Standard & Poor’s estime que le système bancaire tunisien court un risque "très élevé"

02 oct 2012

L'agence de notation Standard & Poor’s (S&P) a révisé la notation du secteur bancaire de la Tunisie, selon la nouvelle mise à jour de sa méthodologie BICRA.

La Tunisie (BB/Stable/B) a été classée dans le groupe '8', qui comprend notamment le Liban, l'Egypte, la Géorgie, le Nigeria et le Kazakhstan.

Le score de '8' reflète l’opinion de l’agence que le pays court un "risque très élevé" dans son "cadre institutionnel" et dans le "financement à l’échelle du système", ainsi qu’un "haut risque" dans ses "dynamiques de la concurrence".

"La mauvaise gestion des risques de crédits, de marché, de liquidité... est l'une des principales raisons qui ont poussé S&P à dégrader la note du système bancaire", estime un banquier préférant garder l’anonymat, cité par le journal La Presse.

Cette dégradation pourrait avoir un effet sur le coût du crédit aux particuliers et entreprises en Tunisie, car le coût de l’emprunt sera plus élevé pour les banques, qui devraient répercuter ces hausse sur les taux d’intérêt.

Les experts de S&P estiment notamment que le développement de la finance islamique en Egypte, Tunisie et Maroc pourraient desserrer des contraintes de financement qui pèsent sur ces économies, rapporte l’agence Ecofin.

Ils ont déclaré que les facteurs économiques jouent en faveur du développement des banques islamiques en Afrique du Nord, à condition que les régulateurs, responsables politiques et banques instaurent un climat de confiance.

Ce type de financement ne représente pour l’instant que cinq pourcent des actifs bancaires de la région.