Aperçu du secteur financier
Paysage économique
Territoire enclavé de l’Afrique subsaharienne, le Malawi est classé parmi les pays moins avancés du continent, avec un PIB par tête équivalent à 389,4 USD en 2018 et étant l’un des plus bas au monde. Le pays a vu son PIB croître régulièrement au rythme moyen de 6,5% entre 2005 et 2011. Cette croissance relativement élevée a été freinée par la chute brutale des recettes d’exportation, en particulier le tabac[1], un recul important des flux entrant d’IDE (de 10,2% en 2011 à 1,4% en 2018) et la suspension de l’aide budgétaire. Cette suspension est survenue après la dévaluation[2] de 48% de la valeur de la monnaie malawienne, le Kwacha (MWK) en mai 2012. Le pays est également confronté à d’importants déficits d’infrastructure, particulièrement dans le secteur énergétique ; ce qui entrave les activités dans l’industrie et le commerce tout en réduisant le potentiel de croissance économique. En plus, les chocs climatiques de 2015 et 2016 (inondations et sécheresses) et l’insécurité alimentaire qui en a résulté ont induit une hausse significative de la dette publique qui représentait 55% du PIB en 2017, selon le FMI. Le niveau élevé de l’inflation (supérieur à 21% entre 2014 et 2016) a amplifié la conjoncture économique défavorable. La croissance moyenne du PIB a par conséquent fléchi entre 2012 et 2018 pour se situer à 3,6%, un niveau toutefois légèrement supérieur à la moyenne subsaharienne (3,2%). Le secteur agricole domine l’économie et assure les moyens de subsistance des deux tiers de la population, mais ne représente qu’à peine un tiers du PIB. Cette agriculture faiblement productive et essentiellement pluviale rend l’économie plus vulnérable aux conditions météorologiques défavorables. La pauvreté reste élevée avec environ 70% de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté international (Banque mondiale, 2018). Le climat des affaires est encore peu attractif bien que connaissant certains progrès. Dans le rapport Doing Business de la banque mondiale, le pays occupait la 109ème place en 2019 (sur 190 économies), gagnant 2 places par rapport à 2018 et 48 places par rapport à 2012. Les autorités ont doté le pays d’une troisième stratégie de croissance et de développement (MGDS III[3]) pour la période 2017-2022 et qui vise à bâtir une nation productive, compétitive et résiliente.
Vue d’ensemble du secteur financier
Le secteur financier du Malawi comprend 9 banques, 9 institutions de microfinances (IMF), 13 coopératives financières (SACCO), 13 compagnies d’assurance, plusieurs fonds de pensions et une bourse de valeurs. Il est dominé par les banques qui représentent environ 61% des actifs du secteur financier (FMI, 2015). La directive sur les licences et la réglementation des sociétés de portefeuille est entrée en vigueur en 2018 et les lignes directrices sur les services bancaires islamiques ont été approuvées en octobre 2017.
Secteur bancaire
Structure du marché bancaire – Au 31 décembre 2018, le secteur bancaire comptait 9 banques privées dont 5 banques à capitaux locaux et 4 banques à capitaux étrangers. En 2018, les banques locales détenaient 56,4% des actifs du secteur (57,4% en 2017) contre 43,6% pour les banques étrangères (42,6% en 2017). Deux banques dominaient le secteur avec 46% des actifs, 46,2% des dépôts et 58,1% des prêts en juin 2019. Le secteur comptait 106 agences en 2018, contre 90 en 2017. Le total des actifs du secteur a augmenté de 4,4% par rapport à décembre 2018 pour atteindre 1 744,1 milliards MWK (2,4 milliards USD) en juin 2019, une augmentation en grande partie imputable à l’accroissement des prêts et au développement des services de crédits-bails. Les investissements et titres constituent la composante majoritaire (40,1%) des actifs des banques.
