Sénégal: Report d'un emprunt obligataire islamique de plus de 152 millions €

02 mai 2012

Le gouvernement sénégalais a reporté sin die le lancement d'un emprunt obligataire islamique (sukuk) que la Banque islamique du Sénégal (BIS) allait émettre sur le marché sous-régional début 2012.

Le gouvernement sénégalais a reporté sin die le lancement d'un emprunt obligataire islamique (sukuk) que la Banque islamique du Sénégal (BIS) allait émettre sur le marché sous-régional début 2012. L'Etat du Sénégal s'était engagé à émettre cet emprunt obligataire pour lever la somme de 100 milliards de francs Cfa (152,5 millions d'euros) sur un volume d'emprunt de plus de 400 milliards auprès des institutions financières, rapporte le journal Les Afriques. Cependant, il n'a pas réussi à capter les flux de capitaux arabes pour le financement du développement de ce mécanisme au Sénégal. La finance islamique peine en effet à prendre ses marques en Afrique de l'Ouest: "L’espace UEMOA, un exemple d’intégration économique remarquable, représente moins de 0,01 pourcent de ce marché de la finance islamique malgré une demande importante", a déclaré à l'agence de presse APS Mouhamadou Lamine Mbacké, Président directeur général de l’Institut Africain de la Finance Islamique (IAFI). Selon Mansour Ndiaye, expert en Microfinance islamique, le Sénégal n’arrive toujours pas à abriter d’importantes structures financières islamiques, faute d’un cadre règlementaire adapté, rapporte le journal Le Quotidien. Il estime que le Sénégal est toujours à la "traîne", du fait d’un manque de volonté politique pour booster le secteur. "La question majeure demeure la règlementation. Le marché existe, mais tant qu’il n’y a pas de cadre règlementaire, il n’y aura jamais de financements", a-t-il déploré.