Aperçu du secteur financier
Paysage économique
La Guinée se classe parmi les pays moins avancés sur le continent africain, avec un PIB par habitant estimé à 885,4 USD et une population de 12,4 millions d’habitants en 2018. L’épidémie causée par le virus Ebola a fortement entravé la croissance du PIB qui a quasiment stagné de 2013 à 2015. Depuis 2016, le rythme de la croissance économique s’est accéléré, l’accroissement moyen du PIB s’étant établie à 10,9% annuellement entre 2016 et 2018 : un niveau largement supérieur à la moyenne de 2% en Afrique subsaharienne. L’économie guinéenne reste cependant fortement tributaire d’un secteur minier peu inclusif et essentiellement dépendant des partenariats économiques avec des firmes multinationales. L’exploitation de la bauxite, de l’or et du diamant, constituent environ 85% des exportations. Le pays dispose en effet d’un riche potentiel minier, notamment plus du tiers des réserves mondiales de bauxite, d’importantes réserves de minerai de fer à haute teneur et d’autres ressources minières telles que l’or, le diamant, l’uranium et le manganèse, qui demeurent encore largement sous-exploitées. Le potentiel en terres arables est évalué à 6,2 millions d’hectares dont 75 % sont inexploitées et 64 000 ha de terres irrigables, dont moins de 10% sont aménagées. La Guinée dispose en outre de richesses hydrographiques immenses. Le potentiel hydroélectrique est estimé à 6 000 MW, pour une énergie garantie de 19 300 GWh par an. En dépit de ces énormes potentialités, le développement humain en Guinée reste faible, le pays occupant la 174ème place en 2019 (sur 189 pays) selon le critère de l’indice de développement humain (IDH) et le taux pauvreté demeure important (61,9% de la population en 2016 selon les données du PNUD). Quant à l’environnement des affaires, il reste peu attractif malgré les améliorations enregistrées ces dernières années. Selon le rapport Doing Business 2020 de la banque mondiale, le pays occupe la 156ème (sur 190 pays), soit un gain de 22 places par rapport à 2012. La Guinée s’est également dotée d’une stratégie de développement baptisée « Vision pour l’émergence à l’Horizon 2040 ». Un Plan National de Développement Économique et Social (PNDES 2016-2020) a été conçu sur cette base comme instrument de mise en œuvre quinquennale de ladite vision, et est aligné sur les objectifs du développement durable.
Vue d’ensemble du secteur financier
Au 31 décembre 2018, le secteur financier guinéen comptait 17 banques commerciales dont 16 en activité, 26 institutions de microfinance (IMF), 12 compagnies d’assurance, 1 société de crédit-bail et 3 émetteurs agréés de monnaies électroniques. Le secteur financier domestique est dominé par les banques qui détiennent 94,6% du total des actifs du secteur, tandis la part des institutions de dépôt non bancaires et des compagnies d'assurance s’établit respectivement à 2,5% et 2,8%. Au 31 décembre 2019, il n’existait pas de bourse des valeurs mobilières en Guinée, et le secteur financier reste dans l’ensemble peu profond avec des actifs cumulés qui ne représentent que 22% du PIB de la même année. La banque centrale est l'autorité de surveillance et de régulation de l’ensemble des institutions financières (banques, institutions de dépôt non bancaires, IMF, opérateurs d'argent mobile et assureurs). Par ailleurs, le pays dispose d'une Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), une unité de type administratif relevant du Ministère de l'économie et des finances.
Secteur bancaire
Structure du marché bancaire – En 2018, 16 banques en activité en Guinée entretenaient un réseau de 178 agences et 174 distributeurs automatiques de billets, pour plus de 615 179 clients. Le total des actifs du secteur bancaire s’est établi à 22 894 milliards de francs guinéens (GNF), soit 2,4 milliards USD ; un niveau en hausse de 16% par rapport à 2017. Le secteur bancaire domestique est dominé par des filiales de groupes bancaires étrangers et reste plutôt concentré. En effet, les trois premières banques représentent environ 57,4% du total des actifs du secteur. La banque Islamique de Guinée, membre du groupe Tamweel Africa Holding, fournit des services bancaires conformes aux principes de la loi islamique, tandis que deux banques commerciales offrent aussi des fenêtres de services bancaires islamiques.