Structure des crédits et dépôts du secteur bancaire – Les crédits bancaires restent concentrés. Les deux plus grandes banques commerciales ne privilégient que les grandes entreprises et les titres publics qui s’avèrent plus rentables que les prêts au secteur privé. En 2017, le gouvernement détenait environ 23% des crédits (11% en 2012) alors qu’il ne fournissait qu’environ 9% des dépôts du secteur bancaire. Entre 2012 et 2017, les banques ont doublé leurs avoirs en titres publics qui ont atteint environ 30% du total des actifs. Le crédit bancaire au secteur privé demeure bas, 538,2 milliards MWK (731,2 millions USD) en septembre 2019, soit 9% du PIB contre 10,5% du PIB en 2016. Les prêts bruts sont restés concentrés dans trois secteurs: le commerce de gros et de détail, l’agriculture et les services manufacturiers. En juin 2019, ces trois secteurs représentaient 58,7% des prêts et crédits-bails. Quant aux dépôts de la clientèle, ils constituent 65% des sources de financement bancaire et sont dominés par les dépôts à vue (37%), suivis des dépôts à terme (23,8%) et des dépôts en devises (22,4%).
Taux d’intérêt créditeurs et débiteurs – En vue de stimuler la croissance économique, plusieurs mesures ont été adoptées par le Comité de Politique Monétaire. Il s’agit notamment de la réduction du taux directeur, de 14,5% à 13,5% entre janvier et mai 2019, et du coefficient de réserve obligatoire de 7,5% à 5% pour les dépôts en monnaie locale et de 7,5% à 3,75% pour engagements en devises. En outre, les taux débiteurs de base sont désormais indexés au taux lombard (qui a été aussi réduit de 14,9% à 13,9% entre janvier et mai 2019) : une mesure qui renforce la prise en compte de la perception du risque dans la concurrence entre les banques commerciales. Après avoir observé des niveaux précédemment élevés, l’inflation globale a relativement baissé pour s’établir à 12,4% en 2018, l’objectif d'inflation à moyen terme étant de 5% à l’horizon 2021.
Solidité financière du secteur bancaire – Le système bancaire domestique a adopté les principes de Bâle II en janvier 2014. Les banques sont tenues de maintenir un capital minimum de base de 5 millions USD (1,5 million USD pour les sociétés de crédit-bail). Globalement, le secteur bancaire demeure suffisamment capitalisé, liquide, rentable avec une amélioration de la qualité des actifs, conformément aux exigences réglementaires. Les ratios de fonds propres de base et de capital total se sont établis à 16,4% et 20,4% respectivement en juin 2019, des niveaux supérieurs aux minima réglementaires de 10% et 15%. La qualité des actifs du secteur s'est améliorée de manière significative, au regard du ratio de prêts non performants qui a atteint, pour la première fois depuis 2012, un niveau conforme au seuil maximum de 5%. Il est passé de 15,7% en 2017 à 6,1% en 2018, puis à 4,8% en juin 2019. L’amélioration du recouvrement des prêts et la radiation des créances improductives ont contribué à l’amélioration de la qualité des actifs. Les exigences de provisionnement de la norme IFRS 9 (mise en œuvre depuis janvier 2018) ont contribué à maintenir le taux de provisionnement des prêts non performants à un niveau conforme au minimum de 20%. Ce dernier s’est établi à 55% en juin 2019. Le ratio de liquidité a atteint 59,1% en juin 2019, pour un minimum réglementaire fixé à 25%. Le rendement des actifs (ROA) et celui des fonds propres (ROE) se sont établis respectivement à 2,8% et 21,2%.
Inclusion financière
L’objectif de la NFIS est de porter le pourcentage de la population adulte financièrement incluse à 55% d'ici 2020, contre 33% en 2014. Selon le Global Findex de la banque mondiale, l’inclusion financière a connu d’importants progrès au cours des récentes années. 33,7% des adultes disposaient d’un compte en 2017. Bien que ce niveau soit inférieur à la moyenne subsaharienne (42,6%), il reflète une hausse de 86,2% par rapport à 2014. Ce progrès résulte de plusieurs facteurs dont: (i) la hausse de plus de 430% de la population adulte disposant d’un compte de mobile money, (ii) une croissance régulière des terminaux de points de vente qui ont plus que doublé entre août 2016 et septembre 2019, passant de 1 119 à 2 363, et (iii) l’innovation apportée par les services bancaires mobiles.
