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African financial sector in times of Global Crisis – What lessons have we learned?

Oct 29, 2010
La crise financière mondiale pose de nouveaux défis aux pouvoirs publics en Afrique et
dans le reste du monde. Du fait de son ampleur et de sa complexité sans précédent, il n’existe pas de
repères qui auraient pu informer le processus de prise de décisions et l'évaluation des risques potentiels pour la région.


Dans l'ensemble, les banques africaines ont maintenu le cap au milieu de l’orage. La plupart des secteurs financiers étaient en pleine phase de croissance lorsque la crise financière a frappé les marchés financiers internationaux. Cette expansion a atteint son apogée au troisième trimestre de 2008, en plein cœur de la crise mondiale. Même pendant la crise, la croissance moyenne du crédit au secteur privé est restée supérieure à 10% par an et connaît actuellement une reprise. La qualité du portefeuille bancaire est restée à un bon niveau, avec cependant quelques exceptions notables concentrées dans une poignée de pays. Les marchés boursiers ont connu une chute vertigineuse, lorsque les investisseurs internationaux se sont retirés de la plupart des marchés africains. Mais ils se sont remis depuis de la plupart des leurs pertes grâce au retour en force des investisseurs nationaux et étrangers. Que s’est-il donc passé ? Pourquoi les banques africaines ont-elles échappé à la crise ? Quelle leçon nous enseigne cette crise sur la vulnérabilité des banques et des marchés de capitaux?

Une grande partie de l'explication tient des circonstances historiques heureuses. La crise est survenue à un moment opportun pour l'Afrique. À cette période, tout comme aujourd’hui,
les bilans des banques présentaient un faible recours aux capitaux d’emprunt, une forte capitalisation et une surliquidité. L'activité bancaire en Afrique est plutôt trop faible que très intense. L’intégration limitée dans les marchés financiers mondiaux a atténué l’exposition aux risques liés aux actifs toxiques et au déclin des banques internationales. Les gouvernements et les banques commençaient à peine à pénétrer les marchés mondiaux de capitaux pour l’obtention de financements étrangers, et ils n'étaient par conséquent pas exposés aux risques inhérents aux décalages entre les emprunts en devises et les recettes en monnaie locale. Cela signifie que les dépréciations
monétaires n'ont pas eu les effets dévastateurs qui ont été à l’origine de l’expansion endémique
de la plupart des crises financières qui ont frappé l’Asie et l’Amérique Latine au cours des dernières décennies. Le plus surprenant peut-être est le fait que les banques n’étaient pas très exposées au risque de volatilité des prix des matières premières pour la simple raison que les banques africaines n’ont pas pour habitude de traiter avec les producteurs de matières premières. Ces entreprises internationales ont recours aux marchés financiers nationaux pour constituer un petit fonds de roulement et satisfaire leurs besoins de trésorerie en monnaie locale.

Mais, une réflexion sur l’avenir laisse entrevoir un changement de la
situation. Les banques vont se développer, mobiliser plus de capitaux, faire travailler toutes ces liquidités, assurer leur propre financement sur les marchés internationaux, intégrer les marchés financiers mondiaux et entrer en concurrence avec les banques internationales dans le commerce des matières premières de premier plan.

En préparation a cet avenir, nous devons tirer des leçons de la crise. Ces leçons pourraient être davantage nationales que mondiales. La première leçon nationale importante est que la future croissance du secteur financier doit être construite sur une solide gestion des risques et une bonne capacité de réglementation. La plus forte augmentation des prêts non productifs enregistrée au cours des deux dernières années n'était pas une conséquence de la crise mondiale, mais des facteurs locaux tels que l'effondrement des prêts à marge au Nigeria ou des risques budgétaires au Ghana. L'autre leçon importante de ces deux dernières années est
que les marchés intérieurs ont démontré leur potentiel à financer le développement en Afrique. Lorsque les investisseurs mondiaux se sont retirés de l'Afrique, les gouvernements et les entreprises ont pu se tourner en toute confiance vers les marchés financiers pour obtenir des fonds de manière grandiose. La mobilisation des ressources internes - non pas les financements externes - devrait constituer la base du financement de l'Afrique.
Thomas Losse-Mueller a rejoint la banque mondiale en 2004 où il travaille en tant que spécialiste du secteur financier, se concentrant sur l'Afrique. Il a travaillé sur des projets de développement du secteur financier et du secteur privé dans différents pays d’Afrique et d’Europe de l’Est, incluant le Nigéria, le Kenya, l'Afrique du Sud, l'Ethiopie, la Sierra Leone, la Turquie et la Serbie. De 2008 à 2010 il a dirigé les travaux, au nom du gouvernement allemand, soutenant l'établissement du Partenariat « La Finance au Service de l’Afrique ». Avant de rejoindre la Banque Mondiale il a travaillé dans la gestion des risques pour la Deutsche Bank à Londres.
Il est diplômé, en Sciences Economiques, de l'Ecole des Etudes Orientales et Africaines ainsi que de l'Université de Cologne.

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