S&P dégrade la note souveraine de l'Egypte

16 fév 2012

L'agence de notation Standard & Poor's (S&P) a annoncé vendredi 10 février avoir rétrogradé la note de l'Egypte, de B+ à B, avec une perspective négative.

L'agence de notation Standard & Poor's (S&P) a annoncé vendredi 10 février avoir rétrogradé la note de l'Egypte, de
B+
à
B,
avec une perspective négative. S&P justifie cette décision par le "fort déclin des réserves en devises" ainsi que les "incertitudes politiques" qui pèsent sur le pays,
peut-on lire dans un communiqué repris par l'agence de presse Ecofin. Elle explique en effet que les réserves de change de l'Egypte sont passées en un an de 36 à 16 milliards de dollars (De 27,4 à 12,2 milliards €), en raison de la politique de la Banque Centrale Egyptienne (CBE) de soutien à la livre égyptienne face à des sorties de capitaux significatives et une inflation annuelle à deux chiffres. Norbert Gaillard, spécialiste des agences de notation et expert auprès de la Banque mondiale, a expliqué au journal les échos les conséquences que peuvent avoir la dégradation d'une note sur le système financier national:"La note du pays sert de référence nationale. Si elle est abaissée, toutes celles des entreprises, des banques et surtout des collectivités locales seront remises en cause.". Parce que les banques empruntent plus cher sur les marchés, elles pourraient durcir l'accès au crédit et augmenter les taux d'intérêts, a-t-il expliqué. Alors que le taux de croissance du pays tourne aujourd'hui autour d’un à deux pourcent, contre cinq à sept pourcent quelques années plus tôt, le gouvernement espère recevoir une aide du Fonds monétaire international et d'autres bailleurs de fonds. De tels financements allègeraient les pressions à la fois sur le budget et la balance des paiements et aideraient à rétablir la confiance des investisseurs, estime l'agence de notation Moody's, qui avait dégradé la note de l'Egypte de B1 à B2 en décembre dernier.