Nigeria: Vers une amélioration de l'accès au crédit pour les agriculteurs

23 mai 2012

La Banque centrale du Nigeria a mis en place depuis novembre 2011 un programme incitatif doté de 380 millions d'euros afin de développer l'accès au crédit pour les agriculteurs.

La Banque centrale du Nigeria a mis en place depuis novembre 2011 un programme incitatif doté de 380 millions d'euros afin de développer l'accès au crédit pour les agriculteurs. Baptisé Nirsal (Nigerian Incentive-based Risk Sharing System for Agricultural Lending), ce projet comprend une campagne de formation des banquiers aux prêts agricoles ainsi qu'un programme d'assistance technique et de partage des risques. Les prêts sont garantis par des subventions de la Banque centrale et appuyés par des experts. Si les banques prêtent à un petit cultivateur, la Banque centrale partagera le risque à hauteur de 80 pourcent des premières pertes, jusqu'à 12,5 pourcent de leur portefeuille. "Alors que l'agriculture représente 42 pourcent du PIB nigérian, seul 1,4 pourcent des crédits bancaires est attribué à ce secteur. Les banques ne veulent pas prêter aux agriculteurs par peur du risque et par méconnaissance du secteur, " a expliqué Sanusi Lamido Sanusi, gouverneur de la Banque centrale, dans une interview le 14 mai dernier au journal Jeune Afrique. Il a ajouté que le pays pourrait atteindre une croissance à deux chiffres en développant l'agriculture et en permettant aux cultivateurs d'accéder au crédit. Le secteur agricole nigérian a connu un fort développement ces dernières années, avec un taux de croissance estimé à plus de 6 pourcent en 2010. Selon le site Perspectives Économiques en Afrique, cette augmentation s'explique en partie par les efforts déployés par les autorités pour s’attaquer aux problèmes durables d’inadéquation du crédit et des taux d’intérêt élevés du Crédit agricole, avec son plan de crédit pour l’agriculture commerciale (Commercial Agricultural Credit Scheme – CACS), En 2009/2010, le gouvernement a mis à la disposition des agriculteurs 200 milliards de nairas (989,2 million €) à faible taux d’intérêt.