Aperçu du secteur financier
Paysage économique
La République des Comores est un archipel situé au nord-ouest de Madagascar dans l’océan indien. Sa population était estimée à 869 000 habitants en 2018, avec plus de 53% des habitants ayant un âge en dessous de 20 ans. L’économie comorienne est peu diversifiée et essentiellement basée sur le secteur agricole, qui représentait 36% du PIB en 2017 et employait environ 80% de la population active. Le secteur privé est très étroit et souffre d’une offre limitée de financement bancaire. Son développement est également entravé par la faiblesse des infrastructures, en particulier dans le secteur de l’énergie. La croissance économique des Comores a oscillé en moyenne autour de 2,1% entre 2014 et 2018, avec un PIB proche de 738 millions USD et un PIB par habitant à 870 USD en 2018. Selon les estimations de la Banque mondiale, l’activité économique au cours des prochaines années devrait être tirée par le tourisme et le secteur des télécommunications. Le pays connait également un déficit structurel de sa balance commerciale: les exportations représentant 17,5% du PIB en 2017 contre 58% pour les importations. La stabilité monétaire est garantie par le fort ancrage de la monnaie locale, le franc comorien (FC), à l’Euro et par les mécanismes mis en place par la banque centrale pour contenir l’offre monétaire et l’inflation. Par ailleurs, les transferts d’argent des migrants, estimés à 24% du PIB en 2017, permettent de contenir le déficit de la balance courante, d’améliorer le niveau des réserves de change du pays et de contribuer significativement aux dépenses de consommation des ménages. De fortes inégalités sociales persistent et près de 18% de la population vit en dessous du seuil international de pauvreté fixé à 1,9 dollar par habitant et par jour. L’environnement des affaires s’est amélioré au cours des récentes années, la République des Comores a occupé la 164ème position (sur 190 pays) du classement Doing Business 2019 ; soit un gain de 12 places par rapport à 2015.
Vue d’ensemble du secteur financier
Le secteur financier comorien est de petite taille, peu développé et ne dispose pas d’une place boursière. Il est régulé et supervisé par la banque centrale des Comores, et était animé au 31 décembre 2017 par dix (10) institutions dont : 4 banques commerciales, 3 institutions mutualistes de microfinance dites institutions financières décentralisées (IFD) et 3 intermédiaires financiers, dont la banque postale locale (SNPSF[1]) et 2 sociétés de transferts d’argent. Le système financier local reste dominé par les services bancaires et de microfinance, dans la mesure où il n’existe pas de marché national des assurances ou de marché des capitaux. Toutefois, il existe une caisse de retraite créée en 1963 et couvrant les fonctionnaires et les employés du secteur privé. Les actifs cumulés du système financier comorien représentaient à peine 47% du PIB en 2015, soit environ 277 millions USD, et les trois plus grandes institutions financières du pays représentaient 57% des actifs cumulés du secteur. Dans le cadre des accords monétaires avec la France, la république des Comores est membre de la zone Franc, aux côtés des pays des zones UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) et CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale). Dans ce système, la France assure une mission de garantie de la monnaie en échange d’un droit de regard sur la gouvernance de la banque centrale et du système monétaire comorien.
Secteur bancaire
Structure du marché bancaire - A fin 2017, le marché bancaire était constitué de 4 banques commerciales dont les actifs s’élevaient à 126 milliards FC (Franc comorien), soit 307 millions USD, équivalant à 47 % du PIB de la même année. Entre 2012 et 2017, les actifs ont augmenté de 87,8 milliards FC[2] (213,8 millions USD) à 126 milliards FC (307 millions USD), soit une hausse de 43,5% sur la période d’observation essentiellement due à l’augmentation constante et significative des crédits accordés et des dépôts collectés par les banques entre 2012 et 2016. Entre 2016 et 2017, les actifs bancaires n’ont augmenté que de 2%. L’état comorien est également fortement représenté dans la structure actionnariale de 2 banques, avec des parts respectives de 37,5% dans la banque de développement des Comores (BDC) et de 34% dans la banque pour l’industrie et le commerce (BIC-Comores).
