Aperçu du secteur financier
Paysage économique
L’indépendance nationale du Soudan du Sud a été acquise en 2011, à la suite de plusieurs années de conflits militaro-politiques. Le Soudan du Sud est le plus jeune Etat du continent africain et ses perspectives économiques à moyen et long terme sont constamment menacées par la fragilité du climat sécuritaire. Avec une superficie de 644 329 km2, le pays dispose d’importantes réserves pétrolières et comptait en 2018 12,9 millions d’habitants. Les infrastructures de base – incluant les routes et voies de communication, l’adduction en eau potable, la santé, l’éducation, l’énergie électrique – font fortement défaut alors que l’économie dans son ensemble souffre du syndrome hollandais. En effet, hormis l’exploitation pétrolière, les autres secteurs de l’économie sont très peu performants, malgré leur potentiel important de développement. En 2017, le secteur pétrolier représentait 70% du PIB, l’agriculture 10%, le secteur manufacturier 7% et celui des services 6,1%. La résurgence en 2013 et 2016 des conflits armés a assombri davantage les perspectives de diversification de l’économie. Le produit intérieur brut (PIB) domestique a connu une chute libre dès 2016, passant de 12,5 milliards USD en 2015 à 3,1 milliards USD en 2016 et 3,2 milliards USD en 2018, avec en prime, une forte dépréciation de la monnaie locale – la livre sud-soudanaise (SSP - South Sudan Pound) – par rapport au dollar. Il est attendu que le Soudan du Sud recouvre une stabilité politique durable afin que des réformes d’envergure soient engagées en vue de renforcer les dotations en infrastructures de base et le cadre macroéconomique, améliorer la gouvernance du secteur public, diversifier suffisamment l’économie domestique et mobiliser davantage les revenus budgétaires hors-pétrole. Le pays occupait la 185ème position (sur 190 pays) du classement Doing Business de 2019, contre le 187ème rang en 2016.
Vue d’ensemble du secteur financier
La récente hyperinflation et la forte dépréciation de la monnaie locale ont négativement impacté la solidité du secteur financier, dont principalement les banques qui composent majoritairement le paysage financier national. De ce fait, bon nombre de banques ont affiché un niveau important de prêts non performants. Selon le rapport Doing Business 2019, la faiblesse de l’accès au crédit est la plus importante entrave au développement du secteur privé local. Un bureau de crédit, Creditinfo, a été mis en place en 2015 par la banque centrale. Cependant il ne semble pas encore accessible à toutes les institutions financières dont les institutions de microfinance. Bien que l’infrastructure financière domestique soit encore en cours de construction, les acteurs du secteur bénéficient tout de même de relations de correspondance bancaire internationale afin de rendre possible les transactions financières avec l’extérieur. Des banques de grande taille d’Afrique de l’Est utilisent leurs réseaux à l’international pour connecter les banques sud-soudanaises au système financier international. Cette situation implique que la plupart des banques domestiques détiennent des comptes leur permettant d’opérer des transactions en USD dans les systèmes financiers de la région comme ceux du Kenya ou de l’Ouganda. La banque centrale nationale – Bank of South Sudan (BSS) – a en charge la régulation du secteur financier et focalise essentiellement sa mission de supervision sur le respect des dispositions légales et réglementaires par les institutions financières. De nouvelles exigences minimales de fonds propres ont été fixées par la BSS : 30 millions USD pour les banques à capitaux étrangers et 15 millions USD pour les banques à actionnariat local ; tandis que les jalons pour une supervision renforcée du secteur financier et basée sur les risques sont progressivement mis en place.
Secteur bancaire
Structure du marché bancaire – En avril 2018, le marché bancaire était constitué de 26 banques commerciales dont 12 banques à capitaux locaux, 6 banques à capitaux étrangers et 8 banques à capitaux mixtes. Les actifs cumulés du secteur s’élevaient à 255,6 milliards SSP à fin décembre 2018, soit 1,66 milliard USD équivalant à 52% du PIB de la même année.