Malgré ces améliorations, des barrières à l’inclusion financière persistent. Le niveau d’éducation financière de la population reste faible : 44% des adultes impliqués dans un conflit avec un fournisseur de services financiers ignorent l’existence d’agences gouvernementales pouvant être sollicitées à cet effet. Le recours aux services financiers formels est en outre entravé par l’absence, pour bon nombre d’adultes, de cartes nationales d’identité. Il en résulte une expansion des systèmes informels de prêts qui continuent d'être populaires, en particulier dans les zones rurales. Le nombre de membres des Associations villageoises d'épargne et de crédit (Village Savings and Loan Associations, VSLA) a augmenté de plus d'un million d'adultes entre 2008 et 2014, contre seulement 115 000 pour les adultes épargnant dans une banque au cours de la même période. 14% des adultes utilisent uniquement des services informels et 17% des adultes épargnent dans des groupes informels. L’éloignement des institutions financières constitue également un obstacle à l'inclusion financière. La rentabilité des services financiers dans les zones rurales reste faible en raison des niveaux élevés de pauvreté, de l’incertitude des revenus agricoles, et du coût élevé lié à l’offre de services financiers et causé par le déficit en infrastructures socioéconomiques.
Le secteur de la microfinance
En 2018, le secteur de la microfinance était composé de 40 agences de microcrédit, d’une institution de microfinance (IMF) acceptant les dépôts, de 8 IMF n’acceptant pas de dépôt et de 37 coopératives financières agréées (SACCO), dont 6 sont des SACCO communautaires. Le nombre total de clients servis en 2018 s’est établi à 39 412 pour les IMF acceptant les dépôts (dont 63,4% de femmes), 359 166 pour les IMF n’acceptant pas les dépôts (dont 55,8% d’hommes) et 123 553 pour les SACCO (dont 32% de femmes).
Les IMF sont réglementées et supervisées par la banque centrale, tandis que la surveillance prudentielle des SACCO est exercée conjointement par la banque centrale et l'Union des coopératives d'épargne et de crédit du Malawi (Malawi Union of Saving and Credit Cooperatives, MUSCCO), une organisation faîtière nationale. Les agences de microcrédit sont supervisées par le Réseau de microfinance au Malawi (MAMN[4]). Les lois sur les services financiers et sur la microfinance publiées en 2010 constituent le cadre juridique régissant la réglementation et la supervision du secteur de la microfinance. À ces dernières s’ajoutent des lignes directrices complémentaires sur diverses questions spécifiques. Les exigences de capital réglementaire minimum sont établies à 250 millions MWK (341 206 USD) pour les institutions de microfinance acceptant des dépôts et 100 millions MWK (136 817 USD) pour les IMF n’acceptant pas les dépôts.
Le total des actifs totaux du secteur (agences de microcrédit et IMF) a atteint 38,1 milliards MWK (51,8 millions USD) en 2018, dont 32,5% pour les IMF acceptant les dépôts et 58,5% pour les IMF n’acceptant pas les dépôts. En 2018, les IMF acceptant les dépôts sont restées bien capitalisées. Le ratio d’adéquation des fonds propres (tier 1) et celui du capital total pour les institutions de microfinance acceptant des dépôts se sont établis à 22% et 32,4% en 2018, des niveaux supérieurs aux minima réglementaires de 10% et 15% respectivement. La qualité des actifs s’est également améliorée au regard du ratio des prêts non performants qui est passé de 5,3% en 2017 à 4,8% en 2018, un niveau conforme au plafond réglementaire de 5%. Les ratios de rendement des actifs (ROA) et de rendement des capitaux propres (ROE) ont augmenté, passant respectivement de 0,8% et 5,1% en 2017 à 2,4% et 7,9% en 2018. La qualité des actifs des institutions n’acceptant pas de dépôt s'est par contre détériorée en 2018, comme en témoigne l’augmentation du ratio des prêts non performants. Ce dernier est passé de 7,8% en 2017 à 8,5% en 2018, bien au-dessus du maximum réglementaire de 5%. Cette augmentation du ratio de prêts non performants est attribuée en partie à des taux débiteurs élevés qui rehaussent le volume de la dette. Les actifs des SACCO ont atteint 19,1 milliards MWK (29,6 millions USD) en 2018, soit une hausse de 35,6% par rapport à 2017. Les prêts et avances accordés aux membres ont représenté 68% du total des actifs en 2018, tandis que le financement de ce sous-secteur s’appuie largement sur l'épargne des membres représentant 74,8% de l'actif total. Les SACCO demeurent également suffisamment capitalisés dans l’ensemble. Le ratio d'adéquation des fonds propres s’est établi à 19,1% en 2018, supérieur à l'exigence minimum réglementaire de 10% des actifs pondérés en fonction des risques. Le ratio des prêts non performants a atteint 5,6% en 2018, un niveau légèrement supérieur au plafond de 5%.