Structure des crédits et dépôts – Les crédits à l’économie ont augmenté de 63,8% entre 2012 et 2017, passant de 42,01 milliards FC (102,3 millions USD) à 68,8 milliards FC (167,5 millions USD), tandis que les dépôts collectés par les banques ont connu une progression de 41,6% sur la même période ; passant de 69,5 milliards FC (169,2 millions USD) à 98,4 milliards FC (239,6 millions USD). Les prêts aux particuliers et aux entreprises privées concentraient la majorité des crédits avec des parts respectives de 51,7% et de 41%. Le volume de crédit bancaire accordé au secteur public ne représentait que 2,9% du volume total de crédits à l’économie. Au 31 décembre 2017, on dénombrait 64 771 comptes de dépôts et 63 783 titulaires de comptes bancaires aux Comores, soit environ 8% de la population. Au cours de la même année, seulement 6 628 personnes (0,8% de la population) ont emprunté auprès des banques locales.
Solidité financière du secteur bancaire – La forte augmentation des volumes de crédits à l’économie entre 2012 et 2017 a été positivement corrélée à la hausse des créances douteuses. Celles-ci ont plus que doublé de 8,5 milliards FC en 2012 à 19,2 milliards FC en 2017, et représentaient 23,6% du portefeuille de crédit en 2017 (contre 17,8% en 2012). En 2015, les crédits destinés au commerce et aux ménages représentaient plus des deux tiers des nouveaux prêts non performants. Selon le rapport 2017 de la banque centrale, la rentabilité globale du secteur bancaire est restée déficitaire, bien que les pertes se soient réduites. La réglementation bancaire sur la distribution des dividendes a conduit au renforcement des fonds propres et à l’amélioration de la solvabilité globale du système bancaire.
Inclusion financière
Il n’existe pas de stratégie nationale formelle d’inclusion financière aux Comores. Cependant un schéma directeur de finance inclusive (SD-FIC) a été mis en œuvre dès 2011 dans le cadre du Programme d’appui à la finance inclusive aux Comores (PAFIC), en collaboration avec des partenaires internationaux au développement. Le pays a fait des progrès significatifs en termes d’accès aux services financiers. Le nombre d’agences d’institutions financières implantées sur le territoire est passé de 73 en 2008 à 124 en 2017. La SNPSF (la banque postale) dispose de la meilleure couverture (25,8% des agences) et les institutions de microfinance (IMF) représentent un peu moins des deux tiers (62,9%) des agences. Le nombre de Guichets automatiques bancaires (GAB) est aussi passé de 4 en 2008 à 24 en 2017.
Le taux d’inclusion financière domestique, calculé sur la base du nombre de titulaires de comptes dans des IMF et des banques, s’établissait à 45,7% (de la population adulte) en 2017; soit une performance légèrement au dessus de la moyenne de l’Afrique subsaharienne (42,6%).
Microfinance
Aux Comores, les IMF jouent un rôle important dans le renforcement de l’inclusion financière. En 2017, on dénombrait plus de 162 399 déposants (contre 63 783 pour les banques) et 170 870 comptes de dépôts dans des IMF comoriennes (contre 64 771 comptes bancaires). La microfinance représente une source de financement importante pour l’économie comorienne. Les IMF ont accordé des crédits à plus de 20 646 emprunteurs (contre 6 628 bénéficiaires de crédits bancaires). Le secteur est animé par trois (3) institutions mutualistes, que sont l’Union des MECK (Mutuelle d’Epargne et de Crédit ya Komori) (U-MECK), l’Union régionale des Sanduk d’Anjouan (URSA) et l’Union régionale des Sanduk de Mohéli (USM). Les Sanduk et les MECK sont des mutuelles d’épargne et de crédit intervenant en zones rurales et urbaines aux Comores. Le réseau des Sanduk a été lancé en 1991 tandis que les premières IMF dites MECK ont été créées en 1997. Le portefeuille de crédit des IMF et le nombre d’emprunteurs ont respectivement cru de 12,4% et 9,1% entre 2016 et 2017; avec un volume de crédits ayant atteint 30,5 milliards FC (74,3 millions USD) en 2017, soit l’équivalent de 44,3% du volume de crédit accordé par les banques au cours de la même année.
Mobile money et finance digitale
Les services financiers par téléphonie mobile (mobile money) sont relativement récents aux Comores, et un cadre réglementaire a été adopté par la banque centrale en 2017 en vue de régir les services de mobile money dans le pays.