Structure des crédits et dépôts – Au 31 décembre 2018, les crédits au secteur privé ont atteint 6,8 milliards SSP (44,1 millions USD) et connu une augmentation de 146% par rapport à décembre 2016. Ces crédits bancaires représentaient environ 1,4% du PIB de 2018, montrant ainsi la très faible contribution du secteur bancaire domestique au développement du secteur privé. La structure des actifs montre que 27,2% et 24,7 % des actifs du secteur bancaire en 2018 sont respectivement détenus sous forme de devises et de dépôts auprès de la banque centrale, tandis que les banques commerciales ont fortement réduit leur exposition aux titres d’endettement public dès 2017. Les crédits bancaires ont principalement financé les secteurs « du commerce domestique, de la restauration et de l’hôtellerie » (44,7%), le commerce extérieur (14,6%) et l’immobilier (12,1%). Les dépôts collectés par les banquessont restés largement supérieurs aux crédits octroyés entre 2011 et 2018. Au 31 décembre 2018, les dépôts équivalaient à 92,3 milliards SSP (599,2 millions USD), alors que le coefficient d’engagement des banques (ratio crédits / dépôts) est resté en dessous des 10% au cours des dernières années: il est passé de 6,2% en 2015 à 9,9% en 2017, puis 7,3% en 2018. Taux d’intérêt créditeurs et débiteurs – Les dépôts sont très faiblement rémunérés dans le système financier domestique: les taux d’intérêt créditeurs ont tendanciellement baissé, passant de 1,31% en décembre 2013 à 0,03% en décembre 2018. Par contre, les taux d’intérêts débiteurs restent élevés : le différentiel de taux d’intérêt a effectivement augmenté de 12,8% en 2013 à 15,8% en 2018. Cette augmentation du différentiel de taux d’intérêts traduit un faible niveau de développement et de concurrence dans le secteur bancaire local.
Solidité financière du secteur bancaire – La chute des prix du pétrole a favorisé la baisse d’activités de certaines banques domestiques en raison de la réduction drastique des flux de crédit extérieur et de liquidités en devises. La fragilité politique et sécuritaire a également contribué à renchérir le coût des services bancaires et à en limiter l’accès. L’impact négatif de ces chocs sur le secteur bancaire est perceptible à travers la hausse des prêts non-performants (à hauteur de plus de 50% pour certaines banques), la forte dépréciation de la monnaie locale vis-à-vis du dollar et la sous-capitalisation des banques, celles-ci étant en effet tenues de maintenir un ratio réglementaire minimum de 20%. Selon un rapport du FMI (2019), la BSS travaille depuis peu à l’adoption d’une régulation en faveur de la résolution des crises bancaires, afin d’inciter les banques domestiques à renforcer leurs fonds propres, procéder à des fusions ou absorptions le cas échéant, voire contraindre à la faillite celles qui sont dans des situations financières insoutenables.
Inclusion financière
Le taux d’inclusion financière au Soudan du Sud reste faible comparé à la moyenne de l’Afrique subsaharienne et des pays à faible revenu. En 2017, seulement 8,6% de la population adulte (âgée de 15 ans et plus) détenaient un compte dans une institution offrant des services financiers, contre 42,6% pour l’Afrique subsaharienne et 34,9% pour la moyenne mondiale des pays à faible revenu. Par ailleurs, seulement 4,7% des femmes adultes ont accès aux services financiers formels alors que 24,5% des adultes ont accès au financement à travers des canaux informels (contre seulement 3,4% pour ceux ayant accès aux offres formelles de crédit). Les services de microfinance et de mobile money sont faiblement développés, bien que des marges de croissance existent.