Bien que les capitaux fournis sous forme de subvention ou de prêts à taux quasi-nul permettent aux IMF de rester opérationnelles, ces dernières demeurent limitées dans leur potentiel de croissance en raison du coût élevé d'accès au capital, tant par le biais des banques que par le canal du marché des capitaux. Plus de 80% de tous les clients des IMF sont situés dans des zones rurales (FinScope, 2014) où la prévalence de l’asymétrie d’information est assez importante. Il en résulte des coûts élevés d’administration du portefeuille des prêts. Les questions de gouvernance et de systèmes de gestion sont également au cœur de la viabilité à long terme des SACCO. Bien que les membres élus du Conseil d’administration des SACCO bénéficient d’une formation sur la gestion des coopératives financières, la durée relativement courte de leur mandat (maximum de deux mandats consécutifs de 3 ans chacun) réduit la capacité des SACCO à tirer parti de ce gain de connaissances.
Finance numérique
Une loi promulguée en 2016 prévoit le fonctionnement, la réglementation et la surveillance des systèmes de paiement, de compensation et de règlement au Malawi. Ce secteur, régulé par la banque centrale, a accompli d’importants progrès, en raison de la mise en place du système interbancaire de transfert et de règlement du Malawi (Malawi Interbank Transfer and Settlement System, MITASS). Les paiements mobiles se sont accrus, passant d'environ 186 000 transactions en décembre 2012 à 4,5 millions de transactions en mai 2018, et un cadre réglementaire sur la monnaie électronique est entré en vigueur au troisième trimestre 2019. Un autre règlement sur le déploiement et l'utilisation des canaux de paiement électroniques, publié par le Ministère du commerce et de l'industrie en vertu de la loi sur les licences commerciales, vise à rendre obligatoires l'adoption et l'utilisation de services de paiement électronique dans les points de vente agréés. Toutes les banques commerciales sont intégrées au commutateur national. L'interopérabilité du système de paiement de détail connaît lui aussi une nette amélioration. L'intégration des services de mobile money au commutateur national, approuvée depuis juin 2018, inclut plusieurs services dont les règlements de facture et les paiements de personne à personne (P2P). En novembre 2018, deux opérateurs de réseaux mobiles ont réalisé leur intégration au commutateur national. Par ailleurs, un autre projet a porté sur l’intégration d’une plateforme de traitement des opérations de microfinance (MFI-TPH[5]) au commutateur national. 16 institutions non bancaires (IMF et SACCO) ont été ainsi identifiées pour la mise en œuvre du projet pilote et cinq d'entre elles sont entrées en service depuis juin 2018.
Malgré l'augmentation de la base d'abonnés, les taux d'activité restent faibles avec plus de 60% des abonnés qui n'utilisent pas de façon active (sur une période de 90 jours) les services de mobile money. Cette situation tient, en partie, à une faible sensibilisation à l’endroit des populations, en particulier celles vivant dans les contrées rurales, quant aux divers avantages découlant des services liés au mobile money. La répartition géographique des agents du mobile money demeure en outre inégale. Sur 45 929 agents enregistrés en juin 2019, environ 81% sont en zones urbaines et seulement 19% desservent les zones rurales représentant près de 80% de la population. L’utilisation du cash reste par ailleurs prédominante dans l’économie et plus de 90% des transactions s’effectuent toujours en espèces.
Financement des PME
Les micro, petites et moyennes entreprises (MPME) jouent un rôle important dans l'économie du Malawi. Les PME emploient jusqu'à 1 million de personnes, et leurs activités économiques sont la principale source de revenus de 70% de la population du pays. Cependant, près de 60% des MPME sont financièrement exclues et 44% des MPME identifient le manque d'accès au financement comme une contrainte majeure pour leurs activités. Divers facteurs expliquent cette contrainte. La plupart des MPME sont des détaillants qui commercialisent des produits agricoles (environ 63% des MPME sont engagées dans le secteur agricole) ou d'autres biens sans grande valeur ajoutée, une situation qui rend les banques sceptiques vis-à-vis de leurs capacités de remboursement en cas d’octroi de prêt. Cette situation est exacerbée par le manque de structures de gestion et de gouvernance ou de procédures opérationnelles appropriées. Environ 98% des MPME ne sont effectivement pas officiellement enregistrées. La plupart de ces MPME sont situées dans des zones rurales où la demande de services financiers est entravée par des problèmes de proximité et d'infrastructure. Le crédit bancaire, souvent inadapté aux besoins des PME, pousse ces dernières à se tourner vers les sources informelles de financement. 29% des MPME ont acquis des crédits auprès de sources non formelles, telles que les VSLA ou auprès de la famille et des amis. Selon FinMarkTrust (2015), environ 17% des MPME choisissent d'épargner dans les banques, alors qu’une proportion plus importante (20%) optent pour la thésaurisation.