Structure des crédits et dépôts du secteur bancaire – Les crédits bancaires octroyés à l’économie se sont établis à 8 578 milliards GNF (901,6 millions USD) en 2018, soit 9,2% du PIB et une augmentation de 17,5% par rapport à 2017. Cette progression résulte essentiellement de l’accroissement des crédits à court terme et des crédits à moyen terme dans une moindre mesure (29,8% et 5,2% respectivement). La hausse des crédits à court terme est imputable à l’augmentation des crédits d’importations et des crédits de financement de stocks, et celle des crédits à moyen terme résulte de l’accroissement des crédits d’investissement. Les crédits à long terme ont, quant à eux, enregistrés une baisse de 9,5%. L’octroi des crédits à court terme profite majoritairement aux entreprises du secteur privé dont la part s’élève à 81,4%, alors que les crédits à moyen terme sont octroyés principalement aux sociétés privées (58,4%), aux particuliers (39,4%) et aux entrepreneurs individuels (2,2%). Les crédits à court terme représentent plus de la moitié (57,8%) du total des crédits, contre 39,6% et 2,6% pour les crédits à moyen et long termes respectivement. Le crédit intérieur fourni au secteur privé par les banques reste faible même s’il a récemment augmenté, passant de 7,9% du PIB en 2017 à 8,9% du PIB en 2018. Ce niveau reste inférieur à celui atteint en 2015 (10,8% du PIB).
Les dépôts de la clientèle se sont accrus de 13% par rapport à 2017 pour se chiffrer à 17 429 milliards GNF (1,8 milliard USD). Ils sont majoritairement constitués des dépôts de la clientèle privée représentant 99% du total des dépôts. Les dépôts à vue représentent environ 88% du total des dépôts en 2018. La faiblesse du niveau des ressources longues à disposition des banques explique, en partie, les difficultés des banques à financer les investissements.
Taux d’intérêt créditeurs et débiteurs – Dans le cadre de la mise en œuvre de la politique monétaire, la Banque Centrale pratique une politique monétaire prudente afin de garantir une inflation modérée (taux d’inflation à un chiffre). Les initiatives mises en œuvre pour atteindre cet objectif ont porté, entre autres, sur le maintien en 2018, du taux directeur à 12,5% et la réduction, depuis mars 2017, du coefficient des réserves obligatoires de 18 à 16%. Le taux d’inflation a toutefois légèrement augmenté et est passé de 8,9% en 2017 à 9,8% en 2018 selon la banque mondiale (WDI, 2020).
Solidité financière du secteur bancaire – La loi No L/2005/010/AN du 05 juillet 2005 fixe les règles relatives à l’exercice des activités et au contrôle des établissements de crédit en Guinée. Elle établit un cadre législatif simple et conforme aux normes financières et bancaires internationales telles que préconisées par le Comité de Bâle. La norme règlementaire de capital social minimum des banques est établie à 100 milliards GNF (10 millions USD) (décision No D/2013/050/CAM du 19/03/2013). Toutes les banques respectent cette norme et le secteur bancaire reste globalement bien capitalisé et rentable, nonobstant la nécessité d’amélioration de la qualité des actifs et du niveau de liquidité du secteur. Le ratio de solvabilité des banques guinéennes a baissé au cours des trois dernières années, passant de 17,8% en 2016 à 14,4% en 2019, mais reste tout de même supérieur à la norme minimale de 10%. Cette baisse résulte simultanément de la croissance du portefeuille de prêts et d'une augmentation des prêts non performants. La qualité des actifs s’est en effet fortement détériorée. Le ratio des prêts non performants a régulièrement augmenté au cours des cinq dernières années, passant de 6,1% en 2014 à 10,4% en 2019. La dégradation de l’environnement économique à la suite de la crise Ebola, la gestion défectueuse des crédits au niveau des banques, les contraintes budgétaires de l’État et les pertes d’emploi notamment dans le secteur minier expliquent en partie la détérioration de la qualité des actifs. Depuis 2017, les prêts non performants restent de façon persistante au-dessus de la limite maximale tolérable de 10%, conformément aux indicateurs de stabilité financière au sein de la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest (AMAO, 2017). Les conditions de liquidité des banques ne se sont pas améliorées, malgré la réduction, en 2018, des réserves obligatoires et une croissance soutenue des dépôts. Dix banques ne respectent pas la norme minimale de liquidité de 100%. Quant au ratio de liquidité, il a continuellement baissé entre 2016 et 2019, passant de 28,9% à 23,2%. Cependant, le rendement des actifs (ROA) et celui des fonds propres (ROE) ont augmenté, passant de 2% et 19,3% respectivement en 2018 à 2,3% et 26,8% respectivement en 2019. Le niveau d’intermédiation reste faible, au regard du taux de transformation des dépôts en crédit qui a atteint 49,7% en 2018, contre 82% prévalant en moyenne dans l’UEMOA.