Microfinance
A l’instar du secteur bancaire, la microfinance est également dans une phase embryonnaire bien que des services de microfinance aient été historiquement présents sur le territoire avant l’accession à l’indépendance politique. Le marché est dominé par des organisations non gouvernementales (ONG), à but non lucratif, et par des institutions financières non bancaires (IFNB) relevant du secteur privé. Bien que ce type d’offres de financement tende à élargir la gamme de services financiers destinés aux PME et aux ménages à revenus modestes, l’impact social de la microfinance au Soudan du Sud reste limité à quelques dizaines de milliers de clients. En 2016, le secteur comptait 12 IMF, dont des ONG (sponsorisées par des organisations internationales), des associations rurales d’épargne et de crédit (VSLA) et des IFNB. Un mécanisme de soutien au développement de la microfinance, South Sudan Microfinance Development Facility (SSMDF) a été établi en 2009 par le gouvernement et des partenaires multilatéraux, en tant que structure faîtière fournissant des prêts et de l’assistance technique aux IMF, aux coopératives d’épargne et de crédit, et aux nouvelles structures souhaitant fournir des services financiers aux populations à faible revenu.
Dans l’ensemble, le secteur de la microfinance pâtit de la fragilité de l’environnement sécuritaire qui freine son développement. En outre, les besoins de la microfinance restent importants en matière notamment d’assistance technique, d’infrastructure financière, de refinancement et de renforcement des capacités et du cadre réglementaire.
Mobile money et finance numérique
Le mobile money est également à ses débuts dans le pays, avec l’introduction officielle en 2019 des premiers services financiers par téléphonie mobile réglementés par la BSS et qui sont censés favoriser l’inclusion financière de la majeure partie de la population qui vit en milieu rural. Toutefois, des transactions informelles de mobile money ont eu cours avant 2019 dans le pays par le biais d’agents de distribution non agrémentés par les instances locales de régulation utilisant les plateformes de mobile money d’opérateurs téléphoniques des pays voisins ; tels que l’Ouganda et le Kenya où vivent plus d’un million de sud-soudanais. Le potentiel de développement du secteur reste important, dans la mesure où plus de 4 millions de sud-soudanais détiennent un téléphone mobile sur une population de 12,9 millions d’habitants en 2018: soit un taux de pénétration de 31%. Des statistiques récentes indiquent que seulement 7,3% de la population adulte effectuent des transactions numériques dans le pays.
La BSS travaille également à la modernisation des systèmes de paiement en partenariat avec la banque africaine de développement (BAD) et la Communauté de l’Afrique de l’Est (EAC). La BAD a approuvé en juillet 2019 le financement d’un projet de développement de l’infrastructure numérique et nationale de paiement incluant la mise en œuvre du système dit RTGS (Real Time Gross Settlement System), le traitement automatisé des chèques bancaires, le règlement électronique des transactions sur les valeurs mobilières et un système électronique de compensation pour tout type de paiement.
Assurance
Le secteur de l’assurance au Soudan du Sud est constitué d’une dizaine de compagnies d’assurance, dont certaines exerçaient sur l’ensemble du territoire avant l’indépendance. Des compagnies d’assurance d’Afrique de l’Est, du Kenya en particulier, sont également représentées sur le marché domestique à travers leurs filiales. En 2014, 10 compagnies d’assurance étaient actives dans le pays. Une nouvelle loi sectorielle a été adoptée en 2010 par le parlement, et prévoit le renforcement des dispositions prudentielles ainsi que la création d’une commission en charge de la supervision et de la régulation du secteur. Selon les dernières données disponibles publiées par Africa Reinsurance Corporation (Africa Re), le total des primes d’assurance collectées dans le pays équivalait à 285 millions USD en 2013; soit un taux de pénétration oscillant autour de 0,5% du PIB. Les primes d’assurance non-vie représentaient 95,8% du marché domestique, tandis que la densité du secteur avoisinait 9 USD au cours de la même année. Plus récemment, le Soudan du Sud a adhéré à l’African Trade Insurance Agency (ATI) en juillet 2018 en vue de booster son commerce extérieur et bénéficier d’une assistance technique dans les transactions avec les investisseurs et négociants internationaux.
Marché des capitaux
Il n’existe pas de place boursière au Soudan du Sud. La majeure partie des transactions sur le marché financier se rapporte à des opérations sur les titres publics émis par le gouvernement, dans lesquels les banques domestiquent investissent la majeure partie de leurs actifs. Selon des données du GIIN (Global Impact Investor Network), plus de 50 fonds d’investissement cibleraient le Soudan du Sud comme marché potentiel, avec environ 18 millions USD déjà investis dans 9 projets de développement en 2015.
