Aperçu du secteur financier
Paysage économique
Le Lesotho est un petit pays d’Afrique Australe, géographiquement enclavé à l’intérieur du territoire sud-africain où réside la majeure partie de sa diaspora. D’une superficie de 30 355 km2 et peuplé par 1 948 000 habitants, le pays a été en proie au cours de la dernière décennie à des troubles militaires et politiques. La situation sociopolitique s’est normalisée depuis 2017, mais les défis économiques et sociaux restent préoccupants en raison du niveau élevé de pauvreté et de la forte prévalence du VIH/SIDA (25% de la population). Le Lesotho fait partie de la catégorie des pays les moins avancés avec plus de la moitié de la population (57% en 2016) vivant en dessous du seuil de pauvreté de 2 USD par jour. Bien que l’agriculture ne représente que 6,1% du Produit intérieur brut (PIB) de 2017, environ 75% de la population locale vit en milieu rural et dépend des activités agricoles et agropastorales comme moyens de subsistance. Les secteurs tertiaire et industriel comptaient respectivement pour 61,9% et 32% de la richesse annuelle produite au cours de la même année. Selon les données du Fonds monétaire international (FMI), la croissance économique moyenne entre 2014 et 2018 a oscillé autour de 2,6%, avec une valeur nominale atteignant 1,95 milliards USD en 2018 et un PIB par habitant estimé à 1 499 USD. Les principaux partenaires commerciaux du Lesotho sont les pays-membres de l’Union douanière d’Afrique Australe (Southern African Customs Union – SACU), dont principalement l’Afrique du Sud, et d’autres pays comme les Etats-Unis, la Chine, Taiwan et la Belgique. Le pays s’est hissé au 106ème rang du classement Doing Business 2019, soit un gain de 30 places par rapport à 2015. A titre illustratif, Il est bien plus facile d’ouvrir une entreprise au Lesotho qu’ailleurs en Afrique Australe selon les critères du Doing Business 2019. En revanche, le pays est le moins performant d’Afrique Australe en matière d’accès à l’électricité et de procédures relatives à la construction immobilière.
Vue d’ensemble du secteur financier
Le Lesotho appartient à la zone monétaire commune d’Australe, Common Monetary Area (CMA), créée en 1986 et comprenant comme membres l’Afrique du Sud, la Namibie, le Lesotho et Eswatini (le Swaziland). Dans ces pays, la monnaie sud-africaine, le Rand, circule concurremment avec les monnaies locales, dont le Loti du Lesotho (LSL). La banque centrale, Central bank of Lesotho (CBL) est principalement en charge de la régulation et la supervision du secteur financier, bien que le ministère des finances assure la mission régalienne de décideur public du secteur financier. La CBL régule le secteur bancaire et les institutions financières non bancaires dont les institutions de microfinance (IMF), les coopératives d’épargne et de crédit (SACCOs), les compagnies d’assurance, les établissements de transfert d’argent et de paiement, ainsi que les institutions non-bancaires offrant des services de crédit. Cependant, les opérations financières relatives aux retraites et au marché de capitaux sont largement non-régulées.
Au 31 décembre 2018, le secteur financier était constitué de 4 banques commerciales (dont 3 filiales de banques sud-africaines et une banque publique), 9 compagnies d’assurance suppléées par 50 courtiers en assurance, 11 IMF, 72 établissements non-bancaire de crédit et 2 firmes de gestion d’actifs. Les actifs cumulés du secteur financier représentaient presque trois fois le PIB de la même année, soit 8,3 milliards USD.
Une stratégie de développement du secteur financier – Financial Sector Development Strategy (FSDS) – a été mise en place en 2013 pour renforcer la compétitivité du secteur financier et le processus d’inclusion financière des acteurs économiques les plus vulnérables ; dont les ménages à faible revenu et les très petites, les petites et les moyennes entreprises (TPE / PME).