Inclusion financière
Selon les données du Global Findex de la banque mondiale, l’inclusion financière a progressé en Guinée. La proportion des adultes disposant d’un compte a plus que triplé entre 2014 et 2017, passant de 7% à 23.5%, bien que ce niveau soit nettement inférieur à la moyenne de 42,6% pour l’Afrique subsaharienne. Les progrès enregistrés en matière d’inclusion financière sont en partie imputables à l’adoption rapide des services financiers numériques, notamment le mobile money. La proportion des adultes disposant d’un compte de mobile money a presque décuplé, passant de 1,5% en 2014 à 13,8% en 2017, contre 20,9% pour la moyenne subsaharienne. Bien que le pays ne dispose pas encore de stratégie nationale d’inclusion financière, des efforts pour la promotion des services financiers dans toutes les couches de la population sont consentis par les autorités. Il s’agit notamment de l’adoption de la loi No L/2017/031/AN du 04 juillet 2017 relative aux institutions financières inclusives (IFI[1]) qui renforce la réglementation sur la microfinance et dote les Établissements de Monnaie Electronique d’un cadre juridique plus stable. Cette loi est renforcée par le nouveau cadre réglementaire sur les IFI et prévoit la mise en place d’un Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR), selon l’instruction No I/DGSIF/DSIMF/013/2018 de la banque centrale. Ce fonds, institué sous forme de groupement d’intérêt économique, est destiné au remboursement total ou partiel des dépôts de la clientèle, le montant de la garantie étant fixé à 5 millions GNF (525,8 USD) par client et par IFI, tous comptes confondus. Une autre instruction (No I/DGSIF/DSIMF/006/2018) de la banque centrale est relative aux normes de protection des consommateurs des services financiers des IFI.
Ces efforts restent toutefois insuffisants, au regard du niveau d’inclusion financière encore bas par rapport à la moyenne subsaharienne. Le secteur bancaire n’est pas encore doté de dispositions règlementaires en matière de protection des consommateurs, telles que celles régissant les IFI. Après la faillite de Banque Africaine de Développement Agricole et Minier (BADAM) en 2011, l’indemnisation des déposants (estimée à environ 36 milliards GNF) (3,6 millions USD) qui n’aurait effectivement débuté qu’en 2017, ne serait pas encore achevée. En outre, l’absence d’un système d’identification biométrique pour la conception de cartes d’identité fiables entrave la mise en œuvre des exigences réglementaires en matière de connaissance des clients (KYC - Know Your Customer). Enfin, les conditions d’ouverture de compte dans une institution financière (montant de dépôt minimum, présentation d’états financiers, communication des bulletins de salaires, etc.) et les frais de tenue de ces derniers continuent de constituer des freins à l’accès aux services bancaires pour les entreprises informelles et les populations à bas revenu.