Un opérateur privé de téléphonie mobile (OTM) a lancé en avril 2019 un produit de mobile money, Mvola, dont la distribution est indirectement assurée par des agents externes aux OTM, et par des commerçants. La MCTV (Maison comorienne de transferts et valeurs) a aussi lancé en 2017 des services financiers de transferts d’argent et de paiement, accessibles par téléphonie mobile et par internet. Cette offre innovante, diversifiée et améliorée de services financiers devrait permettre d’améliorer l’accès aux services financiers aussi bien en milieu urbain que dans les zones rurales et périurbaines en particulier. En effet, le taux de couverture par tranche de 100 000 habitants est de 0,04% en termes de GAB, 1,85% pour les paiements par carte bancaire et de 0,02% en termes de terminaux de paiement numérique aux Comores.
Une étude menée par la banque mondiale dans le cadre du programme régional d’infrastructures de communication (RCIP4) recommande l’interopérabilité entre les OTM et une meilleure collaboration entre la banque centrale et l’autorité de régulation des télécommunications (ANRTIC) afin de garantir le développement rapide du secteur
Secteur de l’assurance
Aux côtés de 14 autres pays africains, la république des Comores est un état signataire du traité de la zone CIMA (Conférence interafricaine des marchés d’assurance) depuis 1992. Cependant jusqu’à ce jour, le gouvernement comorien n’a pas encore ratifié le traité. Le marché domestique de l’assurance est encore très embryonnaire, bien que quelques compagnies privées d’assurance proposent leurs services dans le pays.
Toutefois, le gouvernement compte mettre en place un système d’assurance maladie généralisé (AMG) en 2021 afin de renforcer l’accès aux services de santé à toutes les couches sociales dans le pays. La loi instituant la couverture sanitaire universelle a été adoptée en 2016 et la gestion de ce programme sera assurée par la Caisse nationale de solidarité et de prévoyance sociale (CNSPS).
Système de prévoyance sociale
Le système de retraite des Comores repose sur la CNSPS qui gère les régimes de retraites (par répartition) des fonctionnaires et des travailleurs du secteur privé. La CNSPS a été créée en 1963 et comptait en 2015 plus de 18 000 affiliés au système domestique de retraite, dont 12 000 issus de la fonction publique et 6 000 provenant du secteur privé. Le niveau de la pension de retraite oscille entre 13 000 FC[3] (environ 30 USD) et 300 000 FC (666 USD), et le taux de cotisation est de 14% pour les fonctionnaires (dont 4% pour le travailleur) et 11% pour les salariés du secteur privé (dont 4% pour le travailleur et 7% pour l’employeur). En vue d’une meilleure couverture du système de retraite, la CNSPS travaille depuis quelques années à l’intégration des acteurs économiques informels système national de retraite et à la révision du dispositif réglementaire encadrant le système des retraites, dont la revalorisation de la pension de retraite survenue il y’a quelques années. Depuis 2010 où la dette de la caisse envers les retraités avait été entièrement apurée, la problématique des arriérés de paiement en termes de versements d’indemnités de retraite a resurgi avec des retards ayant atteint plus de 4 mois en 2015. Cette situation dénote de difficultés majeures dont les problèmes de gouvernance de la CNSPS et le déséquilibre budgétaire structurel dû en partie à l’importance et à la récurrence des arriérés de la contribution gouvernementale au système de retraite domestique.
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[1] SNPSF est le sigle de Société Nationale des Postes et des Services Financiers
[2] Le taux de change du 31 décembre 2017 a été utilisé pour mieux apprécier l’évolution des actifs lorsque la comparaison est faite en devise. 1 USD= 410,6715 FC au 31 décembre 2017
[3] 1 USD = 450,50 FC au 30/09/2019
Liste des banques commerciales aux Comores - 2018
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BANQUES |
ADRESSE |
TELEPHONE |
|
SITE WEB |
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BANQUE POUR L'INDUSTRIE ET LE COMMERCE |
Place de France - Moroni - Union des Comores |
(+269) 773 02 43 |
||
|
BANQUE FEDERALE DE COMMERCE |
Moroni, Place de France |
(+269) 773 88 80 |
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|
BANQUE DE DEVELOPPEMENT DU COMORES |
Place de France, B.P 298 Moroni |
|||
|
CAISSE NATIONALE D'EPARGNE |
Place de France B.P 5000, Moroni |
(+269) 73 06 10 |
||
|
EXIM BANK |
Place de France, Moroni |
(+269) 77 39 40 |
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|
TOTAL |
5 |
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