 |
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CORIS BANK |
Quartier du fleuve – Boulevard du 22 octobre |
(+223) 20 70 59 10 |
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UNITED BANK FOR AFRICA |
Rue De 22 Octobre Bamako |
(+223) 20 29 29 72 |
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TOTAL |
14 |
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