Secteur bancaire
Structure du marché bancaire - A fin 2018, le marché bancaire était constitué de 4 banques commerciales disposant de 50 agences sur le territoire national. Les actifs du secteur bancaire représentent 70,5% des actifs totaux du secteur financier, soit deux fois le PIB de la même année. Estimés à 5,82 milliards USD en valeur nominale, ils ont augmenté de 8,8% par rapport à décembre 2017. Les 3 filiales de banques sud-africaines possèdent environ 90% des actifs, des dépôts et des profits.
Structure des crédits et dépôts – Les crédits à l’économie ont significativement augmenté de 72,7% entre 2016 et 2017, en raison d’une forte hausse des créances sur le gouvernement combinée à une augmentation moindre de 8% des crédits au secteur privé. Entre 2013 et 2017, les créances nettes bancaires sur le gouvernement sont restées négatives tandis que les crédits au secteur privé ont augmenté de 4,6 milliards LSL (374 millions USD) à 6,1 milliards LSL (496 millions USD) ; soit une hausse de 32,6%. Les ménages ont reçu plus de 67,1% (5,1 milliards LSL ou 350,3 millions USD) des crédits au secteur privé, tandis que la part des entreprises a représenté 32,9% (2,1 milliards LSL ou 144,2 millions USD) des crédits. Les dépôts collectés par les banques ont tendanciellement augmenté entre 2013 et 2017, passant de 7,7 milliards LSL (626 millions USD) à 10,9 milliards LSL (886,2 millions USD).
Solidité financière du secteur bancaire – Le secteur bancaire a maintenu une relative solidité et stabilité au cours des dernières années. En 2018, les tests de simulation de crise pilotés par la CBL ont révélé un niveau élevé et confortable de résistance aux chocs potentiels, en raison des niveaux adéquats de capitalisation, de liquidité et de rentabilité. Le ratio d’adéquation des fonds propres en fonction des risques pondérés s’est établi à 17,9% en 2018, en légère hausse de 0,1% par rapport à 2017 et largement au-dessus du minimum réglementaire fixé à 8%. Quant au niveau des prêts non-performants (par rapport au portefeuille global de crédit), il a baissé de 4,5% en 2017 à 3,7% en 2018. Cependant les banques ont augmenté leurs niveaux de provisionnement pour les créances en souffrance afin de prévenir l’impact potentiel de la forte hausse des créances non encore perçues, dites en souffrance. La liquidité à court terme des banques reste confortable avec un solide coefficient d’engagement (ratio des prêts sur les dépôts) à 52,5% en 2018. Le secteur bancaire dans son ensemble est resté profitable. La rentabilité sur les actifs (ROA) et celle sur les fonds propres (ROE) du secteur ont respectivement augmenté de 1,1% (à 3,4%) et de 10,6% (à 28,6%) entre 2017 et 2018.
Inclusion financière
L’inclusion financière est une composante majeure de la stratégie nationale de développement du secteur financier (FSDS) mise en place en 2013. La CBL et les instances gouvernementales se sont activement impliquées dans des initiatives de promotion d’inclusion financière avec des organismes et bailleurs de fond internationaux, dont le Fonds d’équipement des nations unies (FENU), First initiative et le Fonds international de développement agricole (FIDA). C’est dans cette optique que le programme de soutien à l’inclusion financière au Lesotho (SUFIL) et le programme pour l’intermédiation financière en milieu rural (RUFIP) ont été mis en œuvre. First Initiative gère un programme d’assistance technique, dont un volet spécifique à l’amélioration du cadre réglementaire de la protection des usagers des services financiers, ayant abouti à la création d’une unité dédiée à la protection des consommateurs et au renforcement des capacités au sein de la banque centrale (CBL). Dans le cadre de la FSDS, des initiatives sont en cours de mise en œuvre en faveur du développement du marché du crédit-bail, d’un registre de garanties, d’un bureau de crédit et d’une meilleure littératie financière de la population.