Le secteur de la microfinance
Le secteur de la microfinance comprenait 26 institutions et 376 agences ou points de services en 2018, contre 306 en 2014, pour toutes catégories[2] d’IMF confondues. Le nombre de clients a continuellement augmenté entre 2014 et 2018, passant de 423 327 à 695 714. Les IMF financent majoritairement les activités commerciales à court terme mais aussi les activités agricoles, les particuliers, les salariés du secteur privé et les entreprises en milieu urbain. D’autres IMF offrent des services financiers mobiles et d’autres services comme les transferts d’argent, la commercialisation de produits d’assurance et la vente de cartes bancaires. Les principales IMF ont peu recours au refinancement bancaire, en raison des coûts qu’elles jugent élevés. Les ressources accordées par les IMF des catégories 1 et 2 restent majoritairement de courte durée et sont financées par les dépôts à vue des clients et par des emprunts auprès des banques, essentiellement sous la forme de lignes de découvert. Les ressources des IMF de la catégorie 3 proviennent des lignes de crédit accordées par les bailleurs de fonds dans le cadre des programmes d’aide au développement, ou d’emprunts à taux bonifiés. Le volume des crédits octroyés par les IMF est passé de 396,4 milliards GNF (41,8 millions USD) en 2017 à 620,3 milliards GNF (65,3 millions) en 2018, soit une hausse de 56,5%. Le secteur est essentiellement dominé par cinq institutions[3] détenant 99,6% des dépôts et 99,2 % du portefeuille de crédits.
Malgré le nombre important d’IMF enregistrées auprès des autorités, leur portée reste limitée. La majorité des IMF sont localisées dans la capitale et les principales villes du pays, laissant au milieu rural les IMF de petite taille qui souffre de leur faible dotation en points de service ; limitant ainsi l’accès aux services de microfinance pour les populations rurales du pays. L’activité des coopératives d’épargne et de crédit reste faible et stagnante, et ces dernières demeurent confrontées à des problèmes de gouvernance et à un manque récurrent de ressources financières. La position financière défavorable de plusieurs IMF, y compris les plus importantes, impacte négativement le secteur qui a dégagé un résultat net déficitaire successivement en 2017 et 2018. Cette dégradation a été induite par la mauvaise performance des IMF de la deuxième catégorie. Quant au portefeuille de crédit en souffrance (à 30 jours), il s’est dégradé de 371,4% entre 2017 et 2018. L’application de certains textes (Instructions de la banque centrale et textes internes) n’est, par ailleurs, pas respectée et la fiabilité des systèmes d’information demeure limitée. Enfin, les ressources de certaines IMF[4] qui dépendent essentiellement des lignes publiques de crédit restent influencées par la gouvernance des structures qui en ont la responsabilité.
L’Agence Nationale de Microfinance (ANAMIF), créée par décret le 19 avril 2011 et sous la responsabilité de la Présidence de la République, a pour mandat de concevoir et mettre en œuvre la politique gouvernementale en matière de microfinance, et pour objectif principal, l'amélioration de l'accès au financement, en particulier pour les femmes et les jeunes. Un fonds de 130 milliards GNF (13 millions USD) a été placé sous la responsabilité de l'ANAMIF avec 80% des ressources dédiées au microcrédit et 20% au financement des activités de soutien. Cependant, des difficultés dans la gouvernance ont conduit à l’interruption des activités de l’ANAMIF en 2016, laissant un encours de crédit évalué à 47,3 milliards GNF (4,7 millions USD).
Finance numérique
La banque centrale dispose de plusieurs infrastructures modernes et numériques de marché dont un système de règlement brut en temps réel (RTGS) mis en place en mars 2016 et une chambre de compensation automatisée (ACH) en fonctionnement depuis mars 2014. En 2018, le pays comptait 3 établissements de monnaies électroniques (EME), dont 2 fournisseurs de mobile money (Orange Finances Mobile et MTN Mobile Money agréés respectivement en mars et novembre 2016) et un fournisseur de services financiers à travers les cartes prépayées (Paycard agréé en septembre 2016). Le marché de la monnaie électronique reste dominé par un seul opérateur (Orange Finances Mobile) qui détient 79 % des parts de marché. Le montant minimum du capital social des EME est fixé à 2 milliards GNF (209 826 USD) (décision No D/2015/008/CAM du 3 juin 2015). Ces derniers ont enregistré une croissance régulière de leurs activités, tant par l’évolution de leurs réseaux de distribution que par l’augmentation des transactions effectuées et du nombre de leurs clients. En effet, le nombre de points de transactions des EME est passé de 20 000 en 2017 à 23 809 en 2018, soit une hausse de 19,1%, tandis que le nombre de clients a atteint 3 262 594 en 2018, soit une progression de 63,2% par rapport à 2017. Les transactions effectuées en monnaie électronique ont, quant à elles progressé de 50,6% en valeur pour s’établir à 451,9 milliards GNF (47,5 millions USD) en 2018. Le segment du mobile money a connu un développement remarquable. Le nombre de compte actifs est passé de 500 000 en 2016 à 1 545 000 en 2018, puis à 1 850 000 en fin mai 2019 (FMI, 2020), tandis que la valeur des transactions a continuellement augmenté, passant de 0,17% du PIB en 2014 à 33,35% du PIB en 2018 (IMF Financial Access Survey, 2019).
