UEMOA : Les institutions de microfinance s'inquiètent des répercussions du plafonnement des taux d'intérêts sur l'accès au crédit
Les institutions de microfinance (IMF) d'Afrique de l'Ouest s'inquiètent des conséquences de la réduction du plafond du taux d'intérêt qu'elles peuvent appliquer sur les prêts, qui est passé de 27 pour cent à 24 pour cent.
Les institutions de microfinance (IMF) d'Afrique de l'Ouest s'inquiètent des conséquences de la réduction du plafond du taux d'intérêt qu'elles peuvent appliquer sur les prêts, qui est passé de 27 pour cent à 24 pour cent. La décision des autorités de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), qui date de janvier 2014, a pour objectif de protéger les consommateurs. Mais d'après les IMF, elle pourrait réduire l'accès au crédit. Elles estiment que si le plafond est trop bas, les fournisseurs de services financiers pourraient avoir des difficultés à couvrir leurs frais de fonctionnement et être contraints de réduire leur couverture des populations les plus pauvres, notamment en zone rurale. Un patron d'IMF ouest-africaine, cité par Jeune Afrique, estime que «les gouvernements ont une approche politique de la microfinance. Ils l'utilisent pour que les plus pauvres aient accès à de l'argent, sans chercher à créer un modèle durable
». Le journal cite également Julie Earne, spécialiste du secteur pour l'IFC (une structure appartenant à la banque mondiale), qui juge plus adapté de libéraliser le système pour faire baisser les coûts. Elle cite également l'exemple de
l'Ouganda, qui «
a mis en place une réglementation multicouche en créant des règles adaptées à différents types d'institutions financières et aux risques qu'elles posent pour le secteur
». Au niveau de l’UEMOA, il a été recensé 759 institutions de microfinance, selon des chiffres de la BCEAO. En décembre 2011, les dépôts s’élevaient à 616,7 milliards de francs CFA (940,1 millions d’euros) et l’encours de crédit à 589,9 milliards de francs CFA.