Les assurances
Le secteur des assurances est composé de 5 compagnies d’assurance vie, 8 compagnies d’assurance non vie et une compagnie de réassurance. Avec un total combiné de 197 427 polices d'assurance, le produit des primes brutes de l’assurance non-vie a augmenté de 15,3% pour atteindre 48,1 milliards de MWK (65,3 millions USD) en 2018, une croissance largement due à l’augmentation (13% en 2018) des primes d'assurance du segment automobile. Cette dernière, obligatoire pour les propriétaires de véhicules, constitue la classe la plus importante (57,9% des primes brutes en 2018) de l’assurance non vie. Le total enregistré des actifs de l’assurance non-vie a atteint 48,5 milliards KMW en 2018 (65,9 millions USD), soit une hausse de 13,1%. Cette performance est imputable à une augmentation du produit des primes brutes et à l'injection supplémentaire de capital opérée par deux compagnies afin de se conformer aux exigences minimales de capital et de solvabilité. Le portefeuille des actifs des compagnies d’assurance est dominé par les investissements (dans l’immobilier, les titres publics, les actions, les dépôts à terme et prêts), dont la part représentait 54,9% du total en 2018. Le nombre de personnes couvertes par l'assurance-vie collective reste encore faible et est passé de 235 871 en 2017 à 346 053 en 2018. Les actifs de l’assurance-vie ont atteint 165,1 milliards MWK (224,4 millions USD) en 2018. Les investissements et placements sur le marché des capitaux représentaient 97,3% du total des actifs du secteur (93,9% en 2017) ; la plupart revenant aux actions cotées et non cotées (50,9% en 2018), suivis des titres publics (35,3% en 2018).
L’une des principales menaces pesant sur le secteur reste la marge de solvabilité insuffisante de certaines compagnies, en particulier dans la branche assurance non-vie. Le ratio de solvabilité s’est établi à 14,9% en juin 2019 (16% en décembre 2018), un niveau nettement inférieur à l'exigence réglementaire minimale de 20%. En juin 2019, 4 compagnies, représentant 38% des parts du marché, ont enregistré des ratios de solvabilité inférieurs à cette exigence tandis que 6 des 8 compagnies de la branche ne respectaient pas les exigences de capital de base de 600 millions MWK (819 145 USD). Le taux de pénétration du secteur des assurances demeure bas (2% en 2018). Ce faible taux est en partie imputable au bas niveau de revenu des ménages pour qui les produits d’assurance restent financièrement inaccessibles. Un autre défi reste la lenteur dans les procédures de réclamation et d’indemnisation de la clientèle, une situation qui érode davantage la confiance déjà fragile des clients en matière d'assurance. En plus, la nature supposée complexe des produits d'assurance qui, associée au faible niveau d’éducation sur les questions d'assurance, affecte le taux de souscription des consommateurs. Les résultats de l'enquête de 2018 sur l’éducation financière et la protection des consommateurs ont montré que 67,3% de la population ignorent le sens du mot « assurance ».
Le marché des capitaux
En 2018, le marché des capitaux comprenait une bourse des valeurs animée par quatre sociétés de bourse, 2 organismes de placements collectifs de capitaux, 7 conseillers en placement, 4 secrétaires de transfert et 5 gestionnaires de portefeuille. La Bourse des valeurs existe depuis 1994 mais n’a commencé la négociation des premières actions qu’en 1996. L'activité en bourse s'est nettement améliorée. Le nombre de transactions est passé de 1189 transactions en 2017 à 2153 transactions en 2018, une augmentation de l'activité principalement due à l'amélioration des performances des sociétés cotées. Cette situation a renforcé l'attrait du marché boursier en tant que plateforme alternative d'investissement. Le nombre d'actions négociées en bourse a atteint 958 millions en 2018 contre 699 millions en 2017 et la valeur des transactions a augmenté à 48,7 milliards de MWK (66,2 millions USD) en 2018, contre 13,5 milliards de MWK (18,3 millions USD) en 2017. La mise en service, en juin 2018, d’un système de négociation automatisé (ATS[6]) a amélioré l'efficacité du marché boursier, favorisant un traitement plus rapide des transactions et réduisant les délais de règlement. En 2018, 13 sociétés étaient cotées en bourse. Les obligations de société étant quasiment absentes. Le gouvernement, par l’intermédiaire de la banque centrale, émet des obligations cotées en bourse, mais le marché secondaire n’enregistre que très peu ou pas d’activité.
