Nouveaux modèles de financement du développement de l'Afrique – retour sur le FAD9
La neuvième édition du Forum africain du développement (FAD9), qui s’est tenu en octobre au Maroc, a porté sur les mécanismes innovants de financement du développement en Afrique.
La neuvième édition du Forum africain du développement (FAD9), qui s’est tenu en octobre au Maroc, a porté surles mécanismes innovants de financement du développement
en Afrique.
Pour les intervenants, l'Afrique devrait moins compter sur les programmes d’aide publique au développement (APD) et davantage sur le secteur privé pour financer ses besoins en infrastructure.
Le secteur privé, à la fois partenaire du développement et mécanisme de financement, était le point culminant du discours d'ouverture du président sénégalais, Macky Sall. Le président a expliqué le fonctionnement des initiatives de construction-exploitation-transfert dans son pays
: une société privée construit l'actif, le fait fonctionner et génère des revenus pour une période de temps limitée, avant de le transférer au gouvernement.
La fiscalité était le sujet d’une autre table ronde. Il a été noté que les revenus fiscaux ne représentent que 27 pour cent du PIB en Afrique. Toutefois, ce ratio est bien inférieur à 10
pour cent dans de nombreux pays. Les pays bénéficiant de rentes
élevées en provenance de ressources naturelles, comme le Nigeria, comptent très peu sur les recettes fiscales, tandis que d'autres comme le Zimbabwe ont un ratio revenus fiscaux/PIB parmi les plus élevés du monde (46,3 pour cent pour ce dernier). Selon le panéliste Machiko Nissanke, professeur d'économie à l'École des études orientales et africaines de Londres (SOAS), «
il est nécessaire de rétablir le contrat social entre la fiscalité et la prestation de service public.
»
L'importance de développer les fonds
de capital-investissement a également été discutée. Les sociétés aux bonnes perspectives de croissance peuvent approcher «
des acteurs de capital-investissement qui, après avoir analysé le potentiel risque-rendement, fourniront une combinaison de dette (provenant d'une banque) et de capital (levé auprès d’investisseurs institutionnels) à cette société
», selon la Commission économique pour
l'Afrique
(CEA). Son document
de
discussion prend l'exemple d'Ethos, un gestionnaire de fonds d'Afrique du Sud, qui a levé 900 millions de dollars en 2012, et de African Private Equity et d’AVCA, qui ont tous deux levé 1,14 milliard de dollars en 2012.
La CEA a également recommandé que les pays africains considèrent l’utilisation d’obligations catastrophe (« cat bonds ») pour faire face à l'impact du changement climatique.