Selon les indicateurs du Global Findex 2017, plus de 45,6% (contre 18,5% en 2011) des adultes au Lesotho détiennent un compte dans une institution leur permettant d’effectuer des transactions financières ; soit une performance légèrement au-dessus de la moyenne de l’Afrique Subsaharienne (ASS). Par ailleurs, 27,6% de la population adulte détenait un compte de mobile money en 2017, contre 20,9% en ASS, et 46,5 des femmes détenait un compte dédié à des transactions financières (contre 36,9% en ASS). 10,7% de la population adulte avaient recours aux cartes de paiement pour effectuer une transaction financière ; soit une performance légèrement élevée rapprochée de la moyenne mondiale (10%) et à celle de l’ASS (7,5%). Selon des données du Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD), seulement 13% des adultes ont accès au crédit dans une institution financière formelle et 41% des PME ont accès aux services bancaires.
Microfinance
Au 31 décembre 2018, 11 institutions de microfinance (IMF) constituaient le marché domestique et détenaient des agréments autorisant exclusivement des services de crédit, bien que la législation sectorielle autorise des licences permettant aux IMF de collecter également des dépôts. Les actifs des IMF s’élevaient à 790 millions LSL (54,3 millions USD) en 2018, soit 3,3% des actifs cumulés du système financier domestique et 9,3% du PIB de la même année. Les profits cumulés des IMF ont atteint 40,9 millions LSL (2,8 millions USD) à la même date, dont 81,3% de revenus liés aux revenus d’intérêts. Malgré la hausse de 17,5% du niveau des prêts non performants enregistrée entre mars et juin 2018, ceux-ci ne représentaient que 4,8% du portefeuille global de microcrédits; signalant ainsi une certaine solidité du portefeuille de crédit des IMF. La structure actionnariale du secteur est majoritairement dominée par des investisseurs étrangers qui financent la majeure partie du portefeuille de crédit des IMF induisant de fait une faible interconnexion entre les banques commerciales et les IMF. Le secteur est aussi fortement concentré : 2 IMF détiennent plus des 2/3 des actifs du secteur.
Finance digitale & Mobile money
L’entrée en vigueur de la loi de 2017 sur les systèmes de paiement – Payment Systems Act – a pris en compte les émetteurs de paiements électroniques, dont les acteurs du mobile money et les prestataires de services de transfert d’argent. L’objectif principal de ce réaménagement réglementaire est de renforcer les conditions d’agrément et d’exercice des opérateurs de mobile money, d’améliorer la gestion des risques et la protection des utilisateurs de services financiers électroniques, et ainsi de renforcer la confiance des acteurs du marché et des investisseurs potentiels.
Le nombre de détenteurs de comptes de mobile money a baissé de 6,2% entre 2017 et 2018, pour atteindre 1,26 millions de souscripteurs; soit 64,7% de la population totale du pays. En 2017, plus de 41% des souscripteurs étaient des utilisateurs actifs au cours des 3 derniers mois, tandis que seulement 30,6% utilisaient activement leurs comptes de mobile money au cours des 30 derniers jours. Le Lesotho fait partie des 13 pays africains où plus du tiers de la population utilise activement des services de mobile money en 2018. L’inégale répartition du réseau d’environ 8000 agents-prestataires, dont plus de 53,6% installés dans la capitale constitue un défi pour l’expansion des services financiers dans les autres régions. Cette situation a tendance à limiter l’utilisation active des comptes de mobile money.
Secteur de l’assurance
Le marché domestique de l’assurance est constitué de 9 compagnies d’assurance et 50 courtiers. Il représente le second compartiment le plus important du système financier, après le secteur bancaire. En 2018, les actifs d’assurance s’élevaient en valeur nominale à 2,2 milliards USD et représentaient plus de 26,2% des actifs financiers totaux, 88,8% des actifs cumulés des institutions financières non-bancaires et 74,2% du PIB. Parmi les 9 acteurs, 4 compagnies offrent exclusivement des services d’assurance à long terme et 3 des services exclusifs d’assurance à court terme ; une seule compagnie propose indifféremment les 2 catégories de produits d’assurance.