Les réseaux de téléphonie mobile ont permis à une proportion importante de la population d'accéder à un moyen de paiement moderne à des coûts avantageux comparativement aux canaux traditionnels de paiement. Cependant, plus de 90% des transactions porte sur les opérations de dépôt et de retrait d’argent. Les opérations de paiements (paiements de factures, paiements marchands, P2P, G2P et autres) restent encore marginales bien que bénéfiques[5] pour l'économie. Le secteur n’est, en outre, pas encore doté de système dit « Switch » permettant l’interopérabilité des moyens de paiement. Malgré le recours en constante évolution aux paiements digitaux, les transactions en espèces continuent de dominer l’économie et reflètent le niveau d’informalité encore élevé des activités économiques, affectant notamment l’activité des compagnies de distribution d’eau potable et d’électricité qui continuent de recevoir les paiements des particuliers essentiellement en espèces. Enfin, la persistance des cas d’arnaque utilisant le canal numérique suggère le besoin de renforcer la protection des consommateurs.
Financement des PME
Les multiples réformes engagées par les autorités ont permis la création de plus de 38.000 entreprises et 114.000 emplois directs ou indirects entre 2014 et 2019. Le faible accès au financement constitue l’un des obstacles majeurs au développement des PME. Seulement 3,9% des entreprises bénéficient d’un prêt ou d’une ligne de crédit bancaire (2,5% plus précisément pour les petites entreprises et 8% pour les entreprises de taille moyenne), contre 20,2% en Afrique subsaharienne. L’encours des prêts bancaires aux PME se situe à 2,73% du PIB en 2018 (contre 5,47% pour la Namibie). En outre, la proportion de demandes de prêt rejetées, établie à 14,8%, est légèrement plus élevée qu’en Afrique subsaharienne (14,2%). Par conséquent, la proportion des investissements financés en interne par les entreprises reste plus élevée qu'en Afrique subsaharienne (92% en Guinée contre 74% en Afrique Subsaharienne).
Ce faible accès au financement bancaire des PME résulte du caractère majoritairement informel de ces dernières. Une enquête gouvernementale conduite en 2016 révèle que 92% des entreprises guinéennes sont semi-formelles ou informelles. D’autres entreprises, bien qu’ayant été formellement enregistrées, opèrent sans structures formelles de gestion financière et de comptabilité, ce qui favorise la prudence des banques quant à leur capacité de remboursement. Cette situation est aggravée par la faiblesse de ces entreprises en termes d’efficacité opérationnelle et de rentabilité économique.