Système de prévoyance sociale
Le Pension Funds Act entré en vigueur en 2012 a établi un fonds national de pension dénommé le South Sudan Pensions Fund (SSPF). Sa mission est de servir d’organe de gestion des retraites des fonctionnaires, de collecte des contributions et d’investissement des actifs sous gestion dans les limites définies par la loi. Le SSPF a aussi la charge de recevoir et payer les pensions de retraite anciennement sous gestion du système de retraite soudanais. En effet, suite à des négociations avec le Soudan, le Soudan du Sud n’a démarré le paiement des retraités qu’en 2019 en se focalisant dans une première phase sur les 235 retraités ayant travaillé et pris leur retraite au Soudan avant l’indépendance politique. Il est prévu que le paiement des indemnités des retraités post-indépendance, dont bon nombre continuent de travailler, se fera dans une seconde phase en raison des contraintes de liquidités au sein du SSPF. L’âge légal de la retraite est fixé à 65 ans.
Au 31 décembre 2018, il n’existait pas de système de retraite couvrant les travailleurs du secteur privé, hormis quelques offres d’assurance-vie proposées par les compagnies d’assurance. Toutefois, le gouvernement prévoit la mise en place prochaine d’un fonds de sécurité sociale ayant une couverture plus large de services financiers et de bénéficiaires.
Liste des banques commerciales au Soudan du Sud - 2018
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BANQUES |
ADRESSE |
TELEPHONE |
WEBSITE |
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AFRILAND FIRST BANK SOUTH SOUDAN |
03 Hai Cinema Road Juba |
(+211) 956688405 |
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BANK OF KHARTOUM JUBA |
P.O Box 1008 Khartoum- Sudan |
(+211) 156661000 |
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BUFFALO COMMERCIAL BANK |
Haile Sellasie AvenueJuba, South Sudan |
(+211) 956195162 |
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CHARTER ONE BANK |
Airport Rd, Juba, Soudan du Sud |
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EDEN BANK |
Malakia Street, Opp. Lukak Building and Green Rokon Hotel |
(+211) 955198910 |
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SOUTH SUDAN COMMERCIAL BANK |
Juba Market, Telecommunication Building |
(+211) 956600874 |
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PEOPLE'S BANK |
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NATIONAL CREDIT BANK |
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PHOENIX COMMERCIAL BANK |
TIBA BUILDING JUBA |
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KENYA COMMERCIAL BANK SOUTH SUDAN |
KCB Building Ministries Road, BulukJuba |
(+211) 977246901 |
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QATAR NATIONAL BANK SOUTH SOUDAN |
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COMMERCIAL BANK OF ETHIOPIA |
JUBA, SUDAN |
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COOPERATIVE BANK OF SOUTH SUDAN |
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ECOBANK SOUTH SUDAN |
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EQUITY BANK SOUTH SUDAN |
Equity Plaza Ground Floor BCB JunctionP.O.BOX 349Juba, South Sudan |
(+211) 977344000 |
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INTERNATIONAL COMMERCIAL BANK SOUTH SUDAN |
Juba Town Market lane, Airport roadJuba |
(+211) 959777781 |
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LIBERTY COMMERCIAL BANK |
Juba Eastern Pearl Business Centre, East Ministries’ RoadP.O Box 549Juba South Sudan |
(+211)977130606 |
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IVORY BANK |
Hai SukJuba, South Sudan |
(+211) 811820239 |
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|
KENYA COMMERCIAL BANK SOUTH SUDAN |
KCB Building Ministries Road, BulukJuba, Sudan |
(+211) 977246901 |
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|
NILE COMMERCIAL BANK |
Hai SukJuba, South |
(+211) 977 101 931 |
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OPPORTUNITY BANK SOUTH SUDAN |
Juba South Sudan |
(+211) 927555666 |
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ALPHA COMMERCIAL BANK |
Tongpiny, Airport Road P.O Box 425. Juba, South Sudan |
(+211) 922-300-008 |
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TOTAL |
21 |
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