Une réglementation spécifique au secteur de l’assurance a été publiée en 2016 par la CBL et est en cours de mise en œuvre. Elle porte principalement sur les nouvelles exigences en matière d’agrément et une révision du capital minimum exigé aux compagnies d’assurance.
Marché des capitaux
Le marché des capitaux repose essentiellement sur la place boursière locale, Maseru Securities Market (MSM), créée par la CBL et dont le rôle est de servir de plateforme d’échanges pour les valeurs mobilières et autres titres d’endettement. Le MSM a été mis en place en 2014 à travers la publication du dispositif réglementaire sur les marchés de capitaux. Au 31 décembre 2018, le MSM était exclusivement animé par les émissions de titres gouvernementaux, dont les bons de trésor en tant qu’instruments de financement à court terme (marché monétaire), et les emprunts obligataires portant sur un horizon plus long équivalant à une maturité de 7 ou 10 ans. Entre 2014 et 2018, la capitalisation du MSM a plus que doublé, passant de 613,3 millions LSL (42,1 millions USD) à 1381,5 millions LSL (94,9 millions USD) ; soit environ 5% du PIB de 2018.
Le marché financier domestique est plutôt étroit, fortement concentré sur les actifs gouvernementaux et offre peu d’opportunités d’investissement. La CBL continue toutefois de promouvoir les opportunités d’investissement sur les marchés financiers auprès des différentes parties prenantes de l’écosystème, dont des firmes de gestion d’actifs et d’investissement.
Système de prévoyance sociale
Le système universel de retraite au Lesotho – Old Age Pension (OAP) – est un système non-contributif basé sur des prélèvements budgétaires du gouvernement qui a été mis en place en 2004. Son coût prévisionnel pour la période 2018/19 a été estimé à 497 millions LSL (34 millions USD), soit environ 2% du PIB de 2018. Contrairement à la plupart des régimes de retraite en vigueur en Afrique, l’OAP n’est ni financé par répartition ni par capitalisation au moyen de prélèvements périodiques sur les salariés et employeurs. Tous les citoyens au-delà de 70 ans sont éligibles à une indemnité mensuelle d’environ 40 USD. En 2016, le système couvrait plus de 83 000 personnes, représentant environ 4,5% de la population locale, et avec un taux de couverture de la population-cible autour de 85%. Avant son introduction, seuls les fonctionnaires et les anciens combattants étaient couverts par un système spécifique de retraite. Celui-ci a été remanié en 2008 en un fonds public de pension à contributions définies, Public Officers’ Defined Contribution Fund, dont les actifs s’élevaient à 5,7 milliards LSL (391 millions USD) en 2018 avec plus de 38 110 fonctionnaires couverts et 283 retraités/bénéficiaires.
Cependant, une nouvelle loi sur les retraites est en cours d’adoption. La CBL a finalisé en 2017 la rédaction d’un projet de loi sur les retraites qui portent sur les conditions d’agrément des fonds de pension, la diffusion et le partage des informations financières au grand public et aux autorités de tutelle. Il est également prévu que la régulation et la supervision du secteur par la CBL débute après la promulgation du projet de loi.
Liste des banques commerciales au Lesotho - 2018
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BANQUES |
ADRESSE |
TELEPHONE |
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SITE WEB |
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STANDARD BANK |
Kingsway Street, P. O. Box 1053 Maseru 100 |
(+266) 22315737 |
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NEDBANK |
115-117 Griffith Hill, Kingsway Street Maseru |
(+226) 22282100 |
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FIRST NATIONAL |
Corner Kingsway and Parliament Road Maseru Area 11902 |
(+226) 22247100 |
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LESOTHO POST BANK |
Post Office Building Kingsway, Maseru |
(+226) 22317842 |
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TOTAL |
4 |
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