Les assurances
Au 31 décembre 2018, le secteur des assurances était composé de 12 compagnies d’assurance dont 8 pour les assurances dommages, 3 pour l’assurance mixte (vie et non vie) et une société spécialisée exclusivement dans l’assurance vie. Le secteur comprenait en outre 136 intermédiaires dont 46 courtiers et 90 agents généraux à la même date. Un autre acteur majeur du secteur est le Bureau National de la Carte Brune CEDEAO qui gère les sinistres transfrontaliers au niveau de la sous-région. Le marché de l’assurance en Guinée est dominé par quatre sociétés qui représentent plus de 70% des primes nettes. Le chiffre d’affaires global du secteur s’est chiffré à 411,5 milliards (43,3 millions USD) en 2018, soit une hausse de 15,5% par rapport à 2017. L’assurance vie représentait 54,3% des primes émises en 2017, contre 45,7% pour l’assurance non vie. Les placements financiers du secteur ont progressé d’environ 49% pour se situer à 22,6 milliards GNF (2,4 millions USD) en 2018. Ils sont principalement constitués des titres d’Etat, de valeurs mobilières et immobilières et de dépôts en banque. Le nouveau Code des assurances, qui exige la séparation des activités vie et dommages, incite les sociétés d’assurance à créer des filiales spécialisées en assurance vie et permet de mobiliser davantage de ressources longues qui s’avèrent indispensables au financement de l’économie. Ce code renforce aussi la sécurité du marché conformément aux standards internationaux.
Le taux de pénétration de l’assurance reste toutefois faible: 0,44% en 2018. L’assurance automobile est certes obligatoire, mais les conducteurs restent majoritairement sans assurance, en raison en partie de l’insuffisance des revenus. Selon l’association professionnelle des assureurs (APAG), 7 Guinéens sur 10 conduiraient des véhicules sans assurance. Le Fonds[6] de Garantie Automobile, mis en place pour assurer l’indemnisation des victimes d’accidents de la circulation dont les responsables ne sont pas connus ou connus mais insolvables, reste peu connu des accidentés. Par ailleurs, les cabinets de courtage et les agences d’assurance restent fortement concentrés dans la capitale et quelques villes principales, lésant les populations rurales et laissant les différents produits assurantiels méconnus de ces dernières. L'assurance-agricole, propice pour les agriculteurs en raison d'événements météorologiques extrêmes, n’est pas encore effective, bien qu’elle fasse partie des priorités de la banque centrale. Enfin, l’assurance reste encore faiblement ancrée dans les habitudes des populations, en raison de facteurs culturels et sociologiques. Selon la banque mondiale (2018), plus des trois quarts des ménages peuvent compter sur des proches en cas de décès et près de la moitié en cas de maladie.
Le marché des capitaux
En l’absence d’une bourse des valeurs mobilières, le marché des capitaux en Guinée reste essentiellement composé des marchés primaire et secondaire des titres publics en pleine émergence. Ces marchés sont une composante essentielle et complémentaire conférant un cadre de garantie au système bancaire en matière de liquidité. Le marché de la liquidité interbancaire reste toutefois étroit en raison du manque de gestion active de la liquidité par la banque centrale. La dette publique négociable (bons et obligations du Trésor) ne représente en outre qu'une infime fraction de la dette publique totale. Le marché secondaire demeure, quant à lui, peu liquide. L’encours total des bons du Trésor, évalué à 4 272 milliards GNF (environ 449 millions USD) en 2018, reste dominé par des émissions dont la maturité est de 364 jours, suivie de celles ayant une maturité de 182 jours. La Guinée se classe 43ème en 2017 (50ème en 2016) sur 54 économies, dans le classement annuel relatif à l’indice de développement du marché obligataire africain et publié par l’Initiative des Marchés Financiers Africains (AFMI).
La sécurité sociale
La Guinée dispose de 2 régimes statutaires de sécurité sociale. Le premier est le régime de pension de la fonction publique. Ce régime, financé par les ressources propres de l’Etat, couvre les fonctionnaires et agents de l’Etat ainsi que les militaires. Il offre plusieurs prestations dont, entre autres, les pensions « retraite » et « invalidité », la pension de réversion ainsi que la pension temporaire d’orphelin. Le second est régime général de la protection sociale administré par la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) placée sous la tutelle du Ministère des Affaires Sociales de la Promotion Féminine et de l’Enfance. Les ressources de la CNSS sont constituées essentiellement des cotisations versées par les employeurs et les travailleurs pour le financement des différentes branches de Sécurité Sociale, mais également des revenus des placements de fonds effectués par la Caisse et éventuellement les contributions du budget de l’Etat. Le taux des cotisations[7] est de 23%, dont 18% pour la part patronale et 5% pour les travailleurs. Les autorités ont, en septembre 2016, doté le pays d’une politique nationale de protection sociale qui sert de base institutionnelle pour la lutte contre les chocs sociaux et pour l’amélioration des conditions de vie des populations. Une autre initiative a porté sur la création, au sein du Ministère chargé des Affaires Sociales, de la Promotion Féminine et de l’Enfance, d’un Fonds de développement social et de solidarité en faveur des femmes, des jeunes, des vieilles personnes et des handicapés.
