Tunisie : Le marché boursier, une méthode alternative de financement des PME
Les PME tunisiennes, qui représentent 95 pourcent des entreprises du pays, rencontrent souvent des difficultés pour accéder aux crédits bancaires. En effet, cet accès est subordonné à la présentation de garanties réelles exigées par les bailleurs de fonds.
Les PME, particulièrement durant leur création, peinent à fournir ces garantiesSelon le rapport « The status of bank lending to SMEs in the Middle East and North Africa region » réalisé en janvier 2011 par l'Union des banques arabes et de la Banque mondiale, le ratio des prêts aux PME par rapport à l’ensemble des prêts en Tunisie est de 15 pourcent. Au Maroc par exemple, il est de 24 pourcent
Cette situation nécessite, selon les experts, l'émergence de méthodes spécifiques et alternatives pour financer les projets des PME en Tunisie, dont un accès au financement à travers le marché boursier.
Actuellement, la Bourse de Tunis n'affiche qu'une faible participation dans l'activité économique du pays, n'assurant que six pourcent du financement des investissements, avec une capitalisation boursière ne dépassant pas 24 pourcent du PIB, rapporte le journal La Presse.
Pourtant, la place financière représenterait une alternative viable selon Seydina Tandian, spécialiste de la notation financière, cité par le journal Sud Quotidien.
Il estime que la bourse apporte la reconnaissance internationale à une PME, lui donnant la possibilité de lever des fonds sur le marché financier à des coûts plus intéressants que ceux proposés par les banques.
Le gouvernement tunisien pourrait suivre l'exemple du Maroc, où le gouvernement et la Bourse de Casablanca (BVC) ont récemment mis en place des incitations fiscales sous forme d’exonération à hauteur de 50 pourcent de l’impôt sur les sociétés sur les trois premières années de cotation.
La BVC a également accordé une subvention pour réduire le coût de l’introduction en Bourse des PME.