En définitive, le marché boursier demeure peu liquide. Les activités limitées sur le marché primaire et un marché secondaire encore latent contraignent les investisseurs, majoritairement institutionnels, à privilégier la stratégie de « Buy and hold ». Les opportunités d’investissement demeurent limitées avec peu d'actions cotées en bourse.
La sécurité sociale
Le système national de retraite obligatoire, entré en vigueur en juin 2011, crée des comptes de retraite individuels pour les travailleurs du secteur privé rémunéré au-dessus d'un seuil de salaire minimum. Le taux de 15% du salaire de base mensuel de l'employé (10% de cotisations patronales et 5% salariales), sous forme de cotisations de retraite mensuelles minimales, doit être versé par l'employeur sur le compte de pension de l'employé. Quant aux travailleurs du secteur public, ils sont couverts par un régime public de retraite par répartition (GPPS[7]). Les fonds de pension ont continué d'enregistrer une croissance en termes d’actifs depuis l'introduction du régime de retraite obligatoire. Les actifs du secteur des retraites ont augmenté de 34,6% pour atteindre 716,5 milliards MWK (973,6 millions USD) en 2018, une hausse imputable à l’augmentation des cotisations et des revenus de placements. La Caisse de retraite de la fonction publique comprenait 77910 membres avec un total d’actifs cumulés atteignant 28,8 milliards MWK (39,1 millions USD) en 2018. Le portefeuille des actifs du secteur demeure assez diversifié ; les investissements en actions cotées étant la classe prédominante d'actifs (38,1%), suivis des titres publics (33%). Il n’existe pas de restrictions spécifiques à l’investissement des fonds de pension, mais la diversification dans la répartition des actifs par les administrateurs de ces fonds est recommandée. Un projet de directive fixe à 15% la limite des investissements des fonds de pension dans les catégories d’actifs étrangers (OCDE, 2019).
[1] Après l'aide étrangère, le tabac est la principale source de revenus du pays, représentant plus de 70% des recettes d'exportation.
[2] Le taux de change est passé de 168 MWK à K250 MWK pour 1 USD.
[3] Malawi Growth and Development Strategy III.
[4] Malawi Microfinance Network
[5] Microfinance Transmission Processing Hub
[6] Automated Trading System
[7] Government Public Pension Scheme
Liste des banques commerciales exerçant au Malawi - 2018
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BANQUES |
ADRESSE |
TELEPHONE |
|
SITE WEB |
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CDH INVESTMENT BANK |
CDH House, 5 Independence Drive, |
(+265) 1 821 300 |
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|
ECOBANK MALAWI |
Bt: Victoria Ave |
(+265) 1 879 777 |
|
|
|
FDH BANK |
1st floor, Umoyo House, Victoria Ave |
(+265) 01 820 219 |
|
|
|
FIRST MERCHANT BANK |
1st floor, Livingstone Towers, Glyn Jones Rd |
(+265) 1821942 |
|
|
|
INDEBANK |
Top Mandala |
(+265) 1820055 |
|
|
|
MALAWI SAVINGS BANK |
Blantyre: MSB House, Victoria Avenue |
(+265) 01 825 111 |
|
|
|
NATIONAL BANK OF MALAWI |
BLANTYRE MALAWI |
(+265) 1820622 |
||
|
NBS BANK |
Blantyre: NBS House, Ginnery |
(+265) 1 871 554 |
||
|
NEDBANK |
Blantyre: Plantation House, Victoria Ave |
(+265) 01 820 477 |
||
|
OPPORTUNITY INTERNATIONAL BANK MALAWI |
Kamuzu Procession Road , Plot nos 4/046-048, Lilongwe City |
(+265) 1758403 |
|
|
|
STANDARD BANK MALAWI |
Lilongwe: African Unity Ave. Capital City |
(+265)1774688 |
|
|
|
NEW FINANCE BANK MALAWI |
Mwai House, Independence Drive |
(+265) 1772500 |
||
|
TOTAL |
12 |
En bref
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