Le système de protection sociale guinéen ne bénéficie toutefois qu’à une frange relativement réduite de la population. Le régime général de la protection sociale de la CNSS ne couvre que les travailleurs du secteur formel, soit à peine 3% de la population, laissant la grande majorité des actifs (issus du milieu rural et du secteur informel) quasiment exclus de la protection sociale. Le niveau de prestation des pensions reste par ailleurs très faible, poussant les fonctionnaires à créer des mutuelles par catégorie professionnelle ou à se tourner vers des assurances privées. Le système existant reste enfin confronté à d’énormes défis en matière de gestion interne. C’est notamment le cas de l’administration par la CNSS du régime général de pension qui connaît des difficultés de gouvernance et des tensions de trésorerie.
[1] Les Institutions Financières Inclusives (IFI) sont composées des institutions de microfinance (IMF), des établissements de monnaie électronique (EME) et des services financiers postaux (SFP).
[2] Catégorie 1 : Structures mutualistes ou coopératives (au nombre de 10), Catégorie 2 : Sociétés Anonymes (au nombre de 10), Catégorie 3 : Associations et ONG (au nombre de 5).
[3] Crédit Rural de Guinée (CRG SA) est le leader sur le marché avec environ 31,5 % de l’encours des crédits du secteur et 31,2 % de l’encours des dépôts.
[4] Structures de catégorie 3 autorisées sous tutelle administrative du ministère de l’Industrie.
[5] Les paiements des vignettes récemment effectués par voie électronique aurait, sur ce poste, permis le triplement des recettes publiques.
[6] Ce Fonds est alimenté par les sociétés d’assurance grâce à une taxe prélévée sur les contrats.
[7] Le versement des cotisations à la CNSS incombe à l’employeur et le travailleur ne peut s’y opposer.
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AFRILAND FIRST BANK |
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SKYE BANK |
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UNITED BANK OF AFRICA |
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BANQUE POPULAIRE MAROCO-GUINEENE |
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(+224) 631 88 19 19 |
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SOCIETE GENERALE DES BANQUES DE GUINEE |
Immeuble BOFFA Cité Chemins de fer BP 1514 Conakry |
(+224) 666 49 32 31 |
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NSIA BANQUE GUINEE |
Avenue de la République Kaloum BP 5884 Conakry Guinée |
(+224) 628 53 66 63 |
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BANQUE ISLAMIQUE DE GUINEE |
6ème avenue de la République BP 1247 Conakry |
(+224) 622 35 04 51 |
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BANQUE POUR LE COMMERCE ET L'INDUSTRIE |
6ème avenue Immeuble BCI Guinée Sandravalia Kaloum |
(+224) 628 68 75 11 |
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FIRST INTERNATIONAL BANK |
Avenue de la République BP 557 Conakry |
(+224) 30 43 57 38 |
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FBN BANK GUINEA |
Boulevard Diallo Telly, Immeuble Kalinko DYE, 6e étage - Kouléwondy |
(+224) 624 93 20 27 |
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GUINEA INVESTMENT |
Rue KA 015 - Almamya |
(+224) 622 35 18 56 |
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INTERNATIONAL COMMERCIAL BANK |
Cité Chemins de Fer Immeuble Mamou |
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ORABANK |
5ème Boulevard Angle 6ème avenue BP 324 Almamya Kaloum Conakry |
(+224) 622 35 90 90 |
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BANQUE SAHELO SAHARIENNE POUR L'INDUSTRIE ET LE COMMERCE |
7 ème avenue x route Niger, Commune de Kaloum BP 4614 Conakry |
(+224) 30 43 71 81 |
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BANQUE NATIONALE DE GUINEE |
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18 |
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