Sénégal : De plus en plus de financements immobiliers se font en dehors des banques, selon une étude
Une grande partie du financement de l’immobilier à Dakar se fait en dehors du circuit bancaire, révèle une nouvelle étude.
Une grande partie du financement de l’immobilier à Dakar se fait en dehors du circuit bancaire, révèle une nouvelle étude. Menée par l’ancien magistrat Alioune Ndiaye, elle s’intéresse aux risques liés au blanchiment d’argent dans le cadre du financement de l’immobilier. «Aujourd’hui, sur l’immobilier en construction à Dakar, les enquêtes réalisées estiment à 240 milliards de francs CFA (365.9 millions d’euros) les ressources circulant dans la construction (..) mais il n’y a qu’une traçabilité de dix milliards de francs CFA
», selon le rapport, repris par l’Agence de presse sénégalaise. Toujours selon le document, le boom continu de la construction et les prix élevés des biens seraient sans rapport avec les performances de l’économie réelle du Sénégal, ce qui «
laisse penser qu’il y a de plus en plus de fonds d’origine douteuse en circulation au Sénégal et que les blanchisseurs utilisent le secteur de l’immobilier pour y injecter des fonds illicitement acquis
». L’étude a par ailleurs mis en évidence des insuffisances et des dysfonctionnements au niveau du dispositif juridique, institutionnel et organisationnel pour lutter contre le blanchiment dans le secteur de l’immobilier. Elle conclut que la lutte anti-blanchiment nécessite une approche systémique qui prend en compte tous les aspects liés aux risques de blanchiment, et doit être fondée sur la mise en réseau et l’interopérabilité des systèmes d’information des différentes entités engagées dans cette lutte.